M. GUIZOT ET M. DUCHATEL
31 juillet 1847.
Quel(|uc peu de compte que MM. Guîzot et Duehàlel nous aient tenu de tout le temps que nous avions passé sous les drapeaux de la majorité; des blessures que nous avions reeues en luttant avec elle contre la coalition pour défendre ces deux grands principes de tout gouvernement représentatif : linviolahilité royale et la responsabilité ministérielle : «les services que nous avions rendus à la cause de Tordre et de la paix, notanunent en 18iO. cette ingratitude ne nous fera pas tomber dans l'injustice. Se donner un tort est la pire manière de se venger d'un tort dont on a h se plaindre, car C'est le compenser, sinon Peffacer.
Nous rendnms donc toute justice au talent de M. Guizolei de M. DuchcMel. Il n'est pas un talent de tribune que nous admirions plus sinctM*ement. plus profondément que celui de M. Guizot. Sur les ailes d(» sa parole, il est rare que la discussion n'alloigne pas tout de suite à une grande hauteur. M. DucliAlel ne s'aventure jamais à lâcher le sol ; son habileté, au contraire, consiste à choisir toujours . l'endroit le plus ferme pour s'y poser et s'y retrancher sûrement. Il ne défend pas autour de lui um* gi*ande étendue de terrain, mais celle <iu*il (*ouvre il la couvre bien. Il est à M. Guizol ce (jue le renard est à l'aigle. 11 se délie des tempêtes, et la pn^fondeur d'un terrier lui parait préférable à la hauteur d'une aire. C'est (\v la fuudence plutôt que de la modestie.