‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856 (volume 3)Chapitre 72 sur 96 · ABD-EL-KADER. M · texte numérisé non relu

ABD-EL-KADER. M

C'osl on s(> <liiniii(iitiit qu'un gnimiit sos cniirmis ; c'est en s'iibiiissnnt qu'.m les vlb\t'.

Lo rosptv'l srriipiilcux <)<' la panilc donu^o, nutrrfois c'é- * Util II- [H)inl iriKiiinciir ; .lujiiurd'liiii >'i> it'i-st pns moins, c'est 1.1 biisc (U> tiJiil mnlit. AujounCIiuî cuiiinu' autrefois, <''i>s1 dii-iiri' un grand [irosligi-.

Ne If iicntcins |kis, car los prrstigo!) licvicnncnt aussi diflii-ili'K à iici|iiérir <]u'ii cunsorvor. Jamais iU no furent plus

Il juiiift lasi.

Singulier Irmp» que relui où nous vivons ! Tuus Im rAles sont inU'rv<-rli.s. Celui qui dit non est relui qui devrait dire oui. Celui qui dovritil vnuloir une iluisc est celui qui la ro- PIIIIS.M-. Dés le m déeeiulirc ItttH. l'un <)os premiers actes lie M. I..-N. Il >niqiarU> détail i^lre de Tain* siivoirà Abd-el- Kader qu'il était libre sur ]iar<>le. et que relie qui lui avait été donnée, h lori ou à nti.-xni. |>->r le Fii'tn'Tal de Lamorieière, avee raliliea(i<in de M. le duc d'AumnIe, sentit scmpuleuseinent tenue. C'eilt été une nu'niiirnlile leeiin donnée it r.Vn^'IelciTe ]>iir la l-Viinre. une nolile venfn>anrc liréeds l'iiilieuM' raplivite de Siiinte-lléléiie par le neveu de l'em- IxTeui-el SUD lierilier devenu tiie>ident delà Képuhlif|ue fran>;iii>e.

Otie r<ii> inninie luiijiuirs. selon rexpres>ii>n de Voliaire, IfN pi'lilrs l-l.n^i<leralilln^ uni été te timdieau <les fmindes. On ii'ii plis ^u IVuij.ereur. un a rr^rardè Alid-el-Kader! On n'a [lits vu la p •stérile, un a re(;arde Lt majorité! On n'a pa> \ u lAncleterre, un a renarde lAIinTie !

De rehi. .piesi-i| arrivé*- Cesl «piauj.iurd'hui c'est r.\ Il ({Il terre (|ui a le b-ii rôle el la Franee le mauvais.

On s'en i.iiiiaiiiera par les extraits suivans île l'esplicelii<n qui a eu lieu a la Cliandtre des Inrds entre le manpiis de l.dnd'inderr). I<<rd l.ans<l<>>\ne et l^rd Rroughain :

■ i.k MAUiji;!* iii uoKifuiiiiEiHT : J'iî iffu tu ouin cMniiiDnieatlaa

470 tSM.

de la correspondance qui a en lieu entre le dnc d'Anmale et le général de Lamoriciëre. Je n*aî pa» cm devoir encore en faire usage, mais si la captivité d'Abd-cI-Kadcr continuait, je me verrais forcé de prouver au monde avec quelle déloyauté et quelle cruauté la capitulation de rémir a été exécutée.

D Je demande, en conséquence, si le gouvernement veut donner à sea ambassadeurs à Constantinoplc cl à Paris Tordre de préparer un arrangement qui facilite la délivrance d*Abd-el-Kader !

» LORD LJk.ysDOWNB : Je comprend f* les généreusos sympathies qu'ins^pire la captivité de l'illustre guerrier ; mais nous n*avons aucun droit de nous immiscer dans la question relative à sa détention. Le âenl intérêt que nous ayons dans cette ofTaire, c'est celui qu*ont tontes les nmtionj> civilisées à voir observer les traités auxquels elles n*ont même pas pris part. Je profite cependant de Toccasion pour déclarer que nous apprendrions avec plaisir que le gouvernement franco a jugé convenable de mettre en liberté Tillustre guerrier, ou du moins d'apporter quelque adoucissement à sa détention.

» LOUD BROUOiiAM : Je partugc les i>entiments que fait éprouvera tons les hommes de co'ur, à tous ceux qui ont le sentiment de la jiuiic«, la détention d'Abd-el-Kader. Je ne blûme personne; ce que je blâme, c'est Topinion publique de la France, laquelle, dans. cette affaire, n'a «Hé ni digne, ni lég«nle, ni honorable pour cette illustre nation. »

Voilii ce qui nrrivt» (juiiiul la politûiue est Part ck* fciusser Ja juslice, au lieu d*ùlrc la juslicc appliquée, la conscience humaine !

30 juin 1851.

Le journal le Pays annonce que la question relalivc à la cessation de la captivité (PAbd-el-Kader est sur le point de recevoir une solution déiinilive.

Le neveu de reini)ereur Napoléon, aujourd'hui pn^sideni de la Répul)li<]ue. aurait-il entin rencontré sous sa main un exeinplnin* du Mcnwnal de Suinte-Hélène?

S'il en était ainsi, raul<'ur de la \ote du /4 décembre 18i8 1; n'aurait <iu*ii félicitiT Télu <lu 10 décembre de celle

(l. l>nu<* cotte nolp, remise, 1«* 1 1 dt-c^mbre 1848, à Tfclu du 10 décembre, juant qii'il eftt été pro<'lann'* pré>id«'ut de la République, !« trouve, entre autres ind-cations, rindicntion suivante :

n (\> n'c^t que pur un munqueiueut de fui qu'Abl-cl*Kader est retenu Il captif; ext'cution loyale du traité, avec engagement, dans les temea

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mesure, à laquelle Thoiineur de la France est plus intéressé qu'on ne le pense.

19 octdbrt 1852.^

Nous lisons dans le Moniteur :

« Le prince ■ marqué U fin de ëoù toyago par tin grand acte de jn*« tice et do gônérosîté natiimale : il a rendn la liberté à l*es-émir Abd-«l- Kadcr. Depuis longtemps cet acte était anfté dans ta pensée ; il a voQln Taccomplir aussitôt que les circonstances lui ont permia de suivre, saoa aucun dnngcr pour le pays, les inspirations de son cœur. AnjourdliaS, Ift France a dans sa force et ses droits nne trop légitime confiance pour m pas se montrer grande envers un ennemi vaincu.

» Au retour de son voyage, le prince s*est anfté an cbftieaa d'As» boise. Il s'y est fait présenter Abd-«1-Kader, et lui a iq^pris en ces tanoM la fin do sa captivité :

fl Abd-d-Kader,

» Je viens vous annoncer votre mise en liberté. Vont seres oonduk à » Brousse, dans les États dn sultan, dès que les préparatift iiéoatiatru » seront faits, et vous y recevrea dn gouvernement firançais un tiiil^ it mont digne de votre ancien rang.

» Depuis longtemps, vous le savea, votre captivité me causait qm pdM h véritable, car elle me rappelait sans cesse que le gonvemement qal mfjik » précédé n*avait pas tenu les engagements pria envera na cnncnl aid- » heureux, et rien à mes yens de pins bumiUant pônr le gniini'nwMÉI j> d*uno grande nation que de méccmnattre sa force an point dt maBq;Mr » à sa promesse. La générosité est toigours la meiUeore conseillera, ci Js » suis convaincu que votre s^onr en Turquie ne nuira pas à U traiM|nÔ- » liu^ do nos possessions d*AfHque.

V Votre religion, comme U nôtre, apprend à se soumettre aux déertls » de la Providence. Or, si la France est mattreeee da rAlgérie, c^ait qat » Dit>u Ta voulu, et la naUon ne renoncera jami^ à cette oooqoHa.

» Vous avez été Tennemi de la France, mais je n*en rends pat OMlas >} justice à votre courage, à votre caractMt à votre réaignalion daaa te » malheur ; c*est pourquoi je tiens à honneur da faire eesier votra » vite, ayant pleine foi dans votre parole. »

» Ces nobles paroles ont vivement émn Tes-éiBir. Apfrèa avoir < à Son Altesse sa respectueuse et étemeUe reconnaisianoa, il a jmi, mu

h les plus solennels de sa part, de ne jamaia retoomar an Algécia al éa )» ne jamais porter les armes contre la France. Ce serait nn esenpla à » donner aux peuples et aux gonvemeroents ! Ce tarait une proteetatioa » contre la captivité de Sainte-Héitea ! Ce serait ona taçon drâinéa par la '» France à TAngletcrre ! •

472 tSM.

le livre dn Kornn, qu*il ne tenterait jnmuis de troubler notre dominfttion en Afrique, et qn*il se foumcttait, sans nrriërc-pensée, aux volontés de la France. Abd-el-Kuder n njouté que ce serait bien mal connaître re.«prjt et la lettre de la loi du Prophète que de penser qu'elle permet de violer les engagcmuiits pris envers les cbrétien?, et il a montré nu prince un verset dn Koran qui condamne formellement, 8ans exception ni réï^rvo aucune, quiconfiue viole la foi jurée, même aux infidèies. -

» Aux yeux de tous les Aral>e9 intelligents, la conquête de TAfrique est aujourdliMÎ un fait accompli ; \U voient, dans la constante supérioritt' de no4 armes, Téclatantc manife.stntion de la volonté de Dieu.

» LA POLITIQUE LOTALR ET GÉNÉREUSE EST LA 8EULE QCl COV- VIENïîE A UNE GRANDE NATION '. LA FRANCS SAURA ORÉ au priuce de

ravoir suivie.

» Abd-el-Kader restera au chAtcuu d'Amboise jusqu'à ce que toute* les mesures soient prises pour assurer sa translation et sa 'résiileucc à Brousse. »

Voilà un (icte que nous louons hautement I

Il nous report 0 en décembre 1848.

CVsl un giiind îicte ! conséquemmenl un aelo essentiellement polit ûiue.

En parlant ainsi, nous ne craignons pas que l\'ivonir nous démente.

Kl en é(Mivant ces lignes, le sentimenl intérieur qui nous les dicte nous avertit (pie «-e grand acte est le prélu<le d'une grande mesure d'oubli mutuel et de pacilication politique.

30 octobre 1852.

On lit dans le }fofutcur :

« Ail l il-K l'I'i- c-t îirrîv»' a.ijoiir.rbui, i\ trois lieures, k Parin, ptir ]« cbcnjiîi de tVr d"(.)rlr:iiis. I) puis le n-tour «le S.m Alt<.'s»e Impôriale, l'êmlr n'nv.iit ci'.^.' «l,- soliicitcr rar.tori»ation de vi-iiîr dan> la capitale p«»ur rem«Tr:.T !<■ irino'mii lui a >i ^ii-n-nMi^cmpiit n'mlu la liliertù, ctl assurer de !niuv--:iu i|i« ^on i':i<rn>>li' r.'«'<Mm.ii-«i:inr««.

I) I.:i d ni.tml»' d'Ali l-rl K.id«'r a rt»' jurucillie.

» I/' ii.ir «-«t :uTi\«'« :n'i«)ii»j' ^:ii- ilo >î. If conim:itid.mt Boî^nounet et de d<'ux p.M-.- .nM'-d'.' sa -i.it.! ^«■^l^•lll••nî : Si-li-AUali et Kara-Mobnmmo'I.

u >],h Ail Im--.: un j nue liuinino A^"* di* dix-neuf .à %iiigt un<, cernai n du fiuni.'ix k!i:;lif;ili OuM-SLii llmbun-k. qui a H«' tué dans un combat -^"* » non.-*. Il appariii'i.t à rune-le.^ {il u^ grandes familles arabes.

ABD-EL4EADER. 473

» Ct jeam homme pnrmU tri** intelligent, et, pendmnt ton wIjonT à AmboÎM, il a acqui» une certaine connaÎManoe à» notre langue et de noa

mœur».

» Knra-MoliammiMl est un nncicn aga de la cavalerie ivgnlière de iVniir; il <"*( aujourd'hui von intmdHut.

» K«rn*M<>hiininicil a dunm» à M>n multre de nomhreuM's preuves de courngi» et do d«'>\ouenicnt qui ju«tiTu'nt la cuntiànce tpi'il a placi^ en lui. Il n*u jiimsiiH \ou1u ubandunuer IVmir dnn^ «a mauvai:>e fortune.

» M. lo<*<>tnniniidant U«>i«»<>nn('t a dirigi'. a\nnt lR4<î, le •> ufTairv!i arabe* di- l:i ])ro>in<v di' <*oti*tnntin<'. En 18 tH, il a reçu la miMion qu'il remplit cm^tre eu re mom<>nt auprès de IVmir, nii!*»ion difficile et dont il s*ett aci)uitti^ il la ^nti>riiction du gouvernement.

y Vat ordre ilo M. le g'Mii'rnl d«* Suint-Arnaud, miniotre de la guerre, de* appArteinents ont vt»* pn'pnn'*i*, p)ur AImI «*lKador, nie de Rivoli, n* r><). Il y reo'vra une hoipitiilité g»''n«»reu»e, digne de lu France. • '

Dans 1(1 piirtit» du Moiutcur v^msiïvrêc nu romplo-rendu i\v 1.1 ivpirsniliilion (!«» l'Opéra, on lit €»nroro :

• l'n incidiMit dune imj)o*anle «-trangeté e^^t veiiu auginent«*r eocom 1 rntliouoi:i-me *U* la f>alle. l'nc loge d<r« seconde» de face a\ait reçu des h>*it«-ik À lu tigure tinoHiuV, nu liurtu>u«> «t'iutant de blaitrheur : cVtuit Abd* el-K:ider rx >e« ct^ipagiion^ trcxil qui vi'iiniout a«n»i!>t«'r à la réceptioil tritiniphnl«> <li» liMir l.i«'nf:iiieur.

» I>nn« un eutr'ncte, IVmir alla renilre \i»ite an prince prL>ident« et fur sou pa^kii^i* ]i>H front<t h* dt'couvru'cnt d'un mouvement unanime; OU fuit re«|*«^'ter en Fraiirc un eniR'uii \a:ucu. »

On lit dans U* Paijx :

.. \\.,\-'\ KndtT a i't<- riTiiiuiu nu mom<Mit o\\ il montait «n \'*iture. La fiii!«> *V4i j>-tiV ^iir »on pA<*ng«<; tout 1«* mon lo voulait lui «errer la ni.ii'i. «*: r i lioiiinn^H rfiidu al illustre captif rrjailli<»fait natun*llctDeot • tu !•■ prii r> i|i.i Tu rendu a lu liUTl<*.

f I.i ii^iin> ilAI'l tl K i.i< r e«t n>Iuiir:iMrmoiit lielle. Klle cf^t à la foi« p"«- ii«' "f fir.' * «*. d":iiii'iii;:»n;ri« ti jo di'tiiu'tion. ^oii p'gird, empreint «i'iiii'* tz" Ml !•* il«»'.i-«Mjr, r»\iin'i.iit d** •.iti-fa«!loii.

|.i.» pT-i'i'.iii'o pr :!••■• .1 tii4 In g;n* -e •'•nt d«'rou%erle« à «on ap-

pf'x'l.*', rt A'"l «-•■Kii'f l<-i.(- .% ii-:.<lii litir •nlut h\cc HÎ*nnce et dignité*

.< < )ri [H n.«> <|irA\ i « ! K:\-l> r -4j>iitrii« r.i .i rHii<« uuo huitaine «l** jour*. •

(^)iirl rhan^TMirnl diuis 1<* l;iiip-i^'p (h* ers journaux, qui troii>.iii*iil l<»u> >i siuiplo cl >j ju>l<* ipi*on rrllnl .MnI-cI- KiidiM' iMpiif .m nii'pris fiirnirl ilr la parolr snlriin(*l!cmeni il iimiM*. .ihir> ipit' 1.1 /Vf'.s.sr' riait Ir .s4'ul journal à Irouvpr, a\«uit roinnir aprî's IH4K. un Irl acto indigne i\v la loyauté

474 fl««9.

et do la grandeur de la France ; alors que la Presse éta sou! journal qui appuyftt la noble motion de rhonorable néral Fahvier (1), et ne raillât pas la mémorable perse rance de lord Londondorry I

Ln Presse, en constatant cet heureux changement, peut donc qu'y applaudir.

En France, moins quVn tout autre pays, îl ne faut Jan désespérer du triomphe de la vérité et de la justice.

,'l) Motion présentée 1o 6 août 1849, et renvoyée dérUoirement aprî proroRRtion ; motion représentée le 5 août I8ô0| et renvoyée dérisoirenc pour ln beconde fois, après la prorogation.

POURQUOI VOTEa CE QU'ON BLAME?

2 janvier 1848.

On n Vsl pas impunément h la fois député et rédacteur en chef d'un journal, à moins d'avoir été assez heureux, par le temps où nous vivons, pour natlre sans idées et pour grandir sans (N)nviclions. Après que vous avez démontré dans vin.Ljt articles que le droit de visite était en opposition flagrante avee la politique traditionnelle de la France, à Tootasion (le la convention du20 décembre 1840, votez-en donc, si vous le pouvez sans inconséquence, la ratification I Après que vous avez établi dans vos colonnes, de la manière la plus pérenii)toire, qu'aucune indemnité n'était due au docteur Pritchard, votez donc sans lAcheté le crédit destiné à le f)ayer! Après que vous avez coml>attu comme émanant d'uive mauvaise politique le paragraphe de Tadresse qui fleirissail les députés qui s'étiiient rendus à Belgrave- Square, votez donc sans scrupule la flétrissure! Après que vous av(»z constamment répété qu'il fallait opérer sur le l)U(lt;et de la guerre une réduction de cent millions au moins, votez donc sans vous contredire l'effectif militaire f)ar cette uniipie raison qu'il a plu au ministère d'élever la plus [M'tite diminution de dépense h la hauteur d'une question de cabinet î Enlin, après (pie vous avez prêté à des mini^tr(»s le concoui-s de votre publicité dans un moment décisif, au moment des élections générales, après que vous

\«iu.sèlos porté le garant do ieui-s paroles de progrès le jour où ils les rrtraolenl à la tribune sans l)onne foi. le jour où ils vous désavouent avec hauteur et vous bannissent de leurs rangs avec in^'ratilude. courbez donc humblement la tête et volez dune aveuglément, contre. quoi?... Contre la simple prise en considération de deux propositions émanées de deux anciens doctrinaires du sang le plus pur : l'un, qui fut ministre du roi : l'autre, qui n'est coupable que du fait de n'avoir pas voulu abandonner le drapeau que vous lui avez mis vous-même dans les mains aux jours de la coalition! C'était là. certainement, une position délicate, fausse, d'hantant plus fausse et d'autant plus délicate qu'elle se prolongeait plus longtemps: c'était là une position analogue à celle des députés fonctionnaires amovibles et rétribués, qui combattent systématiquement les tendances d'un cabinet, censurent ses actes, flétrissent ses intentions, et qui ce|)ondant ne donnent pas leur démission. Ou cessez d'être dé- [)utés si vous voulez garder honorablement vos fonctions, ou cessez d'être fonctionnaires si vous ne voulez pas trahir ignominieusement vos convictions. Tel a toujours été notre langage.

Lorsqu'(»n est déi)Uté, c'est un avantage de n'être pas fonctionnaire public : cVn est un bien plus grand encore de ne devoir pas. tous les malins, à deux cent mille lecteurs IVxpression sincère de son opinion consciencieuse sur toutes les questions débattues entre tous les partis. Combien de fois ne nous est-il pas arrivé de nous surprendre h envier la condition passive de ces députés qui, ayant toujours gardé un silcnco approbateur, n'ont jamais été aux prises avec \o désir et l'impossibilité réunis de mettre d'accord leur langage et leur voie ! CoMd)ien de fois ne nous est-il pas arrivé de nous |)oser à nous-même, par la difficulté de ne f>as tomber dans l'inconséquence et rinconsistancc, la question de savoir s'il n'y avait pas lieu, ou de sortir de la Chambre pour ne pas sortir du journal, ou de sortir du journal pour ne pas sortir de la Chambre et des rangs de la majorité?

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