‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 23 sur 71 · L'ESPRIT PUBLIC. A PARIS · texte numérisé non relu

L'ESPRIT PUBLIC. A PARIS

3 •q)te]nbre 1838.

La situation actuelle veut qu'on Texamine attentivement.

Elle est grave et elle ne Test pas.

C'est un lac dont la surface est agitée et dont le fond est calme.

C'est une médaille dont la face est brillante et dont le revers est terne.

On n'en voit que le i-evers, lorsqu'on la juge étroitement de Paris.

Cela s'explique ainsi :

Paris est la ville de France où la presse pénodique exerce le plus tyranniquement son empire, où Ion est le plus ignorant et le plus indifférent sur tous nos intérêts agricoles, industriels, commerciaux, coloniaux, maritimes. Paris se soucie peu que la France récolte du blé, pourvu qu'il mange du pain. Paris suppose (jue toutes les villes de France ont des rues pavées, éclairées, balayées, dt\s écoles ouvertes, des bibliothèques publicpies, quVIIes ne manquent entin d^aucune des choses qu'il passcnle. Paris suppose que tous les déparlements de la France ont abondamment des routes et des canaux parce cpril reçoit exarlcmenl de Strasixmrg ,. de M<irseille , de Nantes, de Bayonne. de toutes les extrémités du royaume, les produits et les objets nécessiires à son existence el a son luxe, ou plutôt, Pa

ris lin s'cnquicrt pas de tout ce qui manque encore à la prostn^riU*. (le la France, de tous les progrès qu'il reste à faire è la civilisation dans la plupart de nos départements; aussi INui.H, q"i ne voit que par les yeux de ses journaux, ne voitil les questions politiques qui* par les points où elles touchent au renversement des cabinets, et à rexercicc de la prorogative royale.

Toute autre politique qui consisterait à rendre Tassiette (les impôts moins imparfaite, la circulation des capitaux plus rapide, le transport des marchandises plus économique, h développer le principe fécond du crédit public, à éteindre Tesprit malfaisant d'une fiscalité ignorante, à accélérer les rapports du centre h la circonférence, à multiplier le nombre des écoles communales, à fonder des écoles rurales gratuites, à réparer les églises en ruines, à améliorer le régime pénitentiaire, à s'occuper efficacement du sort des enfants trouvés, h mieux entretenir les routes qu'on perce, à complélor notre système de navigation, à porter de toutes parts le travail, finstruclion et le bien-être, enfin à montrer partout la main bienfaisanlt^ du gouvernement et à le faire aimer partout, serait a une politique dictée par un V industrialisme abji:ct. »

La polili(iue des intérêts mntcricls est une politique honnie, vilipendée par les journaux qui l'accusent d'être une politique abrutissante. Aussi, M. Guizot est-il félicité par eux d'avoir jeté le mot a iVintêrdts moraux »> dans un discours qu'il a prononcé à Caen, devant la Société des antiquaires (le Normandie. (JuViilend-on i)ar intérêts moraux? Quentond-on par intérêts matériels? Où commencent les premiers, nù Unissent le> seconds? KNt-cc que donner aux ouvriers flu travail, ce n'est pas en même temps leur donner les moyens de faire instruire leurs enfants, même de lire, s'ils le veulent, les journaux cpii se prétendent lt»s défen>rurs des intérêts (léni<»eraliquesV

ICst-<*e (pie (le Ixinne fui les iiilerèls ni.itéiiels et les intérêts m. ri:ii\ >e |. 'UN eut iMilcr** K>i-ec qu'ils ne se lient pas '*MU'nl / K>!-ee quil.^ ne '^•int pas aitcrnativemeni, par

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