‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 25 sur 71 · UESPRIT D'ASSOCIATION ET L'ESPRIT DE SPÉCULATION · texte numérisé non relu

UESPRIT D'ASSOCIATION ET L'ESPRIT DE SPÉCULATION

20 octobre 1838.

Au nombre de ces mots sans signification vraie, et que tout le monde n^çoit et fait passer sans examen, sans réflexion, sans contrôle, il faut ranger ceux-ci : a Esprit d'ast sociation. »

L'esprit d'association n'existe pas en France ; il n'y peut exister: nous dirons plus loin pour(|uoi. LVsprit d'association n est qu'un pseudonyme sous lequel se cache Tesprit de spéculation, pour se dérober aux attaques irréfléchies, injustes, absurdes (|ui le poursuivent en France, comme si l'esprit de spéculation n'était pas la transformation nouvelle, nécessaire, industrielle et pacifique de l'esprit de conquête.

Le caractère français, attentivement observé, est un étranf:e amalf^ame de préjugés chevaleresques et de velléités industrielles : c'est le caractère inconséquent du joueur honteux î

L'esprit d'association nVxisteet ne peut exister que là où une minorité, c'est-h-<lireune aristocratie, a des privilèges ou d'immenses fortunes h se faire pardonner par la multitude. L'e.>prit «l'associa li< m se rencontre en Angleleire ; il ne se trouve i)oint en Amérique, où règne evclusivement Tesprit de spéculation. Entre l'esprit d'association et I'cnprit de spéculation, nous faisons cette distinction, que le

15G \K]H. - r/RSPUIT DASSOCUTION •

prt-mii r a |)..îir m IhIo priiuipi»! TinUMVl pubhV. oi le s<»loiid rinlon^t i!nl:\i)iui'l. L*t*si)rit (rcissfH^iatinn o>| le fait (Jt'S S'.cii'!i'S iiri>t ••i;itî«|îii'mo!ilcniisliUitvs : IVsprii dospeciihuion «•>l If f.iil «If- kl;ils «lôniiHTiUi'jues.

Cr<\ la ro ihiH r.L' >o sont p«ns remlu siiflisciniment 0'>mplo h's liniiîos ni't.iliiiili^s p(>liii«jiit's ol tinancièivs que dc> liiiii'i'iiî. is ,i\i I. N .1 t\r> spri-nLiiciirs ili* sotv iii«| ordre ùiit pr»'>^i' «i«* .s.* nit'ttfv a ia tiMo de i*iim|);i|Lrnies impro-

(!rsli.iJi;t^> iîilal»iliti'-« «.iiirrii r|u*r{It»s aiiraieiU pour auxjli.É-iv l«-.;.ril p::!»!:»-. «pu» i- ri ^^•In|ll^'^<l•l^lil do s'as^uriorà li'Ui> in'iv[)!!M < n:..;?i- ,;i r;n^ Il d<' Ii'V.r avanla^v que de ïcuv ii'ii'»' : #•!!■'< i.ii^l rrii i-iiliti a rf>î>r:t d'Mss- rintiim. ErriMir ! I/.i'-- ' îiiii ti n"»-» ru r:;inri' «pi'i:» inn\eiK etnon p;i^ un luit : ri i.i I rt ii\r «liM-. I.j. r\wi rt'nipivssenienl 'vr.tîOi «;i:". M ^i ii;:- i\ iiMii^c^r (i'iînpi'rn'T.tiJilfs 1hmu*Iùvs sur d.^ :«•■.: Il- Mil'.. n rn' >'f(ail l;jil di'îi\rtM'ipi*afun-e de S4)lliriijiti. n^. dip^i.îu. 1'^. ii'iinp.»rlimiti-. Nmis ('••tinai>sunsde5 milii- M.-'iii"- ijui. (U'< i\\i'i\< oîil pu iv^dixT furtivement d.iiis I.i r.uli^v Mil ln'iH'!i.vd»M.'iiiipi.uiU' |nui<. roiK fait en v.nd.inl Ir< ( iiiqu.infi' iulinns «pii i«Mir a\ aient ooù té des îel'n > j r«'->;iiiies ri des diiuaivhosSiins n"mhn\ Seraft-ee ja If- j -rit d'.i^N. iiali n '/ — Ni.u : o.* n'o^t pas mi^nie Tespril rie >ret ijl.i!i"!i: rf^i i.uî iin plus l\>prit do tralie: e'est le i .111111. M«»' lîiimiii' i|iii' f.ni ji^s \.'iidi'nr< de eniifremai- <pii-.* il I.i p'rh' d»'^ llirfiîr» >.

Lit l>i»'ii! n* Ir.ilif. i-'.'-i i-.liiiiiiif di^Nm.iiM»us d«» Iv^iniiue '\.ii-itli'iMM»'^ n'' lit i»;»^ di-d.ij-nr ,j,. hiin»; rWrs m* tenaient p."» iip-'ii' l»'iir> prMm..x^,.s d'.iil:-ti<. ipn* i-^n [)romesse5 .,\.ti-!î! «I«'j.i ♦ t'^N,. «l.'I.Mii" ,ipp;i,t,..ii:-. | >':mp. »ri.iiii«»s ooiisîflfi.ili. Il-- n". ni p.»^ rlr mi*..*N i.n l..ii.iii.-.- p.ir ,-*•> maisons nver «I in-ij:niti.»nt> iMiuli.os ; ,.|i, . . j , j,.,,. enprofii>ionsur la plaiv ili's ni'li.'rw qu'i-Ili^s >r'.i:. ut, \.i \i'\\U\ axidement di>puliM->. Civ-l ;n?isi ♦«u,- >.> >..ni .>wli,;> |,'s arii.mv, J^ la (!'.nip.i;:hii* du ( In'iiiiii di- (. r tli'P.nis ji ;., ,p,.,. . ^..jj^ |.|^^.. iilableraii<i'de l.t l»;ii>M« «lUillrs . nt l'pi. u\ee. A\uiM-z d.-iJt* îiNiv n..iis qiit'n ri;in«e ou ue sait pasiod-

ET L ESPRIT nr: SPI^CILATION. 127

me encore spêciiliM'; on y trîifi(iiie à la dêrofyée, et loul en erânl hypcKTileinent eonlre Ingiotage auquel on prend pari.

Cesl Ih, en effet, ce que nous avions pi-évu ; cVsl là ce qui rend éminemment grave la situation des compaj^nies de eh(»mins «le fer; elles ont hi\li sur une cavité qui sVffondrc un édilic'e qui s écroule.

Un j<»umal pense qu'un peut encDre raninjer la confiance et relever Topinion publique ; nous en doul(ms parce qu'il nous <»sl dém(>ntré qu'en France l'association est un mot Siins réalité, et la spéculation un levier sans longueur, car nous ne saurions donner à i\es paris de bourse, qui consistent en payements de différences mensuelles, le nom de S|)éculation.

La spéculation enrichit un pays, le jeu l'appauvrit ; la spéculation fait circuler les capitaux, le jeu les fait tourbillonner; il les concentre et les agite san^ les déplacer.

•LSPIUT VUWX KT I/KSPRIT DE PARTI.

:^i octobre 1838.

Nous i\\o\\> monliv en qu<»i IVsprit d'association et lesliiil (Je >(.ûouI.ilinn (litlcnuonl. disons niointonaiit quelques iji«»t> do ros|»ril pulilic i tdrrt'>pril do parti.

L'c^pi'il public ot l'o>pril d*assîn.-i;ili'in ont le inOino priiiripo. rinU'îvl j^tMioniI, c nnine il esi vrai de dire que lesprit do [jarli ol l'ospril de spéculation ont pour unique mobilo linirrot j>i i\o : (;*ost là ee qui expli(pu» pounjuoi il y a i.iiil daelivilo d'iino part, et de l'autre >i peu.

On no rri»it pas {:ôuéralenn^nt, en Friince, à la sinecrilé do l'ospiit publie: en elTot. pour y eroin». il faudrait soiuièuH' on ôtre ainniê.

Lo niancpio d'oprit publie est la plus grande des calamilo qu'un pa>.> pui»o avoir à eonibatlre, en temps de paix :MiN>i bien (pi'on temps de guerre, l.e manque d'esprit public retarde l"Us les [)r.?grôs. pn-lonpo los dis>ensions ci- \il<'>. af.v'rave le malaiso so<*ial. rond stôrilos, éjîiJÏstes et iaro> les hunnnos capables, ôte au pouvernemeni sa puis- >ain-o il a la naliun sa j,Tandeur : il forait douter par le pré Miit d'un avenir niodlour. l'npaxs dôpiurvu d'esprit public n'a pa> ilennomi plus redniilablo ipie lui-mi^me.

L'esprit publi** «v^l do ^a nalurt» [)oi vo\oianl. rellôehi, [;éiiôrt-u-X. mais oooiHîmo do sos l'oroo: il no faut pas le confondu' a\oc ronlhiiU>ia>nie pii>:a^or, irrollochi . impré* *"*'n!, fpii. m un m-uI i*Ian, ô]juis«î toutes so> ressources,

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