LIBERTÉ D^ENSEIGNEMENT
15 mars 1837.
c Le véntable progrès pour un peuple consiste à acquérir 1 ce qui lui manque, » a dit aujourd'hui M. Guizot dans son discours sur Tinstruction secondaire. C'est précisément parce que nous sommes de son avis sur ce point que nous différons d'opinion avec lui sur la direction qu'il convient de donner à l'enseignement public.
Assurément, ce qui nous manque, ce ne sont ni les docteurs en médecine, ni les docteurs en droit, ni les bacheliers ès-leltres, ni les bacheliers ès-sciences, ils pulullent; le véritable progrés ne saurait donc être d'en accroître le nombre, mais bien plutôt de le diminuer ; est-<;e là l'objet que se propose la loi en discussion? Il ne le parait point. Nous 1(* disons avec regret et hésitation, fnais nous sommes du nombre de ceux qui trouvent que la loi est incomplète, et qu'elle ne justifie môme pas le titre impropre qu elle porte.
En effet, que doit-on entendre par ces mots : Loi sur Tmf/nic/ion secondaire'/
Ou'est-<'e que Tinstruction secondaire? en quoi diffèret-elle de Tinstruction primaire et de instruction supérieure? de quelles branches, de quel système d études se compose*t-elle ?
Telles sont les questions que laissent en suspens la loi, son exposé des motifs et le rapport de la Commission.
Si le projet se fût borné à prendre le titre de loi sur la ftberié de renseignement^ et à régler l'exercice de cette liberté, il eût ainsi prévenu plusieurs des graves et justes critî(iues qui lu^ sont adressées ; il aurait eu Tavantage de restreindre la discussion à Tcxamen approfondi de ces deux graves questions :
La liberté de renseignement doit-elle ôtre consacrée comme un droit et comme un progrès ?
La liberté de l'enseignement peut-elle exister de fait avec le maintien de .l'impôt- universitaire, sans l'égalité de Ja concuirence, et en présence des établissements d'instruction publique entretenus par l'État ?
Si nous sommes généralement fort peu partisans des libertés chimériques, nous le sommes moins encore des déceptions légales. Nous aimons qu'une loi contienne ce quelle annonce^ que sa lettre et son esprit soient d'accord, qu'elle ne sous-cntende dans l'application rien qui la rende évasive ni inexécuLible.
A notre avis, le projet de loi en discussion élude les difficultés qu'il eût été pour lui utile et glorieux d'aplanir.
Il abandonne d'une main la direction de l'instruction publique, et <lc l'autre il en garde le privilège.
Il rompt l'unité d enseignement et n'en consacre point la liberté. Nous eussions préféré (pi'il fil le contraire, qu'il maintînt Tune et qu'il accordât l'autre.
7 novembre 1847.
Loin de redonlir la rnrK-nrrence des écoles dirigées par le clergé, nous \,\ si in m Irrions, voyant en lui non un rival mais un éinnlc. S'il rais;iit mieux que nous, ce ne .serait pas en l'enlravaiit fpjr fious essainions de le dépasser; ce serait en redoublant d'efl'orls. Mmpécher : c'est là ce qu^ex^