‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 63 sur 96 · GUIZOT · texte numérisé non relu

GUIZOT

Aurious-nous donc raison? Serait-il donc vrai, coniuie nous ne cessons de le répéter, ([U'on ne résout pas, au contraire, qu'on aggrave toutes les questions en les ajournant? Serait-il donc vrai que le Temps soit le plus inexorable des usuriers, faisant payer cher tout moment perdu, toute heure cjui n'a pas été utilement employée? Serait-il donc vrai que le système, à plus forte raison Tabus de la temporisation soit un danger d'autant plus grave qu'il appelle moins l'attention? CVst le feu qui couve au lieu d'éclater. Avec la temporisati(»n, on use les hommes dont on désire se débairasser, cela est vrai, mais aussi en même temps qu'on use les hommes on use les choses les plus essentielles h conserver. Il faut y prendre garde, ce qui est arrivé pour les sucres pourrait l)i(»n être ce qui arrivera dans un autre ordre d'idées pour les réformes [)olitiques. Il est temps d*y songer et d'avis^M*. C'tvst en ne payant pas ponctuellement à échéance qu'on court rapidement à sa mine. Ce qu*on n a pas payé en détail, il faut le payer en bloc, considérablement augmenté de la somme des frais et des intérêts, b moins de s'exiM>ser à tous les risques (juc court le débiteur insdlvable. Kn 18.%, M. Duchàtel, alors mini.stro des Gnaiices, a pu résoudre la question d(» rivalité des sucres; il ne Ta pas voulu, ou il ne l'a [)as su : il a cru que le Temps se chargerait de mettre d'accord les intérêts contraires; lo Tenq)s u malignement trompé son attente; douze ans se

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