‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 34 sur 71 · U POLITIQUE DE DIVERSION · texte numérisé non relu

U POLITIQUE DE DIVERSION

23 février 1841.

De toutes les politiques, la plus funeste est la politique è Tordre du jour : la politique de coneessioiis.

Quel résultat peuvent produire ces sortes de compromis temporaires entre des principes difTérents ou hostiles ? Un régime neutre, sans vitalité, que tout le monde adopte et que tout le monde renie. On n^éloigne pas même ainsi les crises (pron redoute. Car tôt ou tard il arrive infailliblement que les principes momenUménient unis et condamnés à la vie conunune sous un même toit, rompent la trêve et reprenne ni leur cours naturel, chacun de leur côté.

En politique, comme en science, il n'y a que deux choses : li»s erreurs et les vérités. As.socier les unes aux autres pour ménager les esprits trop faibles et les idées r(»rues, ce n'est point sagi»sse, c'est bouleverser toutes les notions du vrai et du faux, c est (umdamner la teire h un éternel crépuscule qui n est ni la nuit ni le jour. Tout devient mou, indécis, flottant. On n'a les avantages de rien, pas môme les avantages négatifs du mal (pii s(*rvent h démontriT la nécessité de la réfitnne. On a le noir et le blanc, le mal et le bien tellement amalgamés, qu'on ne 'sait comment les séparer et les n^mettrt» à leur place». Avec le système de concessi(»ns, on mécontente tous les esprits. Car les esprits ont une logicpie naturelle <]ui s'aptMvoit instinctivement que du concubinage fon*é du bon et du mauvais, il ne

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