L'EMPRISONNEMENT CELLULAIRE
L'exercice du chanl n'est pas incompatible avec l'emprisonnement cellulaire ; il en tempérerait la rigueur et il serait permis d'en attendre un salutaire effet à la fois sur le physique et le moral des détenus ; un heureux essai en a été tenté à la prison de Bordeaux.
L'introduction du ehanl aurait encore cet avantage qu'appliqué aux exercices religieux, il mettrait, dans la célébration du service divin, les détenus en communion plus directe avec l'aumùnier.
Plus tard, si lexpérience démontrait que l'on peut tirer de certains instruments de musique graves, puissants et peu coûteux, un parti utile (pii dispose, dans la solitude, le condamné à lamendement et Texcite au travail , comme l'orgue inspire au fidèle le recueillement, conmie la musique du régiment agit sur le soldat, rien ne serait plus facile que d'appli(juer cette amélioration au système de Temprisonnemcnt cellulaire, du moins dans celles des maisons où l'on voudrait le rendre moins rigoureux.
Toutes les améliorations s'enchaînent; Tune amène l'autre.
Tout le parti qu'on peut tirer du système de l'emprisonnement cellulaire, judici<Misemenl compris, judicieusement appliqué, judicieusement perfectionné, on ne lésait pas encore, on ne le saura que dans l'avenir.
A X. LE VICOUTE DE BRETIGMÈRES DE COURTEILLES.
l'aiÎ!'. 2 octobre 1846.
Monsieur.
De n'l<>ur i\ Paris, après avoir visiU* la rolonic aj^ricolo ol pénilontiairo de Met Ira y. je me suis empressé de ni'inscriro au noiiihrede ses fuiulateurset de verser le montant do ma souscription eliez M. Franeois Dele.ssert. trésorier de la société. Nt» leussé-je pas fait par sympatiiie cjue j'eusse dû le faire connue expiation du tort, dont je m'acru.se, (Favoir donné trop facilement accès dans mon espril à une opinion erronée, de n'avoir pas attendu (pie j'eusse vu de mes yeux la colonie pour pi»rter intérieurement sur elle, sur son avenir, sur ses deux hf)noral»les (M habiles directeurs, un juî^'emenl qui fût le mien et non celui d(» {^ens. comme il s'en rencontre tant ! dont la suprême raison et l'arrogante infaillihilité cnnsisl«*nt à s'armer de défiance contre tout ce qui est nouveau ou ;^'cnereu\. à se montrer hostiles à toutes les tentatives d'amélioration, sans distinction de celles sacrement conçues, les confondant toutes s\stémaliqueroent dans le mOme discrécht et dans le même dénigrement.
La colonie de Metlray, avais-je fréquemment entendu dire autour de moi, no se soutient et ne peut se soutenir qu'en engloutissant des sommes d'argent sans proportion avee l'utilité du but que se propose l'institution; cVst une entreprise généreuse, sans doute, mais vouée à la ruine par le luxe; c'est une utopie à demi-vaincuè déjà par les difficultés de la réalisation, et qui certainement ne survivra pas à ses deux fondateurs, MM. Demetz et de Courteilles. Il est des œuvres à raccomplissenient (les(|uelles les meilleures intentions ne suffisent pas; à quoi bon jeter un pont sur rOcéan.si, avant que la seconde arche ne soit commencée, la première a déjii été emportée par le flux? Souvent répétées, ces paroles, sans que je m'en rendisse exactement compte. avai(Mit tini par me doimer de IVssai tenté h Mettray une opinion peu favorable. Je me rendais de Guéret h Paris, après la clôture des travaux du conseil général de la Creuse; arvivé à Tours, je nu» dis que. rappelé par des affaires urgentes, j'avais eu tort de me détourner de ma roule pour voir quoi?— Le coûteux échec d'une philanthropie impuissante*. Assez de mécomptes personnels attendent rhomme, porté par sa nature à se dévouer «i Tamélioration du sort de ses scmblabh^s. pour (pi'il n'ait pas besoin d'ajouter au poids accablant de sa propre expérience, le poids <\r rcxpérien<*e d'autrui. La passion du bien public, au temps où nous vivons, se refroidit assez vite (rdle-méme pour que les entraînements n'en soient ni longs ni dangereux. C'<*st dans écrite disposition d'esprit, qu'avaient fait naître en moi et des critiqu(\s sans fcmdenient et des éloges sans discernement, que je nie suis arrêté devant la colonie, ayant entre les mains le compte-rendu de la s<»ptième assemblée générale d<*s fondateurs, teinie à l'HAtel-de-Ville de Paris, h» 16 mai 18ifi. petite brochure se composant de la repHKhu'tion textuelh» de deux discours remarquables, l'un de M. le comte de Sidvandy. l'autre de M. le comte de Gasparin, et dun excellent rapport des dinvteur? de la colonie, mais ne renfermant pas ce que précisément j'aurais voulu y trouver : l'étal des receltes et des dépense»
pondant le cours de Tannée 1845 et le budget de Texercice 1846, présentés dans cotte môme séance par Thonorable M. Gouin. Cette omission, pourquoi ne vous Pavoucrai-jc pas? avait encore ajouté à mes défiances. Aussi, quelles ne furent pas ma surprise et ma satisfaction, après avoir visité minutieusement avec vous, monsieur, chacune des dix ou douze maisons dont se compose la colonie, de voir Tordre le plus parfait, l'économie la plus tricte, la mieux entendue, régner dans chacune de ces maisons servant à la fois d'atelier, de dortoir et de réfectoire h quarante colons, nombre fixé pour former ce que vous appelez une famille* et de n'iipcrcevoir nulle part, je ne dirai pas la trace du luxe, mais seulement d'une fausse dépense, d'une dépense non justifiée par la nécessité la plus absolue et Tétude la plus réfléchie, ainsi que j'ai pu m'en convaincre en parcourant le journal, le grand-livre et les livres auxiliaires de la comptabilité de la colonie, qui, tous, se sont ouverts devanl moi.
Ce n'est pas dans une lettre qui vous est adressée, monsieur, que je m'appliquerai à décrire une institution dont vous et M. Demetz, que j'ai vivement regretté de ne pas trouver à Meltray, avez si profondément étudié tous les ressorts, vaincu toutes les difticuités, utilisé toutes les ressources ; cette tâche a d'ailleurs été parfaitement remplie par M. Gatian de Clérembault, juge au tribunal civil de Tours, dans un Hssai sur les établissements de bienfait sance que j'ai sous les yeux ; je me bornerai donc, après avoir avoué sous qu'elles impressions j'étais arrivé h la colonie de Mettray, à dire sous quelles impressions différentes je Tai quittée. Si je ne le disais pas hautement ici, je croirais manquer aux devoirs ({ue m'impose la publicité du journal que je dirige. Les lecteurs d'un journal forment une milice qui didiTe des autres milices en ce point qu'au lieu de se servir dans le combat de cartouches faites avec de la poudre, elle se sert dans la di>russion de cartouches faites avec des idées. Ils sont dans les rangs de la société les représentants, les défenseurs d'opinions, d'intérêts, d'institutions
dont le triomphe dépend en grande partie de l^ardeur et de la force qu'ils puisent dans les convictions qui leur sont données, dans les ar^imcnls qui leur sont fournis. Les éclairer, les conv.iincre, les passionner, les mettre en état d'engager et de soutenir la discussion, c'est les armer, c'est les aider à vaincre, c'est en faire autant de soldats de sa cause et de ses idées. L'teuvrc de Mcttray, monsieur, m'a paru si remaniuable sous tant de rapports, que je voudrais que tous les lecteurs de la Presse, devant lesquels la colonie pourrait être alta(|uée. en devmsseni les défenseurs.
De toutes les institutions de ce fjenre que j'ai visitées, c'est celle qui m*a le plus complètement satisfait.il est rare que les conceptions même les plus judicieuses, les plus simples, ne laissent pas toujours plus ou moins à désirer dans l'exécution. A Mettray. c'est le contraire qui m'a frappé: tout en trouvant la conception utile, c'est l'exécution surtout (pie j'ai trouvée aclniirahle : cette opinion que j'exprim<» n'est pas s<»ul<»ment la mienno: elle est aussi celle d'unju^'C assurciniMït très ériairè et très compétent, de M. le ministre du couiiuerce. di» l'honorahle .M. Cunin-Gridaine, qui a\ail visité la colonie deux ou trois jours avant moi : elle» est èj^'alcnicnt celle de M. le conHe Duchàtel, ministre de rintèri<Mn*.
Comme il fauta tout èlo^'c une restriction pour en attester la sincérité et en hausser le prix, j'ai cherché, mais en vain, quelque chose qui fût à reprendre dans tout ce que j'ai vu h Mettray.
L'idée est juste, et >era féconde parce qu'elle est restreinte», parce qu'elle n'opère pas dans l'inmiensilé du vague et de l'inconiui. parce (pi'clle repose sur une base malheureu.semcnt tn»p solide, l'article Gfi du Code pénal 1 : le
• \) An. »>♦>. Lorsque rar<'»«.û aura ra«tin* '\* -ciwj an*. >'iî e.^t «lôcitl» qn'il 1 ajîi "-tiu* Jiv^ moment, il *era nrtjntile: mais il mt», %^\on le» cirronMjinc<»5, ^emi^ a »c^ p.irenl^ om' rond ut t dam une matMon d« (orreclMn, p^mr y »^ire *''le\«' oi dêtcmi peivianl tel nombre «l'aniM-en que !<* ju(:emen( déterrnin<>ra. et qui toutefois ne poiirra ♦•^c'der lépoqne où il aura aecompli !»H %iii^tifroe anni'e.
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nombre moyen des ciecusés acquittés en vertu de cet article est limité et connu ; maintencint que Texemple est donné et qu'il n'y aura plus qu'k le suivre, rien ne s'opposera à ce que des établissements conçus et exécutés sur le modèle fourni par la colonie de Mettray ne se multiplient dans la proportion nécessaire ; ce ne sera pas. il est vrai, une réforme de l'humanité, mais ce sera, au sein de la société, une véritable et importante amélioration ;
La division par famille composée de quarante colons placés sous la direction d'un con Ire-maître ou père de fa-mille, assisté par deux sous-chefs pris dans Vécole des élèves et par deux frères aînés choisis dans les colons et nommés par eux à Télection, est excellente, et je ne crois pas qu'on puisse en imaginer une meilleure :
Le choix des états enseignés aux colons est soumis au contrôle le plus sûr qu'il fût possible de lui donner, celui d'une comptabilité parfaitement tenue. Tout atelier qui coule au lieu de rapporter est fermé et remplacé par un autre atelier qui soit un bénéfice au lieu d'être une charge:
L'école normale, l'école des élèves contre-maîtres, est à la colonie (•(» cjue TAme est au corps, ce que le cadre d'un réginïcnt est h son elFcctif. ce que les officiers sont aux soldats : c'esl par Térole des élèves que la colonie de Mettray survivra ii ses deux infatigables fondateurs, s'étendra, se multipliera :
La surveillance exercée sur le travail dans les ateliers m'a paru lelle (ju'il me semble difficile d en établir une plu.s constante, plus eflicace et mieux entendue ; le silence y règne sans qu'on s'aperçoive qu'il y soit un châtiment ;
La diHilcur de la privation de la liberté n'a son empreinte maniuée sur aucun visage ; il faut être prévenu qu'on est au oiili«*«« dHiic cnlnnie pénale pour le croire ; cependant la disriplii'i'' «'tablic n'admet pas le plus léger écart ; à peine est-il ftignalc qu'il est aussitôt réprimé ;
Point de murailles , point de fossés, point de gendarmes, p^nt d'Hftents de police déguisés sous aucune forme el «.Ml» «ucuo habit, et cependant point d'évasions. C'est là ce
qui m'a le plus frappé à Mellray. La vigilance s'y révèle partout, elle ne s'y agile nulle part ; elle n'a pas les traits de rin(iuiétu(lo. elle a ceux de la plus entière sécurité ; elle n'est pas tracassière : c'est ce qui prouve qu'elle est parfai* tement organisée ;
La propreté qui règne dans les ateliei's et dans les dortoirs servant de réfec^toires, dans l(»s magasins, dans les cours, h rinfirmerie, aux cuisines, partout enfin, est celle de la Hollande et de la Suisse: cell<» propreté, qui, en France, n'a pas dû élre obtenue sans effort, et représente une véritable victoire remportée sur les habitudes des colons, est le seul luxe par Iequ<»l la colonie se lasse remarquer; il est aussi grand (ju'il peut élre sans qu'on puisse dire cependant qu'il soit excessif;
Les hamacs qui servent de lits aux colom, ceux qui servent délits auxe/crf'.v, sont à la fois, à divers points de vue, l'invention la plus ingénieuse et la plus économique. L'étude approfondie de la question dont la coloitie de Mettray s'est proposé la solution se révèle ainsi <lans les détails les plus minutieux, les moins apparents. — dans le clou, dans l'anneau, dans la traverse uïobile (|ui servent à suspendre ces hamacs ; il n*(*si pas un détail dont on ne se soit rendu compte et qui ait été négligé, (le soin, qui s'étend à tout, n'atteste pas seulenuMit de la part des directeurs do la colonie et de leurs actifs auxiliaires un esprit fort rare d'observation, une incontestable puissanct' «l'organisation, une sollicitude infinie; il atteste encore une fermeté de volonté, une patience h toute épreuve. Je sais par expérience quelles difficultés rj^ncontrent toute inntivation. toute amélioration, si |)etites qu'elles .soient. A la simple inspection des résultats que j'ai c«)nstatés, j'ai donc pu me former pnmiptement une juste dée des ciïorts qu'il a fallu prt)diguer, des résistances qu'il a fallu vaincre pour en arri\er là et empêcher que l'amélioration imposée la veille ne fût abandonnée le lendemain ;
Le vêtement des colons, tout entier en toile d'un gris foncé, est ce qu'il doit être ;
Le piiin ost excellent, et tel qu'il serait à désirer que rnnnée, tous les laboureurs, tous les cirtisans et leurs familles en eussent de pareil; donner de bon pain à des jeunes gens et à des enfants dont on exige, et avec raison, beau<coup do travail, ce n'est pas du luxe, c est de l'économie; ce qu\m perd sur la boulangerie, on le gagne amplement sur rinfirmerie ; c'est ce que vous avez admirablement compris, monsieur, et Pexpêrience vous a donné pleinement raison ;
La nourriture se compose :
!• Pour chaque jour de la stMnaine, de 75 décagrammes de pain (une livre et demie] ; 'i? pour le dîner et le souper, d'un litre de sou{)e maigre dans laquelle il entre 78 grammes de pain pour chaque personne et les légumes nécessaires; 3* enfin, de trois décilitres de légumes. Le dimanche et le jeudi on substitue à la soupe maigre sept décilitres de soupe grasse, et aux légumes 75 grammes de viande cuite. Moins, ce ne serait pas assez; plus, ce serait trop ;
La part faite à l'instruction des colons est sagement réglée ;
Le tableau d'honneur est une idée dont la justesse est prouvée par l'efllcacité; on désire aussi vivement d'y être inscrit qu'on redoute d'en être rayé. Tous les détails que j'ai recueillis h l'occasion de ce tableau m'ont prouvé qu'à Mettray on savait aussi bien encourager que punir, se servir de l'éperon que du frein. Il ne fallait pas éteindre dans le cœur d'hommes Agés do moins de vingt ans le feu qui purifie tout, efface h»s traces dos fautes les plus graves, consume le passé et fait briller Tavoiur. Trop souvent n(is institutions et nos lois sont on désaccord avec les préceptes de notre religion ; c'est un mal ; ce mal n'existe pas à Mettray.
Los fouilles h colonnes, sorte do compte ouvert au crédit moral tic chaque colon, sur losciuolles vous inscrivez : !• n® d'écrou: 2® lettre do la famille; 3® date et lieu de naissance; 4^ date du jugement; \}*^ tribunaux ou cours rojrales qui ont prononcé ; G^* motifs de Tarrestalion ; 7* durée de la
détention ; S^ date de lentrée du colon dans la colonie ; 0* date de la libération; 10" lieu où il a été détenu; 11^ état exercé avant Parrcstalicm ; 12* étal exercé dans la prison; 13® état exercé dans la colonie; 14** degré d'instruction lors de l'entrée dans la colonie 1 15® degi*é dlnslruclion à la sortie; 16® état sanitaire à l'entrée dans la colonie ; 17® état sanitaire à la sortie; 18® renseignements sur la famille: 19® noms et demeure du patron ou des personnes qui s'intéressent au colon ; 20® signalement ; 21® enquête ; 22® interrogatoire lors de son entrée dans la colonie: 23® observalions ; 24® conduite du colon pendant son séjour dans la colonie : Date du relevé de sa conduite. — Conduite morale et religieuse. — Conduite en classe. — Conduite à l'atelier. — Conduite dans la fannllc— Caractère du colon. — Punitions. — Récompenses. — Observai ions : 2o® conduite du colon après sa sortir de la colonie: ces feuilles, tenues constamment è jour avec un ordre qu'on ne saurait trop louer, et remplies de détails aussi attachants qu'instructifs sont, à ridée que je nu'^ris depuis quinze ans et dont je vous ai dit quelques mots, ce qu'est le rameau à la tige 1;: cette application partielle si bi(»n faite d'une idée que je crois destinée h faire faire un grand pas à l'extinction du paupérisme, h Porganisation du travail, h la sinq)lilication d<^ la police, au pnigrès d«* la nïoralilé publique, a été iM)ur moi une preuve nouvelle, ajoutée à relies drjà en ma possession, «pie toutes les améliorations sont contenues en genne dans la société, et que. pour ré.soudre les pn»blèmes qui paraissent les plus difficiles, il n'y a qu'à étendre et (pi'à généraliser ce qui est bien ; r(»rdre est encore à fonder : croire «piil existe, par cela seul qu'il n'y a pas d'émeutes, c'est plus cpiune grave erreur, c'est uue dangereuse illusion.
Les cellules, dans lesquelles je suis entré, m'ont permis de constater deux cli<»s(»s : b» petit nombre de colons qui s'exposent à «'clte punition, et la manière judicieu.se dont Vous comprenez (*t dont vous applicpiez le système de l'em-
'l; Voir Impôt. — Intmjttion df n>.
finsoTin^nocni collulairc ; compris comme vous rappliquez, npptiqno CHMumo vous le comprenez, ce système n-aquedes nvan(;^2!os ot ili^ie toute objection sérieuse; si, comme on r^nnanoo. les Chambres législatives s^occupent, dans la prochaine sesNion, de la réforme pénitentiaire, non seulemeni il sora nécessaire que les commissions qu elle nommenant \ous entendent vous et M. Demetz, mais il ne sera pas inutile que ces commissions se transportent à Metlray, ou qu'elles y envoient tout au moins leurs rapporteurs. La ivf«>rme pénitentiaire est une cjucslion dont il ne parait pas que toute l'importance soiMale, au double point de vue moral et économique, soit encore bien comprise. Je ne voudrais pas\ous louer, monsieur; conunent dire cependant que quelques heures de votre conversation en apprennent plus bur cette question (jue tous les livres où elle a été traitée, sans même en excepter le vôtre?
En quittant la colonie de Mettray, où je voudrais que tous ceux qui liront ces quelques lignes écrites à la hùte, au milieu de plus d'une préoccupation, se rendissent, aiin de voir par leurs propres yeux ce dont je n'ai pu ici, dans le cadre d'une lettre, que leur donner une très incomplète idée, je suis sorti plus fermement convaincu qu'en y entrant que, S'il y a des hommes si vicieux (ju'il soit impossible de les amender, ce n'est qu'une exception, même parmi ceux que les rigueui^ de la loi ont frappés. C'est ce qu'atteste le chiffre des récidives, qui, sur plus de 600 colons, ne s'est pas encore élevé au dessus de 17. Je n'oublierai jamais que c est h la visite que j'ai faite à la colonie de Mettray que Je dois rafTemiissement de cette conviction précieuse. Il y a des sentiments c[ui sont des forces. Qui le sait mieux et qui le montre nueux que vous, monsieur?
\su.