‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 39 sur 71 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

VlJnion monarchique continue avec une persévérance qui atteste la sincérité de ses convictions, la di.scussion qu'elle a engagée. Klle y consacre encore un nouvel article où nous avons n^marqué ces lignes : « Quiconque veut des ré- » f(»rmcsdoil. s'il est logicien, conunencer par respecter, ») par afl'crmir les pouvoirs. S'il commence par les affaiblir » et par I(*s ruiner, ce n'est pas aux réformes qu'il aspire, » cVst au (kvsordrc. c'est ii la ruine, c'est à la servitude des » peuples. »

Rien de plus vrai. i\o plus juste, de plus sensé que ces paroles, .\u.ssi y avons-nous toujours conn»rmé strictement notre conduite. Depuis (pie la Presse existe, il n'est aucun effort (pi't'llf n'ait épargné, aucune calonmie qu'elle n'ait bravét* pour cinicourir autant (pi'il était vu «'Ile » l'affermissement du pouvoir. En aurune cirr(»nstance grave, le concours de la Presse n'a fait défaut au g^Kivemement ; elle ne .s'est st'parée du ministère» (pi'elle avait le plus souvent appuyé, de 18i0 i\ I8i7. <|ue le jour oii. <lans rcnivremenl d'une maj.irite de cent voix,M.M. Duclu^tcl et (luizol ont cru pouvoir, le 27 mars 1847. renier à la tribune les engagements solennels «ju'ils avaient pris a l'éiMMpie â^s élections

26i 1847. - LES QUESTIONS POLITIQUES

générales, le 2 août 18i6. Réfuser do suivre un pouvoir qui S'égare, refuser de s'ass(K*ier à son aveuglemenl, c'esl encore le servir, car e'esl Taverlir.

Ce que nous appelons de lous nos vœux, ce que nous sommes préls à seconder de toute lenergi(» du dévouaient le plus sincère, c'est un pouvoir fort et vigilant. Mais les gouvernements s'affermissent par leurs œuvres, on ne les affermit pas. L"ai<le n'est pas nécessaire aux gouvememenlâ qui sont forts, elle ne sauve pas ceux qui sont faibles. Nous mettrions n(»tre voix à l'unisson de celle du Journal des Débats ; nous effacerions, aunlessous du titre de la Presse, ces trois mots humiliants : lUen, n>», rien, aveu arraché à la majorité par l'évidence, ([ue cela ne changerait pas la situation du cahin(»t : (pie cela ne ferait pas que le pouvoir qui aurait dû se fortifiiT par la stabilité ne se soit pas affaibli par l'inmiobilité : (pie cela n'empêcherait pas toutes les administrations publi(pi(;s d'être livré(»sà rin(*apacité et aux dilapidations: (|ue cela ne relèverait [)as le cours de nos rentes tombé si bas; (pie cela ne rétablirait pas l'ordredans nos finances: (pie cela m» résoudrait pas le problème de la colonisiition de TAIgérie: i\\w cela ne retiendrait pas les ccmipagnîes de chemins d(» fer (pii renon(*ent à mettre en communication TOcéan avec la Méditarran(»e par Cette et Bord(*aux, Mai-seille, Avignon et le Havre ; (iue(*ela ne donnerait pas, enfin, à M.M. (luizot et DiichAtel l(\s (Mtnvictions (pii leurmaïKpient ! « Ln faiblesse des ronrictions fait celle des » conduites, » a dit justement M. Giiizot à uneép(Hpie(){iilne prévoyait pas qut» ces paroles (levien(lrai(*nt sa (Condamnation pnnioncée par lui-même. Elles expli(pient (*lairemeni toute la situation dont n(Mis avons le travei-s de n'être pas « satisfaits, »

Mais si MM. (iuizot et I)uchAt(*l ont raison dans leur optimisme, si cet optimisme est justifié par les faits et par les événements, nous avons tort, et notre opp(»sîtion ne nuira (pi'à nous. Ce s(Ta juste : tout(» eireur doit s'(»\pier. Ou le gouveniement est fort, ou il est faibh». S'il (»st faible, c'est donc que l'adaiinislration est mauvai.s«* ; s'il est fort, qui

ET LES'QUKSTIONS SOCIALES. m

l'empêche (racconîplir aucune réforme utile ? Est-ce qu'il n'y aurait pas de problème social à résoudre, de progrès politique à accomplir, d'ahus administratifs à supprimer? La France demandant h sa prospérité intérieure sa prépondérance extérieure ; Le pouvoir affermi;

La liberté progressive ;

La paix féconde ;

La dépense de l'armée réduite ; ^

L'adminislrati(m vigilante ;

L'agriculture efficacement encouragée :

L'Algérie colonisée ;

Le crédit assis sur ses véritables bases ;

L'impùt transformé :

Le budget réformé ;

La division du travail appliquée à la rapide expédition des affaires et ii la solution approfondie des questions :

L'amélioration du sort des classes nombreuses, objet d'une sollicitude constante ;

Etc., etc.:

SiTait-ce là des ut(»pies irréalisables et des souhaits que nous avons tort de former?

I^e ministère, dans quelques jours, entrera dans la huilièmi» année de son existence.

Sept ans accomplis !

Eh bien ! la France pèse-t-4»IIe moins légèrement qu en 1840 dans les balances de l'Europe?

Quelle f<)rce a acquis le pouvoir ?

Quel progrès a fait la liberté?

Quels fruits a porté la paix ?

Quelle économie a été opéré(» sur la dépense de notre armée, s élevant ii un nullion par jour, '.Wy millions par an?

Quels abus la vigilance de ladminislrali^n a-t-elle prévenus ou ré|)rinïés ?

Quels encouiagemenls eflicaces a reçus l'agriculture?

Quel pas a fait la colonisation de rAlgérie?

Quel sera le taux du priK^hain euïprunt compaié il ceux

du 12 janvier 1^30, conjracté en 4 0/0 à 102 07, et du 9 dé^ cembn» 1844, contracté en 3 0/0 à 84 75?

Quel est PimpAt dont le poids ait été allégé ?

Quelle est la réforme du l)udf?el qui ait rétabli réquilibre entre les recettes et les dépenses, toujours promis, jamais obtenu ?

Qu'a produit, — sinon des augmentations de traitements sans accélération du travail. — la réorganisation des départements minFstériels, entreprise, il y a deux ans, sans idée, exécutée sans unité i

Quel gage enfin a été donné aux classes nombreuses alors que M. Guizot se souvenait encore d'avoir écrit ces paroles : « Traiter avec les masses est le grand ressort du pouvoir? »

Que les organes du prétendu parti conservateur répondent à ces questions!

Vainement nous cherchons avec la l)onne foi la plus entière :

Une nouvelle garantie politique obtenue :

Un seul problème social, nous ne disons pas résolu, mais sérieusement étudié.

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