‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 47 sur 71 · MAJORITES · texte numérisé non relu

MAJORITES

1" mari 1844.

Si In Chanïhro dos dépulés vole toujours sous rinfluence do la peur (le renxcrsor le cjibinel, ne voyez-vous pas que le minislère sera <issuié de l'inipunilé pour toutes ses fautes, pour toutes ses liiihlesses? A cette objection, que nous reproduisons siuis rairaiblir, voici notre réponse : Cette impunitc' dont vous parlez, à ipii le niinistère en est-il redevable? Nesl-ie pas à lopposilion? Kst-ceque c'est la majorité qui pose les (pjcstions de cabinet ? Que l'opposilion cesse de faire de toutes les (pieslions des questions ministérielles; qu'elle s<' borne, dans le cours de chaque session, à la discussion approfondie et au vote décisif d<» l'adresse, et celle impunité dont jouit le cabinet, par votre fait, cessera de lui elle assurée ; (pie l'opposition cesse de tout attaquer systémati(|ueinent. et la niajorile cesscia de tout approuver systémalicpiement : (]ue l'une ne man(pie pas de bonne foi, et l'autre ne man^piera pas d'indépendance. Mais tant que l'opposition n'aura qu'une pensée, (ju'un but : — d'escalader le pouvt>ir, de s'en eniparer par surprise, la majorité, de son cAté. ne s«»ngera (pi'ii tenir la majorité en échec, cl la majorité fera sa;.îement. Ainsi donc, ne vous en prenez qu'a vous-mémes de la situation contn* la(|uelle vous déclamez. De cette situation qui ne permet de trancher aucune IV. ai

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question pour ellc-nième ; qui, sous toute proposition, cache un piège qui force de ia rejeter, alors mOme que le principe en serait excellent; qui prive de la liberté de leur vote tous les hommes consciencieux, en les plaçant dans la nécessité, les uns de voler avec la majorité en faveur d'une question qu'ils désapprouvent, afin de ne pas renverser le ministère, les autres de voter avec l'opposition corUre une loi qu'ils trouvent bonne, afin de ne pas se séparer de leur parti ; de cette situation extrême, toute la responsabilité retombe sur vous et vos amis. Ne vous en prenez qu'à vous-mêmes du vote que vous déplorez. Il est votre ouvrage, il n'est pas le nôtre! Vous avez voulu faire de Tintrigue h l'ombre du patriotisme ; la majorité vous a déjoués ; si elle vous avait cru sur parole, où en serions-nous aujourd'hui ? N'ayez pas moins de franchise que nous : répondez.

29 décembre 18 U.

Ce n'est jamais impunément qu'on arrache par l'obsession à la majorité un vole qui doit avoir pour effet do la déconsidérer, de la diminuer dans l'opinion pulilique. Toule contrainte morale exercée, un jour ou l'autre, a sa réaction inévitable. Voulez-vous étendre la majorité, voulez-vous la fortifier, voulez-vous la rendre conipacle, ne lui demandez jamais que des votes qui Thonorent i\ ses propres yeux et qui rélèvent danslestime du pays; voulez-vous la restreindre, l'affaiblir, la divistT, faites le contraire, faites ce que vous avez fait, imposez-lui un vole qui montre que ses suffrages ne lui apparlieiment pas, qu'elle est entièrement privée do libre-arbitre, et que, dans les (pieslions les moins politi(]ues de leur nature, elle n'a pas même le droit de prt»ndre révidence pour règle de sa conscience ou de sa raisun.

9 jftnTÎer 1845.

Il en est de la majorité comme de l'humanité, il faut la

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