‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 38 sur 71 · IV. i · texte numérisé non relu

IV. i

i.» 18*7 - LES QUESTIONS POLITIQUES

Comment régler entre le maître et les ouvriers, qui s;)nl «m moins comme 1 est îi 100, les rapports nouveaux ijue tenilenl U établir le nivellement de tciules les conditions, rmstabilité des fortunes, riiabilude de la réflexion et de la discussion développée par le progrès de Tinstruction, la lecture des journaux, et l'active propapande des écoles socialistes et des partis politiques?

Knfin, comment tenir longtemps le grand nond)re dans la dépendance du plus petit, si le riche et le maître ne savent pas s-attacher le pauvre et l'ouvrier par les liens de Pintérél et de la solidarité, si les classes qui jouissent ne s'adonnent pas constamment à Tamélioration du sort des classes qui souffrent ?

Kn Irlande et en Angleterre, l'ouvrier que le manque de travail réduit au manque absolu d'aliments et de vêtements, se soumet silencieusement au supplice de la faim et du froid ; mais là n'existe pas une loi qui appelle chaifue annéi» 80,000 hommes à s exercer au maniement des armes! mais là existe une riche et puissante aristocratie, bienfaisante et respectée! En France, il en est autrement : la seule crainte, non pas de la famine, mais de la disette, suflit p<iur mettre les populations en fermentation. Nul ne peut dire (*e qui fût arrivé, si la vilh» de Paris et Ja plupart dos conununes de Franct» ne s étaient impo.sé durant l'hiver de 1846 les plus lourds .siicrifices ? Nul ne peut dire à quelles épreuves Tordre aurait été mis si la récolte», celte anné<». au lieu d'êtn» abontlantc, avait été insuflisanlc ? (]onnnent ne pas réfléchir pror)n<Iémcnl. — nous ne disons pas comment ne i>iis s'alarmer,— «piand il apparaît à tous les yeux qui s'ouvrent que la société, du m. uns en France, est à la merci, S4>it de deux ou trois mauvaises réc(»lles <»onsé<'utives. soit d'une crise commerciale prolongée i

Il n'en serait pas ainsi peut-être si nous ne nous laissions p;is devanrcr par toutes les <iuesli(His: si nous n'attendions piis, pour stimuler notre agriculture, que rinsuflisanee de ses produits nc ré\cle par IVxcès de h'ur cherté; .si nous n'attendions pas. pour ouvrir d(*s délH»U(*hés à iii»lre indus-

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trie, que notre m«irclié iiUérieur soit encombré; si nous n^attendions pas, pour chercher une solulicm au règlement des salaires, h» mumenl suprême où il ne restera peul-Olre plus qu'à faire un appel à la f(»rce et i\ui\ donner Tordre de chargcT les fusils !

En toul pays, le gouvernemenl esl a la société ce (jue la toiture de Pédiflce est à ses fondations. Nous voyons le toit qui menace ruine, nous ne voyons pas la voûte <iui lléchil. Si la voûte doit s'écrouler, à quoi hon réparer la toiture? Réparer Tune en même tenq)s cpie l'autre serait assurt»ment ce qu'il y aurait de mieux à entreprendre; mais si de ces deux choses l'on ne» peut en faire (piune seule à la fois, le Inm sens intlicpie «pie c'est par la plus urg<»nte qu'il faut conmiencer.

Or, il ntilre avis, la voûte doit passer avant la toiture, les questions sociales avant les (fueslions politi(fues. \cs questions de population, de subsistances, de travail, de salaires, d'agriculture, d'instruction hiérarclii(pie et professionnelle, des condanmés (»t des libérés, des enfants trouvés, etc., avant les questions d'abaissement du cens électoral ou d'extension des incom|)atibilités.

Si l'étlifice court un danger, ce n'est pas par \v faîte, c'est par la base.

Les class(»s nomhreuses sont de\enu(\s, t»t c\»sl là un grave symptûme. plus inditVérenles qu'cm ne h» saurait croire aux lilxTtés |)our lesquelles elles s'armèrent en IKM). Les classes nouïbreuses (»nl un rude bon senscontn» UM]uel viennent s'ap|»lalir tous les beaux <lisroursdt» tribune. Elles veulent des actes, non (l(»s parolt^s. Ell(»s jettent sans distinguer dans la même balance. M. (iuizijt et M. ThitMS. Elles se demand(*nt ce iprelles ont gagné a la révolution de IK)0 qui avait fait naître en elles tant d'espérances déciM»s?— L<»s 4*hargi'S publiques sesont aggravées. Le budgi'tadoid»le.Tout le poids du service militaire nMond)e sur les familles qui n'ont pas le moy«'n d<* faire assurer leur lils eontr«' l«*s rlian«vs du re4TUtement. Le fisc n'est ni moins àpn* ni plus éclairt» L'inqmt est encore à et» «pi'il doit étn'.ce(pr<'lait le sucre de

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bellerave sous Tempire à ce qu'il est devenu, ce qu'ctail, avant les inventions de James Wall, de Richard Arkwrîght, de James Hargreaves, de Samuel Cromptnn, de Jacquart, Part de liler et de lisser à (re qu'il est maintenant, ce que sont aux chemint^ de fer. les messageries et ic roulage. On a fondé des caisses d épargne où Targeut de Touvrier économe produit un intérêt h peu près égal à la moitié du taux auquel emprunte le cultivateur gêné. Voilà jusqu'à ce jour ce qu'a su inventer de mieux la prévoyance .so(*iaie. et encore le gouvernement, en proposant une loi sur les (*aisses d'épargne, n'a-t-il cédé qu'à la contrainte exercée sur lui par quelques hommes vigilants et dévoués. Les monls-depiété fonctionnent tout aussi chèrement (|u'à I époque où les manufactures vendaient le calicot cin(i ou six fois ce qu'il s'achète aujourd'hui.

Qu'on ne nous accuse pas d'apprt'ndn» lii aux classes ouvrières ce qu elles ignorent : nous ne sonnnes ici (jue les échos fidèles de Unirs discoui's. Le dédain (pie leur inspirent les (fueslions ministérielles et les luttes oratoires, est pour le moins égal au dédain des ministres et des orateurs pour les questions qu(» ITnion inonarchiiiue ne veut pas que nous appelions s<K'ial<*s. Cette récipnwité, celte égalité de dédain est e!rrayaiil(»:elle ne peut, si elle subsiste, manquer d'ameniT un choc UTrihIe. ,

l'ne réforme électorale préviendrait-elle ce chm*? LTnion motintrhiqnc le croit : nous voudrions bien le croire aussi. maisc'(*st là une illusion que nous ne saurions partager. Los deux députés (pii représenlent à la chambre élective les idées de réforme électorale les plus radicales sont : M. de (ienoude et M. Lcdru-Uollin. Quels motifs a-l-(»n de croin» qu(* l'adoption de leurs idées d*origin(* difTcrente pnHJuirait des législateurs plus éminents que ces deux honorables élus de Touhtuse et du Mans? Si M. de Genoude et M. Ledru-Hollin savent ce cpi'il va à faire pour rétablir la France au rang des puissances de premier ordre et alléger le |M>iiIs des charges publiques, tenir Vn constant équilibrt* la jiraduction et la consiunmatiun, enlrctfMu'r le travail national et

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créer la vie h bon marché, effacer ces deux mots d^exploitanls cl (Pexploilés, que ne le disenl-ils à la tribune, que ne l'impriment-ils dans la Gazette de France et dans la Ré~ forme ?

Une bonne loi électorale serait une excellente chose, sans doute, et ce n est pas nous qui le nierons, mais quels services rendrait le meilleur moulin s'il n'avait rien à moudre? Que V Union monarchique et M. de (ienoude composent à leur gré une chanïbre des députés; qu'ils la composent à leur image, que lui donneront-ils h voter? — Le retour du comte de Chambord sous le nom d'Henri V?

Mais après?

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