POURQUOI VOTER CE QU^ON BLAME
Or, que font M. le marquis dUnussonville et M. le comte (le Moriiy ? Ils sont dépiilés ; ils n'onl pas h diriger un journal dans un courant étroit et rapide, le présent, entre deux écueils dangereux, le passé et l'avenir; nous pourrions même ajouter : ils ne sont pas écrivains. Eh bien! (jue font-ils?
A la lin de la session dernière, M. le marquis d'Haussonville publie dans la Revue des Deux-Mondes, sous le titre de : LA SITUATION ACTUELLE, uiic criliquc sévère, bien que méritée, de la conduite du ministère ; dans cet article, il lui reproclu» « d'avoir cru quii ny avait plus ne/i à faire qu'à » reprendre^ saus y rien changer, la politique des années >• anlcrieures : d'avoir montré moins de sagacité que les » rlccteurs : de navoii^su ni diriyer la majorité 7ii s\m ser- " vir: de n'avoir pas su faire les dwses à propos et d^ne î> façon qui les fit valoir; de ne pas savoir parler à Vimagi- » nation des peuples: d'avoir fait un yrand nombre de choix ) fadteu^v: d'avoir comproînis la position de beaucoup de » fonctionnaires pour complaire à quelques^ins ; d^avoir >' fait un grand mal pour de petites raisons : de n'avoir su » réaliser aucune des mesures populaires ayant pour but » d'alléger une partie des charges qui pèsent sur les contrit '• huahles. etc., etc., et<». » La veille du jour où va s'ouvrir une nouvelle session, M. le comte d(» Morny, à son tour, publie, dans cette même Revue des Deux-Mondes, le pendant à l'article de M. le mar(|ui$ dllaussonville, sous ce litre:
Cfl KL(^l ES RÉFLEXIO.NS SUR Là POLITIQUE ACTUELLE.
Dans <Tt article, M. le comte de Morny, écho afTailili de MM. Duvergier de Hauranne et de Rémusat, se prononce hautement contre les petits collèges et demande qu^une limite soit mise à Pinvasion des foncti(mnaij*esdans la Chambre : à .son avis, un fonctionnaire public ne devrait pas pouvoir être député. Il déclare qu'il désire fermement que le parti conservateur adopte cette extensicm dos incompatibilités dans le cours de la session actuelle, et qu'il « espère » qu'on ne reproduira plus cette objection, que le moment >' est mal choisi, et que la législature n'est pas asses orow- » cée, etc.. etc. »
Enlro ce lanj?af>e et ooliii que nous n'avons jamais cessé détenir, apereoil-on la difrérence la ]û\\s légère? Nous le demandons ii lous ceux qui nous lisent.
SU n'existe entre notre langage et celui que tîenhent MM. dllaussonville et de Morny aucune différence, d*oii vient donc (fu-il y en ait une si grande entre leur conduite et la nôtre?
On le sait :
I^a majorité n'a pas dans ses rangs d(^ membres plus fervents (|ue le député de Provins et le député de Clerinont, ces deux volontaires de la Revue des I)eiLr-3I ondes.
Le député de Bourganeuf. rédacteur de la Presse, esl sorti des rangs de la majorité pour entrer dans ceux <le ropiHJsition conservatrice ;
Qui a eu tort?
Qui a raison?
I*t»ur(|uoi voter ce qu'on hIAme? Pourquoi hlàmer ce qiron vole, alors (jue rien ne vous en impose le devoir et ne vous en lait un(* nécessité? N'csl-ce pas connnettre une inconséquence pour le plaisir de la commettre? N'est-ce pns se déconsidérer et déconsidérer son parti, discréditer son langage par sj>n vote et son vote par son langage? NVst-<*epas s'exposer à ce (ju'élecleurs cl ministres vous disent : Ou n'écrivez rien, ceipii est facile, iniiscjue vous êtes étrangers au. journalisme, ou, si vtms écrivez, écrivez alors comme vous volez, à moins (juc nous ne préfériez voler comme vous écrivez? Renonciez, renonciez ii ce nMe piteux de la chauve-souris entiv deux l>eletles :
Moi sniiiis! lies mt'ohants vnu«i ont dit oc» nouvelle* ! .Il* 'iiii'* oi>osm, vovcz hu'h iiiles !
Qui fuit TuifcauV Q\"i\ le plumujîo.
.le sui- souris : vivent les rats !
Ne dites pas aux électeurs de Provins et de Clermont
Je Jïui'» l'i-eaii 1 \ 'vez mes aile»!