‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 36 sur 71 · DE DIVERSION · texte numérisé non relu

DE DIVERSION

M. DE SALYANDY.

22 septembre 1 S 13.

La roi no d'Anglolorro nVst pas oncoro do rotour à Londros quod(^jà son voyago on Franco A rôaliso losorainlos qiio nous avions laisso prossonlir, ot qu'on n'avait pas manqué do Uixor d'angl()phol)io. Lo oabinol anglais, ()l)li{»ô do rappolor do Madrid M. Asiilon, dont los nionôos imprudonlos ont si gravomonl ooinpromis on Espagiu» Pinfluonoo ot le nom hritanniquo, no [)onvail pardonnor à nolro anïhassadour, pn^forant rovonir on Franoo [)lulôt quo do romollro sos loltros i\c orôdil on d'aulros mains <|u'au\ mains do la roino, la formoto ol la dignitô avoo l(\s(iuollos il avail rôsislô aux oxorbitanlos prôlonlions dv S. A. lo dur t\o la Victoiro, surnommé dopuis : manpiis do la Fuito. Contoslor quo l'ofTol moral produit par la ronduilo do notro amhassadour ait oonlribué [)()ur uno fort*» part à la rôaotifui anti-ospartôrisle ot aux ôvénomonls (|ui n'ont pas tardô à s'aooomplir aprôs son dôparl, oo sorait v«>uloir nior révi<lonoo, ce sorait s'aorusor soi-mémo d'ij^Mioranoo ot d'avouj;lomont. I/Anplotorro, si olairvoyanlo ot si vindirativo. nr pouvait s'y trom- P<t; ollo pouvait onooro moins Touhlior. Aussi S. M. la roino de la Grando-Brotaf^no ronïporti»-t--<»llo à Londros avoo oll'» la démission do M. do Salvandy. Nous oussionsété bien éton-

nos, on efïel, que PAngleterro ne se fût pas fait payer mémo lapparence d'un acte (ie courtoisie. 0 peuple de marchands, toujours marchands, vendant même ce qu'on croit qu'il donne ! Nous ne serions pas surpris d'apprendre un de ces jours que notre consul de Barcelone, (jui s'est vu dépouiller du consulat-général d'Alexandrie, objet de sa juste ambition, au profit d'un honune sans aucun titre, sans aucun droit, vient d'être envoyé consul à Guayciquil ou à Sincapour. Et loin d'en être humilié, il devrait encore s'en tenir honoré, car c'est de cette façon que le mérite, le courage, Tabnégation, le dévouement, même le succès, sont récompensés en France, où plus que jamais toutes les positions, toutes les dignités, tout<»s les distinctions semblent devoir appartenir exclusivement à la servilité, à l'intrigue, à la médiocrité! Ce second sacriljce complèUTciit dignement Pieuvre du premier. Aussi bien (fuand on fait les choses, faut-il les faire grandement et de bonne grâce. Précisément, panre (jue rAnglelerre mancjue de courtoisie et de magnanimité, parce <pi elle accorde toujours moins (ju elle n'obtient, il ne faut pas (jue la France craigne de lui donner des leçons de générosité! Combien de temps, et jusqu'où pouvons-nous aller ainsi, en foulant aux pieds le soin de notre considération et de nos intérêts, en tournant le dos à tous ceux à qui nous devrions tendre la main, en tendant la main h tous c*»ux à (pii nous devrions tourner le dos? Nous détestcms toutes les exagérations, et le blAme qui nous fait t(»mber parfois dans rop[)osilion est une «»xtrémité à laquelle nous ne n(Kis résignons jamais qu'avec h» [)lus douloureux regret ; mais en cette circonstance, nous ne saurions nous taire, et quelque chagrin (jue nous éprouvions de venir troubler le re[)os de nos nunislres au fond de leurs retraites d'été, il faut (jue nous leur disions ce que nous pensons de la nécessité qu'ils ont faite à M. de Salvandy de donner sa démission d'ambassadeur de France en Kspagne. Avons-nous liesoiii (le prévenir qu'il ne s'agit aucunement ici de la personne d'un de nos amis, d'un ancien ministiv du 15 iivril. de l'un des vice-présidents de la chambre des dépu-

tés, que les intrigues et les coalitions ont toujours trouvé rebelle à leurs provocations, mais uniquement d'un acte politique, (Pune concession dêplorahle qui nous paraît devoir produire à Madrid, à Barceloni*, et dans toutes les cours d'Europe r*»n'el le plus fA<'heux ? Nos lecteurs ne sauraient avoir encore ouhlié le ministère du l'*" mars |)cndant la courte existence du<juel tous ceux de n{)s amis politiques qui remplissaient de hautes foiictions claienl menacés tous les matins de l(»s penire: or. nous a-t-;)n jamais vu deniander prAce et merci pour eux, n*av(>ns-n()us pas toujours, au coiïtraire, trouvé parfaitcnïcnt simple et légitime que M. Thiers fît occuper leurs [msilions |)ar les honunes dont il avait acce[)té le cî)ncours et le dévouem<Mit? Nous iiv^ms donc accpiis h* dn)it de nous exprimer en tt)ute liberté et de nous él(»vt»r au-dessus de toutes les petites interprétations par l(»squell(\s il n'est pas dout<Mix qu'oiï essaiera <Je <j(mner le <'hanf,'e à l'opinion publique sur les véritables motifs (pii nous dictent aiijourd'hui <es réne\i(»i)s. Tout ce qu'oiï peut dire de M. de Salvandy jiour justifier la compensation Ashtoiï. la (•;>nce.ssion faite ii l«)rd Ab(M'<leeiK nous le suivons: mais t;)Ut ce qu'on dit de lui fill-il fondé. (|ue ntius répondrions encore : s'il csi vrai qu'il porte trop haut l'orjfueil du nom fr.iurais. (|u'il s'expnme tnip soleniu»llement lorscpril représ(Mili» son «.'(MjNenuMnent, (pi'il manqutMie In souplesse (|u'e\if;e en notn* temps les n»lalions di|)lomati- (pies. alors il ne fallait pas le nnnuner anibassadeur. il ne fallait pas l'tMivoNcr à M;idrid, il ne» fallait pas surtout le mettre en préstMU't» d'un aj^ent <le h>rd Palm<»rslon. Sa nomination eùt-<"lleéléunr f.iulc. il n'y avait (|u'un moyen de la répanT. c'était (l'y persévérer, c'était d'attendre (|u*une fwcasion naturelle de (piittcr Madrid (Ui de n*> plus rel(»urner se pn'sentAt p(»ur M. de Salvandy. Mais loin que la France ait eu à rcf^TcMter cette nomination, elle n'a eu au contraire (pi'à s'en ap|)laudir. et c'est pf>ur ci»la même qu'il a fallu donner à IWngleterre, (pii .ivait >i cnn»llcmenl échoué dans la personne <leson représentant, uiïe satisfaction qui apaisrU sessusc(q)tibilités. en nous fiiisanl partager

:iii confusion cui\ yeux de toule TEspagne, aux yeux de loule l'Europe. Nous avions à Madrid une trop bonne situation, nous ne pouvions pas la garder. Il n^en aura coûté h TAnglelerre pour nous la faire perdre que la peine de traverser joyeusement la Manche et de se faire saluer sur nos chMos par les naïves acclamations d'un peuple loyal. En Es- |>aKi)^N ^ Madrid, à Barcelone, quand on apprendra que nous avons fait porter à M. de Salvandy la peine des fautes commises par M. Ashton; que, pour couvrir les échecs dupléni- |H>tentiaire anglais, nous n'avons pas hésité à pousser la complaisance jusqu'à supposer des torts à notre ambassadeur, jusqu'à flétrir sa fermeté, que pensera-t-on, que dira-t-on de nous? Quelle autorité nos paroles y conserveront-elles? Quelle sera désormais notre attitude? Où trouverons-nous un point d'appui ? De quel poids peserons-nous dansles conféivnces où s'agitera la question du mariage de la jeune reine !sid)elle?ll est à présumer que l'Angleterre, pour mieux cacher son jeu et gagner la partie, mettra en avant le nom d un prince de Cobourg (juclconque, afin de faire agréer plus facilement le duc de Cadix et d'exclure plus sûrement tous les autres prétendants dont il a pu être question. 11 faut, dès aujourd hui, nous y attendre. La démission de notre ambassadeur, (juel (ïue soit le successeur qu'on lui donne, va faire regagner à l'Angleterre en Espagne tout le terrain qu'elle y avait perdu, et nous faire perdre tout le terrain que nous y avions gagné; bien heureux encore si Ton ne nous demande pas d'intervenir, d'aggraver nos déficits, d'interrompre nos grands travaux, et de prêter aux combinaisons de la politi<]ue anglaise lappui de nos armes, sous le plausible prétexte de la nécessité de mettre un terme aux déchirements de ce malheureux pays. Un acte aussi important, et dansles circonstances actuelles, aussi significatif que la démission de notre ambassadeur, permet de concevoir toutes les craintes et d'admettre toutes les suppositions. Pui.ssions-nous nous tromper î Malheureusement, les événements sont presque toujours venus s'offrir en témoignage de la justesse de nos prévisions. M. de Salvandy est nommé, dit-

on, ambassadeur h Turin; on ajoute qu'il accepte. Nous ignorons ce qu'il y a de vrai dans l'une ou l'autre de ces deux assertions, et nous ne prendrons pas la peine de nous en enquérir, car, ce qui nous touche en ce moment, ce qui nous importe, ce nVsl pas qu'une sorte de satisfaction ait Hé donnée, en sa personne, h son parti et h ses amis, c'est le prix que la France paye une royale visite. Aujourdluii Ton sait que si la jeune reine de la Grande-Bretagne, accompagnée de lord Aberdeen, n'a pas prolongé son voyage jusqu'à Paris, c'est quelle n'a pas même eu besoin d'y venir pour remporter à Londres la démission de notre ambassadeur, cl sauver ainsi l'honneur du sien.

21 feptembrc 1843.

Ne saurait-il donc <»\ister dans la presse un journal sincèrement constitutionnel, prudemment progressif, toujours indépendant soit (pi'il loue les actes d'un cabinet, soil qu'il les blAme : tenant constanunent le milieu entre le concours servile et l'upposilion syslématicjue, fermement c<m vaincu que les honnnes [)()liliqucs. même les plus énn'nenls ne naissent pasavee le privilège de l'infaillibilité, et c|u'il ya(|uelquc choM» de mieux à faire (pie d<» se traîner danscette vieille routine qui consiste à ne pas admettre d'autre alternative que celle de jeter par terre imf)iloyablemenl tous les ministères, ou de fermer complaisamment les y<Mix sur toutes leurs fautes: instruit par TexpériiMice cpn»s*il y a peu à gagner ii dire aux ministres la vérité, il y a moins à gagner (»n<'ore à les changer sans cesse» pour l'unique satisfaction de substituer des noms à d'autn^s noms, sans (pi'il s'«Misuive la réfonne d'un seul abus, l'inauguration d'une seule idée :(idèleenlinà cette maxime : soutenir ou «-onlenir? On serait l<»Fîte de le croire, en vérité, en lisiuil tous les <'oinm«»ntaire> auxquels se livrent les divers organes des divtM^es oppo.sitions à l'm*casionde nos réllexions sur la reviK-ationde .M. de Sidvandy.

Lo Siec/c surtout ne |)eut nous pardonner de comprendre et «lo pratiquer nutriment que lui le concours prêté à un cabinet, et (le ne pas porter ce concours, comme il le fil sous le ministère du 1*'' mars, jusqu'à labnégation, jusqu'à Taveuclément! 11 voudrait que nous fussions pour M. Guizoi ce ipril fui, ce qu'il serait peul-êlre encore pour M. Thiers. Il viiudrait qu'à son exemple nous eussions... un patron ! G*esl Texpression familière qu'il emploie : mais ce qui peul convenir au Siticle ne saurait aller à la Presse. Elle a Thabilude de fH'HMT par elle-même, de ne prendre conseil que de son palriolismc. d«* n'aller nulle part chercher le mot d'ordre, ilv m- dir** et de ne faire que ce qu'elle croit utile: c'est une vi<*ille lialiitude qu'elle a contractée et elle n'en changera pa«*. Que W Siècle défende M. Thiers sans indépendance et attaqiH' M. ffUizU sans justice, nous ne l'imiterons pas: qu'il n'*^U' (f qu'il e>t : l'organe d'une coterie, nous resterons ce t\%U' non*» •••imm'^s : un journal de (*on viciions, qui, toutes les foii» qu'il a flû opter entre elles et son |>arti. ou un ministère. uH \tif*- Ui'^Wt' a se séparer d'eux momentanément, et qui «•rit/'nd Hitï^x la liluTte pour lui même, qu'il ne se croit pas «*Wi{r*'d<' suivre m^ amis jus<iue dans leurs erreurs, lorsque 'urt/Hjt w-^ avertissements sont n^stes infructueux.

M'M^ l^/un|uoi alors cette feinte nmH*ur, cet hj-pocrite ^iMjfM'ffi*'fit quand il nous arrive de hasanler un mot A*?t^ vf^iiM^'ffK'fit. ou de laisser échappcT un mot de blAme? \*0H*i H^x^'ii vu jamais alnliquer noire dnMl de contrôle et d itnûntÏM'l N«.tus a-l-<»n vu tniuver bon sous un ministère «'4' qij(- I» iU*- avions lniu\e mauvais s«^us un autre? Nous «» t-<>fj \u r-hanger d'opinion sur la question des fortifican*Hà9^ J*- lendemain de la chute du ministère du l*' mars? ^cM<^ *--i-'»n \-u presser U^ chambres d'acc*irder aux sollicita- U*rfi* <i«- M. GuiZ'»t le vole d'un e(T«vlif dont le chiffre inu- «il»* ei ruirjeux av.iii ele l'un de mv princi|>aux griefs contre M. TIji't*.* Ni»us a-i-on \u. sacriliant nos opinions a nos rifijili4'«^. aj>pr.^ver en Algérie la ci^ntinuation du sj-sième ^uerroy^nt et de l'i^cuivalion imiélerminee contre laquelle «j«/4ib u'M*- étions ele\ e avant la nominath^n de M. le maréchal

fiugeaud auposle dugouverneur-géniTalde nos possessions d'Afrique? Nous a-l-on vu changer trois ou qualité fois d'avis sur la question de Pexéculion des chemins de fer, vouloir un jour avec M. Marlin (du Nord) Pexéculion par PKlal, le lendemain avec M. le comte Mole Pexéculion par Pindustrie, nous contredire comme M. le comte Jauhert, transiger avec tous les systèmes comme M. Teste ? Nous a-t-on vu rendre le cabinet responsable des rigueurs dont la Presse a été Pobjet de la part de M. le pro(»ureur-général Hébert, portant d(»vant la cour royale d'Amiens un procès que nous avions gagné deux fois a Paris, en première instance et en cour royale? Nous a-t-on vu, ;iy;uil à n()us plaindre des scandaleuses \i')lalions de la loi i*\ du principe de Pégalilé <le Pinipùt commises par Padministration des postes à notre préjudice el an pnilit du Jounml des Débats, passer dans les rangs de Popposilion ou préler Poreille aux propositions de Pintrigue? Nous a-t-on vu accepter le concours du \ational contre la loi, et [)arc<» (pie dvs magistrats en abusaient à notn» égard, nous tourner <*ontre elle? Kniin nous voit-on tlott«M' au gré des lionnnes et des évèn«»ments, altaqu«»rce <pi(» mius avoFis défendu et défendre ce (pie nous avons attaipié. en gcFis (pii n'écoulent i\\w la voix de leurs passions et de leur int*Mél ? Il (»s! vrai (pie nous n'aflichons aucun rigorisme, <pie nous ne faisons jamais d'opposition qu'à regr(»l, et (jue celle opposiuOn a toujours pour objet moins les homm(*s (|U(* les aeles. Ainsi lors(pie nous avons atta(pié la dernière e()n\enti<in relative au droit de \isite et portant exlen^^ion des znnes. lorstpie nous avons fait tout ce (pli élail en nous pour ru emp(^eh(M' la ralifiealion, iU* ce (pie M. (îuizol a\ail vu l(»lorl dv la sigiuT. en a\ons-nous tire celte» e(Uiseqii(»nee (|u'il fut \(Midu ix PAnglelern» et (ju'il eilt abandonné seiemiiuMit les inleréis de son pays et l'honneur de noire pavillon ? Non : nous n'en avons pas moins rendu jusiiee en loiileoecasion a S(»n immense talent de tribune et il son iiKMiileslable supériorité, et il nous a trouxi* plus (Pune fois à ses ctMes eomballaiil a\e(* lui l(*s exagérations et les idées de l'opposition, (l'est encore la même ligne

t|uo nous suivons aujour<rhui quand nous protestons contre lo ohiuigemeni inopportun et malheureusement trop sigiiifioaUf de notre ambassadeur à Madrid, quand nous disons que lions les eirconsUmces actuelles ce changement est une ftUile grave qui a le double effet de porter une grave atteinte h notre considération en Espagne et d'y relever celle de TAngleterre. Est-ce donc d'hier seulement que la Grande- Bn*tagne nous a trouvé peu disposé à croire au désintéresstMmnU de ses avances et à la loyauté <le sa politique? Estce que nous avons jamais servi d'écho aux voix qui dans une îulrt\ssi» accusèrent le cabinet du 15 avril 1837 de n'avoirpas èlé « le gardien assez fidèle de l'alliance anglaise? » L'indé- IKMidance et la suite dans les idées sont-elles donc deux ehostvs si rares (ju'il paraît tout simple qu'un journal abandonne des idées pour suivre des hommes, et qu'il ne parait |Nis tout simple (lu'il abandonne des hommes pour suivre des idées, (|uand cependant il ne peut rester fidèle aux unes qu'à la condition de se détacher des autres? Nous ne sommes à la suite d'aucun homme, mais d'un système que nous étudi(ms chaque jour à rendre plus fort et plus complet. Voilà pour(}uoi le Siècle^ habitué à suivre ses « patrons » à la pisti», à n'avoir d'autre volonté que la leur, ne peut nous comprendre, et résoudre cette (jueslion qu'il s'adresse : <i D'où vient (jue, si clairvoyante parfois, la Presse soit si » prompte à retomber dans son aveuglement? »

Aux yeux du Siècle, cette préférence donnée aux idées sur les hommes nVst qu'un « manège » . Il nous garde toujours rancun*» de n'avoir pas voulu réduire la question nationale du droit de visite aux proportions d'une question ministérielle ; il ne s'explicjue pas encore pourquoi le jour où S€»s amis ont tenté de se faire de cette question une échelle |)our escaladt»r le pouvoir, il n'ont plus trouvé en nous, au lieu d'un auxiliaire sur le<|uel ils avaient compté, qu'un adversaire déjouant leui*s projets. Les mêmes cin»onstances Si» représentassent-elles, (jue nous tiendrions encoiv la même conduite, par ce même motif ({ue si le ministère du 29 octol)re n'est pas infaillible, (;elui que souhaite le Siècle le

sorait encore moins. Les huit mois du ministiVe du 1®' mars 1840 ont coulé assez clier à la France pour qu'elle s'en souvienne longtemps el ne désire pas de si l(M reconnnencer Texpérience.

En fait de cabinet, nous Pavouons, nous sommes moins difficile que le Siècle; nous nous contentons de la supérioriorité relative, sauf le droit de rel(»ver de temps h autre les fautes (jui nous paraissent prav(»s. C'est ce (|ue nous avons fait en protestant de toutes nos forces contre la démission de M. de Salvandy. Il a eu tort de consentir h la donner, s'écrie le XationaL il aurait dû la refuser et réduire le ministre h le destituer. L'opjmsilion, on le voit, est toujours lidMe à ses habitudes de ne jamais prcMuIre les questions que par le [)lns i)etit cùté. (pie par le cAté personnel. Que nous importe, (|u'importe aux intérêts fpie nous défendons que M. de Salvandy ait donné ou reçu sa démission, cela le regarde seul : ce (pii nous importe uniipiement cVsl l'effet moral (pie cc^tte satisfaction évidente donnée h TAngleterre, humiliée dans la personne de son plénipotentiaire. M. Ashton, va produire ou Espapie (»t (»n Europe. D'ailleurs, lorscpiun traitement de cent (•in(pianle nulle fram^s (\st attaché au post(» dont il s'agit (h* s(* faire d(»stituer, on con(;oit (pie le titulaire soit influencé dans sa dt^cision par la crainte d'une fauss(» interprétation donnée à sa f(Tmeté. Mais en • con» une f(M*sc'(»st mettre la ({uestion pei-somielle à la place d(» la (pi(»s!ion politi(pie. c'est étouirer la voix du sentim(»nt national, pour donner la parole à {'(«spril (le parti. Vu homme politi(pie. lors(pi'il n'cngag(» (pie son propn* avenir, peut se déterminer par d(»s considérations diverses dont il es! maître d(* iK* pas livrer Tapprécialion au public: (|ue M. d(* Salvandy acc(»pte l'ambassade de Turin ou (piil la refuse, la (pieslion n'eiu^st pas moinscc(prcllccst.(M c(Mïue nous la maintenons : — une concession funeste, et d'autant plus dangereuse (pi'elh» montre (pie l«»u!e déliance de imln» f>aii à l'égard de lAnglelern» a (l(»jà di.sparu. Malh(Mir à (pii croil â la sincérité de smi alliance!

^, l«4Jl.

!•' féTTÎtr 1B44.

l^^kHmssIon doM. de Saivîindy de ses fonctions d'am-

;v^vviK<\'wr do Fninoe h Turin est un fait dont nous ne vou-

f.'^^x ui ^UonutM" ni exagérer la gravité. M. de Salvandy a

|y.««i iviiiio du nu'nistère du 15 avril 1837, et si nous pou-

x^s^wmMiv suspects de partialité 5 1 égard de qui que ce

vMl» *v serait en sa faveur. On va voir, parce que nous

.«w^ns à diiv, quil n*y a pas d'amitié qui nous aveugle et

^Mi nous fasse jamais dévier de la voie d'impartialité et de

i^nuvrito sur les Imrds de laquelle nous avons rencontré si

\ou\enl. années contre nous, la passion et la calomnie. On

vnl quelle fut notre opinion sur la démission imposée à

M de Sidvandy de ses fonctions d'ambassadeur en Espagne,

ju mois de septemlnc dernier, après la fuite du duc de la

\ ietoire. Ce fut une concession faite h l'Angleterre. On sait

(vnunent elle nous en tint compte.

Nous acceptons pour exacte la version que les journaux uut donnée de la (Niuse à laquelle serait due la résolution prise par M. de Salvandy de résigner son titre et ses fonctions d ambassadeur à Turin ; nous admettons qu'il soit vrai que le roi se soit exprimé sur le vote du député de Lectoure, contre le paragraphe de ladressc relatif à la flétrissure des députés légitimistes, en des termes de regrets tels, que Thanorablc vice-président de la Chand)re n'ait pas cru pouvoir conserver les hautes f(»nctions qu'il devait à la confiance de Sa Majesté ; dans ce cas là même, t(»ut en honorant l'indépendance, la susceptibilité et le désintéressement de M. de Salvandy, nous ne saurions approuver sa conduite, il y a des circonstaiwes graves et solennelles dans la vie, où il ne ' faut penser à soi «lue le second, où l'abnégation doit passer avant l'honneur, où l'honneur consiste moins à satisfaire sa fierté (|ue sii conscience, ii conquérir l'opinion qu'à afTronter la calonmie. M. de Salvandv se trouvait dans une de ces

circonstances délicates où la liberté n'est pas entière, où Ton doit réprimer son premier mouvement quelcjne honorable qiril soil, où le motif (fui vous fait agir doit savoir faire naîlre un prétexte (pii le voile, où la prudence exige qu'on n'ariive au but que par un circuit ; M. de Salvandy, après son entretien avec le roi, devait attendre, pour donner sa démission, qu'il eut eu une explication avec le ministre responsable. C'est le conseil que lui eussent donné tous ses amis, s'il eût pris le temps de s'adresser à eux. Il n'y a pas de circonstances, il n'y a pas de «onsidérations par lesquelles puisse se justifier le fait d'avoir découvert la pei-sonne du roi. La royauté s'oubliAt-elle un instant, (ju'il n'est pas permis de l'oublier à (piiconque pense avec nous qu'elle est la sauvegarde de rindépendiUKre nationale, de l'ordre public et de tout(»s les libertés durables.

Nous avons défendu M. de Salvandy l<»rsqu'il était injustement atta(iué par tous les journaux; aujourd'hui ([u'il est perfidement loué par eux tous, c'est nous (|ui le blAmons, fidèles à la pénible mission (]ue nous nous sommes donnée, de (lire à tous la vérité. M. de Salvandy a dans le cteur trop de nobles.se et dans l'esprit trop d'élévation pour ne pas le comprendre et ne point Regretter sa soudaifie popularité. M. de Salvandy avait d'autant moins besoin d'agir avec cette précipitation, <|u'il avait déjii plusieurs fois donné des preuves non écjuivoques de son désintéressement. <»t notamment en renonçant à son traitement d'ambas.satleur le lendemain du jour oii il avait cru de son devoir de monter à la tribune pour prendre sur la (piestion du droit de visite la défen.se du cabinet du b) avril \KM. attacpié.en I84:?,par le ministère du 29 octobre I8i0. Il ne fautabuser de rien. pas même des deux plus nobitvs (pialités de l'homme : du n»urage etdudésmtére.ssement.La démission d<* M. de Salvandy e.st un fâcheux épisode de ThisttMre de l'adresse de I8i4.0ue cette histoire, du moins, ait sa moralité: qu'elle pntlitc ii IVsprit de tolérance et de modération. Hn politique, la responsabilité des fautes ne s'élude pas par la bonté dcî» intentions; toutes, tôt ou tard, ont leur expiation. IV. ic

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