GUIZOT
2S juillet 1847.
Le calcul des probabilités, appliqué à la mortalité humaine, aux risques maritimes, aux cas d'incendie ou d'inondation, a donné naissance à une science nouvelle qui n'est encore qu'à son berceau : celle des assurances. Le calcul des probabilités, appliqué à la vie des nations, aux cas de guerre ou de révolution, est le fondement de toute haute politique. Selon que ce calcul est rigoureux ou faux, approfondi ou dédaigné, la politique est glorieuse ou funeste, grande ou petite. Gouverner, c'est prévoir. Ne rien prévoir, ce n'est pas gouverner, c'est courir à sa perte. Qu'est-ce qu'un souverain exilé ? Qu'est-ce (fti'un despote déchu ? Qu'est-ce (prun conquérant détrôné ? Le jour où Napoléon écrivait : « Je dépends des événements^ je n'ai pas » de volonté; f attends tout de leur issue; » ce jour-là, l'empereur n'était pas l'empereur, il n'y avait plus en lui que l'homme pesant moins dans les balances humaines que M. Crochon déposant, le 22 juin 1815, sur la tribune de la
Chambre des représentants, le projet de déclaration suivant : « La nation française renonce à jamais à toute con' » quête, à toute guerre offensive et d'ambition, »
« J'ai toujours été gouverné par les circonstances, » dans cet aveu de Napoléon est Texplicalion de sa chute.
Il ne fautpas confondre les événements avec les incidents : les incidents sont des faits isolés, les événements ont un lien entre eux qui les rend solidaires; les incidents surgissent, les événements se déroulent. Les événements ne s'improvisent pas, ils n'éclatent jamais sans être précédés de loin par des nuages dont il est possii)le à l'œil exercé de calculer la marche. La grande politique prévoit ^es événements, écarte les incidents, les simplifie ; la petite politique, au contraire, s'attache aux incidents, les exagère et néglige l(»s événements.
Souverains et ministres prennent trop rarement le temps de se recueillir, de jeter un regard en arriére, en avant, et autour d'eux ; de se demander où ils vont ? Le succès et l'adulation les enivrent, le revers et l'ingratitude les abattent ; dispositions également mauvaises que l'abattement ou l'cnivrement pour méditer avec finit, pour juger les hommes avec discernement, pour apprécier les événements avec tact ! Méditer, ce n'est pas hésiter quand il ne reste plus qu'à choisir à peu près au hasard entre deux résolutions extrêmes; méditer, c'est étudier les probabilités afin de s'y préparer de loin ; c'est, au nom du passé et du présent, interroger l'avenir. Ainsi consulté, l'avenir décon(5erte moins souvent qu'on ne croit les desseins qu'il a inspirés. L'imprévoynn<*e des hommes fait la part de l'imprévu dans le monde beaucoup plus grande qu'elle ne dc\Tait être.
Sur quelles prohabilités la politique de la France est-elle assise? C'est ce qu'il serait impossible de démêler et de dire.
Quel but se propose-t-elle ?
En vue de <juels événements se tient-elle prête?
Quels sont ses alliés? quels sont ses rivaux? quels sont ses ennemis ?
Quels sont les dangers qui lui paraissent imminents ou lointains ?
Est-ce la guerre?
Quelle guerre ? générale ou partielle ? sur terre ou sur mer ?
Est-ce une révolution ?
Quelle révolution? politique ou sociale? par ou contre les classes moyennes ?
Entre plusieurs risques, il faut choisir le moins éloigné et le plus à craindre ; c'est le meilleur moyen de le conjurer, car le pays qui nourrit la prétention de se mettre à Tabri de toutes les éventualités s'affaiblit en vains efforts, s'épuise en ruineux sacrifices, et ne réussit à se mettre à l'abri d'aucune. Ce n'est pas de la prudence, c'est de la présomption. Diviser ses forces, c^st multiplier les périls.
Quel est donc, pour la France, le risque le moins éloigné et le plus à craindre ? Est-ce une guerre partielle sur terre ? Non; avec la solidarité que les traités de 1815 et trentetrois années de paix ont établie et resserrée, solidarité qui lie étroitement tous les Etats de l'Europe entre eux, toute guerre partielle est devenue improbable et impossible. Une guerre isolée, soit entre la France et la Prusse, soit entre la France et l'Autriche, soit entre la France et la Russie, ne saurait se concevoir, encore moins s'expliquer. Toute guerre partielle sur terre étant impossible, une guerre générale sur terre est-elle moins improbable ? Pourquoi une guerre générale éclaterait-elle ? De toutes parts, les esprits tendent plus que jamais à repousser l'idée de guerre ; maintenant, les nations ne cherchent plus leur grandeur que dans l'affermissement de leur crédit, dans le perfectionnement de leurs voies de communication et de transport, dans le progrès de leur agriculture et de leur industrie, dans la conclusion de traités de commerce avantageux. Les questions de frontières ont fait place aux questions do tarifs, et avec raison. Que signifieraient à présent toutes ces anciennes questions de frontières naturelles tant controversées, pour lesquelles il s'est ouvert tant de négociations, livré
tant de batailles, versé tant de sang, exposé tant de nationalités? Fleuves, océans, montagnes, ont cessé d'être des frontières inaccessibles, depuis que la navigation à vapeur permet de débarquer des armées sur toutes les rives, sur toutes les côtes, depuis qu'on a vu les chemins de fer perforer les montagnes et les convertir en souterrains. Telle est Pimpulsion des idées et des intérêts qui pousse peuples et gouvernements dans cette voie nouvelle que nous avons appelée V Unité du Rail; telle est la force de cette impulsion, que les hommes qu'on eût fait servir à une autre époque à se disputer les rives du Rhin, on les emploiera un jour peut-être à creuser sous le lit de ce fleuve un tunnel pareil à celui que Brunnel a creusé sous le lit de la Tamise.
Il faut aux grands i)eup!es de grandes tâches ; ils ont besoin de s'illustrer; durant des siècles, ce besoin n'a pu se satisfaire que par la guerre, les victoires et les conquêtes; mais les peuples commencent à voir ailleurs la grandeur et la gloire. A l'aide de la Vapeur et de l'Electricité, changer les lois de l'espace et du temps, ici en passant sous les fleuves ou traversant les montagnes pour mettre en communicalion deux eml)arcadères, là en perçant des isthmes pour unirpar un canal deux mers séparées,l'Atlantique à l'Océan Pacifique, ou la mer Rouge à la Méditerranée, et abréger ainsi la navigation du monde ; ailleurs, en donnant à toutes les villes d'un royaume le moyen de correspondre entre elles en quelques minutes ; partout, enûn, aplanir les obstacles, défis jetés par la nature au génie de l'homme, voilà le but veis lequel se tournent les regards de l'Europe entière !
Où donc règne le souverain dont l'ambition surannée menace de rallumer la guerre? Qu'est-ce que gagnerait la Russie à prendre un autre chemin que celui qui doit la conduire un jour à Constantinople ? Elle sait que le plus long pour elle sera le plus sûr, et que ce n'est pas par la gueiTe qu'elle arrivera au but marqué à son ambition. Elle n'ignore pas qu'en soulevant contre elle toutes les nationa* lités menacées, elle les jetterait éperdues dans les bras de la France ? Ce serait insensé.
Qu'est-ce que la France, à son tour, aurait à gagner à déchirer ies traités prescrits par trente années de paix? Dûtelle y gagner la rive gauche du Rhin, qu'il est douteux qu'elle eût à s'en applaudir, car une telle conquête n'aurait pas lieu sans resserrer étroitement de nouveau , entre peuples et gouvernements, le lien (iu'a détendu l'esprit de liberté succédant à l'esprit de nationalité. Le sol ne manque pas à la ' France, car à quelques jours de Paris, à quelques heures de Marseille, elle a tout un vaste territoire à peupler, elle a toute l'Algérie à coloniser. Une guerre générale ne saurait donc être mise au rang des probabilités. La France égarée est le seul Etat qui pourrait la faire naître par une agression injuste ; la France pacifique n'en a aucune h craindre, car il n'est pas un gouvernement (jui fût assez sûr de son peuple pour la tenter.
Aucune guerre partielle n'étant possible, aucune guerre générale n'étant probable, pourquoi donc la France, qui a déjh à porter le lourd fardeau d'une dette -s'élevant h plus de six milliards en capital, et à plus de trois cent millions en arrérages, s'impose-t-elle encore le poids d'un eflectif militaire qui absorbe le quart d'un budget de quinze cents millions? N'est-ce pas là une grave inconséquence, un ruineux contresens? La France en est-elle plus forte, plus respectée ? Non ; car le pied de paix et le pied de guerre de chaque État se règle sur le pied de paix et le pied de guerre de ses voisins et de ses rivaux. C'est ce que Montes(|uieu a parfaitement expliqué, chapitre xvii de VEspiit des Lois^ intitulé : De V Augmentât ion iks troupes.
Mais si la France n'a à craindre sur terre aucune guerre ni partielle ni générale , en est-il ainsi d'une guerre sur mer? Là, au contraire, les risques ne sont-ils pas aussi multipliés, aussi probables que sur terre ils le sont peu? Pour qu'une guerre éclate sur terre, il faut (ju'un gouvernement Tait préméditée et fermement résolue ; il faut mettre en campagne une armée ; il faut rapprovisionner; il faut lever des subsides ; il faut franchir la frontière ; il faut souvent traverser dos teniloires ou neutres ou amis; il faut fermer
l'oreille h toutes les représentations et réclamations des cabinets; etc., etc. Pour qu'une guerre éclate sur mer, il suffit de la renconlre, dans des parages éloignés, de deux pavillons rivaux, l'un insulté par Taulre, et d'un refus hautain de réparation légitime. Qui, dans les circonstances présentes, oserait affirmer que si une telle rencontre avait lieu, et que la Franco ait à réclamer de l'Angleterre une juste satisfaction, cette jusle satisfaction nous serait accordée par le cabinet dans lequel siège lord Palmerston en qualité de ministre secrélaire-tl'Etat des affaires étrangères? Eh bien ! si cette hypothèse, qui est loin d'élreinvraiseniblable, se convertissait en réalité, qu'elle serait, vis-à-vis du Royaume-Uni, la situation de la France? Quel parti prendrait-(Hle ? Se ré.signerait-eile h l'humiliation d'un outrage impuni? EntreprcMidrait-elle de le venger? Se laisseraitelle arrêter par l'inégalité de la lutte? Préférerait-elle enfin le péril h l'abaissement aux yeux de l'Europe, ou l'abaissement au péril? Le patriotisme, nous l'avons vu sous la République et sous l'Empire, peut, jusqu'à un certain point, improviser des armées, de recrues faire des héros, défier tous les dangers, briser tous les obstacles ; mais le patriotisme ne saurait improviser une flotte, il faut des années pour construire un vaisseau ; il en faut plus encore pour former des matelots. C'est là une vérité incontestable et incontestée. Cependant, que fait la France? Elle consacre à l'entretien de son armée de terre trois fois plus d'argent qu'elle n'en alTecte à l'entretien de sa marine, c'est-à-dire que, placée entre deux risques, l'un improbable, l'autre con^ stamment suspendu au-dessus de sa tête, elle fait» surtout porter ses etlorts du côté où nul ne songe à l'attaquer, tandis que le point par letjuel elle est vulnérable, et qui devrait être le principal objet de ses sacrifices, est celui qui n'attire son attention que secondairement et par boutades, sans suite et sans système. L'argent que la France dépense pour sa marine est de l'argent jeté au fond de TOcéan; c'est à la fois trop et trop peu : trop peu pour tenir en respect l'arrogance britannique, trop pour protéger notre pauvre marine mar-
chandc errante çà et là. Telle qu'elle existe, notre marine militaire, il faut qu'on le sache bien, est une vanité, non une force, et moins une nécessité qu'un luxe ; plutôt que d'éloigner le péril, elle l'attire; en ce sens que, trop faibles pour combattre, nous sommes cependant trop forts pour ne pas essayer de résister. Qu'un incident surgisse, qu'une collision éclate entre les deux pays rivaux, et nous porterons au compte des événements ce qui devrait retomber tout entier à la charge de notre imprévoyance. Qui, de bonne foi, oserait soutenir que le traité du 15 juillet 1840 se fût signé si l'organisai ion de nos forces et l'emploi de nos ressources n'eussent pas toujours été réglés en dehors de toute prévoyance et des probabilités les plus manifestes? Le rappel de notre escadre, commandé par Tamiral Lalande, qui aurait dû se graver dans notre mémoire comme un enseignement, a glissé comme un fait déjà oublié. Nous demeurons livrés à l'imprévu, et la première complication grave, cette fois encore, nous prendra au dépourvu. Il en est une, cependant, qu'il serait imprudent de traiter trop légèrement. Ne continuons-nous pas d'être sous le coup des tennes comminatoires de la note de lord Palmerslon du 31 octobre 1846, relative à l'éventualité qui peut appeler à monter sur le trône d'Espagne M™® la duchesse de Montpensier? M. Guizot, il est vrai, a dit à Içi tribune: « Avec » l'Angleterre, une bonne conduite et du temps raccommo- » deront les difficultés du moment; » mais l'optimisme de M. Guizot rend suspecte la justesse denses prévisions. Un ancien ministre de la marine, M. le baron Portai, moins optimiste at plus clairvoyant, a déposé dans ses mémoires cet avertissement et cette recommandation : a La possibilité » (ttine rupture avec V Angleterre est la pensée qui doit » éclairer et animer lous les calculs et tous les actes du » déparlement de la marine. Nous pouvons élre obligés de » soutenir cette guerre corps à corps...» Si celte possibilité, le seul grave danger extérieur que nous ayons à prévoir et à craindre, se traduisait en fait, dans quelle situation offensive ou défensive celle évenlualilé réalisée nous placerait-elle?
Si PAnglelerrc et les États-Unis, ces deux émules, ont laissé en arrière la France, qui n^aurait jamais dû cesser de les devancer, le fait s'explique par les milliards que nous avons consacrés en pure perte à l'entrelieu de nos armées de terre, au lieu de les employer fructueusement en Iravaux publics qui eussent donné à notre agriculture, à nos mines, à notre industrie, à notre commerce un essor tel qu'en 1847 nous ne serions pas forcés de les abriter encore sous la protection excessive d'humiliants tarifs. Un commerce actif et prospère nous eût dotés d'une marine marchande nombreuse, base nécessaire de toute marine militaire puissante.
En 1817, M. Paixhans, alors chef de bataillon d'artillerie, aujourd'hui général et député, l'un des membres les plus dévoués du parti conservateur, écrivait (1) :« Si, afin d'être » fort, on entretiefit pendant la paix assez de soldats exer- » ces pour être en état de faire la guerre, on ruine ses fi- » nancos et on détruit les premiers éléments de la force. » C'est, en eflct, ce qui a eu lieu. A cette cause surtout doivent être attribuées notre faiblesse relative, notre inférionlé agricole, industrielle, commerciale et maritime. Il importe qu'on le sache bien.
Mais, -— dit-on, — si la France s'impose la charge d'une armée si coûteuse, c'est moins en vue des dangers d^une guerre dont l'improbabilité n'est pas sérieusement contestée, qu'afin de mettre l'ordre à l'abri de toute tentative qui pourrait le troubler. Le maintien de l'ordre ne se paye jamais trop cher.
Est-ce qu'en Angleterre et aux Etats-Unis, où les troupes soldées sont si loin d'imposer la même charge, l'ordre est moins utile ou plus facile h conserver?
Croire qu'une armée nombreuse, qui se recrute en appelant sous les drapeaux et libérant du service chaque année 80,000 hommes, est une garantie d'ordre si solide qu'elle
(1) Observations sur la loi de recrutement et d'avancement de Varmée fran^
çaise.
suffit à dispenser un gouvernement de vigilance, d'activité, d'habileté, de prévoyance, de patriotisme et de grandeur, c'est là une des plus dangereuses illusions dans lesquelles puisse tomber une société où la liberté de la presse existe, où la garde nationale a dans les mains un million de fusils. Que fait une pareille loi de recrutement, dont la base est une durée de service de sept années ? — Elle convertit en soldats, tous les sept ans, 560,000 recrues. Si l'on multiplie par 3 ce nombre de 560,000 recrues, on aura 1,800,000 citoyens âgés de 41 ans ayant été instruits au maniement des armes, exercés à la défense et à l'attaque, accoutumés à braver le péril et la mort. Aguerrir ainsi l'ouvrier, sans distinction de celui qui est communiste et de celui qui ne l'est pas, sans rechercher le moyen de lui donner du pain le jour où une crise prolongée le priverait de travail, voilà ce que fait la loi de recrutement dans laquelle notre gouvernement puise la confiance qui le rend si dédaigneux de toute initiative et de tout progrès.
Où il voit un motif de sécurité, un droit de s'endormir, nous voyons, nous, un motif de crainte, un devoir de veiller, un devoir de ne rien négliger qui ait pour effet de donner aux classes laborieuses la conviction profonde qu'elles sont le constant objet de toute la solh'citude du pouvoir, et qu'à un changement de gouvernement elles auraient tout à perdre, rien à gagner.
S'il est un danger sérieux que la prévoyance doive ranger aux nombre des probabilités menaçantes, précisément afin de l'écarter, assurément c'est celui qui vient d'être signalé. Eh bien ! en vue de réioignement de cette éventualité, qu'a-t-on fait, que fait-on? — Rien, rien, rien! Que de grandes et bonnes choses cependant il y aurait, les unes à concevoir, à réaliser, les autres à encourager et à généraliser.
Une lutte maritime, une crise sociale : tels sont les deux écueils que nous apercevons à l'horizon à travers la brume qui le voile, écueils vers lesquels la France peut être irrésistiblement entraînée par un seul et mt^me courant : Excès
de la production sur la consommation, encombrement des ateliers et des marchés, difficulté de s'ouvrir de nouveaux débouchés, rivalité industrielle de PAngleterre.
Il est un troisième écueii : la régence à la mort du roi ; il n'est pas au pouvoir des ministres d'éviter celui-ci ; mais il est en leur pouvoir de faire que les espérances qui s'ajournent à cette époque soient déçues.
Le moyen, c'est de ne pas ajourner eux-mêmes toutes les difficultés, toutes les questions.
On ne saurait jamais se préparer de trop loin aux événements. Plus la distance entre eux et la prévoyance est grande, et plus il est facile de gravir la pente par laquelle on s'élève à la hauteur d'où il est possible de les dominer.
LES ANXnTBSAIRES POUTIQCES.
29 jïiîn*t 1S47.
Systématiquement opposée à la celébratioo de tous les niversaires politiques quei^qu'iis soient, quelque date qu'ils portent, celle du 21 jan\ier 1793 uu celle du ^ juillet 1830, parce que tout anniversaire politique. s*il est une \ictoire pour une opim'on. est pour Topinion contraire une défaite, et conséquemment un aliment qui tend à nourrir les haines politiques, entretenir les discordes civiles, la Presse n a jamais fermé ses ateliers le 29 juillet, et a toujours paru le 30. Nous vuvons aujourd'hui avec plaisir le Journal des Débais renoncer à l'anniversaire de la révolution de 1830. et sui\Te notre exemple. De la part de ce journal, ce fait a de Tiaoportance. et ne doit pas passer inaperçu. Vienne maintenant un ministère qui soit à la hauteur de cette politique de pacification, grande politique celle-là ! de cette politique habile et généreuse que nous avons constamment appelée de tous nos vœux, et qui. sous le ministère du 15 avril 1837. s'est laissée entrevoir derrière l'ordonnance d'amnistie et la restitution au culte de l'église Sainl-Germain-l'Auxerruis. fermée par l'émeute : de celle politique à laquelle M. le duc d'Orléans a consacré dans son testament une admirable page dont fhisloire gardera fidèlement le souvenir: de cette politique, enfin, pour qui le maintien de l'ordre matériel n'est pas tout, pour qui le triomphe de l'ordre moral est aussi quelque chose, et qui place la Force entre la Raison et la 3iagna* nimité !