LA POLITIQUE DE DIVERSION
rail provenir que des avortenienls. Quand les nations s'habituent à ce demi-jour qui montre et (jui eaelie éfçalemenl toutes choses, quand elles s endorment de lassitude, car les' concessions sont les lassitudt^s des partis, (juand elles remettent aux mains de Tavenir la solution de toutes les difiicultés, le choix des [)rin<*i[)es, c'en est fait, <»lles abdiquent, elles meurent.
Si à la polili<iue de con<*essions nous préférons de beaucoup la POLiTiQiK DK DivKRSioN, c Vst parcc (piVlle est entière, cVst [)arce (pfelle résout radicalement les plus graves questions de la démocratie. On sVlTraie à lorl, selon nous, des idées radicales. Si Ton <Mitend par là des idées subversives, on a raison, nous les rejunissons les prenn*(»rs; mais nous ne con<*evons pas (fuel au In» sens on peut attacher aux idées radicales. Ksi -ce un ordre d'idées particulières? Non. Il y a des idées justes et des idées fausses. Il ne saurait en exister d'aulres dans le monilc.
Maintenant, si des idées sont juslt»s el nM'onnues justes, faut-il donc les éUnV'ncr, l(\s (lélrir. parce (piVlles ne [)euvent pas transi^'cr avec les faits, (»'(»sl-à-dire s'y .soum(»ttre el penlre en s'y soumettant leur f(>rce et leur caractère? Les conclussions ont-elles jamais rien sauvé d(» ce qui devait périr? A quoi ont-elles servi dans le monde, si ce n'est à pervertir les mcilh'urs projets et les meiii(Mn*es institutions, si ce n'est à entasstT le désordre et !<' chaos?
Qu'était-<*e (\\iv la coaliti(Ui «pii a i)oussé la France .si près de Pabîme? N*etait-<'e pas le système ténébreux de concessions récipnxpies (lescen<ludans l'arène parlementaire pour tout brouiller et tout embrouiller ? Quélait-ic que la dictature momentané<' de M.Thiers? In système dt» concessitms entn» le pouvt>ir et la {^'auclie. Kl (ju'aNons-nous vu? l ii gouvernement (pii voulait être à la fois conservateur et révolutionnaire, et (|ui n'était qyw faible et inconxMpieiU î Ne sont-i'e pas les concessions, toujours les conce.ssiiins <|iii ont amené les malheurs de» la colonie d'AIj^M'r. ces desasties variés dans l'elVet, mais unitpies dans la causi»? .N*est-<e pas pour avoir voulu sui\redeux voies opposées, pour a\oir
voulu conoilier deux oceup«itions, l'une restreinte, l'autre illimitée, que nous n'avons obtenu que des combats sans trêve contre \in ennemi insaisissable comme le vent du désert?
Assez de concessions comme cela désormais. Laissons à chaque cliose son nom, sa place et sa valeur. Abordons franchement une polilicjue (jui sache ce qu'elle veut et le veuille de toutes ses forc(»s : cVst-à-dire, à toutes ces questions usées, petites, indiirérenles, secondaires, qui n'ont jamais amené de» ccmclusions, qui lïe remplacent des cimflits éteints que par de nouveaux condits, qui font tourner la Franche dans uiï même cercle dVrreurs toujours parcouru, toujours recommencé, ayons le courage de substituer une politicfue plus compréhensive, plus larf?e, plus générale. Une bonne fois pour toutes, laissons le passé où il est, et où il est bien, dans le tcmibeau; n\»n prenons que les enseij^iemenls : séparons le vrai du faux dans cet amas de contradictions (jue nos pères nous ont laissées. Ils ont détruit; organisims. HAtons-nous de départir équitablement à tous et n chacun ce (pii Icuir est du, c'est-à-dire l'instniction dans une juste mesure, cVst-îi-dire une action politique proportionnée à la <apacité nécessaire pour l'exei^cer judicieusement. N'attendons pas qu'un jour d'impatience et de colère nous fas,se la part des vaincus.
N'oilà ce <)ue nous ap|)elons la politique de diversion par opposition à laPOLiTiQiE de résistance et à la politiqi'i DE <:(im:kssi(»ns. l'une non moins danf^ereuse (|ue l'autre. La polit i(|U(» d(» diversion est celle qui se détourne prudemment des voies (»ii les ornières sont trop profomles : la politi<|ue de divei>ion est celle (|ui sait habilement aplanir les obsta<'les. faire servir les nnintagnes à combler les abîmes, rertilier lc»s pentes trop courtes, trop lent(»s à gravir, trop périlleusi's ii descendre»; la politicfue de diversi<»n est celle ()ui s étudie à rompre ci à déconcerter les partis. îi ennoblir Irurs passions, ii redresser, à élargir, à élever leurs idee>. ii résoudre enfin les questions pour lesquelles nos deux révolutions ont fait place nette sur le sol et nousoni
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impasé à trois générations tant de sacrifices et d'épreuves. Nous n'avons qu\î recueillir un liéritage, et nous aimons mieux nous asseoir^ dans noire misère, sur la borne de notre champ, (lue nous mettre à la moisson.
En essayant quelque chose d'autre et de meilleur que ce qui sVsl fait jus<iu a ce joui", nous rendons ainsi au pouvoir son énergie et sa liberté d'actinn. Nous transportons les opposants de la presse, ces intelligences stériles qui ne savent quVmpécher, contredire et nier, sur un nouveau terrain, en face de questions nouvelles. Nous les prenons à rimprovist<', nous les condamnons à 1 étude. Nckis choisissons nous-mêmes le ehanq) de bataille, et la position la plus avantageuse. Le p(»uvoir n'est plus un [)ouvoir passif qui .se regarde et cpii se lai.sse lentement mourir, et durant son agonie nier et insulter; il est un pouvoir actif, qui a l'initiative de ti»ules les grandes découvertes et de toutes les applications utiles; il est la tête **t les bras du peuple.
Trans[)orlée à l'extérieur, la politiqi k de diversion rejette loules les fanfaronna<les, tiiutcs les rivalités étroites de nationalité; (»ll<» n(» s'imagine pas <|ue la France, qui n'est qu'un point dans res[)ace. doiv(» inq)oser des[)oti(piement sa loi à toutes les autres nations [)ar la ftiree des armes. La poi.iTiQrK DE DIVERSION a uiic auliv idé(* <le la grandeur de la France. Elle ne croil [)lus(praujourd'hui.dans le monde, la guerre soit la [>lus noble* oeeupntion d'un ]>euple, et une hmguc procession de \icl(»ires la plus belle fêle <pii s<» puisse célébrera la lumière de son soleil. N'enviims [)oint aux civilisations arriérées les stériles honneurs rauîassés dans le sang <ies abattoirs humains. Nous .savons aujourd'hui ItMit ce que peut la guerre pour le .sort des ptMiples. Elh» tue, et quand elle a tué suflisaimnent. elle trait»», pour que tcniles choses reviennent à p<ui j»eu [)rès au menu» état (pi'avant les tueries.
Assurément, la France» a un plus In'au rôh' que» s'en aller, mè<*he allumée*, fouleM* les peMiple»s vi leMir pre»se*rire' eh»s frontières, au risque* dr re»pre*siiillevs. Klle» a inieMix a faire
qu a enniser des fossés et à multiplier «linsi les chances de guem\
Il faut travailler au contraire h rendre la guerre impossible ; il faut rendre la France la patrie adopfive de toutes les fortunes et de toutes les intelligences étrangères; faites ile Paris le foyer du nïonde et non la forteresse du moyenàgt\ Achevez ses monuments, améliorez encore ses conditions d'existence, appelcz-y, par les séductions du luxe, \wv le glorieux monopole de la science et de l'art, Télite des autres nations. El alors, nul n'aura envie de venir mettre le feu à ce que chaque peuple regardera comme sa propre maison. Au lieu de tous ces millions que vous allez dépenser follement h entasser la houe pour y monter des c<)nons, appelez les capitaux nationaux et étrangers à la fois pour couvrir la France d'un réseau de chemins de fer qui précipitent la circulation. Faites que les peuples se visitent et déposent, dans une fréquentation et une intimité plus étroites, les haines nationales destinées à s'éteindre. Quand la France sera devenue la promenade publique de l'Europe ; quand les peuples auront participé à sa vie, à son soleil, à ses pnKluctions, à ses intérêts : quand tous les peuples seront solidaires de sa grandeur, de sa sécurité ; quand ils seront véritablement nos hôtes; de ce jour-là, je ne dis pas que tous vos canons pourront être remis h la fournaise, mais ces éventualités de guerre seront mille fois plus éloignées, mais vous pourrez réduire sans. danger, sans crainte m^me lie danger, ces armées dévorantes qui engloutissent le tiers d'un milliard.
I.ors(|ue les vieilles idées politiques sont tellement épuisées que les unes n'ont i)u l'emporter sur les autres, elles transigent, et <onstatent ainsi leur faiblesse et leur inanité récipnKjues; de ce jour il faut qu'elles s'abâtardissent comme les races mélangées, ou bien que d'autres idées plus vigourcus(»s et plus jeunt's viennent les régénén»r, les appel<M' il une nouvelle e\isl(»nce; il faut, en un mot, qu'elles passent (le la politique de concessions «h la politique