‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 33 sur 71 · M. MAUGUIN · texte numérisé non relu

M. MAUGUIN

Le concours qu'il proie à M. Barrot est h peu près aussi franc que celui <|uc la Gazette de France donne au National, cl qui peut se définir on Irais mots : s'unir pour renverser M. Mauguin n'a pas les opinions do ceux de ses collègues avec lesquels il vole, par assis et lever, faute de compter aucune voix dont il puisse dire «lu'il dispose ; ce (pi'il est, homme d'opposition, nous le savons; ce qu'il serait, homme de gouvernement, nous l'ignorons; cependant, un jour, h la tribune, son secret lui est échappé des lèvres, aux sourds niunnures de la gaucher; il a tlit (juc le Directoire avait été, selon lui, la plus belle épiMpie de la France! Toutefois, nous croyons pouvoir nous hasarder ii dire, cju assis sur le btinc ministériel, dont il se tient toujours très proche, M. Mauguin, plus à Taise avcct lui-même, apparaît alors sous]un jour nouv(»au phis favorable à son caractère et à son talent. S'il y avait h craindre de sa j)art un excès, ce serait qu'il voulût faire trop f(»rle, et non trop faible, la part du pouvoir. Nous croyons qu'il en parlerait dignement le langage et qu'il saurait le faire respecter au-dcluirs cnnune au-iiedans des Chambres. On voit que nous partageons la bonne opini(»n que M. Mauguin a de lui-même; aussi, de ba part, ce c|ui nous étonne, c'est (|u'il permette au journal qu'il dirige de se faire Icgnut de toutes les saletés que des coureurs de nouvelles se font payer dix cenlimes la ligne, et aussi «le toutes les persnnnaniés les plus injustes et les plus injuri(*uses contre drs honmies qui ont la cniidiinre du roi et des (Ihanibres, que lui, M. Mauguin , n'abnrde jauïais qu'avec la plus (*\quis«' poNless(\ et a\ec h*st|uels n«»ij> l'avons toujours entendu s'enlrctenir en termes tels qu'ils n'eussent pas élé un obstacle à ce que h'iidi'Uiain une c mbinaison minislcri<'II(* l'appi^lAt à prendre pl.i('«* auprès d'eux dans le conseil. N'»us a\ons lu ce malin le (^winirrrc; nous voulons croire qn«* l'hoiiorabh; M. Mauguin m* 1 .1 pas lu hier .soir. Certes, s'il eùl pris ee soin, il neùi pas permis qu'on imprinuM ce qui s'y lroii\e auj »urdhui emln» le M. le étante Mole. Les h«)nnne> de U\\ri\[ i\\n .se .s'-nt élevés jusqu'à roppo.^iti'»n parlemenlaire ne s'abai.ssciit pa.N ainsi

jusqu'à Poutrage ; ils ont à garder des ménagements que leur imposent la prévoyance de l'avenir, l'intérêt du pays, la conservation de leurs rapports politiques, le soin en6n de leur propre dignilé ; surtout ils ne se rendent pas l'écbo de niaiseries qui consistent à dire : « Voici que déjà une ni- » meur arrive jusqu'à nous, qu'on caresse à la cour la pen- » sée d'une garde royale. Avec tout autre cabinet, ce bruit » serait invraisemblable ; avec celui-ci, il ne l'est pas. » M. Mauguin n'est pas assez étranger au monde politique pour ne pas savoir à quoi s'en tenir sur l'absurdité de telles rumeurs, alors même qu'elles auraient existé, ce qui n'est pas. Si M. Mauguin est à Paris, si c'est avec son assentiment que cela s'est imprimé , comme nous ne voulons pas démordre de ce que nous avons commencé par dife, qu'il était homme de beaucoup d'esprit et d'un esprit fort subtil^ nous alléguerons, pour échapper au risque d'un démenti, que ce langage lui est dicté par quelque profonde machination, ayant pour but de déconsidérer l'Opposition et d'achever de discréditer la presse. Qui sait ? M. Mauguin se croit peut-être à la veille de son avènement ministériel! Les faibles s'exagèrent toujours la force des coups qu'ils portent, parce qu'ils la mesurent à l'effort qu'ils leur ont coûté.

MOmN DE FORMER DES ADMINISTRATEURS.

22 octobro 1838.

Six préfectures vacantes, l'une d'elles donnée h un ancien député, les cinci autres accordées à ravanccmenl de dnq sous-préfets. Nous louerons sans restrictions ce retour marqué aux véritables rej^'Ies de la bonne administration, au respect des droits accpiis par des services rendus, à la récompense du zMe et de la capacité. Maintenir la hiérarchie, c'est entretenir l'émulation, c'est consolider l'ordre. Les fonctions des sous-préfets sont si pénibles et si peu rétribuées, <iue la certitude d'un avancement uniquement déterminé par l'aptitude n'connue et comparée est la seule considération qui puisse engager des hommes capables et convenablement placés à entrer dans l'adminislralinn par celle porte basse, et à y demeurer patiemment jusiprà ce que leur tour, lixé par 1 e(|uité, soit enfin venu. Le pei-sonnel dos S(ïus-préfets n'est pas moins important, politiquement et a(imini>trativement, (pie le pei*s(mnel des préfets; peut-être môme l'est-il plus? C'est par là que nous vt)udrions «pie débutassent beaucoup d'hommes jeunes qui tmt ou le bonheur de naître avec une fortune patrimoniale, «pii ne savent trop quel emploi donnera leur ttMups, quelle carrière choisir, (pielle direction imprimer a leur dtvstinér. Les Chami>res légi.slalives et \o nm^eil dKlat n'^nt pas dans leur soin assez d'hommes qui aiiuU admini.stré, qui aient vu les lois fonctionner de |)rès. (lela e>l plus fùcheux qu'on

15 décembre 1B39.

Tous les hommes politiques qui échappent par la grandeur de l'esprit pubhc à la tyrannie de Tesprit de parti, se préoccupent profondément de la situation parlementaire et ministérielle, dont les difficultés paraissent inextricables. L^inquiétude générale que celte situation fait naître est probablement ce (jui la simplifiera. Il est des dangers salutaires, ce sont ceux qui mettent fin aux discordes, apaisent les inimitiés, écartent les susceptibilités, dissipent les préventions mutuelles, absorbent tous les intérêts divergents dans un intérêt commun, changent TégoTsme en dévoûment, et les rivalités en énudation. Le danger serait-il si grave que cet heureux moment fût déjà venu? C'est là une de ces questions qui ne sauraient se résoudre que par elles-mêmes, et pour lesquelles il faut moins compter sur la sagesse des honunes que sur la force des événements.

Comment la situation politi(iue dans laquelle nous sommes s'esl-elle produite et ainsi compliquée ? Comment se pourra-l-elle dénouer? Comment une majorité homogène pourra-telle se reformer, et de quels hommes, enfin, un cabinet devra-t-il se composer pour être Pexpression avouée d'une majorité comp«icle ?— C'est là ce qu'il de- \iont urgent de rechercher au moment où une nouvelle session législative va mettre de nouveau aux prises entre elles les six fractions de la Chambre des députés.

208 iS».

Dans un gouvernement représentatif, la durée de chaque règne est représentée par un certain nombre de combinaisons ministérielles qu'il faut épuiser successivement, mais qu'on ne saurait impunément intervertir. Le nombre en varie nécessairement, selon que l'époque est plus ou moins féconde en hommes politiques éminents, personnifiant en eux des tendances diverses, des intérêts différents, des systèmes distincts. L'ensemble de ces combinaisons ministérielles forme ce que nous appellerons l'échelle parlementaire, dont les deux points d'appui, en France, sont à l'extrémité inférieure la démocratie, à l'extrémité supérieure la royauté. En Angleterre, où il existe encore une aristocratie, et aux États-Unis, où il n'y eut jamais de royauté, les points d^appui sont différents. Mais ne nous occupons que de la France.

Plus le nombre des combinaisons ministérielles sera considérable et habilement gradué, et moins il y aura de risques que jamais la démocratie se heurte violemment à la royauté. La distance qui séparera Tune de l'autre sera d'autant plus grande, qu'entre elles deux se trouveront plus de degrés à franchir, plus d'idées à expérimenter, plus d'houH mes appelés naturellement à se succéder au pouvoir pour y faire prévaloir leur système. Ce que doit faire en France la royauté constitutionnelle ressort donc clairement de oe qui précède. Tout règne nouveau est une partie qui veut, pour être gagnée, qu'on ne s'écarte pas des règles prescrites, qui sont : — de se rendre strictement compte do ses ressources, de n'en jamais exposer qu'une seule à la fois, de ranger les hommes qui en font la force, d'abord selon leur couleur politique et dans l'ordre des nuances, ensuite selon leur valeur relative, de ne pas faire précéder ce qui doit suivre, de ne pas placer au premier rang qui ne saurait s'élever au-dessus du second , enfin de ne pas vouloir allier ce qui s'exclut.

Ce qui équivaut à dire que tout ministère de coalition esl une faute grave, qui ne se justifie par aucune circonstance, par aucune nécessité.

U n'y a point d'exemple d'un ministère de (*oaiition qui, en définitive, n'ait afTaibli la royauté constitutionnelle, et ajouté à la division parlementaire (juli avait la prétention de faire cesser.

Les majorités faelices et passagères qu'on parvient à créer ainsi, il J'aide de ministères de coalition, ne font que ren* dre plus difficile la reconstitution des majorités réelles et durables.

Ce qui est contraire ii Tordre (*l à la vérité ne saurait jamais produire que pcTturhation et nu^nsonge.

Après qu'un ministère de coalition a suc(M)nil)é dans sa tâche, brisé les transitions, porté le doute dans l(\s convictions, le trouble dans les esprits, perverti l'opinion publique, fait de nuances diverses une cnuleur s;uis nom, que reslc-t-il à la ])réro{;iitive royale ? — Une seule alternative :

Essayer d'hommes subalternes et de combinaisons bâtardes qui déconsidèrent le pouvoir, ou subir la loi de l'une des opinions extrénies qu'on suppose lui élrc contraire. C'est là en effet la situation dnns laquelle nous sonnnes, et <i'où il esta craindre que nous nt» puissions «jue très difficilement sortir.

Dans noire conviction, cette situation ne se fût pas produite, si des honmies qui étaient et <|ui devaient rester rivaux n'eussent pas échangé ce titre conln» celui de collègues, si au lieu de s'associer ils se fussent succédé, si au lieu de se partager le pouvoir, chacun d eux l'eût à son tour exercé dans sa plénitude.

Un cabinet est plus fort avec un seul chef qu'avec plusieurs chefs, parce qu'il est plus libre.

Deux hommes d'Etat émint^nts qui se neutrali.sent valent infiniment moins qu*un si'ul : c'est là cv qui explique pourquoi les cabinets dont MM. Thiers et (îuizot ont fait simultanément p;)rtie ont .subi des mutations si fréquentes, pourquoi le ministère du 6 .septembre IKW) n'a \écu que quelques mois, pounpioi celui du 1.'3 avril IKH a résisté plus longtemps contre toutes les puissances parlementaires eoa-* Usées pour le renverser.

S04 tHM9.

Ce n^cst pas aujourd'hui pour la première fois que nous disons qu'il faut que les cabinets soient homogènes et n'aient qu'un chef, que c'est le seul moyen de multiplier les combinaisons ministérielles, de les rendre variées, faciles et durables. Nous n'avons jamais cessé de nous élever et contre les cabinets bicéphales, et contre les cabinets sans tète, les uns et les autres nous paraissant également subversifs du principe des majorités consciencieuses et sincères.

Avec un cabinet qui n'a pas d'homogénéité, copciliez donc une majorité compacte ; avec un cabinet composé de subalternes égaux entre eux, ralliez donc une majorité sortabie qui n'ait pas honte d'elle-même. Gela n'est pas possible, el il serait même fâcheux que cela fût.

a Ce ne sont pas les ministères qui doivent se faire des » majorités, mais les majorités qui doivent se faire des mi-- » nistèi^es, » a dit M. de Lamartine. Ce n'est pas parce que cette doctrine, qui consacre l'omnipotence de la Chambre des députés, appartient h l'opposition que nous la combattons, c'est uniquement parce qu'elle nous parait spécieuse et inapplicable; si elle était vraie, il serait aussi puéril de la proclamer (juc de vouloir démontrer la clarté du jour; car, évidemment, on ne saurait admettre la formation d'un cabinet, qui ne serait pas l'expression d'une majorité préexistante, à moins que le premier acte de ce ministère ne fût une dissolution et un appel aux électeurs, ou bien le prélude d'un coup d'État. Si en ce moment une majorité indépendante et compacte existait par elle-même, la situation ne présenterait pas les difficultés qui nous occupent; elle pourrait encore être grave, mais du moins elle serait claire et simple, tandis qu'elle est obscure et compliquée. Elle aurait en tout cas une issue par laquelle on saurait comment sortir, ce qu'en ce moment on ignore absolu* ment, et cette issue, ce n'est pas assurément le ministère actuel qui la trouvera. Le ministère du 12 mai, tel qu'il a été improvisé par l'émeute, pouvait-il subsister sans appe* 1er h lui un des trois hommes éminents qui, par le fait de son existence, ont été mis à l'écart, M. Thiers, M. Guizoi,

M. Holê? Pouvail-il enfin rallier dans la Chambre des députés une majorité quelque faible (juVlle fût, mais homogène et durable ? Sans doute eela était difficile, mais non pas impossible. A ce ministère la Chambre des députés, dans sa dernière session, avait dit : « Vous lutterez contre tous les journaux réunis pour vous abattre, vous ne vous appuîrez sur aucun ; désormais plus de subvention. » H fallait que ce ministère lui répondîlhautement à la tribune : « Soit, nous acceptons de neutre défendus (jue i)ar nos actes, mais alors que l'entière liberté, que l'entière responsabilité nous en soient laissées ; ne venez plus envahir nos bureaux, nous marchander impudemment vos votes, et nous forcer de signer des nominations qui le lendenjain nous exposeront à de justes attaques, parce quVlI(»s auront méconnu des droits légitimes, consacré la faveur et Parbilraire, trahi enfin leur origine. Vous vous élevez éloquemment contre la corruption, nous vous approuvons sincèrement, mais alors ne nous en faites pas une nécessité. Sjyez dans notre cabinet, quand vous y venez, ce que vous vous montrez dans la Chambre quand vous y parlez. N'ayez plus avec nous deux langages. D

Des ministres éclairés, Justes, f4Mmes, désinléressés, peuvent gouverner avec une majorité de députés puritains, mais non pas avec une majorité de députés hypocrites, car s'ils ne font pas ce (|ue ceux-ci leur demanderoni, h* secret du scrutin les renvers4'ra, et, s'ils h» ft>nl, la publicité dos journaux soulèv4M-a contre eux l'opinion publique. Ils n-am'ont ainsi que le <hoix <'ntrc dfux manières de tomber; car il *'Sl une erreur f,'éncrale cnnlre laqui'lK' il ol leuipsde protester, c'est celle qui c.)n>i>lc à croire que ce sont les ministres qui corn»mpent les députes, e'est le contraire «pii est vrai. Ce sont les députés qui c«)rr«»ni|)(MU les mini>!res. Les minisires résistent bien le |)Ius (ju'ils peuvent aux instances et aux menaces des députés, e'esl um» justice qu'un doit leur rendre, mais eiiiin il vient un jour où l'inlli^xibililé fléchit, où la violence renq>orte» où la vertu succombe. On pi»ut inlen'oK**** 1*'^ souv<'nirs do^s ministres qui existent, et

• ,-^4w^ ik ^'»i^ <n" ^^ ^^^ P'"^' ^^ ^"® '^^"^ venons de ^v,,»->c^rn p»w^ *«wnlî; nous avons vu de près des mi- M^^«^ <*i dAi A^*^^- cl nous savons à quoi nous en tenir. . ^^ ^1^1^ au ti inai n^avait pas une majorité qui lui ap- ^«^ii^i i) n'^wii* A^<^ Pî*s retenu par la crainte de la perj*x^ \}Vor ^ ^^iinléressement du pouvoir et avec de Pé- ^^^ ^jflUjs k" caractère, il pouvait se faire une situation ^^ ff%rrc ^w <^^^^ de ses adversaires et de ses rivaux ; n^ir ^1^ il foikiit que, dès le lendemain du jour où les cir- ^fî?tt>îK^ rji\-aient formé, il rompît ouvertement en vi- ,,^^r^ ^xtv Uk chambre des députés, déclarât hautement <ni'il ïffeiwil son point d'appui non sur une majorité flotliyyif^ qni se surfaisait, mais sur l'intérêt général et l'opinion ^(4i^io: qu'il était fermement décidé h ne se rendre h au- ^^,1^0 ^xijJOiM^e individuelle, et que mémo il ne se croirait pas fo«« ^ jî^rder le secret sur les marchés qui lui seraient prol^^i^, sur les instances comminatoires qui lui seraient ^|iy8($(VsI II y avait là non pas une politique nouvelle à arl^^ivr. mais une situation nouvelle à occuper. Quand on n\^ pas le plus fort, il faut être le plus courageux; c'était U néct'ssité impérieuse en présence de laquelle se trou- \-»iont placés les ministres du 12 mai ; mais ils n'ont pas su profiter de leur faiblesse pour montrer de I énergie. Ce qu'ils avaient hautement blâmé alors qu'ils étaient simples députés, ils l'ont scandaleusement imité dès (]u'ils ont eu entre les mains un portefeuille ; ils ont déployé moins d'habileté que leurs prédécesseui^s, et n'ont pas ou plus de rigidité; ils ont trahi plus d'inexpérience sans tenter rien de nouveau ni de grand. Ils ont montré (ju'ils n'avaient ni la forme ni le fond ; c|u'ils étaient aussi dénués de convictions que d'idées; que leurs principes étaient aussi mobiles que les circonstances; (|uVnfîn ils n'étai(»nt pas même à la hauteur de ces hommes secondaires c|ui parviennent aux premières places par suri>nse, et qui réussisseni à s'y maintenir par l'activité (ju'ils déploient et les services (ju'ils rendent. Le ministère du 12 mai, depuis sept mois qu'il existe, n'a su faire ni de l'administration ni de la politique : il avait

deux moyens do so constituer une majorité, soit en se passant d'elle avec courage, soit en lui passant tout avec complaisance, en se plaçant au-dessus ou au-dessous dVlle, en avant ou en anière ; mais n'osant prendre l'un de ces deux partis, il s'est tenu timidement 5 côté, faisant assez pour se compromettre et pas assez pour se consolider, blessant alternativement le centre droit et le centre gauche, avivant leur rivalité au lieu de réleindre, ce qui aurait dû être sa mission, siun tel cabinet avait pu en avoir une à remplir.

Rapprocher les deux centres, nVn plus faire qu'un seul qui remporte par le nombre sur les autres fractions réunies de la Chambre des députés, accomplir ainsi ce cpie la dernière dissolution s'était proposé pour but, c'est-à-<lire constituer une majorité parlementaire vraiment digne de ce nom, une majorité qui se suflit par elle-même, et (pn*, pour se compléter, n'ait plus besoin de recourir à ces députés, insatiables mendiants (]ui proniettent à l'opposition leur vote douteux, et <iui le vendent au ministère sur les degrés même de la tribune... Voilà ce que n'a pas osé entreprendre le cabinet du M mai; voilà cependant ce qu'il faut absolument tenter si l'on v(»ul sortir de l'impasse où l'on s'est fourvoyé, de la doubh» ornière parlementaire et ministérielle dans la<|uelle se traînent depuis trop longtemps les conseillers de la couronne; mais cette œuvre, (pii l'essaiera?

Quel est le ministre cpii osera répéter à la tribune ce qu'ici nous venons de dire, vi répondre à l'opposition qui accust» la prérogative royale th» sortir <le ses limites, en lui montrant jus<|u*où sVlè\e, jus<iu'oii descend l'empiétement occulte du pouvi.ir législatif sur le [Hiuvoir exécutif? Parmi les hommes d Ktat (jui aspirent à remplacer les ministres actuels, en e.st-il un (juisoit assez libre «rengagements, assez pur (rantécéd4»nts, pour faire entendre au pays. <|ui ne la sait pas, la vérité, toute la vérité? S'il en est un, c'est celui-là «pi'il faut choisir sans hésiter, car désormais la majorité, une majorité imposante et compacte, n'appartiendra plus qu'à celui qui au-dessus d'elle mettra l'opinion publique.

C'«sl ea flattant les majorités qu'on les perd, c'est en les booorant qu'on les conserve. Une majorité déconsidérée est uue uu^jorité détruite ; car ceux-là môme qui Pont avilie dau& Tonibre sont les premiers à se séparer d'elle avec é<lat> dès qu'ils croient le moment venu de demander à li>l4l>osition de les absoudre devant les électeurs.

IJiS RESTES MORTELS DE NAPOLÉON.

25 mai 18 iO.

Le projet de loi relatif à l<i Iranslatiuii des restes mortels de Napoléon occupe vivement l<\s esprits; il exalte les uns, inquiète les autres. Les opinions sont partai^'ées; les sympathies l<*s plus ardentes, connue les critiipies les plus pas* sionnées, ont leurs hnnanls et discordants échos.

Les uns disent : 1<^ modeste tondxNui de Napoléon, formé de trois pi<Tres sans inscription, reposant à IKuir de terre sur les laves d'un ancien volcan, près d'une source, à r(»nd)re de cpiehpies said4's, à rextrémité «Tune avemie de fzéraniums, au centre d'une île inaccessible, |)erdu<» dans l'immensité de rOcéan atlanti(|ue : ce modeste tond)cau.ii (hnix mille lieues de la Franc4*. a deux mille pieds au-dessus <lu niveau de la mer, (pu* l>erce le sourd mujiissemenl des flots, (jue ne trouhie pas le bruit criard i\r no> stériles débats, avait plus de f:ran(h*ur r't de poésie <pie deux millions de francs n'en pourront tlonner au moiunnent (pie le ministère propose» (h* lui ele\ er sur les bords de la Seine. (]oi honmia^'e n'est «pi'unepntfanaliondu tondxNUi de Napoléon, tombeau dont M. Thiersa voulu faire un piédestal pour luimême, un iirospectus pour son livre: ce pmjet n'est qu'un acte d'éfjfoïsme ministériel et de charlatanisme polilifpie. La preuve «pi'd n'est pas le fruit dune ^'raixh' et j^enereus** ï)ensee, c'est (pi'il est à la fois téméraire et timi<le: c'est qu^il est incomplet coinnx» ti»ut ce (pii est manpiéau sceau,

, . j.i ,> ATw>t^V ôlornolle et jamais impalionlo. mais K } ^v^M.i-'^iï^fThomèroi^t toujours pressée!

'r^^^^^i^^ >K^\MUrairi\ exallont le projet ministériel avec

.. ^>H^-»u\*v. *>ï louent avec délire la magnanimité de PAn-

^K%*>KK is ^mtijient (juelle fut l'odieuse conduite désir

^***vM i Mxv: ils ne pensent qu'à l'étroite intimité qui rè-

..■^s .-iiy^^ïfv plusieurs années entre lord Palmerston el

^ ,sv >«^^H'sque l'esprit de parti ne rend point injustes, ^ o»v v><^\\l tout froidement, tiennent un autre langage; *K «v ^^-^Mwhenl pas i\ M. Thiers d'avoir présenté un pro- >x A^ îxVi qui rafï'ermil dans sa position ministérielle; ils • •^mAx^I tout simple (jue puisqu'il n'a été arrêté par aucun >«.v>fH)KMrentrer dans la coalition, il en agisse ainsi afin «V :vmliv sa succession d'une conquête plus difficile ; ils *.V\vw*m pas de M. le président du conseil (pril vaille mieux <^ NI riMiommée, (pril ait une abnégation et un désintérNvsNomenl pour les(|uels il n'existe plus de conscience pu- Ks^iH^ ; mais « Us redoutent la comparaison de la gloire avec M /f^^•»7t' » ils craign(Mit que le cal»inet soit impuissant è AMUonir le Ilot populaire qui se précipitera à l'embouchure tlo la Seine ; ils pensent (jue les faits ont une logique inexomWe à laquelle» les plus fermes ne résistent pas longtemps; onlin. ils raisoiment dans des hypotliès(\s (|u'il nous paraît plus prudent de taire cpie de contraster.

Nous ne nous associons ni à ces craintes, ni à l'exaltation ties journaux ministériels, ni à rexaspéralit>n des j.turnaux légitimistes et radicaux ; nous pensons (pie s'il y a souvent tout à redouter <le l'irritation du peuple, il n'y a jamais rien à craindre de son enthousiasme; c'est un sentiment qui anoblit et rend meilleurs tous ceux (jui l'éprouvent; nous pensons (|ue la France, sur laquelle Napoléon a régné, ne devait pas laisser plus longtemps à l'Anglelerrc le corps de son glorieux martyr. Dans notre stricte impartialité, nous p4»nsons que cette restitution est plulùt tardive que prématurée, car l'initiative <*n appartenait aux ministres qui, le 8 mai I8:)7, ne craignirent pas d'assumer sur eux la respon-

LES RESTES MORTELS DE NAPOLÉON. 2tl

sabilité de ramnislie. C'est (juand lo pouvoir est en des mnins formes et siires (iifoii doit se presser d'iicconiplir toutes les fi:rim(Ies mesures populaires <lont il peut i^tre dangereux de laisser riiéritage à des successeurs capables d'en abuser. Le ministère du l.'> avril 18.37 aurait pu, sans imprudence et sans péril, rappeler les ordonnances des 21 juin 1814 et 18 mars 181'), (]ui ont substilué sur la décoration de la Léj^ion d'honneur refli^'ie d'Ururi l\\ roi de France et de Sararre, à celle de Xapolêon, empereur des Français, son fondat^îur; il aurait pu même ahroi^'er la loi du lOavril 1832, qui interdit ii deux familles le territoire français, l'ne telle lâche nVùt été ni au-dessus dt» ses forces, ni au delà de la confiance qu'on avait en lui. Sans doute il élait facile d obtenir de la Grande-Brc'tai^ne (piVllc nous rendît une toml>e qu'elle n'avait pas h» droit <lc conserver; sans doute une grande popularité devait être attachée i\ im projet de loicjui ravive d*» f,'lorieux souvenirs dans toutes les familles, parmi les plus illustres et les plus humbles: mais poin* nou> (]ui sonnnes justes, la ^Mandeur de la politicpie se mesure aux efl'ets qu'elh» produit, non pas aux difticultés (pi'elh» rencontre; il se peut (pie dans la détei'minati<»n do M. le président du conseil il soit entré plus d(» petites passions (jue de grandes pensées, il se peut qu'il se soit moins pré<K'eu[)éde l'éclat qui en rejaillirait sur la ro\auté <le iKin. (]ue <le la po[)ularité (pii en l'eviendrait au cabinet du T'^ mars I8i0; mais, dans h* <loute. ees raisons ne nous suffisi'nt pas pour «iccuser M. Thiers (h' eharlatanisme. Nous savons «jue cVst un mot que l'envie et la médiocrité ont bientôt ap|)liqué à tout ce qui li'ur porl«» ombrai^e , à tout vr qui ajîit vivement sur l'imagination de la foul(>. <'t nous avons pour la banalité des atta(|ues autant de mépris (]ue pour la S4'rvilité <les élojjes. Nous approuvons donc la [»rineq>ale disposition <lu projet de loi (pi(* la cliand)r<' ih's députes doii voter; et connnent ne rapprouverioiis-nouspiis. nous qui. h'l\ juillet IKJC, — il y a de eela (piatre années. — nnu> e\priniii»ns ainsi ilans la Presse :

« Il faut <pie toutes les religions de la patrie aient leur

ttt 1(940.

• lvm|»k*. Imites los gloires leurs colonnes triomphales,

• U>u^%*çi los itouleurs leurs mausolées. Ce n'est pas encore

• ^vM'< \juo Henri IV, Louis XIV et Napoléon occupent aux » UV4X ^<u\c]s pDînts de Paris le piédestal dû à leur niémo-

• i\*Wo Irinité: tout nVsl pas fiiil, car il manque une statue -* i> louis XVllI, un autel à Louis XVI; tout n'est pas fait, •• v'«*r on enlève sa place au soleil à la triste victime d'un ■* cnuH* |H)litique, au duc de Berri assassiné, car la cendre

■» IMt NArOLtON RESTE A SAIXTE-HÉLÈNE. »

CVsl ainsi que nous avons toujours compris la politique, vu iiohors des partis et au-<lessus d'eux.

6 uuût 1K40.

Est-il vrai que « Vét ranger menace la France^ » ainsi que le prcUMident les journaux ministériels. Si cc»la était vrai, nous n'aurions plus, en effet, qu'il garder le silence sur des fautes eonsonunées, (»l (|u*à parler le laiij^age de l'indépendance nationale; mais, puisijue notre opposition contre M. Thiers continue, c'est (pf il n'est pas vrai qu'il en soit ainsi, et, pour le démontrer, nous n'avons qu'à rappeler sommairement les faits.

Reportons-nous aux termes de la note collective adressée à la Porte, lo il juillet 18,39, par les cincj puissances contractantes, au nombre dcsqu<'lles se trouvait aloi*s la Fran<'e :

a Les soussififnés on! reçu ce malin de leurs ^[ouverne- » ments respectifs des instructions en vertu des(piclles ils » ont l'honneur d'infornuT la Suhlime-Porte cpie l'firrord » sur la question d'Orient est assure <»nlre les cin(| f,Tan- » des puissances, ol de l'enj^af^'er à suspen<lre toute déler- » mination délinilivesans leur conc()urs, en attendant IVf- » fet de rinlérél quelles lui portent.

» Constanlinople, ce 27 juillet 1H:J9.

î> Sij^né Ponsnnhy : baron de SI armer, )» inlernonce' d'Autricht»: comte de » K<rnifjsmar/{. mini>tredt» Prusse; n baron Houssin, ambassadiMir de » France ; Ihutenie/I', • ministre de »> liUNsie. »

Que dit cette note ? — Que Vaccord est assuré entre les oinq puissances contractantes. Mais sur quoi s'étail-on mis traccord ? c'est ce que la note laisse ignorer. Les instructions le disaient-elles ? 11 y a lieu dVn douter.

Ce qui est certain, c est (fue Taccord, s'il exista jamais, ne dura pas longtemps, car, au bout de vingt jours, il était déjà rompu. Le 17 août, l'amiral Roussin se séparait ouvertement des quatre autres plénipotentiaires sur la question de savoir si les cinq puissances s'opposeraient aux prétentions de Mehemet-Ali telles qu'elles étaient énoncées par l'émissaire qu'il venait dVnvoyer à Salonique. Le 3! août, M. <le BouteniefT et le comte de Kœnigsmark déclaraient qu'ils se considéraient comme libres d'agir suivant leur volonté et leurs intérêts. La Russie déclarait qu'elle était prête l\ envoyer une flotte et des troupes pour soutenir le sultan, h sa première demande, aux termes du traité d'Unkiar- Skelessi.

Cependant, le 27 août, la reine d'Angleterre, dans le discours de clôture du Parlement, ne s'en exprimait pas moins en ces termes :

« Le même accord qui a amené la solution pacifique de » ces questions si compliquées existe relativement aux af- » faires d'Orient ; les cinq pui.ssances sont également déci- ^ dées à maintenir Vindependance et Vintégrité de Vempire » ottoman, »

La même déclaration était pLicée, le 23 décembre suivant, à l'ouverture de la session de 1840, par le cabinet du 12 mai, dans la bouche du roi :

« Notre pavillon, de concert avec celui de la Grande- » BnMagne. et fidèle à l'esprit de cette union, toujours si »> AVAMAGEi'SE aux intérêts des deux pays, a veillé sur Pin- »> dépendance et la sûreté immé<liate de Tempire ottoman. » Notre p^liti^pie est toujours d'assurer la conservatiim de « Vintégrité i\c cet empire, dont l'existence est si né<*essiiirc n au maintien de la paix générale. >>

De ce qui précède, (pie faut-il conclure ? Evidemment,

que Vaccord prochmié si liaulomenl dans la noie du 27 juillet, dans le discours de clôture du Parlement anglais et dans le discours (fouverture des Chambres françaises, n'a jamais existé ([uen paroles, qu'on ne s'est jamais ni entendu ni môme explicïué sur ces mots : i indépendance et Pintégrité de l'empire ottoman, si souvent, si huricsquement répétés par les cinq picni|)()tenliaires {U*s {grandes puissances et par les «piatre assemblées léj,'islalivc»s <lc deux grandes nations.

Transportées à la scène» par Molière. <vs déclarations vaines et solcimcllcs sur riiiléf^rilé (W Icmpire ottoman feraient pAmcr de rire : non. en vérité, ce n'est pas de la i)olitique qu'on a Out, imsI une comédie qu'on a jouée, et si la France n'a pas voulu y reuiplir le rùh» (pi'elle avait commen<-é par acce[)ler, c'est un tort dont nous ne saurions riiccu.ser: mais, pour élre justes, il n(» faut pas dire cprelle a été tenue îi l'écart de la conférence par les quatre autres puissiuices, il faut reconnaître que c'est elle-même quia voulu s'y mettre.

Or, si cela est inconleslabh'inent établi |iar les faits, la France (»st-elle maintenant fondée à se plaindre de n'avoir pas été appelée ii particijx'r à la sif^nature drs <*onventi(ms dont elle ne voulait pas accepter la solidarité, et parce (pie le traité de quintuple alliance s'est truu\é né»'e>>airemenl réduit à un traité de (juadrupli» allianci». somme^-n«>us fondés à considérer un tel acte connue équivalait à une déclaration <l<* guerre? Notre «-onviction profonde, puisée dans l'étude «les faits et dans (!<•> infornialions preei.ses, e.st (pie le> (juatn* puissances contractantes, m signant \c traite de Londres, n'ont |>as eu un seul instant riiitention de diriger une m(»nace contre la France», et (prellestMaicnt fort l'»inde prévoir «pie leur conduite reçût rint(M|»relation «pie lui ont donnée l(*s journaux d«' M. Thiers.

S'il est vrai «pu* les cliosessi' soient piJS^tM»s ain^i. s'.l est vrai qu'd n'> ait eu «ians le tiaite «le l/»ndn's aucun«» preniéditati«in . ni «lir«'et«' ni iiulirertc, «rimslilite «'outre a France, la «'on«luite dr M. J hi«'rs a-l-cll«- ete relie d'un

m td4o.

hoiHiiH' trfttat hnhilo, a-l-il fait ce qu'il devait faire, a-l-il jM'is la uuMlleure voie qu'il eûl h suivre ? Suivant nous, il a ^uis la nuïins honne. Il est toujours temps de se fâcher, il uVsi |Kis toujoui*s temps de s'expliquer. La guerre n'est un ixnx argument qu'autant qu'il est le dernier qu'on emploie, ol il nous semble que la paix vaut la peine qu'on y regarde <^ deux fois avant de la rompre. La diplomatie, apparemluonl, n'a pas àUS inventée uniquement pour ajouter un ohapiliv de plus au budget de l'État, et si, dans les circonxUmees où elle devrait être utile, elle n'est bonne à rien, aKu*s qu'on le dise et qu'on reporte sur les déparlements de la jjuerre et de la marine les neuf millions qu'elle coûte.

M. le président du conseil, minisire secrétaire d'Étal, ne .s^uiniil prétexter que les affaires d'Orient l'ont pris à l'im- |nx»\isle ; il y a assez longtemps qu elles durent pour qu'il ait eu le loisir d'en étudier toutes les complications et de se luènager,— les combinaisons les plus défavorables échéant, ■ les moyens iVvn sortir avec avantage et sans guen'e, car ici la guerre ne serait pas une issue», mais un gouffrt».

« Quand le cabinet du 1" mars est arrivé, les proposi- » li«ms Brunow allaient être signées; une idée du général » Sébastiani a seule différé cette signature : le général avait ^ suggéré au cabinet anglais la pensée d'appeler h Londres >» un plénipotentiaire lurc pour traiter avec ce plénipo- » tenliaire la (piestion d'Orient. Cette idée, adoptée par » lord Palmerston, avait fourni le moyen de gagner deux »> mois. »

Tels sont les termes dans lesquels la question d'Orient est posée par la Revue des Deux-Mondes. Nous acceptons ces termes sans les débattre et says insister sur les ouvertures favorablement accueillies (pie venait de faire à l'Autriche le cabinet du M mai 18:^9, lorsiju'il crut devoir se retirer devant le rejet de la loi de dotation.

Ce <pii résulte des explications cpii précèdent, donnée» par iM. Thiers lui-même, c'est que, lorsqu'il a pris la direction des atfair(*s, l'AngletïTre avait déjà rompu tacitement

LE MINISTÈRE DU !«' MARS 1840. il7

avec la France, et que la complicité de lord Palmerston et du baron de Brunow n\»l«iit plus alors un fait douteux. Donc M. Thiers ne pouvait plus se faire crillusions, donc il devait raisonner dans Phypothèse où il nt» parviendrait pas à changer les dispositions du cabinet auj^lais ; donc ce qu'il avait alors à faire était de s'occuper, toute autre affaire cessante, de mettre à profil le délai <le <leu\ mois, « dû à Thcu- »> reuse inspiration du {,'énéralSébasliani, » |)our opérerunc scission entre les quatre puissances contractanti's. Entre quatre puissances dont les intérêts ne sont pas identiques ni égaux, le plus diflicile nVst pas de les diviser, mais de les tenir unies. M. Tliicrs, en agissant avec prudence, décision et célérité, avait donc la pres(pn» certitude de» réussir. La conduite (pie tenait rAnglelerre était u\w occasion favorahie (pii s'offrait à la France d'en Unir a\ec cette alliance contractée pour d'autres temps. L'union des cpiatre puis.sances, c'était liso^'inent de la France, c'était la guerre de la France contre PKurope, c'est-à-dire la gu(MT<» la plus désavantageuse «pi'elie pût faire, la guerre sous la<pielle elle a déjà succombé. (^>tle union, il fallait donc à tout prix la rompre, soit en continuani les négociations <léjà entamées avec l'Autriche, soit <mi se retournani francht.*ment vers la Russii». M. Thiers avait le choix (»nlre ces deux parlis : l'mi assurait h' statu 71/0, l'iiutre rennMtait le sort < le rAnglelerre entre les mains de la Russie et de la France, qui aurait pu alors tirer de l'alliée qui l'avait trahie une éclatante re\anch(\

Supposons (ju'enire la Fraiici* ri la Russie un traité fût inl«*rvenu dans l(»(|iiel, c4Mlain(»s éventualités échéant, la Russie se serait réservé de prendn» possession de (jmstanlinople; ce traité, s'il avait en même temps assuré Tindépendance d(» l'Egypte et de la S>ri<', en.h'S plaçant sous la pn»tection de la France, ce Irailé n'eût-il pas mieux valu qu'une guerre générale. «'xtrém<*. oii iu»ns risquons d'avoir contre nous trois armées et d<Mix marin<»s puissantes, celles de rAnglelerre et de la Russie: où nous a\ons enlin tout h j)enlre. rien îi gagn«*r? Nous ne s(»mmes pas des partisan.s

< j. ^.»\ » vvï prix, loin de là ; nous ne disons pas qu'il V *\*i*^ A'^ ^^iwnstancos où la guerre ne devienne une ^ .«.*io;v ^w^vsiin*: mais nous disons qu'une grande na- .so o»c <'A' kl Prance, à moins qu'elle n'ait à repousser »xA :.^,4.n;c« A^ son territoire, doit se tenir en garde contre v^. '%»>*^\^ mouvement, et ne doit faire la guerre qu'après .. ,; «..V n>»n-seulement le droit, mais encore l'avantage A V *f A^o. Les vengeances que l'on contient et pour les- ,«x»icx ,^\ |^*nd son temps ne sont pas les moins assurées i, i\x ^v^ns tVlatanles. Dans une guerre, ce qui importe, X- ^v^x^ |Ms Tempressement avec lequel on la commence, M^«,.x M manière dont on la termine ; une défaite arrive tou- *s«x ,ivso« lAI, une victoire n'arrive jamais trop tard.

IV^mis le l*^"" mars, qu'a fait M. Thiers? S'est-il occupé >^\^ou>oment de la question d'Orient? Quels moyens a-t-il «»\x ou iiMivre pour dissoudre Talliance dont la France s'ékui M^iMirée? A-t-il agi près de la Prusse? a-t-il pressenti ;;ii Hussie? a-t-il tenté de renouer les négociations que TAu- UKhe avait accueillies? Ce qu'a fait M. Thiers depuis quauv mois, nous allons le dire : — il n'a pensé ni à l'Egypte, m il la Turquie, ni «î l'Angleterre, ni h la Russie ; il avait lùen autre chose à faire î Les trois premiers mois de son avènement, avril, mai et juin, il les a exclusivement employés ji faire des conquêtes individuelles qui rendissent sa majorité moins incertaine ; le dernier mois, celui de juillet, il Ta consacré à calmer les mécontentements de ses amis et à leur faire prendre patience : h endoctriner la gauche, à entretenir la discipline et Tharmonie parmi ses journaux; n est-ce donc rien que tout cela ? Aussi le traité de Londres est-il venu le surprendre le lendemain même du jour où le Con^/t7ti/(07)nr/ attribuait au seul prestige du nom de M. Thiers la double pacification de l'Espagne et de rOrienl. Ainsi réveillé en sursaut, M. le président du conseil, qui n'avait rien prévu, qui n avait rien préparé, au lieu de réprimer, en homme d'État, ses premières impressicms, leur a donné le libre cours <|ue vous savez ; au lieu de faire de la politique, il a fait de la colère ; au lieu de faire de la fer-

mêlé, il a fait do l'intimidation ; au lieu de faire de la diplomatie, il a fait du journalisme.

L'élranper menace la France î se sont éeriés les journaux ministériels: et, à ce cri, la France tout entière a aussitM répondu avec acclamation. Elle est déjà prête à quitl^T ses champs et ses a!(»Iiers, à laiss(»r inachevés ses chemins, ses routes, ses canaux, ses hiUiments d'écoles, pour s'élancer aux frontières î La FnMice est ainsi faite ; avec un seul mol : Liberté! on la divise» ; avec un seul mot : (Uoirc! on la rallie. Contre ce cri répété par c(»nt échos, une seule voixsVsl élevée pour protester, c'est la notre. On a essayé de l'étouffer, elh» a redoublé. Mais, rassurez-vous : le jour où elle devra se taire, vous ne renkMidrez plus; le jour où, au lieu de contenir l'élan national, il fau<lra le soutenir, ce jnur-là elle retentira aussi haut cjuc la plus relenlissanic.

Mais ce jour-là n'est pas encore venu ; espérons qu'il ne viemira pas ! Nous pouvons donc en tout(^ liberté dire à la France la vérité, lui <lire (lu'on effare son enthousiasme, qu'on compromet .siins nécessité son l)i<»n-étre, (pi'on expose avec témérité son indépendancv, cpi'il est faux que l'étrauf^er la menace», et que, si la ^niern» éclate, toute la responsabilité <»n devra retomber sur M. Thiers. qui en aura fait un<» sorte de point <l*honncur à l'A nj^'lct erre, à l'Au- Iriche, à la Prusse», \\ la Russie : sur M. Thiers, <pii aurait pu tout sauver par <lcs notes habiles, et qui aura tout perdu par des articles violents.

Maint<*nant (pi'il s'est engagé dans celte voie d'une publicité funeste, (piil s'est posé dans une attitude menaçante, qu'il a blessé quatre nations dans l(»urs susceptibilités, le cabinet du l'*" uïars peut-il se démentir, peut-il rec'uler? Non: ce n'est point nous (pii h» lui cons<»illerions. (jui donc recuh»ra? Est-ce rAnglelerre :' E>t-ce l'Autriche? Est-ce la Prusse? Est-ce la Russie? IN*ut-on l'espérer? Il \ a quelques jours en(*on», peut-être <Mll-il sufli d'un seul mot d'expli(*ati(»n demandé ou donné pour ronipre cette quadruple alliance: mais d'intempevstives menaces en ont maleiuMintreus<»menl resserré les liens. Quelh» iné<liation iwiurrail les

,Vlïer * No s;iit-on pas qu'aussitôt que les épées sont Urées ,V Vxirs foum*aux, il est trop tard pour échanger des ex- )^Mik>ns qui les y feraient rentrer. Combien de fois d'ho- «k^c^bU^s r\*traelations qui ne demandaient qu'k s'épancher Iji >oilU\ ont-4^1Ies été arrêtées le lendemain sur le terrain par U onùnto de paraître céder à la peur ?

ToUo est la situation délicate dans laquelle se trouvent ji\)ounl*hui les puissances signataires du traité de Londres \is-x^-vis de la France. Nous sommes convaincus qu'il n'est |vis une délies qui ne redoute plus la guerre qu'elle ne la A*35in\ et que si la France leur eût demandé avec fermeté, nwis avec les égards que les nations se doivent entre elles, A^ explications, elle en eût obtenu de satisfaisantes. La question d'Orient n'avait absolument rien qui pressât ; elle |Hni> ait S'ajourner jusqu'à la mort deMehemet-Ali.La Russie nVst pas sans avoir des embarras ; elle a S(m crédit II ass<H>ir, son industrie à développer. L'Angleterre a des ménagements à garder avec sa situation financière ; son différend avec la Chine n'est point terminé. L'Autriche a tout à craindrt^ d'une coiiflagrution qui peut devenir générale, et la Pnisse n'est pas sûn» d'y gagner. En tout cas, si la diplomatie avait échoué, il aurait toujours été temps de recourir aux armes. Encore une fois, nous ne nous opposons pas à la guerre ; mais, quand ciiui nations en viennent aux mains, nous voulons qu'elles sachent pourquoi. Or, la France, en ce moment. sail-4*llc bien clairement pourquoi on lui demande (les hommes et de l'argent ? sait-<»lle enfin sur quel territoire elle irait pnrler la guerre ?

La guerre! Tout le monde en parle, personne n'y croit; on n'y cnut pas h B(»rlin. on n'y croit pas à Londres, on n'y croit [)as h Paris, on n'y croit pas îi Pétersbourg, on n'y croit pas il Vienne. Le dirons-nous? mais, dans l'était des clwses, cette incrédulité nous paraît un danger grave ; nous allons dire cnnmient.

Nous craignons que, de part et d'autre, on ne s'engage d'autant plus avant qu'on croit moins h la possibilité de la guerre ; nous craignons qu'à Berlin, qu'à Londres, qu'à Pé-

tersbourg, qu'à VitMine, on ne dise : a La France ne veut » pas la f^iieire ; ce qu'elle fait nVsl <iue [)our nous intimi- » der; en tenant hon, nous sommes sûrs de la faire recu- » 1er. » Nous craignons qu'à Paris on. ne reprennne : « La »> coalition ne fait ainsi bonne contenance (jue pour dissi- » mulcr la peur <iu'elle éprouve et pour nous en imposer. » La Russie n'est pas sûre de laPoloj^ne, rAulriche nest pas » sûre delà Honf(ri(\de la LomI)ardie,etc.,elc.; TAngleter- » re n'est pas sûrt» de l'Irlande; la Prusse n'est pas sûre des » catholiipies, qui se souviennent de la France.»

Si l'on croyait plus sérieusement à la j^uerre, peut-^lre aurait-i*lle moins de <han<*es ? Cond)ien de duels n'ont eu lieu que [)arce (|u'oii ne doutait pas <|u'au dernier moment ils ne s'arran Jacassent. L(» tiavers de tous les peuples, des plus faibles connue {\vs plus forts, est de s'<»\agérer leur bravoure et l'efFidi <preile insi)in\ Aussi la guerre est-elie le premier argument et la dijjlomatie le dernier auxquels ils songent. iW travers poi)ulain». tjui [)rend sa source dans un noble sentiment de fierlé iialionale, exerce peutn^tre encore plus d'cuqiire en France (jue [)artout ailleurs. Défions-nous-en donc. Ce (|u<' nous trouvons mauvais et dangereux, ce n'est pas (|uunp<'U[)lcs'estinïe [)lus(pril ne vaut, car <• est une obligation (|u'il contracte envers lui-même do valoir plus (piil ne s'estime, mais cVsl qu'il prise s(»s ennemis moins (prils ne valent. Or, c'est la surtout c(» (pii caracléri.so la \ieille p(>Iili(|uc du (^onstitutinnnrl. dont M. Thiers n a pas encore conq)lélemcnl réussi à m» dégager. Nous a\onsele berces avec celle idée. (|uc. pour faire trcndiler Velra)i{frt\ nous n'avions (pi'a parler haut: c'esj une eri*eur; Inut C4iurage fait douter di' lui ipii met <-elui <les autres en question.

Kn ré.sume. voici n«»lre npinioi» : Au point nii les clu»M»sen sont venues, il sera aussi difficile d'éviter la guerre ipie de la faire, et il est a craindre qu'on ne la rende inévitable en la croyant im|M»ssible.

5 octobre 1840.

Eles-vous pour la paix? Etes-vous pour la guerre? nous demande-t-on. Voici notre réponse :

Nous sommes pour la guerre, quelque désespérée qu'elle puisse être, si un vole des deux Chambres ne force pas le cabinet actuel de se retirer, car tout cabinet, tant qu'il subsiste, personnifie la France, et il ne se peut pas qu'elle ail menace en vain les puissances signataires de la convention de Londres, et qu'elle laisse s'accomplir violemment un traité dont elle a déclaré, en des termes formels et réitérés, qu'elle ne tolérerait pas Texécution.

Nous sommes |Kjur la paix, si la discussion publique, si le dépôt de toutes les pièces sur les tribunes des deux Chambres, si les explications de notre ambassadeur à Londres établissent, évidemment, péremptoirement, incontestablement, (|ue Tisolement de la France a pour cause les fautes de ses ministres, et nVst pas le résultat d'un système combiné de TAngleterre, de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, dans l'intention et dans le but de nous blesser dans notre honneur et dans nos intérêts; nous sommes pour la p<lix, enfin, s'il suflit pour la maintenir honorablement de renverser, par un vote des Chambres, le cabinet qui l'a compromise ; mais, encore une fois, plutôt qu'une paix humiliante, ruineuse et précaire, une guerre à outrance contre rEuro[)e entière I

26 octobre 1840.

Nous avons pour principe qu'un gouvernement doit toujours savoir ce qu'il veut, et nous pensons que lorsqu'il s'étudie à parler pour ne rien dire, il nuit à son prestige et h sa considération, et se fait juger sévèrement par les peuples (jui {'écoutent. Si ce principe est vrai pour tous les

LE MINISTÈRE DU t«^ MARS 1840. »J

gouvernements, il Test surlonl pour roux dont rexistence est une lutte [HM-pcluollo, (jui ont à défendre sans reliV-he leur raison d'être contre les aj^Tossions de la Irihune parlementaire et de la i)resse périodicpie : il Test surtout pour les gouvernements représentatifs, cpii puisent leur [)lus grande, leur seule forée dans l'opinion i)ul)li(pu». Nous ne sommes done pas de l'avis de veux (pu' croient (pie les meilleurs discours (Pouverture de session sont les plus vagues, les [)lus pAles, les plus insignilianls. Nous professons justement Popinion contraire. Nt>us voudrions (pie de t(*ls discours fussiMil toujours la vérité même, tpiils posassent nettement l<\s (piestions. (pi'ils abordassent franchement les difficultés de la situation sur la(piell(* ils ont ii s*c\|)rimer. (ju'ils fussent enfin, mais aviM- moins de |)rolixité, c(» (juesont aux États-Unis les mcssa^'cs du président. Nous vi\ons en un temps 011 il ne Miffit jjas de tiûvv une chose pour la cacher, où lesgouverncmenlsne se trompent pas moins souvent (jue parle passé, mais où il ne leur(»st plus i)ossil)lede tromper ni [)eu[)l(»s ni cabinets. Le rèj^ne dt» la dissinudaticm a fait plact» à celui de la publicité, «pii n'est pas encore le r(»gne fie la vérité, mais (pii le (h^viendra. Tout(»fois, si jamais exception a dû être faite, c'est dans les circonstances actuelles. Hai)pelons-Ie*; .s )nun.iirement :

Un(» convention est conclue à Londres, elh* est signée par rAngleleiTc, lAulriclu». la Prusse et la Russie : elle ne l'est pas [)ar la France.

L(\s journaux ministériels se h;^tenl dt» prétendre (pu» la France a été /m//»//'. Les tlnenmenls diplomatiipies tardivement publiés démontrent qu'elle s'est trtink*.

La France a-t-ell«» été e\rlue?

La Franci' s*esi-«'||e reliiée?

Si elle a été (»\clut , il \ a insulli». insulte grave «pi'il faut ({Ue nous ven<:i:)ns ,\ lout piix.

Si t»lle s'est rrtiiée, il \ ;i s«Milement dissentiment, dissentiment (]ui n'est pas .is><»z giave pour motiver une guerre où nous .serions seuls ctintre toute l'Furope.

La(|uelle de ces deux versions est l;i vraie 1

«4 iSAO.

V^Hn uiorttoiil lo plus de foi des jouniaux qui prétendent ijuo la KuuHv il Ole exclue et que le traité du 15 juillet 1840 oxi un U(Uto ile partage, ou des documents officiels quiétatUixxout vjuo la France s'est retirée, et qu'il n'y a dans lo Uiulo rien de plus (jue ce qui s'y trouve hautement en\»nvV "^

\ v»iU> ce qu(» les deux Chambres auront h éclaircir. Pour u\»ux. b question n'a jamais présenté aucun doute, et en lav.Honle aujourd'hui moins que jamais; cependant, la suscopUbilitê nationale a été si vivement émue, l'opinion putUiquo si violemment travaillée, que le vote des deux Cham- Uv^ n\vsl rien moins que certain.

iMns cet état de choses, le roi n'a-t-il pas eu raison de N^mloir cjue le discours de la counmne n'engageât pas l'avelui el laissât le pays entièrement libre de prononcer sur une «piestion où il est loin d'être prouvé que les puissances xi^nataires du traité de Londres ont eu l'intention et la volonle de blesser la France dans son honneur et de porter (iMeihte à lecjuilibre européen, où il s'agit enfin d'une guerre h outrance dans laquelle la France aura tout à perdre et rien à gagner? Quel eût donc été l'inconvénient d'un discoui*s dont les termes vagues eussent laissé aux Chamhivs la [)lus grande latitude, et peut-on se plaindre justement que le roi n'ait pas consenti h laisser placer dans sa hiuiche des mots dont le ministère n'eût pas manqué de se prt»valnir pour influencer les Chambres et égarer leur opinion ?

Si donc les Chambres ont à se plaindre, ce ne sera pas de la couronne, mais du ministère parlementaire ; car la couronne, en ne voulant pas que le discours d'ouverture de la session préjugeât la (pieslion de la guerre, laissait le Parlement arbitre supréuie de la questit)n d'honneur national. Qui n'a pas voulu (ju'il en fût ainsi? — Le ministère parlementaire.

22 octobre 1840.

On lit dans le National :

t M. Tliicrs, [xmr ôlre afi[ri»al)le à la cour ot faire la paix » avec le Journal des Débats et le journal la Presse, a fait » commencer des poui*suites rij^oureuses contre tous les » écrits (1) (jui ont été mis à Pindex par ces deux feuilles ; » carte blanche a été donnée au paniuel pour la saisie de » toutes les publications démocratiiiues. »

Le National a tort (juand il sVxprime ainsi ; il nous confond avec le Journal des Débats. Non seulement nous n'avons mis à l'index aucun écrit, uïais nous désapprouvons hautement ces penjuisitions fougueuses et ces poursuites réactionnaires qui s élèvent et passent connue des bourrasques. La répression qui s'exerce ainsi n'est pas eflicace : elle irrite sans intimider. La ré[)ression tpii a le caractère de la passion, du caprice, de la violence ({ui frappe sans prévenir, qui s'élance» ainsi par bonds au lieu de poursuivre son œuvre avec imi)artialité. calme et modération, une telle répression fait plus de mal ii la société iprclle ne lui fait de bien ; elle ôte aux lois plus dv force (|u'clle ne leur en donne; elle fait dépendre du pouvoir la justice ipii doit lui conimamler; nous sonnncs pour la répressit>n sévère, mais nous ne sonmies pas pour la réprcssioi» colère; nous som- RH'S pour la ré[)r(*ssion lé^'ale, mais nous ne sonmies [)as pour la répression brutale: nous ne voulons pas[)lus qu*on agisse révolutioimaircment au nom de l'ordre qu'au nom de la liberté.

il/ Ce nVhtnus Sfuleinent la >ni»iu de la bnM'huro «le M. lU* L.inicM.iiaifl qoi m été opércc aujounriiui : on a i-aWi nus»! VorijammtK'U Ju iruiai/, par M. l-ouis Blanc. I*re*se d\\ 2-J (K-tobre IH-lo.

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