LES ÂFFAIREB MAL FAITES
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En relisant dans le Moniteur la discours de M. le prési* dent du conseil, nous y avons remarqué cette sentence :
a Quelles que soient les formes^ quels que soient les frrm- 1) cipes de gouvernement^ les hommes ne supportent plus de » voir leurs aflaires très mal faites ; ils ont raison. »
Ces paroles sont la condamnation de M. Guizotprononoée pctr lui-même.
De Taveu de tous, de l'aveu même du Jaumal des ùébaU (voir son article du 28 Juillet 1847), de l'aveu de M. le marquis d'Haussonvillc (voir son article : la situation actdilu, dans la Revue des DeuX'Mondes)^ de. l'aveu des conserva* teurs les moins suspects, pairs et députés, n'esMi pas vrai que nos affaires sont « mal faites^ trét mol faites? "i^
Jamais le pouvoir eut-il moins de prestige?
Jamais vit-on le budget et les crédits extraordinaires el supplémentaires rompre et déborder k.ce point toutes lea digues ?
Jamais vit-on c Vabu» des influences » poussé plus loin?
Jamais vit-on, de quelque côté qu'on abaisse les regarda, le gouvernement choisir avec une prédilecti<m plus marquée, pour se fortifier, les plus faibles, pour s'éclairer, laa plus incapables?
Jamais les destinées d'un grand pays, d'un grand peuplai d^un grand empire furent-elles plus imprddemment livrées aux flots de ce vaste océan qu'on appelle llmprévu ?
Jamoîs les circonstiinces s'annoncèronl-elles plus graves, les prohnhililos plus re(loiital)los'?
Jamais los questions administratives, économiques, sociales, furent-elles à la fois plus importantes à étudier profondément et plus superlicieliement traitées?
Jamais la France a-t-elle m en môme temps plus de ressources et moins de forces ?
Qu'on n'accuse pas la France !
Jamais elle ne fut moins exigeante dans ses prétentions, plus modérés dans ses désirs.
Jamais elle ne fut plus sensée.
Que demandc-t-i»lle ^ Hegrette-t-iMle la gloire? — Non.
Réve-t-ellc de conquêtes? — Non.
Aspire-l-t*lle à une prépondérance exclusive? — Non. Ksl-elle insatiable de liberté? — Non.
Kiie demande :
Que Tordre ne soit pas boiteux, qu'en même temps qu'il repose dun cùlé sur la répression, de l'autre côté il repose sur la pié voyance ;
Que l'ordre matériel ne règne pas exclusivement, mais conjointement avec l'ordre moral.
Kl le demande :
Que ses besoins soient satisfaits; Que ses linances soient ménagées; Qu'il soit tiré de toutes ses ressources le meilleur parti ; Que les réformes prévieiment les concessions ; Que les réactions ne soient pas provoiuccs par les abus; Que les contribuables passent avant les fonctionnaires, et non les fonctionnaires avant les contribuables; ceux qui payent avant ceux (jui sont payés;
Que le gouvernement se pn»pose pour but : l'intérêt de tous, et non Tintérél de quchpies-uns ; Tintcrét général et non un intérêt exclusif: le soulagement de ceux qui souffrent, avant le comblement de ceux qui jouissent;
Que la paix soit un système qui produise ses fruits, et non une trêve achetée au prix d'immenses sacriGces ;