‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 53 sur 71 · IV. u · texte numérisé non relu

IV. u

h Windsor p.nr la corporiilion de In Cité de Londres est une manifestation qui a certes une {grande valeur comme hommage» pei^sonnel rendu au caractère de l'ancien réfugié de Twickenham, auJDUidhui roi des Français; mais attribuer à cette manifestation, comme le fait le Journal des Débats. une immense importance politique, c'est tomber, suivant son usage, dans l'exagération et la courtisanerie, au risque de se briser au chi)c de quelipie rude mécompte ou de recevoir bientôt un éclatant démenti. Wmv ne s'écarter ni de la vérité ni de la prudence, il (r.»nvient de distinguer, entre les sentiments qui allient les deux souverains, les idées qui rapprochent les deux cabinets et les rivalités (|ui séparent les deux pays. Ces rivalités ont existé de tout temps et ne peuvent désoimais que s'accroître : esi)érer et prétendre les faire taire ou les calmer par des harangues, ce serait s'abuser étrangement. Quel honnne sensé pourrait partager une telle illusion, alors surti.ut qu'il s'agit d'États constitutiuimcls où l'existence des ministres est soumise à la fluctuatiiiU i\i*s majurilés, et où les deux cabinets peuvent très bien n'être pas toujours animés l'un à l'égard de l'autre des mêmes sentiments que ceux qui cinitinueraienl d'exister entre les deux souverains. Malheureusement, les phrases cordiales et paciliques ciui ont été échangées à Portsmouth 'et il Windsor n'empêcheront pas (|ue partout où des agents français et anglais sont en pi ést»nce, ils ne .soient en dissentiment et en rivalité : elles n'oteront pas à la marine britannique son mauvais vouloir et .sa morgue : elles ne feront pas (jue les sentiments (rh:>stilité invétérée, d'ombrageuse jalousie «q dinsnient dédain que nous avons vus éclater à Taïli et h (îibraltar dans toute la conduite des consuls IVitchard r[ Kol)erl Wilson. dans les discours de sir Uoberi IVel lui-même, et percer, en 1840. dans les proiH>s injurieux de lord INilmei*ston (*t dans les dépêches diplomatiques de M. Bulwer, n<* soient pas, au fond, les sentnnents vrais de la nation anglaise ii notre égard, aussitôt (pi'elle rencontre de notre part la plus faible résistance, la contrariété la plus involontaire. F)st>i'e que l'accueil enthousiaste fait, en

1838, h M. le maréchal Soult. a oinpéché deux années plus lard la signature do la eonwnlion du 15 juillet ? Oui, il y a un moyen certain de faire que « les deux pays vivent en » paix l'un avec l'autre. >» que « leur union suit curdiale et • durable. >» c'est d'accepter de luut cœur la suprénialie bntanni(|ue: c'est de nous rcsij;neraurôle de puissance secondaire: c'est de tnuiver tout .simple que rAnf^leteiTc, qui nous a déjà ravi le haut et le hiis Canada, l'Acadie, Terre- Neuve, la GriMiade. Saint-Vincent. Douïinique. Siiint-Christophe. TalKi^o. Saint(»-Lucie. l'île de France, la Nouvelle- Zélande ; — qui a jiris à : — lEspagne. Gibraltar, la Jamaïque. Campéche. Honduras. li^diama. la Trinidad. les îles Falkland: — îi la Hollande. Démerari. IWbice et Hsse(iuibo, le Cap de Bonne-Espérance; — ii la Tunpiie. les Iles Ioniennes ; — à l'ordre de Malle. Malte et (iozzo, etc.. etc., s'empare exclusivement des derniei^ points du ^'lobe et des derniers marchés, dont il reste à sa marine et à son commence à prendre possession : cVsl de renoncer, nous, à toute prétention de faire llotter notre pavillon ^ur le plus petit îlot; c'est d'abandtnmer le prnttvlorat de Taïli; c'est de Kuluire. de préférence à toute autre dé]M*nse. celle que lait pcstT sur nous le dé|)artement de la marine ; c'est de continuer à entretenir un en'ectif exorbitant et ruineux; c'est, de temps à autre, de d(»nner a llùnnpe eontinentale, sur le mahitien de \i\ \)i\'i\. des eniintes qui letardent les progrès de l'industrie (»l fassiMil eelalerdes crises conmierciales; c'est, entin. «h» ni»us assurier a elle partout tiii il ^'agit de fomenter un mi>u\(Mnent icNolutinnuaire et de perpêtuerle désordre, romine «'Ile le fait enenre eu Kspajjne. Oui, a ces conditions, l'on |KMit eonipler que l'entente entre les deux pays ne sera pas n»i»iM> «onlial** «pieiun» hvs th-ux souverains. yu'est-<-e qui >*oppose à re que l'allianec entre lesdeUN payss<iit sin«eret't solide :* - C'est la ii> alite qui existe entre eux. SupprimonN la rivalin-, d ny aura plus d'obstacle a lallianee. No.istHvupemns a la ^^auebedo l'Angleterre la place que lAutrichc onu.pe a sa droit».. I^leest la pensée politique qui >o raehe mal au fond de tous lesar-

à Windsor par l«i corporatii)n de la Cité de Londres est une niiinifest.ition qui n cerlos une p'iinde valeur cuninic hommage persoiuu»! rendu au earaclère de Taneien réfugié de Twiekenliam. auJ!)Ui d'Iiui roi des Français ; mais attribuer i\ cette manifestation, connue le fait le Jom'naldcs Débats, une immense importance politiipie, cest tomber, suivant son usage, dans l'exagération et la courlisanerie, au risque de se lu-iser au choc de quelipie rmie mécompte ou de receviiir bientôt un éclatant «lémenti. Pt>ur ne s'écarter ni de la vérité ni «le la prudence, il convient de distinguer, entre les sentiments (]ui allient les deu\ souverains, les idées qui rapprochent les deux cabinets et les rivalités cpii séparent les deux pays. Ces rivalités ont existé de tout temps et ne peuvent désormais que s accroître : espérer et prétendre les faire taire ou les calmer par des harangues. <'e serait s'abu.ser étrangement. (Juel hiunme sensé pourrait partager une telle illusitiU. alors surtout qu'il .s*agit d'États constitutionnels où l'existence des nn'nislres est sounnse ii la thiiv tuatii.n des majorités, et où les deux cabinets peuvent très bien n'être pas t<iUJours animés l'un à l'égard de l'autre des mêmes sentiments (pie ceux qui continueraient d'exister entre h^s deux .si)U\(*rains. Malheureusement, les phrases cordiales et pacili<pies (pii ont été échangées ii INirlsmouth 'et à Windsor n'empêcheront pas (pie partout où des agents français et anglais sont en piésence, ils ne .soient en dissentiment et en rivalité : (»lles n'iUeront pas à la marine britanni<pie son mauvais vouloir et .sa morgue : elles ne feront pas (pie les sentiments d'hostilité invétérée, d'ombrageuse jalousie ci dinsnlenl détiam (pu» nous avons vus éclater b Taïti et à (Gibraltar dans tnute la conduite des<'onsulsPritchard et Robert Wilson. dans les discours de sir Roberi Peel lui-mém<*. et p(»rcer.en 1810. dans les pnipns injurieux de lord Palmerston et dans les dép(Vlies diploinati(|ues de M. Ruiwer, ne .«^nient pas, au fond, les sentiments vrais de la nation anglaise à nt^tre égard, aussittM quelle rencontre de notre part la plus faible ^ési^»tance, la contrariété la plus involontaire. Ksl>ce que Taccueil enthousiaste fait, ea

1838, h M. le maréchal Soult, a empêché deux années plus lard la signature de la convention du 15 juillet? Oui, il y a un moyen certain de faire que « les deux pays vivent en » paix l'un avec Tautre, » que « leur union soit cordiale et 9 durable, » c'est d'accepter de tout cœur la suprématie britannique ; c'est do nous résigner au rôle de puissance secondaire ; cVst de trouver tout simple que l'Angleterre, qui nous a déjà ravi le haut et le bas Canada, TAcadie, Terre- Neuve, la Grenade, Saint- Vincent, Dominique, Saint-Christophe, Tabago, Sainte-Lucie, l'île de France, la Nouvelle- Zélande ; — qui a pris à : — l'Espagne, Gibraltar, la Jamaïque, Campéche, Honduras, Bahaina, la Trinidad, les Iles Falkland; — ë la Hollande, Démerari,Berl^ice et Essequibo, le Cap de Bonne-Espérance ; — à la Turquie, les lies Ioniennes ; — à Tordre de Malte, Malle et Gozzo, etc., etc., s'empare exclusivement des derniei-s points du globe et des derniers marchés, dont il reste à sa marine et à son commerce à prendre possession ; cVst de» renoncer, nous, à toute prétention de faire flotter notre pavillon sur le plus petit Ilot ; c'est d'abandonner le protectorat de Taïti ; c'est de réduire, de préférence ii toute autre déi)ense, celle que fait peser sur nous le déparlement de la marine ; c'est de continuera entretenir un edeclif exorbitant et ruineux; c'est, de temps à autre, ilc «hmner à l'Europe continentale, sur le maintien de la paix, des craintes (|ui relardent les progrès de l'induslrie et fass<Mit éclater des crises commerciales: c'esl, enlin, de nous asscH-ier à elle partout où il s'agit de fomenter un mouvement révolutionnaire et de perpétuerlc désordre, comme elle h' fait encore en Espagne. Oui, à ces conditii>*]s. Ton peut compter que rentente entre les deux pays ne sera pas moins cordiale <|u*t»ntre les deux souverains. Qu'est-ce (pii s'oppose à ce que Talliance entre les deux pays soit sincère et solide? — ("est la rivalité qui existe entre eux. Supprinutns la rivalité, il n'y aura plus d'obstacle à l'alliance. NouswTuperons à la gauche de l'Angleterre la place que l'Autriche occufie à sa droite. Telle est la pensée politique qui se cache mal au fond de tous lesar»

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