‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 31 sur 71 · SA · texte numérisé non relu

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7 juiUet 1847.

« L'excès des travaux publics, attendu Ténorme dispro- • portion des entreprises autorisées avec les ressources t annuellement disponibles, est le crime du ministère, ce- » lui pour lequel il mériterait réellement d'être mis en ac- » cusation. » Telle est la pensée que développe le Constitutionnel dans son premier article. Il y a dans cet article une erreur que nous devons relever. La France, loin de mériter le reproche d'avoir imprimé à ses travaux publics, à ses chemins de fer, une trop rapide impulsion, mériterait plus tôt le reproche contraire. Aujourd'hui , toutes les grandes lignes de chemins de fer, particulièrement celles du Rhin à l'Océan et de la Manche à la Méditen'anée, devraient être en exploitation; toutes les questions dont l'ajournement funeste empêche nos travaux de vivifier notre industrie et notre commerce devraient être depuis longtemps tranchées. Ce qu'il faut reprocher au gouvernement, ce qu'il faut reprocher au ministère du 29 octobre 1840, c'est de n'avoir pas su associer le crédit de l'Etat aux grands travaux d'utilité publique; c'est d'avoir laissé le crédit privé s'égarer et s'affaiblir en entreprenant de porter un poids au-dessus de ses forces; c'est de n'avoir pas été les chercher là où ils abondaient, et d'avoir été les chercher là où ils manquaient. Si, au lieu de s'adresser à la Bourse, le gouvernement se fût adressé à l'épargne, si au lieu d'autoriser l'émission en bloc de (juinze cent millions d'actions, payables par cinquième ou par quart, il eût successivement émis, au fur et à mesure de Tavancement des travaux, des bons de chemins de fer, à l'intérêt de un centime par jour, 3 fr. 65 c. par an, nominatifs ou au porteur , il n'y aurait pas eu de crise. Tous les travaux suivraient leur coui's sans interrup» tion : tous les bras seraient occupés, tous les petits capitaux

LES ŒEMÎNS !•£ FER 1*1

encore improduitil> ?i-j f rt-î ■>-< s^ ^ ■ ^ :-?<:.: •->. ir« t r -> productifs, auràk-nt fi»r h ** n i-»- : .:•:'- -• ^ 1 >< :..:":*.' nationale ce que s«Dt ie> p-r-ajo- r->î^:-.\ - u\ j-.-r .t-> -- \ières; en aji^ut^nt ;-u re-.^r. - ir :-.-.-:.. s. j»- - ,7-t vv fût. les bons de rh^nitra 4^ v - z I r-^-'" / ;.: - . - ^ j>^;!.: fourni au travail t-t a b ■ n^ n:r.,'.*. :. :. :. ■.;•»• . t: f-.v r..j aliment. CVtail une ikre sin.î»- . r. . - -;- ; jr r-.- p ur T.ire juste le Ciintraire de ct^ -fj '«rj 1 v,/. f..-.;. Ajs>i •;-:V>î-il arrivé? -\u lieu d'A^^î *"^'''* ' "'^ ;it.vù\ r-r. .issvitir.l toutes les petites Urfjpi»-*. --u i»-- .. -i.viw-^ >HiriS st- r-ridre compte de t^iute Li f «TiV uti:*- *\^ï -ix .^.»'^\ ;vrdr>- tv que peu de lignes >unir<iTit p -ur f-in- r..iiij'rti:.ir»». LVxtrémo morcellement du s«»l. rîTi-t ilf i .>'.«ii!f ii-> |-,irt;i^es. vi Tune des causes les plu^ .««livfx ij.-i pn*:> u-^untiris -jui forjstMii b pi'opriété f iPi-ifT** «^l f!i»T\«'ni n Au* .ij^ri.'.illti.v. tvl i'\trème mircellemi'iit i-^i d^'j^j un niiil: 'ii \\\ l'inpliv. Que manque-t-il â notre imiiistrie et a n '(n* <* •inuif ive p>>ur lt*s mettre en état de snKfiiir la min urn*nii' i-lr.inj:ère i*t liAterpour eux le jiur de ta liliertf. !.• j.iurd»' Li maturité 1 — Il leur manque «ie> fins- ■nini;itrur>. t-i «■♦•l.i >V\pIi(]U(* par rinsuffisnnce pi»!iiTaledes ri»\enus i*n Krjiiici». insunisnnce encore af<pravèe par rimiK^feiti m di-^ vnii'Mli' ('Mmiminicatitm. qui élève diMiio>uiVMifnt !«■> fraJN di* lr:in>purl. (iVsl â peine si le revenu et \v ^aiii de rininu'iiM* inajorito de nns propriétain*s. fabricants et l'niniiHMvants. sufliMMit à leur assurer le strict ncfcs^iain*. tandis *\\\v\\ Aiif;ltMiTiv l'aristicratîe disixise de revenus cnnsideralilo et rindiislrie de capitaux abt»ndants (*t a bas prix. Or. qu'a-l-on fait liusipie. par l'amorce «l'une prime faeliee el è|ihenière, «m a «ree eet entraînement par suite du(|uel quir »n(|iie avait r>(M) Iraiies, 1.000 francs, 5.(N)0 franes. 10.000 francs. iO. 000 francs dispnnibles, est accduni ii la H mr.Ne pnur êchaiip'r ses ecus contre des promtvsses d'acti ms. s niscrivaiit le plus souvent pour cinq actions, lorsqu'il en p luvait m ul«'m(*nt pa\er une int<^gralenient . ou p lur cinquanlt* !.>r>qu'i! n'a\ait de moyens d'en garder (|Ui* dix ? — On a enlt*\e ainsi aux uns le sufierflu, aux autres Tindispensabie : car si le inmie.Hte

capital est représenté par un titre, il n'est plus représenté par un revenu. Appauvrir le consommateur, c'est restreindre la consommation ; c'est porter à l'industrie et au com- «lerce un coup fatal.

Sans doute cet argent, qui sert à exécuter de grands travaux, n'est pas enfoui en terre, il n'est pas sorti de France ; mais il se divise à Finfini sous la forme de salaires. Il est à ce q\x'ï\ était ce que sont les molécules d'un corps à ce corps lui-même. Ainsi morcelé en menue monnaie, employé uniquement à acheter le pain du travailleur, le numéraire n'opère plus de môme dans la société ; l'action qu'il exerce sur la production et la consommation est différi»nte. Diviser à l'excès un cours d'eau ce serait annihiler stupidement une force utile. Ce (jue devait faire un gouvernement vigilant, allant au fond des choses et ne s'arrélant pas inconsidérément à leur surface , c'était d'étudier ou de faire étudier avec un égal soin les deux termes de cette délicate et grave proposition : alimenter les salaires sans tarir les revenus. Non seulement l'émission des bons de chemins de fer à I centime par jour ne tarissait pas les n»venus , mais elle les grossissait. Cet idée, n'eût-elle présenté (lue cet avantage, qu'elle aurait dû suffire pour la faire adopter.

Maintenant que l'exécution et l'exploitation des chemins <le fer ont été abandonnées à l'industrie et au crédit privés, qu'y a-t-il à faire? — Nous l'avons dit et nous allons le répéter. Il faut se garder de s'armer de rigorisme à l'égard d'illusions qu'on a fait naître , d'erreurs qu'on a partagées. Ce serait aggraver les fautes commises, ce ne serait pas les réparer. En matière de crédit, toute contrainte est funeste. Les chemins <le fer sont devenus, avant tout, une question de crédit. Une conq)agnie demande à se dissoudre ; il n'y a pas à hésiter; il faut faire ce qu'on a fait en 1839 pour le chemin des plateaux de Paris à Rouen: il faut lui rendre son cautionnement et attendre des jours meilleurs. Une compagnie demande à exécuter et à exploiter sous les conditions (ju'il lui sera a(!cordé des avantages tels qu'ils sui-

fisent à décider ses actionnaires à compléter leur versement €tà relever le pair dos actions ; il ne faut pas non plus hériter; on le peut d\nutant moins, qu'on n'aura qu'à profiter de rexpéricnce acquise pour subordonner les avantages accordés à des éventualités prévues.

Toute autre conduite, qu'on en soit sûr, aboutira 5 une crise dont nul aujourd'hui ne saurait mesurer toutes les conséquences.

C'est sur cette conduite h tenir que nous différons entièrement d'avis avec le National et la Démocratie pacifique^ après avoir jusqu'au dernier vote défendu avec eux le lystème de l'exécution par l'État.

15 juillet 1847.

Le Journal des Débats dresse ce matin contre le ministère de sept années, qu'il soutient, contre ce ministère issu de la coalition, un acte d'accusation accablant.

Dans cet acte d'accusation, il n'y a pas une seule phrase, il n'y a que de simples lignes tracées ; il s'agit d'une carte où sont indiqués tous les chemins de fer de l'Europe, se reliant entre eux et actuellement en exploitation.

L'Angleterre, Tlrlande, TEcosso, sillonnées de chemins de féri

La Belgique, traversée en tous sons !

L'Allemagne, ne formant plus ciu'un bandeau de capitales unies étroitement entre elles, C(>nïnio autant de perles incrustées dans le métal ! Vienne, Prague, Dresde, Berlin, Hambourg, Hanovre, Slettin, Cracovie, Varsovie, Leipzig, Francfort, Carlsruhe, Stuttgardt, Munich, de. î

Et la France, la France ! — Deux chemins , un seul terminé, de Paris au Havre, et l'autre commencé, de Paris il Tours...

Voilà tout I Voilà donc on nous en sommes après trente ans de paix, dix-sept ans de règne et sept ans de ministère !

VEpoque , exallani la « forco th' (jnurenwmcnt » créée

par le parti conservateur, disait que « Poutil gouvememen- » tal, trop faible encore, avait cassé dans les mains de M. le » comte Mole ; » l'outil n'a pas cassé dans les mains de MM. Duchâtel et Guizot ; eh bien I où en est le travail, où en sont les « assises colossales, » où en est le a granit des mti- » raiUes construite^ jusqu'au fond de fabime ? »

Deux bouts de chemins de fer... Quel granit 1 quelles colossales assises I

Partisans déclarés de l'exécution des chemins de fer par TEtai, mais moins absolus que le National , nous avons toujours surbordonné le mode d'exécution à l'entreprise et à Tachèvement des voies ferrées. C'est ainsi que nous nous étions ralliés, un instant, à l'idée intermédiaire des courts fermages, mise en avant par M. Muret de Bort; nous n'avons abandonné le système de l'exploitation par l'État qu'après sa condamnation sans appel par la Chambre des députés, qu'après le dernier vote, qu'après que toute défense n'était plus devenue que vaine récrimination.

Avant tout des chemins de ferl Tel fut toujours notre cri de ralliement, et nous n'en avons pas changé.

Aujourd'hui, nous disons et répétons que la justice distributive, l'honneur de la France, la prévoyance de l'aveniff les nécessités de la concurrence internationale exigent que l'on accorde aux compagnies concessionnaires, puisqu'on a voulu des compagnies , ce qui est strictement nécessaire pour décider les détenteurs d'actions de chemins de fer à effectuer le payement des versements successivement exigibles. Il faut en finir de la question des chemins de fer; il faut en finir à tout prix I II ne faut pas que les travaux restent suspendus; il ne faut pas que des capitaux importants demeurent engagés improductivement : improchictiveroenl pour les actionnaires et improductivement pour l'État. Des tronçons de chemins de fer seraient des stigmates imprimés à ce grand corps palpitant qui s'appelle la France !

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