ABD-EL-KADER. M
peut-être ineiTaçnblc. Ce qu'il y a eu de plus pénible pons Abd-el-Kâdir duns cette mesure, c*eAt la «éparation d'avec les perfonnet dévouées qui Tont librement «uivi. Au lazaret, cVtait lui qui ponnroyait aux besoins (le «c*i serviteurs, restant ainii Tarbitre de leur vie morale et matériel^. La di'licatcsse du préfet maritime, M. de Paneval, en le laissant mattra du cl.oix et de la distribution des vivres et des objets nécessaires, lui a vaift conserve une ^orte do souveraineté apparente. Au fort I.«amalgue| et sur* tout au fort Malbousquet, ces objets même ont plus d*une fois manqué» Faute d'un interprète pour expliquer et définir le rang de chacun, on y a vu des agbad soumis aux corvées, comme des prisonniers d^État.M.Bona» seau l'tuit obligé d'aller d*une prison à Tautre, se dédoublant en quelque fortis dans ses fonctions d*interprète, pour apporter un peu d*ordre et de bien-être dam cette sorte de tour de Babel.
)> Kt puis l'émir était obsédé diaque jour d*une foule de rédamatioiis ('iiumécA du fort Malbousquet, dont les prisonniers ne cessaient d*éerira à U'ur MuUan^ pour se plaindre de leur séparation et de leur abaudon.
» Toutes ces tracasseries, jointes aux lamentations continuelles de In fu mille et des serviteurs de Témir, Tavaient plongé dans un abattement dangereux ^lour sa santé. Son attitude restait digne et ferme, malt m figure s'altérait visiblement. M. le général Lbenreux en avait oonçii ^ grave» inquiétudes, et il ne savait comment répondre à cette parok dt son prisouuier : a Et moi qui me serais fié à lu ffmmtm d*iiii siinplt solM n français $i feuw traité artc lui ! s
» Ce reproche, empreint d*un s! sérieux respect de llndiTldnaUtélMI* mainc, était-ce à la France à le mériter, si Abd-él-Kader avait i4<"i^M à la promesse d'un simple soldat français ? Ferons-nous mentir pour kl la parole d'un fils de France? Mais alors qui donc serait le barbare, eu gouvernement français ou d*Abd-el-Kader ? L*opinion jugera; hélae! elle a (\vj\ jugé. »
Nous ne savons en rien garder une Juste mesure et prendre le parti que commandent le tact, la noblesse du cœur^ la décision de Tesprit. N^aurions-nous donc plus ni eqirk ni cœur?
Tandis que Paccueil et la position que nous avons laiCf 4 Bou-Maza, h Paris, avec tant d'empressement, étaient vrai* ment exagérés, nous manquons, à Toulon, h tous les égards dus à un ennemi que nous avons assurément trop grandii mais que son malheur ennoblit.
Quand nous écrivons ces lignes, ce n'est pas h Abd-el- Kader ({ue nous pensons : c'est à la France.
Si la France cesse d'être la patrie de la générosité méiM chevaleresque, que restera-t-jl donc à notre malheurras
pays, dont on conduit si mal les afTaires, dont la puissance chaque année décline, dont le prestige partout s'éviinouit?
6 février 1848.
M. le lieutenant-général <le Lamoriciére a justifié devant la Chanil)re des députés les motifs qui Pavaient déterminé h accepter la soumission d'Abd-el-Ka^ier avec les réserves stipulées par Témir.
Cette justification n\i pas été seulement habile, elle a été concluante i).
Aussi xM. le président du conseil a-t-il pu déclarer de son bfinc, sans donner lieu à aucun débat, que la parole du général de Lamoricière, ratifiée par S. A.R.M. le ducd*Auniale, sérail tenue; (pie si Abd-el-Kader persistait à vouloir se rendre a Alexandrie, il y serait transporté, à moins que le vice-roi d'Kgypte ne consentît pas à accepter vis-àvis de la France une telle responsabilité.
Kxérution loyale de la capitulation, voilà ce que nous n'avons pas hésité, nous, à demander alors que le ministère, lui, paraissait hésiter.
Exécution loyale de la capitulation, voilà ce que nous persistons à demander encore.
Point de ruse, point d'améreHliplomatie : la ruse serait au-dessous <le la violence. <*t. s'il fallait opter, nous donnerions, sans balancer, la préfén»nce à la violence sur la ruse.
Abd-el-Kader n*est point un ennemi que nous devions beaucoup redouter, uïéme entre les mains de TAngleterre, si nous ne démentons pas la gloire de notre passé et la noblesse de notHM-araclére.
(l On (K'x.'tii (loiic Mipi'OM r ipie lo p>x*niicr note dt! M. le ft^m^nil dt La* mt-ricii-n*. iMunini' iniiii-irt* «le lu ^ii^Tri', sornit do tenir la parole «oleuinùW *\'\'\\ n\:ùi «li'!i«'"<'. liln-'"iiî M. 1* •iiMi'ral df l.nmoric'ièrc n mieux AÎmt'* M> d*' : M'UtT lui iiir'iiio que* de t-oiitrc«lirQ ïv. Mational, timt*|iniMaQt