LES AFFAIRES MAL FAITES. M
Que le régime de la guerre cesse enfin de survivre k trente-trois ans de paix ;
Qu^un temps précieux, dont on ne tardera peut-être pas à regretter la perte, ne soit plus exclusivement consumé en discours qui ne servent qu'à grossir la collection du Mani^ teur^ on débats sans action sur le passé, et sans profit pour Tavcnir ;
Que les ministres fassent ce que font les cultivateurs vigilants qui se hâtent de profiter des Jours propices, en pré* vision des jours mauvais, pour labourer leur champ, Tenseniem^er, dresser les meules et rentrer les récoltes, afin d'assurer leurs revenus, de conserver leur crédit et de grossir leurs (épargnes.
Elle demande :
A jouir extérieurement du rang, et intérieurement dn bien-être qui appartiennent à un pays qui paye quinie œnl millions d'impôts;
A n-étre pas prise au dépourvu par les événements avM des fînances embarrassées et des travaux non aciievés ;
A ne pas conclure des emprunts usuraires qui FasÉuilent aux fils de famille prodigues, et l'abaissent au nivBM des débiteurs douteux;
A ne pas demeurer agronomiquement, indu^trielieawnt et commercialement, en arrière des nations moins favoriséos sous le rapport du territoire, de la population et de la
richesse.
Elle demande :
Que toutes les questions susceptibles d'être résolues soient mûrement étudiées et cessent d'être perpétoellmeol
ajournées ;
Que toi\tes les aptitudes réelles soient appliquées h la re* cherche des solutions désirables ;
Que le but soit placé asses haut pour être aperçu de tous les yeux, donner une direction aux esprits, empêcher qu'ib n'errent en tous sens, ennoblir les ambitions individuelles el faire paraître les partis si petits qu'ils se dissolvent, comme
dans un grand danger s'efliicent toutes les petites dissensions.
Elle demande, enfin :
Que ses alVaires soient bien faites, car mieux vaut pour h grandeur et la séeurilé d'un pays a des affaires bien faites^ qu'un demi-milliard dépensé chaque année à poser des sentinelles et des vi^^ies.
Ce que la France demande avec raison, ce quVIle a U droit de demander, c'est ce (|ue M. Guizot lui avait promî* à chaque page de ses livres imprinïés sous la Restauration à chaque mot de ses discuui^s prononcés sous la coalitioD M. Guizot le lui a-l-il donné depuis huit ans qu'il gouverne^
Huit ans, c'est presque la durée d'un régne I
Huit ans de i)aix. c'est plus (pie seize ans de guerre !
Or. le (limsulat et l'Empire ont à jKMne duré seize ans, el cela leur a suffi pour ajouter par centaines d'immortelles paj^'cs à notre histoin» : la pa^e que M. Guizot y ajoutera, k moins que ce ne soit celle de ses fautes, est encore tout entière à écrire.