IV. i
en droit d'en réclamer une égale. Pourquoi rappeler ce fait ? Pourquoi s'en glorifier ?
Le Journal des Débats sait l)ien que sur la question des chemins de fer, t(Kis les systèmes ont été tour à tour pmposes, acceptés, rejelés, repris, abandonnés, mariés, soudés, dessoudés, et rjue si enfin un ensemble de tracés a été voté, ce n-a été qu'à la condition de subir la loi des coalitions et de donner des tronçons à tous les intérêts ri\'aux. Pourquoi rappeler ce qui ne fut pas un yoXc mais une transaction? Pourquoi s'en glorifier?
Le Journal des Débats sail bien qu'il nVsl pas vrai que la convention du 15 juillet 18il ait rétabli sérieusement les bonnes relations enire la France et TAngleterre, car il n'y a pas trois mois que. pour un fait moins grave assurément que la question soulevée en 18i0, pour la juste expulsion de Tahiti du missionnaire Prilchard, la guerre a fiiilli, au dire du Journal des Débats, éclater entre les deux pays. Pour- (pioi rappeler celle circonstance qu'il serait habile de laisser tomber dans l'oubli ?
Le Journal des Débats sait bien que si la guerre avec le Maroc s'est lerminéi» par un traité honorable, ce traité n*a pas été tout ce cpiil aurait du, tiiut ce qu'il aurait pu être sans les injustes détiances du cabinet anglais, sans son immixtion occulte trahie par l«\s déloyales menées du consul de Gibraltar, Robert \Vils(»n, et par les pom|H*ux éloges que la presse anglaise a donnés à M. Bulwer. Pourquoi rappeler ces |)an»les malheuivuses : « La France est assez ridœ pour " payer sa (/Inire '/ >►
Le Journal des Débats sait bien <|ue dans laRairc de Tahiti ce n'est certes pas la France qui c a cherché non pas >• la i-ause mais h» prétexte d'unt» collision avec l'Angle- ■> tiMr4».»»Taliili a été arrosé ch» plus de sang français qu'isl y, TangiT et Mnga<lor. Le contre-amiral I)upt>tit-Th(»uurs a êlè (lésavijué: le capitaine d'Aubigny a été blAmé; le capitaine liruat, s'il ne l'a pas été n miu tour, a failli l'être; eniin une indcnmité a clé pronn's<' à l'auleur (h> toutes les provoctilions que nous avons lui ii réprimer. Pouifpioî rap|)cler
toutes ces circonstances sous I^impressîon douloureuse desquelles les Chambres se sont séparées, faisant entendre une dernière protestation le jour même de la clôture officielle de la session ?
Le Journal des Débats sait bien que si la domination française a été étendue et affermie en Afrique, c'est au prix de beaucoup de sang versé, et à la condition d'y entretenir une armée de 80,000 hommes, lorsque, il y a quelques «innées, le chiffre de 90,000 hommes était la limite devant laquelle s'arrêtaient les Chambres. Quel progrès a fait la colonisalion et qu'a-l-on fait pour elle ? — Pourquoi provoquer une discussion qu'il serait plus sage d'ajourner?
Le Journal des Débats sait bien que si la loi de la régence a été votée, elle ne l'a pas été sans le concours de M. Thiers qui, en cette circonstance, n'a pas hésité à se séparer de Fopposition avec un courage dont il y aurait ingratitude à ne pas garder le souvenir. Pourquoi rappeler un succès dont on doit la moitié à un adversaire ? Pourquoi s'en glorifier exclusivement?
Le Journal des Débats parle vaguement de a mille autres » lois. » Lesquelles? — Est-ce la loi des sucres? Mais celle qui a été votée l'a été en dépit de tous les efforts du gouvernement pour faire prévaloir un système préférable, bien qu'il ne fût pas le meilleur. — Est-ce la loi sur la liberté d'enseignement? Est-ce la loi sur les ministres d'Étal? Estce la loi sur le recrutement de l'armée? Est-ce la loi sur la propriété littéraire? Est-ce la loi sur la refonte des monnaies ? Est-ce la loi sur le rachat des actions de jouissance des canaux? Est-ce la loi sur l'endiguemenl des rivières? Est-ce la loi sur le sort des esclaves aux colonies ? Est-ce la loi sur l'organisation du conseil d'État? Est-ce la loi sur les pensions de retraite des fonctionnaires civils? Toutes ces lois ont été fijournées, retirées ou rejetées. — Plusieurs lois importantes, plusieui^lois utiles, il est vrai, ont été votées : la loi qui règle le travail des enfants dans les manufactures : la loi sur les patentes ; la loi sur les brevets «l'invention ; la loi sur la police de la chasse, etc. : mais pourquoi
olG 1844.
o\\ oxagôivr rimpoiinnco ol lo iiDinhro:^ NVst-co pas pr4»v.>- (|iior conuno ii phiisir iiiio discussion <|u*il sorail plus prii- (ItMit (U» ne pjis soulcviM? — Celle discussion, nous ne la prolongerons p;is. Nous no rendrons pas le ministère responsable des violences de son journal. Il y a longtemps ^pie nous savi)ns que loul ce < pie désirerait \c Journal des Dvbaf s. ce sorail de nous voir dans l'opposilion. afin de pouvoir niellre un plus haut prix às(»n concours, afin de pouvoir re- Iev<»r orgueilleusement la lètiMpril c(»urbe servilement, afin de (licier tyranniipioment ses conditions. Mais, inms on sommes fAcliés pour lui. ses voMix ne seront point satisfaits; c'est pour allrancliir de son despotisme les cabinets qui n'auraient pas (»sé le secou:T (|ue la Presse a été rrêèe: In Presse ne .sera pas inlidèh^ h .sa mission, elle n'abandonnera pas la place quelle occupe îi la suite du parti t'onsorvaleur; elle y tient si fortement <pi elle m» l'échangerait même pa> conlro celle (pie le Journal des Débats a la prétention d*«H'cuper à la léle delà majnriléî ].o Journal des Débats insinue (pie n.tus nous snmmes |)lacés au milieu d'elle pour l.i diviser. Si des liDinmes émiiienls auxquels le Journal des Débats adn'ssa un jour de si dures paroles n'avaient jamais fait d'autre oppMsilion que celle (pron nous reprtK'lio. s'ils .s'élaient tenus, cmiime nous, à TiTart de toutes bri- I^Hies. ne disant jamais (pi(> la vérité, et la disant toiyours av(*c bienveillance, le ministère du 1") avril 18:37 vivrait encore î Le Journal drs Drbats. qui leur avait retiré jion estime, n'aurait pas eu ii leur pi'éler siUM son coneours.
L(» Xational. qui. cerles. n nuire é^'ard. n'i^st pas su.spiH.*t de bienveillance, fail cependant preuve envers nous de plus d'iiuparlialilé que le Journal des Drbats. Lui ne nous a<-cuse pas de chercher ii diviser la majorité pour n»nvei*ser h* cabinet : Injii i\v lu ! h» rciin-rhe qu'il mius fait e.sl le approche coiilrairi»: il nou> blâme d'accourir à la défensiMlu «abinet toules les ftiis «pi'il esl ;;ravemcnt menacé, do le r.ilVermir toule> les foistpi'il esl seriiMisement ébranlé. Voici les dix |iremières lij:ne> ih* son article : « La gueriv sourde >• (pii exisi.iji depuis Imiprlemps entre losDébatsei \i\Pre$se
» se calmait, s^éteignait môme aussitôt qu'il était question
» (le rexistoncc du cabinet. Combien de fois ne l'avons-
» nous pas remarqué ! Ce dernier journal attaquait souvent
» avec vivacité le ministère sur sa manière de conduire les
» alTaires à Textérieur; il se montrait ardent contre le droit
» de visite, très mécontent du désaveu de Dùpetit-Thouars,
» toujoui*s hostile à Palliance anglaise. C'était la veille qu'il
» sVxprimait ainsi. Le lendemain la question venait à la
» tribune : M. Guizot et ses amis pouvaient être emportés
» par le flot des débats, le ministère pouvait succomber sous
» un vote. Aussitôt la Presse changeait d^ ton. « Gardons-
» nous bien renverser le cabinet : il ne s'agit pas d'enlever
» des jK»rtefeuilles. Conservons soigneusement M. Guizot. »
Si nous méritons Taccusation du Journal des Débats, nous ne méritons pas celle du Xational ; il faut choisir entre l'une ou l'autre : nous ne saurions les encourir toutes les deux à la fois. Mais qui choisira? Mais qui pnmcmcera? Il est bien plus simple de ne pas choisir. Mais elles sont contradictoires. Qu'importe! les ultra-ministériels, ceux qui sacrifieraient volontiers la dynastie pour sauver le cabinet, se rangeront à Tavis du Journal des Débats; les conservateurs indépendants et modérés, ceux (jui forment la presque unanimité de nos lecteurs, ceux auxquels nous tenons exclusivement il servir d'organe véridique <»t de drapeau au jour du danger, seront de l'opinion du XationaL
Nous croyons (jue Tinïpartiiilité consiste à se tenir à égale distance des feuilles qui injurient le ministère, «pii trouvent mal tout ce ipiil fait, même ce cpiil fait de bien, dans l'espoir <le lui donn<T leurs patrons pour suecesseui*s, et de celles (pii le flattent bassement, rpii trouvent bien tout ce (ju il fait, même ce «pi'il ne fait pas, dans la erainle de se voir anaeher leur proie. Si nous nous trompons, en tout cas, c'est avec l'inunense nïaj«»rilé du parti conservateur, qui veut l'ordre et la paix, mais (jui voudrait aussi que les aiïaires du pays fussent mieux faites, et sans qu'il en coûtât rien à sa dignité.
7 janvier 1845.
Nous suivons une ligne droite an bout de laquelle il se poul que soit la chute du cabinet, sans que nous ayons cepeiidant la volonté de le renverser, loin de là. Mais, de même que nous ne voulons faire porter sur personne la responsabilité de nos paroles, nous ne voulons porter non plus la responsabilité des actes de personne. Nous parlons uniquement en notre nom, et nVngageons absolument que nous. Si nous renouvelons si fré(|ueinment celte déclaration , si nous tenons h ce que Ton en soit bien convaincu, au risque d'ôter h notre langage son importance, c'est que nous voulons conserver la plénitude de notre liberté, c'est que nous ne voulons pas que qui que ce .soit puisse se croire fondé k prétendre ou que nous avons été trop loin, ou que nous nous sommes arrêtés trop court. Nous savons exactement oii nous allons et jusqu'où nous voulons aller. Ce qui nous préoccupe, ce n'est pas ce qui se passe à cette heure ; c'est ce que nous prévoyons. En politique, le présent n'existe pas ; c'est déjà du passé ; la politique ne se compose que de passé et d'avenir. Or, l'avenir seul nous inquiète. Nous voyons avec effroi toutes les questions les plus grosses s'ajourner, s'accumuler; nous n'en voyons aucune se résoudre. La politique au jour le jour est la plus grave erreur de ce temps-<'i. A toute autre époque, cette politique se fût appelée : imprévoyance. Nous comprenons parfaitement les avantages île la temporisation, lorsque la temporisation est Tari (le se donner le bénélice ilu temps pour en profiter; mais nous ne les comprentms pas, nous Tavouons, l(»rsquc la temporisation n'aboutit à se donner le bénélice du temps que pour ne pas remployer. Notre avis est que le moment est venu où la majorité, dans le but de se soustraire h la nécessité de se prononcer sur IVxistence du cabinet, ne saurait plus se réfugier dans les prétextes et dans jes^ ajournements, comme elle Ta fait e' "^ •"« le faire aussi longtemps que - ■
et les ajouroements possibles. Mais la série des ajourne* ments et des prétextes parait aujourd'hui entièrement épuisée. De deu* choses Tune : il faut ou que la mojorilé se prononce hautement contre le cabinel, s'il n'a pas à produire îi la tribune d'autres arguments que ceux qu'il a présentés pour sa défense, ou qu'elle en adopte pleinement la politique, laquelle consiste à prétendre que l'Angleterre n'a exigé de nous aucun sacrifice qui ne fût réciproque ; que l'alliance des deux pays est sincère ; que les conventions de 1831 et de 1833, relatives h la suppression de la traite des noirs, n'ont pas, en réalité, d'autre objet que celui qu'elles ont en apparence ; que le maintien du consul britannique à Alger, sans exequatur, ne cache aucune arrière-pensée ; que la conduite du missionnaire Pritchard et du commandant Ilunl, à Tahiti, ainsi que celle de sirRobert Wilson, à Gibraltar, sont des faits auxquels il ne faut pas s'arrêter; que les paroles violentes proférées à la tribune britannique, non-seulement par sir Robert Peel, mais encore par lord Abcrdeen et lord Wellington, n'expriment pas les sentiments secrets, les sentiments vrais du gouvernement anglais h l'égard du nôtre ; qu'aucune guerre entre les deux pays n'est h craindre ni même à prévoir ; qu'il n'y a enfin qu'à s'emlormir tranquillement sur la foi des harangues du lord-maire de la Cité de Londres et de M. Robert Blunt, maire du bourg de Windsor. La majorité ne peut plus continuer de rester en dehors des questions. Il faut absoluuïent <|uVlle se prononce pour ou contre la politique du cabinet. La situation le veut ainsi. Ce n'est pas notre faute à nous si M. le ministre des affaires étrangères est allé à Windsor et nVn a pas rapporté une solution conforme au vœu unanime de la chambre, exprimé l'an dernier dans son adresse ; s'il ne prut plus tlin» sincèrement, •érieusement : — Je négocie ; s'il ne peut plus le dire avec Pcspoir qu'il sera cru, car certes ce ne seront pas les averttasements qui lui auront manqué de notre part. La con- HHlftfique nous tenons à l'ouverture de cette nouvelle ses- ^^^rS»» que la rigoureuse conséquence d? crlle que nous
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vivons tenue d.ins la session dernière, avec cette seule différence que Pan dernier nous pouvions dire :
Le cabinet déclare qu'il négocie pour que notre marine soit replacée sous la surveillance exclusive de notre pavillon; une telle négociation, ouverte déjà depuis un an, i>eul encore avoir besoin de quelques mois pour aboutir ; il est sage d'attendre.
L'Angleterre, seule en Europe, au mépris du droit des gens, au mépris de nos droits, persiste à ne vouloir voir encore dans rAlgérie qu-un des États barbaresques ; c'est sous ce nom que rAlgérie continue d'être classée dans le calendrier britannique où sont inscrits les noms et qualités de tous les ambassadeurs, ministres, agents et consuls anglais ; mais dès que notre cabinet insistera pour lui faire comprendre qu'elle doit renoncer à la prétention de maintenir à Alger, sans exequatur^ un consul dont la présence est une protesta tiim contre la légitimité de notre conquête, un argument au profit d'Abd-el-Kador, dont celui-ci ne man(]ue pas de se servir, croyons que TAngleterre, voyant notre domination s'étendie et s'affermir en Afrique, abandonneia une prétenlion bonne seulement à faire suspecter la sincérilé de Tentente cordiale ; il est sage d'attendre.
Or, ce que nous pouvions encore dire l'an dernier, a\'ec une ombre d'espérance, nous ne saurions le répéter celte année sans nous exp(»stn' au rire et à Tincrédulité ; car, loin (!«» s'efforcer de dissiper les défiances dont elle était Tobjel, l'entente cordiale semble avoir enli-epris, au contraire, de les ju.slilier tout«*s, et même de les aggraver.
Ainsi, elle a e\ii;é de nous, sous le coup de la menace, que nous blAmassinns le eapitaint* d'Aubigny, et que nous promissions une indemin'lé au missionnaire Pritcliard;
Ainsi, elle s'est opposée sourdement à notre expédition contre le Marne, autant iiu'elle a pu le faire, »ins créer contre elle-même un luéeëdenl (fui eut été la négation des plus inconteslables principes du dnit des nations.
En de t<'lles eirconstanees, pouvons-nous refuser de reconnaître l'évidence? Pouvons-nous, .sans nous contredire,
LE CABINET DU » OCTOBRE 1810. Ml
tenir un autre langage, avoir une autre attitude? — Mais, nous dit-on, choisissez : — ou soutenez sans réserve le cabinet, ou soyez franchement do l'opposition. Kt qui donc a le droit do nous poser une telle alternative, do nous tracer un rôle, do nous dicter un langage? Il faut, ajoute-l-on, qu'un journal politique soit systématic|uon)ent ou pour ou contre un cabinet. Sur quelle autorité, s'il vous plaît, se fonde cette maxime h l'usage des gens, et c est malheureusement le grand nombre, qui accueillent sans examen touten les banahtés sentencieuses? — Un journal ne si? fait pas avec deux boules, l'une blanche, Tautre noire. j«*t/fes silencieusement dans une urne; il se fait aviT dos artirl<*s, et les articles sont faits précisémonl f^iur dir#' *>ur quoU {ptfihin on s'accorde, et sur (piols [Hiints on difliT**. inntr t'X\niim*r enfin toutes les nuances d'opini';ii**. l 'n jouritiil no u* fond« pas péniblement et à grande frai^ liniqMirfK'iit |>«/Mr t>tmU'^ nir ou pour attaquer un rabin«'f . mai> [i*/ijr M/ijl<'nirri* qu'il croit être la vérité et attaquer t ^ qu'il 'roit éin* IVrreur. Un journal tel que nous U' f•oflq>rl*non^ H l<' |>ra(iqiiofi^ obt une œuvre de ci>nscionrf». qui fH'hM#u|o qu<' M'<</iidaîrement de la durée dos mirii^tn*^. |/an«' qu il a doja \u ou qu'il en verra beaucoup d'autn-*» •a* mj# r «-^Jm . qui î»ait que les circonstances variant, qu'' l<*^ bouirjK •^ pa^^-•lJ^. i*i «jui se tient consécpionmiont touj</uf «^ pi ^-t a muiit- rompit' du ses paroles dans l'avenir. Si U- Jou/nut lUi hehnl$ avjiit toujours ainsi oonipris v>ij inq><Htari(<' iniNMon il u «ûl \mh comme il Ta fait, traité NajK>l<' >n d*' ' rn,n,dU*' •' d n <'û( pu» injurié .M. Guizot i>our d^'f^^rnlt*' M h' <• /luii- %Ai*. vi iuiKniêi M. le comte Mol*' [M/ur d<f«'ndf<* M Jiui/j/t . iln<*û( pa^ i*uUu tour il tour souti'iiu tiu»» h'^ jn iij< qx* r<>iiirau<'î5. iW u rat pas ((uo nous «|rsapprou\iori'^ n* ilcvoûfiM-nt d«' riianâ<'lu<k , chacun Si» d<*vou<* a sa mani<'r*': •^«♦iiliriM'nf . têXU' luanK'fc n'est |>as la n6tro. Il <*^t d«*s j<iurnaui q«ji \« n! j#f«'i»df<* iogulièn*mont W nuA d'»rdre du rhi'f au iiotu d** qui lU parlent ; il on o^t «l'aulK**. «'t nuus s^»rfiiià<*N d*- « i- iioiiibri'. qui ne consult<*nt qn#* l<*ur> ron\i«'li'»ns et qu«- < «• qu iN <T»iii*nt être l'intorOi du pay«*. Tant fni«u\ qu il «iJ-^t*» ainsi tU^
journaux pour toutes les nuances d^opinions ; cela permet à l'abonné mécontent de la politique de son journal de le quitter pour en choisir un autre. Il y a des journaux d'opposition syslématique ; il y a dos journaux de coterie ; il y des journaux qui sont rédigés dans Tunique intérêt de lambition d'un homme ; il y a des journaux dont le concours est acquis d'avance à tout cabinet: il y a des journaux pessimislos qui no tnmvonl rien de bien; il y a des journaux optimistes qui ne trouvent rien de mal ; il y a des journaux. los uns qui no savent qu'injurier le pouvoir, les autres qu1njurior Topposilion; il y a enfin jusqu'à des journaux muets. On a donc toute la liberté du choix; pourquoi, à notre tour, n'aurions-nous pas la liberté de nous séparer des ministres lorsqu'ils nous paraissent se four\'oyer, sauf h les suivre lorscju'ils se proposent le mémo but que nous ; de blâmer leurs actes sans cesser pour cela d'honorer leurs intentions? Si nous n'étions pas ce que nous sommes, il y aurait un journal ministériel de plus, mais quel serait l'organe qui resterait au parti conservateur? Voudrait-on maintenant nous contester ce titre d'organe du parti conservateur? Mais, de trois choses lune : — ou nous sommes de l'opposition, ou nous représentons le parti conservateur dans la presse, ou nous ne représentons ri<»n. Si nous sommes de l'opposition, de quoi peut-on se plaindre? — De ce que notre opposition est tn»p modérée, trop pleine de ménagements v\ d'égards. Or, un UA reproche peut-il être fait sérieusement? Si nous rei)réseiitons le parti conscr\'ateur, de qxuii peut-on se plaindre? — De ce que nous disons franchemenl ce qu'il pense ; mais si nous déguisions sa pensée, nous ne la représenterions pas fidèlement. Ce .second reproche, on le voit, n'est pas plus fondé que le premier. Enfin, si nous ne représentons rien que nous-mémo, de quoi peut-on se plaindre ?— Qu'importe une opinion qui s'égare dans le vague ? qu'importe un journal qui parie dans le vide?
LE CABINET DU t9 OCTOBRE 1840. 583
lO janv4Mr 1845.
Quand nous discutons avec le Journal de^ Débats^ c'est toujours par le front que nous Paltaquons ; quand il nous attaque, lui, c'est toujours par le flanc. Il paraît qu^il a moins de confiance dans la supériorité de ses forces que dans Phabilelé ^e ses manœuvres. Ce ne sont jamais nos propositions qu'il combat, ce sont toujours celles qu'il nous prête. Il trouve cela sans doute plus facile I Cet hommage qu'jl veut bien nous rendre est trop flatteur pour que, loin de songer à nous en plaindre, nous ne nous empressions pas de le recueillir.
Peu importe au Journal des Débats que nous ayons hautement, solennellement déclaré que, « s'il n'y avait de changé » dans le ministère que les ministres, les mômes erre-
> nients seraient certains de rencontrer de notre part
> la même résistance. » Comme les déclarations ne l'ont Jamais lié, il pst bien excusable de juger les autres d'après lui-même, et de ne tenir aucun compte de celles-là même qui sont le moins douteuses et le plus irrévocables. Sans se laisser aiTôter par les termes d'une profession de foi si formelle, il persiste donc ce matin à raisonner dans l'hypothèse où M. le comte Mole et la Presse se seraient étroitement unis pour renverser le cabinet. Il n'y a pas un mot de son article qui ne retombe sur l'hommo d'État en paraissant s'adresser au journal, ou qui ne retombe sur le journal en paraissant s'adresser à l'homme d'État. Si cette association existait en eflct, loin de la nier, nous tiendrions au contraire à honneur de l'avouer, de la proclamer même. N'est-ce pas Tancien président des deux cabinets du 6 septembre 1836 et du 15 avril 1837 qui a terminé les difficultés qu'avait laissées à vider Je ministère du 22 février 1836, pacifié les esprits par l'amnistie, donné à l'Europe un grand et courageux exemple de fidélité d'un grand peuple à sa parole, en ne reculant pas devant ce
qu'avait do délirai cl de périlleux pour un minislre 1 évacuation d'Ancônc cl la conclusion de raffaire du Luxembourg, enlin lutté scilI contre la plus imposante cnalilion qui se fût jamais formée cl qui peut-être se fi»rmera jamais ? Un patronage si élevé n eléverait-il pas le journal qui se placerait ouvertement à son omhrt»? Mais celle association n'existe pas. M. le conjte Mole a ses idées, ses convictions. SCS tendances; nous avons les nôtres, donl nous ne devons compte (\ui\ nos lecteurs. Ceux qui lui reproclieni un secret et involontaire penchant vers la politique russe prouvent seulement qu ils n'ont jamais été admis à l'honneur d'avoir avec lui une heure de convei*salion politique. Nous ne nous faisons pas d'illusions sur le compte de l'ancien président du lii avril; nous croyons qu'il n'a pas dans la durée de l'alliance anglo-française, dans la réciproi-itédc la cordiale entente, la même confiance que M. Guizol ; nous croyons (pie la Cirande-Brelagne n'eût pas obtenu de lui, ni si promptemenl ni h si bon marché, la convention du 13 juillet 1840, encore moins celle du 20 décembre; nous croyons qu'il est aussi d'auties écucils dont sa prudence l'eût préservé, mais nous n'allons pas plus avanl dans nos conjectures; pour n»»us, l'homme d'Kial qui comprendra que la politique» de la France vis-à-vis de l'Anglelerre doit élre exactement la contre-partie de la politique de l'Angleterre vis-ii-vis dv la France, est encore h naître au monde parlcnuMïtaire. Fn quni ctnisiste cette politique de TAngleterre ? — A exploiter habilement les souvenirs des règnes di» Louis XIV et de Napi»lc:>n. pour tenir toute l'Europe en délianre de nous, i\ tu us prêter (h'S desseins d'agrandissement de lerriinin» qiu» mms n'avons plus, à exagérer nos prél«»ntit>ns les pins legiiinics, los plus modestes, à nous représenter sous les couleurs d'un peuple ambitieux, irascible, remuant, qucrclirur, vaniteux, t<iujoursen guerre ou en réviilulion. menaçîuil la solidiié dvi^ trônes quand il ne menace pas rindéfMndance di's nations. De bonne foi, aujourd'hui, une telle peinture est-elle fidèle? Si nous avons eu notre révolution teinte du sang d'un mi. rAngietcrre,
avant nous, n'avait-elle pas eu la sienne déshonorée parles mêmes excès, par les mêmes crimes? Le nombre de nos conquêtes a été grand, mais que Ton compare donc ce qui nous en reste à ce que TAngleterre, enrichie de ce qu'elle a enlevé h TEspagne, à la Hollande, h la Turquie, au Danemark el h nous-mêmes, a conservé des siennes î Encflioi devrait consister la politique de la France? — A sVfTorcer de tirer l'Europe de Terreur dans laquelle TAnglelerre l'a jetée à notre égard, afin de détourner adroitement d'elle les regards du monde en les portant sur nous, el quoi de plus facile? — Il n'y aurait qu'à étendre une mappemonde sur la table d'un c^onseil, et qu'à faire colorier tous les points, toutes les cdlonies, toutes les stations, tous les passages, tous les détroits, tous les marchés dont la Grande- Bretagne sVsl assuré la possession exclusive, pour convaincre à son tour l'Europe que, si elle est menacée dans son industrie, dans son contmerce, et par suite dans sa tranquillité, ce n'est pas par la France, mais par l'Angleterre. De la à une alliance entre tous les Etats ayant un intérêt commun, de là à un désannenïcnt général, de là à un allégement des impùts, de là à une réduction dans les frais de main-d'œuvre, de là enfin à une confédération marilime qui étende au continent, en vue des crises industrielles et pour les conjurer, le double principe de la Confédéralion germanique et du Zollverein. il n'y aurait qu'un pas; mais c'est ce pas préci^ément que red(iUte l'Angleterre et qu'elle met tous ses soins à nous empêcher de faire, dans la crainle que l'empire dos mers ne lui échappe. Comment celte vérité a-t-elle besoin de se produire plus d'une fois pour s'emparer par son évidence de lous les esprits ? C'est qu'il en est ainsi de toutes les idées justes ; on n'y arrive Jamais qu'après avoir fait le tour de toutes les idées fausses, el le cercle en est long à parcourir. Or, c'est parce que l'heure de celle politique, qui n'a d'interprètes que nous dans la presse, el qui n'en a pas à la tribune, n'a point encore sonné, c'est parce que nous ne lui connaissons pas encore 90D Richelieu, que, depuis quatre ans, le cabinet nous
a toujours trouvés à ses côtés, dans toutes les circonstances difficiles où son existence a été mise sérieusenrient en péril ; il nous y trouverait encore aujourd'hui si, h Fombre d'un prétexte plausible, d'un ajournement acceptable, ou de certaines réserves, la majorité pouvait lui continuer son concours sans engager définitivement la politique du pays. Ne nous sommes-nous pas opposés de tous nos efïorts à ce que la question de cabinet fût silencieusement tranchée sur un nom propre, sur celui de M. Billault? N'avons-nous pas hautement déclaré que si la majorité voulait se séparer du ministère, elle ne le devrait faire qu-après une discussion approfondie, et sur un amendement ou un paragraphe qui, s'il n'était pas la base d'une politique entièrement nouvelle, devrait être au moins la base d'une politique difTérente? Nous sommes toujours dans ces sentiments. S'il est vrai qu'il existe une intrigue qui se pr(»pose uniquement pour but de changer les hommes sans modifier les choses, de s'emparer du pouvoir pour en faire absolument le même usage, elle aurait grandement tort de compter sur nous : nous le lui déclarons nettement, et. s*il le faut, nous le lui répéterons tous les jours. Nous assisterons assidûment au débat (jui va s'engager ; nous pèserons im|>artialement les paroles qui seront dites, selon la valeur qu'elles emprunteront h la bouche qui les aura prononcées, et si, au lieu d'une poliii(|ue difl'érente, nous ne voyons apparaître encore une fois qu*une intrigue nouvelle, notre conduite sera, cette année, ce quelle fut Tannée dernière, ce qu'elle a été en 1843, Nous ne nous dissinuilons pas les diflicultés de la situation. Si les hoinnios politiques en position de prétendre h la succi»ssiini du ciibim»t atta(|uent avec mesure mais avec fermeté ses actifs à la tribune, ne pouvant plus être accusés par le Journal des Débats (finlrigue qui se cache, ils seront accusés (h» eoalili(»n (|ui se montre. Mais s'ils pouvaient être arrêtés par une telle considération, quelle opinion deviiiit-ou se ftinner de leur caractère ? Quel homme sérieux a jamais réglé sa ctmduite sur les insinuations intéressées de ses riviinx ou de s(»s adversaires? Ce qui a donné à Top-
LE CAHNET DC » OCTOmE 1810. SB
position sous laquelle le ministère do 15 avril lS37a succombé le caractère d^une coalition blâmable, œ n*est pas la critique plus ou moins fondée qui fut faite de certains actes de cette administration par des députés d^opinions diverses, — toutes les chinions sont libres dans la limite de la Constitution, quand la discussion est ouverte, — c*est lattaque directe à la personne du roi, partie de certaines bouches et passant au-dessus de certaines têtes ; c'est le refus obstiné de la part d'anciens ministres de reconnaître dans leurs successeurs des ministres responsables et qui couvrissent la couronne. Si le cabinet du 29 octobre 1840 devait être en butte, lui aussi, à de telles attaques, nous sommes bien sûrs, du moins, que cette fois aucune voix étrangère à Tapposition systématique ne les porterait à la tribune. A la condition de rester dans les limites tracées par la Constitu- . tion, la crainte d'être accusé de coalition n'est donc ni. un motif valable qui doive imposer silence à personne, ni un prétexte plausible qui puisse le justifier. Nous ne voulons pas que Ton renverse le cabinet sans avoir dit préalablement pourquoi ; nous voulons que le vote qui aura donné naissance à un cabinet nouveau l'engage hautement et ait une signification si précise, qu'elle ôte à l'Angleterre toute idée, tout espoir d'exiger désormais de la France des sacrifices qui ne soient pas réciproques. Si c'est la ce que v«fut • l'intrigue v dont le nom se trouve écrit à charfue lign#; du Journal des Débats^ oui, nous en sommes: mais %ï ce ntmi pas là ce qu'elle veut, non, nous n'en sommes pa<i,car uf,u% ne nous faisons aucune illusion sur la difficulté rk réunir sous une présidence plus glorieuse des ministri^ iflu% ktuinents.
La durée d'un miriâ^«r«r ea ïét^ufjMp «.%r#« 'hj^^f^ u*^$^ elle ne suffit pas. &i vjq ^xv^usutjt *M un;-»; ' a-:^ r/,^«^>i^ s'il est contraûot de C'^ntMer^r L» (léTiH t^^^^. %^tt 'U: tdc% ^M»k
le proclame hardiment, qu'elle s- engage comme le ministère s'est engagé ! Le pays saura du moins à quoi s'en tenir.
Nous croyons sincèrement, pour notre compte, que les hommes éminents qui tiennent aujourd'hui le pouvoir sont dupes d'une illusion funeste quand ils comptent sur la sincérité d'une alliance cordiale avec l'Angleterre. Nous jetons les yeux sur le bilan de notre politique, et nous voyons que toutes les difficultés qui l'entravent lui sont suscitées par cette puissance qu'elle a la faiblesse de regarder comme une amie, au moment où elle la rencontre partout comme obstacle et nulle part comme appui. Qui nous conteste la paisible possession de nos conquêtes en Afrique? Qui fait massiicrer nos soldats dans TOcéanie? Qui nous force de payer les frais de notre gloire ? n'est-ce pas FAngleterre ? En Orient, en Espagne, qui nous empêche de profiter de ces sympathies que notre nom y rencontre, si ce n'est l'Angleterre? Avec cpielle autre nation d'Europe avons-nous aujourd'hui quel(|ue difliculté? Quel peuple conserve encore des préventions à notre égard qui ne lui aient pas été données, ({ui ne soient pas entretenues avec soin par l'Angleterre? Tout cela est évident à nos yeux; mais le ministère n'en est pas convaincu, et il agit en conséquence dans ses relations avec l'Angleterre. Que la Chambre lui donne une adhésion complète sur ce point, qui est la base de toute sa polili(iue, et son existence sera désormais à l'abri de tous les efforts de l'intrigue, et la Chambre partagera la responsabilité de cette politique devant le pays. Nous le répétons, s'il est un moyen de l<»ver toutes les diflicuités, c'est celui que nous venons d'indi<iuer.
28 janvier 1845.
Le ministère a arrêté qu'il ne se retirerait pas devant le
vote d'hier, et il l'annonce hautement ce matin dans les
journaux dépositaires de s<i îK*nsée. Les véritables amis de
M. Guizot, ceux qui, comme nous, honorent son cH>urage,
admirent sa parole, s^affligeiU pour lui de cetle résolution; ses adversaires, au contraire, s'en réjouissent. II y a aus>i loin de Tobstination à la fermeté qu'il y a loin de la fermeté au découragement. Livré h ses seules inspir<itions, plein de foi en lui-même et en l'avenir qui lui reste encore, ni»us ne doutons pas que M. Guizot n'eut fait prendre au eonseii. dont il est l'Ame, la résolution opposée. S'il est vrai qu'il demeure, c'est qu'il se stMa laissé circonvenir par les exhortations intéressées de la troupe de subalternes et de iwrasites qui fait cortège à tout homme éminent et n'a de ces»:; qu'elle ne Tait empêché d'élre lui-même. Ainsi sV.xplique, par cetle invisible tyrannie de l'obséciuiosilé familière, par cette irrésistible domination des bas intérêts, par celle funeste influence des dévoûments aveugles que subissent trop souvent, à leur insu, les hommes supérieui*s, comment il arrive aux plus grands Varactères de se contredire, aux esprits les plus droits et les plus inflexibles de s'égarer cl de fléchir, aux plus pures réputations de sVntacher.
27 janvier 1B45.
Que fera le ministère du £9 octobre? se conlenlera-l-il d'une nijijorilé relative de huit voix, d'une majorité absolue de trois voix, surtout s'il c )nsidère que plusieurs députés présents, et notoiieinent opp«j.sés ii la politique suivie par le cabinet dans celte question, .se sont abtenus de prendre part au vote ? — Nous l'ignorons.
Après <e vole décisif, tous les amendements présentés ont été H'iirés et Tiidnvssc a été volée.
i\Q voix seulement st* sont prononcées en faveur de len- .semble lU- l'adresse î
On ne saurait st» dissimuler tt.ute la gravité politique de ce Vole, mais nous laissons à d'autres le S(»in de la faire ressortir: car si nous n'avons pas «'c^sé un seul jour, depuis Iruis ans, d'avertir le ealiin(»l. d'essayer d«* le contenir, de Tarrêler sur la pente où d'imprudents flatteurs le {Mussaicnt
LE CABINET DU S9 OCTOBRE 18i0. 531
aveuglément, nous n'avons jamais eu ni la pensée ni le désir de le renverser. Nous n'avons, on toute circonstance, combattu que ses fautes, et s'il croit devoir se retirer, les membres émiuents qui le composaient, dont nous honorions lecaractère et admirions l'immense talent, emporteront tous nos regrets. La sincérité de notre dévouement a pu leur paraître douteuse lorsqu'ils étaient au pouvoir ; mais, leurs démissions données, c'est un doute qu'ils ne conserveront plus.
« Il n'y a, — dit le Journal des Débats^ — dans les rangs » de la majorité, qu un principe, qu'une foi politique, c'est » le maintien de la paix et rafTermissement de la monar* » chie constitutionnelle. » Comment donc se fait-il que la Presse^ voulant le maintien de la paix et l'affermissement de la monarchie C(mstitutionnelle, non moins sincèrement, non moins fermement que le Jow^nal des Débats^ d'accord avec lui sur le buL dirtÎTc ce|)endantd*opinionsur les questions qui partagent aujourd'hui la Chambre des députés en deux parties égales ? — Nous allons le dire : c'est que nous ne saurions admettre que le maintien de la paix soit un principe. Un État, un pi^uple, un souverain, nous le reconnaissons, peuvent s'honorer en renonçant à tout projet de conquête, à toute idée d'agrandissemenl, à tout ce qui ressemblerait enlin à un acte d'agression ; mais ils ne sauraient sans déchoir renoncer à la nécessité de se défendre, de venger une injure, de résister à une menace, de repousser une injuste prétention. Le maintien systématique de la paix suppose Taccord de deux volontés au moins; il ne suffit pas d'une seule pour que ce maintien ait lieu. Le maintien de la paix est un fait, fait auquel il faut bien se garder de porter légèrement atteinte; mais il ne saurait être un principe. Pour (|u'il en fût un, il faudrait tout lui subordonner : dignité nationale, é(juilé, réciprocité. Est-ce possible? Maintenir femiement son droit et respecter scrupuleusement celui des autres, voilà le principe de toute bonne politique, le devoir de tout gouvernement attaché à la |)aix, mais qui sait qu'il n'y a de paix durable que celle qui ne
s'acliMc au prix (rancune fail>lesse.Sila définition du Journal des Débats vUûi jusU*. s'il élail vrai que le maintien de la paix fût un i)rincipe. et que ee pnn<*ipe fût celui du parti constM'vateur, alors à quni hon dépenser un demi-milliard par an à entretenir une Hotte et une armée? Si, pour maintenir la paix nous devons céder à toutes les exigences, accorder toutes les concessions sans on ivclanier aucune, faisonsdonc au moins Péconomie d'un eilec t if militaire trup dispendieux, n'ayims plus que des gendarmes pour assurer le maintien de Tordre, et quant au soin de notre dignité et de nos intérêts. rep(»sons-n<»us-en sur la magnanimité de nos voisins. Voilà cependant à quelles conclusions logiques ahoutirait la délinition du Journal des DébatSn si elle était adu])tée, si elle pouvait l'être, si une erreur pouvait usurper le nom de principe et le garder Iongtemi>s î
Êtes-vous incertain, doutez-vous encore que ce qui a été érigé arbitrairement en principe ne soit (pfune erreur ou un njcnstuigc. soumetlez-Ie à 1 épreuve de ses conséquences, et voyez s'il y résistera.
Le mainlitMi de la paix est le principe du parti conservateur : voilii ce que proclame le Journal des Débats. — Eh bien ! supposez que Innl Aberdecn, au lieu dVlre rempli de ce bon v«»uloir <lonl on dit qu'il est animé à I égard de la rrjince. de son souverain et de ses ministres, bon vouloir qui Ta fait se contenter généreusement de la plus faible concession, savoir : du dcsa\eu d*' l'un de nos officiers, et d'une indcnmilc j)r.»mise à l'innocent M. Pritcliard. suppopjsez «lu'il ail d.MUié suile ]\ son idée de renvoyer le révérend missioimain» ii Tidiili avec le titre de cniusuK el ait insisté sur le r;q)pel di' M. d'Aubigny, qu'e!issiez-vous fait, que fericz-v.»us ? — Supposez plus, supposez que le rappel de M. d'Aidïigny en France el la réintégration de M. Prilchard dans ses Amclionsde consul à Tahiti aient fait éclater entre les deux marines une collision, et qu\me humiliation s )it demandée il la nuire, quVussiez-vous fait, que ferieivous ? — IVrsisteriez-vous encore à proclamer que le main-' lien de la paix est le principe du parti
ne vous faisons pas l'injure de le croire. Vous voyez donc bien que s'il est exact de dire que le maintien de la paix est le vœu du parti conservateur, il est faux de déclarer qu'il en soit le principe.
La guerre est une éventualité que vous devez prévoir aussi l)ien que nous; il faut d'autant plus la prévoir, que l'histoire et l'expérience nous enseignent qu'il est rare, et peut-être sans exemple, qu'une puissance, ayant le sentiment de la supériorité de ses forces, n'en abuse pas. Eh bien î n(»us vous le demandons, sans reproche, sans acrimonie, «pi'avez-vous fait, que faites-vous en vue de cette éventualité qui a failli se réaliser en 1840, qui a failli se réaliser pour un motif moins grave encore en 1844? — Vous n'avez rien fait, vous ne faites rien. C'est là ce qui nous inquiète, c'est là ce (]ui nous alarme. L'arriére-pensée de votre polit i(|ue serait-elle donc de faire de la paix, non un principe, uïais mi supplice, de nous y condamner par l'impuissance où nous serions d(* soutenir la lutte par l'excès do l'inégalité des forces? Une telle pensée serait trop coupable pour que nous vous la prêtions; non, vous ne Tavez pas; non, vous ne pouvez pas l'avoir, et l'eussiez-vous, qu'elle serait vaine; car, arrivés à un certain degré d'exaspération, les Français ne couïptent plus le n<)ml)re de leurs ennemis, ils marchent sans souliers, se battent sans armes; l'exaltation en fait des héros tels, que, quelque iK'nchant que la victoire ait i)our les gros bataillons, vaincue par l'admiration, elle ne peut s'empéchiT de leur être infidèle!
Que demandons-nous? «pie vuulons-nous ? Nous demandons que, pour assurer le maintien de la paix, la France se mette dans une situation où il ne puisse plus venir à la pensée de l'Angleterre de nous d(*mander des concessions qui ne soient pas réciproques.
t Otii, il faut quU y ait toujours, entre la France et /'.bi- » geterre^ des égards, des ménagements, des procédés, des 9 nvnntayf^ *i des concessions rêciproqi es. Toute autre con- • duiif srratt honteuse, et tAt ot tard fi.nestk ; je le recon^ ■ nan, *Ci' U le, assurément, de nobles paroles qu'il faut
savoir gré h M. le niinislro des aiïaires étrangères d'avoir portées a la tribune (1; ; mais il ne suffit pas h Thomme <1'Ktat de proclamer des maximes d'une ineontestable justesse, il faut encore qu'il y conforme sa conduite.
Tout doit être récipro(iue t'utre In France et TAngleterre. Voilà un principe sur lequel nous sommes parfaitement d'.KM'ord. nous radmellons, ncuisie proclanums: mais il faut aussi admetlrerhypotlièse d'une infraction soit de l'une soit de l'aulre lU^tf' deux parts.
Commençons par supposer que le tort soit de notre côlè, car dans mi gtnivernement soumis à la loi des majorités, la formation d'un cabinet ténïéraire n'est pas une hypothèse invraisemblable, et ne serait pas un fait sans exenipb».Nous avons parlé à l'Angleterre im langage arrogant, nous lui avons deman<lé une satisfacticjn qu'elle ne nous devait pas, nous av(nis «»xigé d'elle une concession sans lui en offrir une égale; Ir <Iroit et l'éciuilé sont de son côté, que faitelle? — VA\r rcfuso hautement, car en même temps qu'elle n'a rien à céder, cl h* n'a rien îi craindre.
Maintenant, suppdsnns (pi'au lieu d'être de notre côté, la hauteur de langage, l'exagération «les prétentions, l'injustice des exigiMices s<ii(Mit du coté de la Grande-Bn^lagne, que faire? — Céder? C'est la hmite! — Ré.sister? C'est la guerre î ComuHMit la soutenir? — Telle est la question à laquelli» la prudence nous ramène toujoui-s; telle est la question que tout labinet français devrait avoir constamment sous les yeux.
Poser eetl<» qm^stion, c'est faire apparaître dans tout son jour le système polili-pie qui con\ienl à la Trance.
yue maïupie-i-il :iu c mtinent, sillonné en tous sens de chemins de fer qui avant peu d'années, aumnt mis toutes ses caj)ilales ii (pielques heures les un<'s des autres, émaîllé de tnut<'s parts di' fabiiipies, tlo manufactun*s, d'usines, dont la prinhu-tinn de\anet» r{ dépasse déjà la consommation, menaeé à l'Iiirizon fie crises industrielles qu'il ne sau-
T Scanco du 2.1 jnn\;cr iHl.î. M'miUur, pîigo 108.
rait trop tût eoi^Jurcr, obligé enfin de multiplier ses échahgos et d'étendre ses débouchés ? Il lui manque une marine qui, s'alliant h la sienne, puisse au besoin la protéger, en cas (rogression la défendre, on cas d'insulle la venger. Cette marine complémentaire de la sienne, h qui le continent la dcmandera-l-il? — Est-ce à l'Espagne? Est-ce au Portugal? Est-ce à la Hollande ? — Ni la Hollande, ni le Portugal, ni TEspagne, n'ont plus de marine. Si vous voulez savoir ce que sont devenus les vaisseaux et les colonies de ces trois États autrefois si prospères et si puissants, interrogez TAngleterre, feuilletez son histoire. Jetez les yeux sur la carte de son immense empire ! Si le continent ne peut demander cette sécurité ni à FEspagne, ni au Portugal, ni à la Hollande, tous et tour à tour dépouillés et ruinés parla Grande-Bretagne, il faudra bien qu'il la demande à la France. La France, il est vrai, ne possède encore qu'un nombre insuffisant de vaisseaux de guerre à voile et à vapeur, et de navires marchands; mais ce nombre s'augmentera vite le jour où la France et le continent, rapprochés par la communauté du danger, liés par la solidarité des intérêts, éclairés par l'exemple de l'Angleterre et par celui plus frappant encore des États-Unis, comprendront que vouloir à la fois entretenir une marine et une armée redoutables, c'est manquer le but, c'est s'énerver, c'est se condamner volontairement à l'impuissance et sur terre et sur njer. Le moyen d'avoir de grandes marines, c'est d'avoir de |>etites armées. Voilh tout le secret de la puissance maritime des deux n«itions, qui se nomment la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Disons-nous que la seule guerre qui soit à prévoir, que la seule guerre qui soit h craindre, est une guerre entre l'Angleterre et nous : prévoyons le cas où elle exigerait de notre gouvernement des concessions qui ne seraient pas réciproques, qui ne seraient pas admissibles, afin que cetto guerre ne nous surprenne pas sans nous y être préparés, au moins tant bien que mal, ainsi qu'il s'en est fallu si peu déjà en 1840 ai 1844. Voilà toul ce que nous demandons,
536 iSM.
convaincus que nous sommes que le continent n^attcnd que notre exemple pour le suivre.
Si ces ])rêcaulions légitimes hriseni « Ventente cordiale, " c'est qu'elle n eL;ui pas sincère, c est qu elle n'était qu'une sorte d-opium destiné à nous engourdir, h nous fasciner, h nous énerver, c'est (pie notre défiance était fcmdée : alors (pi'importe que la nipture ait lieu un peu plus tôt. un peu plus tard. Si l'entente cordiale, au contraire, survit h rad(>|)tion de ces idées, c'est alors, mais alors seulement, que sera assuré le maintien de la paix, et que le parti conservateur p<)urra sans danger écrire sur son drapeau la devise du Journal des Débats,
2i>jîinvier 1845.
l'ne réunion de députés appartenant au parti consor\'ateur a eu lieu, ce malin, rue de Richelieu.
Elle a décidé (jue son bureau, cnmpost» de MM. Hartmann, doyen d'Age, président. Cljasles. de Bussière. d'.VngevilIc, et François Delcssert. auxtpiels seraient adjoints MM. les maréchaux de ^Yance Sélvistiani et Rugeaud. et MM. les vice-présidents de la Chanjhre. de Relleyme. Rignon et de Siilv;iudy. se rendriiiciil en déput.ttion près de M. le pré- >ident du cr»n>eil. .idii di- lui fiiirc part de la résolution prise I).ir la réuin»»n de cmmIIhuii a soutenir le cahinel iivec la même fi'nu«*té.
L.i nuiiiiin a de» idc. m nutrc. sur la proposition de l'un de ses inciiilirf.N qu d > axait lieu de nommer une commissi«»n peruiaueiite, ei ijiie relie eonnnission serait compitsêc, iiidepeiid.iinuiriil des Mieinlnesdu hureau, de la réunion dcs vingt inenihrrs qui uiit demande le scrutin secret dans la séante dn :?T j.uixier ISî'i.
Nuus iiviin> as>is|r s..us le lahinet du lo avril I8:)7, au teinpNde la ci.alili..n. à la reuninn des iJl. et h plusieurs inaiule^taiinns d:' ee genre. Il faut i)ien le recunnaltro, car c est de riijsinire. elles n'ont jwis sauvé le ministère; elles
ont été sans influence, non seulement sur les circonstances, mais aussi sur les hommes que l'on pouvait alors se flatter de Tespoir de ramener.
Il n'est pas probable que ces nouvelles manifestations soient plus efiicaces.
De deux choses Tune, ou les 213 forment la majorité, ou ils ne la forment pas; s'ils ne la forment pas, qu'importe qu'ils se réunissent en permanence, le chiffre de 213 n'en restera pas moins le même. Quelque chose qu'on fasse, oa ne fera jamais qu'une dépulalion ne soit une fraction moins considérable que le tout, et qu'elle puisse valablement promettre plus que l'Assemblée tout entière ne pourrail tenir.
Nous voyons avec peine que l'esprit de noire pays est ainsi fait, qu'il s arrête toujours de préférence h ce qui est oiseux et tardif, au lieu de s'arrêter h ce qui est sérieux et oppiirlun.
Si une mesure est nécessaire, soyez sûr qu'on ne la* prendra pas ; si une mesure est superflue, soyez sûr qu'on la prendra. S'il s'agit d'actes décisifs ou de paroles vaines, on discourra longuement pour décider que l'on ne décidera rien. C'est là un grand défaut du caractère français ; heureusement que nous avons des qualités (|ui le rachètent.
La réunion qui a eu lieu était sans objet, elle restera sans effet: c.ir les 213 ayant donné d'avance au ministère toutcc qu'ils avaient, il ne leur restait plus rien à donner, et ce n est pas en se mnntrnnt exclusive, en se déclarant pleinement sati.sfaite de ce dont la minorité l'est tout au plus à d<»mi. que la majorité d'un [)arti exercera jamais du prosélytisme et réussira à ramentT les dissidents.
Ce n'est pas que nous veuillons dire (jue des réuniims d'un grand parti compact ne puissent, en de graves circonstances, être fort utiles el exercer une influence décisive : mais alors il faut que ces réunions bannissent les kinalités, el, au lieu d'employer ItMir temps à s'adresser des congratulations el à nommer di» vaines députations, l'emploient Il rechercher les causes du mal c»t les moyens do
Un parti qui no sait pas rotonir on arrière, qui ne sait quo pousser en avant, est un parti qui oonduit h leur perte los gouvornonienis ou los ohofs ()ui. do leur oôlé, no savent pas lo con tenir.
Vn |)arli qui trou\o tout hion, nuMno oo qui tend à lo de* sunir. ol (|ui oonsidoro comme dôfeclionnairc quieunque solTonr do 1 oclairer, est un parti «pu' tond à s'amoindrir à la fois on nombre et en influonoo.
Voilii notre sonlimont; si c'est nous qui nous trompons, quo l'on nous condamne.
Oui, nous eussions compris une grande réunion du parti oonsorvatour. au mois do juill(»t l><4i. atin d étendre, s'il était possible, lo nombre de ses membres, et de resserrer en mémo ti'mps lo li(»n du fniscoau ; nous eussions même encore compris une réunion, si elle se fût proposé pour but de rochorclior los caus(»s i\i} certaines dissidences, alin d'aviser aux njïvons do los fîiiro disparaître; mais comme c'était là Ci' (pi'il eût été ossonliol i\v faire, on n'y a pas mémo sonfro. Personne, au dedans, no sVst souvenu du d<'hors; aucun (Ir ceux qui s'étaient réunis n'a pensé à ceux qui étaient restés à l'écart, et qu'il était possible, facile peut- ^ire, (\o ramoner en leur donnant quelques garanties pour l'avenir.
Eu \KM), >i les 2il. au lieu d'envoyer des députations à M. le coinlo Mule |iour lo réconforter, en eussent envoyé une iiiimbrouso et bien choisie ix .M.M. Tliiers et Guizoi pour s'ox|»liqucr avi'c eux, croit-on qu'on n'eût pas mieux fait 1
Il y a aujourd'hui dos membres du parti consenateur qui veulent formomcnt lo maintien tU* la paix dans l'intérêt de la liberté, du pro^^rès. i\o la civilisation, mais qui sont profondément con\aincus que le cabinet aurait pu déployer ,<nns inq)rud(*nce et qu'il pouirait mettre snits danger plus de fornielé dans les rap|)orts delà France avec l'Angleterre; qu*il devrait se niuntrer moins exclusif dans sa politiquo
extérieure, moins i
dit hautement l'opposition, qui prétend que la question ministérielle venant d'être vidée, il ne saurait y avoir Heu à la débattre, du moins tant qu'aucun fait nouveau ne se sera produit. Dans cette situation extrême, que fera le ministère? Fera-t-il comme le cheval de course lorsqu'il reste seul engagé ? parcourra-t-il paisiblement l'hippodrome parlementaire pour recevoir un prix qui n'aura pas été disputé ?
En portant leur démission .au roi, immédiatement après le vote du £0 janvier 1845, les ministres eussent simplifié les difficultés ; car, de deux choses Tune r ou il est possible, ou il ne l'est pas, de composer, en remplacement du cabinet actuel, une administration qui donne au parti conservateur assez de garanties pour qu'elle puisse compter sur la majorité, et, par ce mot. nous n'entendons pas une cohue, un péle-méle de tous les partis, mais ^JO voix, au moins, de disputés voulant tous un pouvoir fort et respecté, un ministère ferme et prévoyant, aussi bien au dehors qu'au dedans. Si celle administration parvenait h se former, les difficullés s'aplanissaient d'elles-mêmes; elle attendait pour faire dt»s élections générales (ju'elle eût tranché toutes les graves questions en suspens. Si, au contraire, l'épreuve tentée avait fait apparaître dans toute son évidence l'impossibilité de former, avec des gages suffisants de durée et de solidité, un cabinet intermédiaire, c'est à dire un cabinet duquel ne feraient partie ni M. Thiei^s , ni M. Guizot,les ministres du 29 octobre re|>renaienl leui*s démissi(»ns, et fonT alors était bien aux dissidents qui tiennent aujourd'hui la m«ijorité incertaine de passer d'un côté ou de l'autre. Si les dissidents passaient dans les rangs de l'opposition, le cabinet, dont l'impuissance démontrée de ses compétiteurs aurait alors inévitablement amélioré la position, n'ayant rien à |)er(lre. prononçait la dissolution ; si, au contraire, les dissidents revenaient à lui, vaincus par suite du résultat de l'épreuve vainement tentée, rien ne Pempéchait d'aller paisiblement Ju.sc|u'à lexpiration de la législature, eiv profitant de Pexpérieiice de c^s quatre an-
Ui 11)45.
néos pour réparer les faiitos du passé et éviter d'en cominellre de nouvelles.
Voici, selon nous, la situa! ion telle qu elle se déduisait logiquement : aucune violence nViii été faite ainsi ni au pays, ni aux hommes, ni aux choses, qui suivaient leur cours naturel. Si le ministère du 39 octobre restait, il demeurait en possession, sinon dune grande force absolue, du moins d'une glande force relative ; s'il ne restait pas. il lai>sait le pouvoir à un homme d'État dt)nt les mains l'ont déjà plus d'une fois porté, et qui piésente par lui-mémo assez de garanties pour qu'il n'y ait pas à s'occuper de celles que quelques-uns de ses collégm^s auraient pu commencer par laisser à désirer.
Il n'y avait donc l«h pour le parti conserval4»ur ni niolif ni prétexte de concevoir la plus légèix* inquiétude. En jamier 1839. la situation était loin d'être la ujéme quVn jan\ier 1845: car, à cette êpo(iue, il fallait (le toute néwssité opter entre le ministère du 1-3 avril ou une administration Guizot- Thiers-Darrol. Les élénjents d'un cabinet neutre manquaient alors. L'idée de la combinaison intermédiaire du 13 mai 1839 n'était encore venue à personne.
Peut-être h\ vouuum des illj. (jui a eu lieu hier, n'a-t-elle pas tenu assez deconq»le de cette dilVérence entre les deux épo(|ues I Nous le craignons; nous craignons qu'au lieu île sinq)IiHer les difficultés, elle ne les ait aggravées, et qu'elle ait nui à ceux-là même des nn'nistres qu'elle voulait le plus servii'.
Le lenq>s nous npprendriidequel coté ont été la raison et la prudence, et si la rés<»lution qu'(»n a prise était en effet la meilleure.
Wll
2 février lHi5.
Nous n'iixons guère d'espt»ir d»' p.irxenir h modilîer les opinions de M. \r ministre de> aH'iiires étrangères sur l'alliance anghiise: cet espoir, si nous l'axions jamais eu. quatre
années de vains efforts nous Tauraient àié\ Mais, tout en nous opposant, en 1841, à Tembastionnenient de Paris, ce nionumenl gigantesque de notre inconséquence politique, en 1842, h la ratification du traité du £0 décembre, en 1843 et 1844, à touU^ concession non réciproque faite à la crainte chimérique d'une guerre entre la France et TAnglelerre, nous avons dû tenir compte, d'abord de la difficulté de composer un autre cabinet que celui du 29 octobre, ensuite des obstacles qu'il aurait à surmonter en admettant qu'il parvînt à se former. Nous ne voulons pas dire que ces obstacles seraient invincibles, mais ils seraient infiniment sérieux. Us apparaissent d'eux-mêmes ; tout le monde les connaît ; nous n'avons donc plus besoin de les énumérer. Ify avait un moyen de les aplanir, c'est celui que nous avons indiqué en parlant de la retraite volontaire de M. Guizot, a qui lui » laisserait le loisir de se préparer h un retour au pouvoir » avec tout Tavantage d'une expérience de quatre années » passées dans la pratiijue des affaires ; ayant alors, disions- » nous, l'expérience de plus et les fautes de moins. »
En effet, M. Guizot, en se retirant ainsi volontairement, dégageait pleinement si\s collègues et ses amis, ceux d'entre eux même les plus scrupuleux et les plus dévoués. Leur entrée dans la nouvelle admiiiistrntion était une garantie qu1l conservait. 11 arrêtait, il étouffait toute dissidence, toute division au sein du parti conservateur; le parti conservateur restait compact et se grossissait au lieu de s'amoindrir. Ce moyen , il est vrai, demandait une grande fermeté diurne, une grande coiiliance en soi-même él dans l'avenir ; mais cette fermeté d'àme, cette grande confiance en soi-même et dans l'avenir n'étaient pas plus grandes que celles dont nous croyons doué M. le nn'nistre des affaires étrangères. S'il n'a pas |)ris ce i)arti, qui l'eût élevé h tous les yeux, il n'en faut accuser (pie la piTnicieuse influence d'un entourage composé de subalternes cupides et d'amis exclusifs, dont le dévoûment aveugle va jusqu'à ce point de croire que, hors M. Guizot, il n'y a point de salut pour la France, ni de paix pour le monde. 11 ne faut pas so le dis-
simuler , autant la situation politique eût été simple si M. Guizol se fût volonlairemeni retiré et nol)lcment effaeé, remettant lui-même tejnporairement son propre portefeuille à son ancien collègue du 6 septembre 18:}6, autant la situalion, au contraire. sVsl conïpli(iuée et sVst aggravée, le jour où le cabinet a mis son honneur, à tort, selon nous, à tomber tout entier et à soutenir la lutte jusqu a la dernière exlrémilé, et ])eut-élre même encore plus loin, sans s arrêter il la crainte de diviser profondément le parti conservateur. Oui, nous Ta vouons, le poids de cette situation nous a fait plus dune fois fléchir et reculer devant les conséquences rigoureuses de nos dissentiments avec le cabinet sur d'importantes questions. Nous avons vu poindre la coalition de 18.'39, et nous n'avons pas encore oublié comment elle naquit d'une hésitation du ministère entre M. DuchAtel et M. Passy. as[)irant tous deux à la présidence de la conunission du budget, et sVxcluant Tun l'autre. Si ce jour-là le ministère du 15 avril 1837, ainsi que nous l'en ctmjurions, eût pris bravement son parti entre le centre droit ayant pour cln^fs MM. Guizot et Duchàtel, et le centre gauche ayant pour chefsMM. Thiers etPassy. s'il eût donné hi préférence à ceux-lii surc.»ux-i'i, la majorité ne se fûtp<is divisée. la c ialition n'eût pas écrit son nom dans nos annales parlemenlairi's.
Se souvenir c'est prévoir. Quelles garanti(*s nous donnct-on (lu'un concoui*s de circonstances pareil ou diflerent ne ramènerait pas la même situation? Nous voyons bien qu'il existe au sein du parti conservateur un certain nombre de dissidents, qui cesseraient de l'être le jour où le cabinet du S9 octobre 1840 aurait fait place \i un cabinet nouveau ; mais d'autres dissidents ne viendraient-ils pas aussitôt renq)lacer ceux-lîi? (Iroit-on que les amis exclusifs que MM. Guizol et DuchAtel rouq)tent dans les c(*ntres changeraient de culte et de caractère du jour au lendemain? Croit-on (piils n'entraveraient pas de tout leur pouvoir la nouvelle administration? C'est une illusion que nous ne saurions partagtM'. Nous savons d'avance ce qu'on |)eul
nou& répondre. Le ministère nouveau, nous dira-t-on, s'appuyant sur le centre gauche, sera assez fort pour n'avoir pas h craindre Topposilion sourde ou déclarée des conservateurs passionnés auxquels il vient d'être fait allusion. Oui, mais à quel prix et combien de temps, demanderonsnous à notre tour? Admettons que le centre gauche pousse rhéroYsme du désintéressement jusqu'à prêter sans condition aa nouveau cabinet son concours et plusieurs de ses chefs; dans ce cas ne serait-il pas h craindre que ce désintéressement ne parût bientôt aux diverses oppositions un trop facile abandon, nous ne disons pas des principes, mais seulement de certaines questions, presque une mystification? Toutes ces éventualités, et d'autres encore, nous avons dû les prévoir; toutes ces réflexions, nous avons dû les faire , ce S(»nt elles qui expliquent notre réserve. Oui, nous en convenons, tous nos efforts ont été vains pour changer les opinions de M. le ministre des affaires étrangères sur l'alliance anglaise ; mais s'ils ont été impuissants pour l'arrêter sur la pente qui l'a conduit au vote du Sf7 janvier ; ils ne Font pas été pour empêcher la ratification de la convention du 20 décembre, ils ne le seront pas pour empêcher le payement, sur le budget de l'État, de l'indemnité Pritchard ; ils ne le seront pas pour obt(»nir, en dépit du choix de MM. le (iuc de Broglie et le docteur Lushington, que notre commerce soit replacé sous la surveillance exclusive de notre pavillon, conformément au vœu du pays et des chambres. Or, cria noiïs suffit, car, encore une fois, que voulons-nous ? — Ce que nuus voulons surtout, c'est que rAngleleiTc sache bien que s*il n'existe pas parmi nous un parti des saints, puissant et redouté, il existe dans les rangs de la majorité un a()point sans lecpiel elle nVsl pas, ap[M)int composé criionwnes fermes et nuKiérés, piiMs à faire au niaintien de la [)aix t(»utes les concessions, mais à la condition expresse qu'elles seront égales et rtViprmiues, el que lentente cordiale ne soit pas une vaine assurance démentie par le mauvais vouloir évident (|ue la Grande-Bretagne apporte dans la conclusion des négoriations n^latives
sont sans intérêts et sans passions dans la lutte extrême à laquelle ils assistent avec regret, n'ont qu'une pensée : le bien et Thonneur du pays, voient le mal et ne voient plus le remède.
Le remède !.... il y en avait encore un il y a quelques semaines, et nous l'avons alors indiqué : c'était que M. le ministre des aiïaires étrangères, à qui trois années n'avaient pas suffi pour obtenir du cabinet anglais que celui-ci se rendît au vœu de la France exprimé par la Chambre des députés, de voir replacer notre commerce sous la surveillance exclusive de notre pavillon, et qui ne s'était pas senti assez fort pour refuser à l'Angleterre une réparation demandée avec arrogance, une indenmilé obtenue sans droit; c'était que M. le ministre des affaires étrangères, se fondant sur ces motifs, ou alléguant un prétexte, se retirât du cabinet avant rouverturede la session. Cette retraite volontaire, |»ar laquelle il eiU rendu ii ses collègues toute liberté: cette retraite momentanée, par hupielle il n'ertt fait à l'avenir que le sacrifice d'un présent assez court : cette retraite habile, par laquelle il eût étouffé tout germe de division dans le sein du parti conservateur et acquis de nouveaux droits à sa confiance et à sa reconnaissance: cetl<» retraite, sans diminuer l'orateur, eût grandi Thoinme d'Klat! Cons<»iencieusemenl, qui eût osé dire que M. (iuiznt s'était retiré parce (|u'il avait douté d<» la supériorité de sa |)arole? Qui eût osé dire qu'il avait fui devant la Iribune? Et si on Pavait dit, qui l'aurait cru?— Mais, en admettant même qu'il y eût lieu de craindre que la noblesse et la prudence de cette conduite fussent méconnues, déiiiilurees. faussement interprétées, indignement calonmiécs par les partis, l'ancien ministre des affainvs élraiigères ne demeurait-il pas toujours le député de Lisieux. l'orateur que l'opposition, tout en le combattant, ne peut se défendre d'admirer? I,a tribune et ses amis ne lui restaient-ils |)as toujours? Il y a des <'irconstaiices où l'hcmune, njéme le plus fort, n'attend pas pour rt*noncer a la lutte ipi'il ait épuisé sa dernière ressource, Quand Napolem a abdi(|ue à FonLiincbleau. il pr uvait en-
core combnllro; il ne Ta pas voulu, el eolte abnégation ne lui a rion fait perdre de sa gloire. Au moyen de celle retraite volontaire de M. le ministre des affaires étrangères, M. le comte MuIé eût alors pu prendre, h eôlé de trois «le ses anciens collègues du 15 avril 1837, la place de M. Guizot dans le conseil, et M. Guizot, s'il l'avait voulu, n'aurait eu (lu'h accepter la place de M. Sauzet au fauteuil de la présidence. Le parti conservat<»ur, s'il ne se fiU p^is considérablement grossi, du moins ne se fût pas diminué, ne se fût pas divisé : il n eût alors laissé à IVcart du pouvoir, ee qui sera toujoui*s pour lui une cause d'affaiblissement et de déchirements, aucun de ses chefs, à l'exception de M. le comte de Montalivet, dont tous les amis savent que le désir est de rester éloigné des affaires et de n'y revenir que s'il y était rappelé par une nécc^ssité impérieuse. Deux fautes graves, el qu'on pouvait croin» irréparables, eussent été ainsi réparées. Nous voulons parler premièrtMUent de la faute qui fut commise vn ne faisant pas à M. Guizot sa Juste part dans le ministère du 6 septembre 1836, où il aurait dû occuper rinlérieur, el où il fut relégué à l'Instruction publique; deuxièmement, de l'autre faute non moins grave qui fut commise sous le ministère du l'>a\ril 1837, avant que la coalition ne se fut formée, en n\ip|N*lanl pas à la pivsiden(*e de la (]liambr<* le puiss;mt orateur qui avait défendu confie M. Thiei*s la polili(]ue du cabinet suf la question de l'intervention armée de la France en EsfMigne. llesl à regretter p»»ur le parti conservatem*. il est à déplorer pour le pays que l'occasinn précieuse de se servir d'une faute piiur en réparer une aulre n'ait pas été Sjiisie quand elle s'est offerte, à la fin de l'année dernière. Depuis cette époque, les difficulîés. luiit <le se sinqilifier, n'ont fait que s aggraver I Des disNidence> ont \u h» jour qui ne se fus.stMit pas produites ! Des déchirements ont eu lieu qui n*eus.*^nt |nis l'ail la jtiii» dc.s partis extrêmes! Des rapprochements st* sont opérés en sens ron traire de ceux que depuis 1838 nous n aviitiis cessé d'appeler de (nus nos vcrux ! Où allons-nous aiïisi "f — {)\n le sait f — (.hii le pnurrait dire ? — Ce qu'il y
a à craindre, c'est que nous n^allions à l^instabiliié sans aller au progrès.
9 mars 1845.
n y a danger de séparer ce qui doit rester uni, de prendre tels hommes el de ne pas prendre tels autres, placés sur le même rang, et appartenant au même parti, le jour où ce parti est appelé à diriger les affaires; de faire entrer les uns et de ne pas faire entrer les autres. C'est une faute qu'assurément on ne commettrait pas en Angleterre, et c'est pour cela que le nombre des départements ministériels y varie à l'infini. Dix portefeuilles suffisent-ils pour en donner un à chaque homme éminent de la majorité nouvelle, le nombre en est réduit à dix. — En faut-il quinze, le nombre est porté à quinze. — En faudrait-il plus qu'il serait encore accru. Est-il jamais venu à l'idée d'un cabinet tory de se former sans appeler dans son sein le duc de Wellington, bien qu'âgé de soixante-seize ans? Le moyen d'empêcher qu'un parti au pouvoir se divise, c'est de composer le cabinet qui le représente de toutes les nuances diverses, de toutes. les aptitudes difTérentes, de toutes les notabilités ?ans exception dont ce parti se compose. Si ce sont les rhoses, en France, qui font obstacle à ce qu'il en soit ainsi, et bien î que l'on change les choses. Ce sont les choses qui doivent céder devant les hommes, ce ne sont pas les hommes qui doivent céder devant les chtîses, et quand le contraire arrive, on peut dire à coup sur qu on est mal gouverné. Si vous n'aviez pas assez de neuf portefeuilles, il fallait en faire dix, il fallait en faire douze, il fallait en faire vingt, si vingt vous étaient nécessaires [)our qu aucun chef du parti conservateur ne rest.'^t en arrièiv, sans œuvre à accomplir, sans responsabilité à porter, n'ayant qu a observer et à se demander s'il n'eût pas fait mieux! C'est déjà bien assez d'avoir à lutter contre l'opposilion systématique, contre l'opposition nécessaire, pour qu'on doive éviter d'à-
voir encoi-e conlro soi la critifjue, toujours prèle à naître dans Tosprit do Ihoinnio. — fùl-il lo plus hionveillanl du monde, — (pii nVst occupé (pi'ii nhsorvcr, tandis que vnus ^tes, vous, occupé il faiie. Ayez des advei-saires politiques, peu importe le noml)ie, mais n'ayez jamais fie rivaux. Ldid Taimerston est l'adversaire du comte d'Aberdeen, mais il n'en est pas le rival. M. le comte Mole est le rivaidoM. Guizot. mais il n'en est pas Tadvei^sain». M TJnei's. allie a M. Harrot. est maintenant rad\ersaire de M. Guizot, il en a été lonj,'temps \o rival : il ne l'est plus! Le jour où M. Tliiers reviendrait au pouvoir, il connnettrait une f^Tande faute s'il n'y entrait pas avec tous les hommes éminenls de TopiMisilion dynastique qui en repiésenlenl les miaïK'es diverse>. Loin de hiAmer >L Thiers de faire ainsi à l ms ses amis e( a chacun leur pari, nous dirions «{u'il fait bien, (|u'il fait s<i- ^emenl, al;»rs même (jue nous de\ri(îns Olre les advers;iin*s déclarés de sa politique. Il faut être conséquent, el vouloir les m iyens<le ce dont on veul la fin. Veut-on sineèremenl le gouverneim^nl n^préscnlalil ? II faut eu ivconnallre les e\i;^'(»nres et les satisfiu'rc. Nous l'avons dit et nous le repè- Icnms. car il est dos vérit^'^s qu'on ne saurait ln>p redire, la composition du ministère du (î septend>re iKiG fut une |»remière faute: l'exclusion de M. (iuizot sous le l.'i a\ril 1837, (pu eût accepté la présidence» de la Chambre, fut une secmdt» faute: mais une faute plus grave enc(»re «pie les deux autres, c'a élé la ft»rmalion du ministère du ^.) octobre 1840. r'a été d'appeler l'ambassadiMirde France à Londres ii remplacer le ministre avec lequel il avait échangé la veille dt»s dépêches: c'a été d'appeler un chef de la coalition victorieusr à recueillir les défMiuilles. non de celui qui avait ètc son adversaiiv. mais de (*elui qui avait élé son assoi*iè. Le ministère du iîl iK-t«ibre iHiO nr pouvait a\(»ii' de la fun*e el delà grandeur (pi'a la rt»ndition de réunir dans son sein tout ce quia\ait fait la force cl la ^Tondeur du parti eun.servaleur, et qui ne s'en ét.iil pas ouviMlemenl séparé. Pourqut»i s'être ainrs Imrne ;i prendre .M .M. Martin du NnnI el (!unin-(îridaine. el n'a\oir pas pris tout de suite en ni^nie
temps IIM. Lacave-Lapliignc et de Salvandy, appelés plus tard? Pourquoi, dès qu^on ne faisait aueune difficulté de prendre ces quatre anciens minisires, avoir laissé à l'écart MM. te coinle MoIé et le comte de Monlalivet? Pour soi comme pour eux, était-ce dijnie? Élait-i-e juste? Était-ce prudent? Était-ce politique? En Angleterre, pareille faute se fût-elle faile?
Mais, en France, ce sont toujours les petites choses qui remf)ortent sur les grandes ; celles que l'on ménage sont précisément celles qu'on dexTait sacrifier. Ainsi, chez nous, par exemple, le cabinet Peel n'aurait pas pu réussir à se former ; un aussi grand renom que celui de brd Wellington n*aurail pas cm pouvoir admettre une autre présidence que la sienne. Vous verrez que la présidence du conseil sera recueil contre lequel viendront se briser encore les plus solides combinaisons ministérielles. Il n'y avait pas assez de rivalités politiques, il a fallu en créer une de plus, et vous verrez qu'après l'avoir fait naître imprudemment, nous ne saurons pas la faire disparaître.
Il se peut quVn d'autres temps, diviser pour régner ait été une profonde et salutaire maxime; mais, de nos jours, diviser pour gouverner en est une détestable et fort dangereuse. Voulez-vous n'avoir, (»n France, (jue deux partis et deux fractitms, l'opposition dynastique et la majorité ministérielle, les républicains et les légitimistes, ne divisez pas les hommes, et forcez-les dVtn* conséquents avec euxmêmes. Le jour où MM. (îuizijt. Thiers, Duchfttel, s'étaient alliés à M. Barrot et à toute rt»pposition pour i-enverser le ministère du 15 avril 18.37. il ne fallait plus leur permettre de se séparer, de briser la s(>lidarité qui les avait unis, il falliiit les contraindre à prendre tous ensemble le pouvoir, afin que la maj(»rité. qui les avait crus sur parole, les jugeftl sur leurs actes. Ni le ministère du M mai 18:î9. ni le ministère du l*"' mars I8i0 n'auraient dû voir le jour. Ce qui a pu être considéré <*omme de Thabileté \\ cette époque n'en a pas été, on le voil bien aujtiunrhui : on le verra bien mieux encore plus tard. Le ministère du ^ cniobre 1B40.
composé jiinsi qu'il Pfi été, a faussé toutes les situations. On ne sait plus où coinni(»iK*e Topposition et où elle finit ; on ne sait plus où linil le parti ronservuleuret où ii eommeuce. Le parli conservateur a deux chefs ; le plus légitime des deux, évidemnienl, n'est pas celui qui a le pouvoir. Pour nier cola, il faudrait rayer de n(»s annales parlementaires les six derniers mois de IHIW et les quatre (iremiers mois de 18.39.
Eh bien! depuis ce temps, qu'a-t-on fait pour redresser les situations et rapfirocher les honunes, ceux qui n'avaient aucun tort à expitM* de ceux (pii étaient panenus, à force de lalenl, à se fain» pardoimer les leui's? — Kien, absolument rien. On a trouvé tout simple (pie M. Mole expiât, par l'éloi^^nemenl du pouvoir et par Tisoiement de ses amis, des torts ({u'il n'avait pas eus, et qu'au contraire 31. Guizot tirAt avccéclal prolil des siens! Sans exclure M. Guizol drs ad'aircs. après la chute du ministère du 1^' niai*s 1840. nVlait-il pas moral, n'êtail-il pas juste, netait-il pas polililiipie de partaj^er le pouvoir entre ceux h qui il revenait légitimement alors, d'abord aux ministres du lo avril 1837. aux n ministres du li mai 1K)9. à M. de Lamartine, qui avait si f^lorieusenuMil couvert la retraite des 221. décimés piir h\s élections, et porté à M. Thicrs, président du conseil, le premier roup. et enfin, mais en dernier, à .M. (îuizot, de ret4Jur de Londres à Paris? C'est ce tpron n\i pas fait. Et aujounrhui l'on s'étonne de recueillir ce «pie Von a semé. On a semé des difticullés, on en recueille ; et ces difficultés sont telles que ce serait s'abuser étrangement que (le en Mie (|u'cll<'s ne survivront pas au renversement du cabinet.
17 juillet 1B46.
Vous rappelez que nous avons combattu M. Guizot Mir la questitu) des ftirtiiications. cela est vrai; vous rappelez que re\ten>i(iii dunnée aux riinxeiUions de 1R:U-IK33 n'a |ui»
eu d'adversaires plus systémati(iues que nous, cela est encore vrai ; vous rappelez que, le lendemain du vote Prilrhard, nous n^avons pas craint d'écrire : « Il n'y a désor- » mais dans le monde (jue trois puissances de premier or- » dre : l'Angleterre, la Russie et les Elals-Unis. » Ce sont le^sniolsdonl, en effel, nous nous sommes servi pour exprimer noire pensée, pensée dans laquelle nous persistons; vous rappelez que nous avons lutté de toutes nos forces contre la coalition ; loin de nier le fait, nous l'avouons hautement, et nous nous en honorons; oui, tout cela est vrai, strictement vrai ; mais, de tout cela, quelle conclusion tirez-vous? La conclusion qui se tire dVIIe-méme, la conclusion vraie, la conclusion rigoureuse, c'est (ju'en aucune circonstance, nous n'avons abandonné le terrain ({ui nous paraissait être celui de la vérité, celui des intérêts et de l'honneur du pays, celui des principes. Voilà ce qui ressort aussi clairement (jue le jour «le toutes vos paroles. Eh bien! ce n'est pas cette conclusion si simple que vous tirez, c'est la conclusion contraire. Vous dites <iue « nom sacrifions nos »• principes à M. Guizot^ » (juand vous venez de démontrer longuement et péremptoirement qu'aucune considération secondaire n'avait pu obtenir de nous que nous lui <*n sacrifiassions un seul! Pour vous, apparemment, concluir c'est se contredire. Ce (juc» c'est que l'empire de l'habitude : quand vous vous dimnez à vous-même de tels démentis qui sautent à tous les yeu\. vous ne vous en apercevez même fias !
Ce que nous allez nous repondre est facile a prévoir; vous allez dire : Oui, aAw est vrai, v.ms avez défendu les principes avec persévérance, avec vigueur, mais vous ne lesavez pas défendus jusqu'au bt)ut, car toutes les fois que la question de vie ou de mort du cabinet s'est [)osée devant vous, vous vous êtes anêté court. v<ïus avez ivculé, et reculer, dans <le telles <*onjonctures, n'avoir pas le courage de renverser les minisln»s. <'*(»st trahir les principes, c'est les sacrifier.
Vous cmvient-il de ï>orter la disi-ussion >\\r ce terrain ?—
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• .ij.'i'it.' .1 i."i!i.ir.' 1<» j».u\ tir. :| *»Tii mIIi *j j •II'- '■ u'itiun* fj •■\i^;.'j J- ..ir li iiiiifT ;(ii rniHlit*! ilu ^» *!«'»•. hr«' uni .i"«i!'j |i- <ii!l«-!i-iii(' lit' f''.*!li* ijut' lui .1 |k^rnii^
!• Ti-.iï -«I !«• «Miliim-î. Kli liifii' rjuiiml n lu^» ii-iii> iiirllnuti^. ' iiiiiiH' \'»ii-». «|i-ii\ if;lliT» ^ «l»*\.iiil Ii»s \rii\ ipiî ii'>«i< rm- |ii-i If-ijiiffii fir ii«ii \iiii ;iijtiiiir ilt* ii>iii>: quami iii.ii> »>>•*- *ii-ii'iiiN ïh»^ «-tljiK iiijx \n(n*^ pitur rrtli'œii\r«Mlo ilrslrurliiiii. l'ii ««iTii-z Xiiiis Immiii* iiip pins av.incrs^ A-l'il (i'>nr
- iifli .1 MM.ilr L:iiM.-iriiiir cl lliir.'iiiriMrnlicr vi*«»?*^ir li'sniiip* il.- MM. Iliii'i-*. Hill.iiili. HiHTiil. Lrïlni-llnilin vi B4TT>rr |iiiiii jifn .1 U'vv*' I»' r.ihinr! :*
M.ii^. jiïhiH'Miiiis ii!i iiiNt;iii( rprilMinit fir I) idv «i>sisian<*e pmi .tlii'iiiilri' If iiui tpir \>iiis piiiiisiiivrz : «'nrnnMiiipfoi>.
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du cabinet du 15 avril 1836? Qu'avez-vous gagné au triomphe de la coalition ? Qu'avea^vous gagné à la formation du cabinet du 12 mai 18:î9? Qu'avez- vous gagné à son renversement ? Qu*avez-vous gagné h ravénemcnl du cabinet du 1*' mars 1840? Qu'avez-vous gagné à sa chute ? Répondez. Enfants, pour qui les renversements de cabinets sont un jeu, jeu dont la France a déji» assez chèrement payé les frais, vous ne voyez donc pas cpie la (piestion réside principalement dans les hommes, et que là où il n'y a pas d'hommes nouveaux pour succéder aux ministres (ju^on vient d'abattre, on ne réussit à ce jeu (ju'à affaiblir les institutions, (lu'à relarder leur progrès î
Vous dites (|ue c'est M. ïhiers qui détruit l'opposition. Il nous semble i|ue M. Thiers ira pas toujours fait partie de l'opposition. Eh bien! de 1830 a 1836, alors que M. Thiers était au pouvoir avec M.Guizot, alors qu'il était véhémentement attaqué par M. Barrol, l'opposition, nous le demandons à tous ceux qui ont conservé le souvenir des luttes parlementaires de cette épocjue. l'opposition était-elle plus forte, se faisait-elle remanjucr par des idées plus élevées nu plus justes? Qui s'est oppo.Hé à ce qu'elle devînt la majorité? Qui Va empêchée de s'emparer du pouvoir? N a-t-il pas changé assez souvent de mains pendant les six premières années qui se sont écoulées de 1830 à 18;i6?
Vous dites (|u'il y a, non pas un ministère, mais dix ministères en dehors de MM. Thiers, Barrol et Guizot. S'il en est ainsi. e>sayez donc d'en former un seul qui mérite votre appui et qui obtienne le concours de la majorité. Nous vous en portons le déli.
XXM.
23 niar? 1847.
On se rappelle enct»re le fameux cri d'alarme : « Malheu- ^ reme Francr, malheureuj' roi! » jeté par \q Jouffwl dm Débats, Aujourd'hui, la même fi'uille pousse ce cri de détresse non moins plaintif et non moins reteiitissant : a II ne
556 tA49.
» faut pas attendre un autre coup pour s^éveiller. ot l os » s'éveillerait PEUT-tTRE TROP TARD.' » QuVsl-il doiic arrivé ? iuirail-on sacrifié M. Giiizol à lortl Palinerstou, comme iiiilrefois M. de Chc^UNiuhriami. fut sarrifiô h M. do Villèlo * M. Thiers, qui esl à la révolution de 18IK)co quo M. lo prince de Poli^nac élail à la restauration de 1815, le danger qui la menace, aurait-il été appelé à former un nouveau cabinet? Non ; il n'est rien arrixé dt* tout cela ; ce ({ui est arrivé est hien autrement (iinvi* : M. Léon de Maleville a été nommé vice-président dt» la (Ihainhi-e en concurivnce de M. Dupral et en remplacement de M, Héhert. Ce n\»sl pas tout ; ilsVsl trouvé au sein de la majorité un certain noodiro de memhres indisciplinés, qui nont pas voulu pousser l'esprit d'intnjérance ju.squ a exrlure systématiquement de toutes U^ commissions tout député de l'opposition. Ce n'est pas tout encore; il s'est trouvé trois bureaux sur neuf qui ont aul<>risé la lecture de la prop(»siti(»n de M. Duverj^'ier de Hanranne. <pii n'ont pas voulu qu'on put repro(*]ier au parti ronservateur ce (\uo cehii-<"i ne man<iue jamais uni» wcasion île repivirher à l'opposition, d'avoir, en 18S0. enterré la propiïsilioii de M. <le Hemiily.
ViUis le voyez doue bien : la majorité c.nI dissoute: la Fraïu-e est |HM*due î
Qiw le Journal des Dchats st» rassun» : s'il y a un tHMieil à rraindn» pour la inajurilé. ee n'est pas dans l'iniiKirlialilé. rVst dans rinlolérance. L'impartialité, «pie raille .sî ajsréablement le Journal des Dêhals, a f^rossi des majftrilés: elle n'en a jamais dissiMis. Ce (|ui a perdu la Hestanralion. ce n'est pas l'excès de la toléranre : si la Restaurât if »n eùl été m«>ins (vvclusive. elle n'tuit pas donné nu Joui nal des Débats le triomphe et la doultuir de voir se vérifier ses propliétiïjues paroles : .• Malheureuse Trance! malheureux roi! ••
WML
T iniii PUT.
De même qnil m* suffii p,i^ iMujDnrs d'avoir raison, qu'il
LE Cabinet du «9 octobre isio. sw
faut eDCore avoir la force avec soi. ce qui se traduit, à regard de certaines questions, par le mot de majorité, de môme il ne suflitpas toujours d'avoir la majorité; il faut aussi avoir raison quelquefois et dans une certaine mesure.
Les cabinets ne périssent pas seulement parce qu'à un jour donné la majorité leur fait défaut. Si compacte qu'elle fût, la majorité de M. de Villèle a été impuissante pour sauver son ministère, el combler Tabîme où d'aveugles tendances précipitaient le gouvernement de la Restauration. Ce n'est pas la majorité qui a renversé les deux cabinets formés et présidés, le 22 février 1^36 et le 1«' mars 1840, par M. Thiers, c'est l'erreur d'une fausse politique : M. Thiers ne sait qu'intenenir ! Ce n'est pas assez. Il voulut intervenir témérairement en Syrie, comme quatre ans auparavant Il avait voulu intervenir inconsidérément en Espagne ; mais, chez l\ii, la fermeté n'est pas égale à l'audace des desseins; il n'a que des velléités ; son courage ne s'élève pas ci la hauteur de sa témérité ; il devait succomber: aussi succombat-îl sous l'effort de sa propre impuissance. Nous l'avions prévu. Cela n'était pas difficile à prévoir! Ce n'est jamais que pour reculer qu'on avance, (]uand la peur qu'on voudrait donner à ceux <ju\)n menace n'est pas égale h celle qu'on ne réussit h donner (prà s«ii-méme.
La division de la majorité nVsl pas le danger qui menace sérieusement IVxistrnce des ministres du 29 octobre* 1840. Il ne faut pas que les constTvateurs qu'on appelle « les con^ » servateurs progressistes » s'abusent ! Ce ne sont pas eux qui renverseront le cabinet. L'affaiblissement, le discrédit, la déconsidératiim dans lesijuels il est toml)é ne sont pas leur ouvrage, mais uni(|uement le sien. C'est la conséquence des deux discoiu-s si profondément impolitiques (jue MM. DuchAtel et Guizot ont tenus los 24 et 26 mars 1847. Le jour où W cabinet, interpellé \ ar des amis éclaiivs et indé|M»ndants, dont la sincérité ne devait donc pas lui être suspecte, sur ce qu'il se proposait d(» faire, non pas immédiatement, mais durant \v cours de la législature : le j(»ur où le cabinet, affectant le dédain pour cacluT l'impuissuH*!*. n'a pastroux'é
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(1 autre réponse à porter à la Irihiine que le mol rien, préoôdé de iVnumération la plus iiulii^eiUe et la plus fastueuse (|ui se puisse» eon<c»V(>ir: ce j(»ur-là. le ininistèro <1 pritnoncé iuMuéme sa condamnation.
Quest-ee (|ui le soutenait dans Topinion publique? C'était Tespérance. si faihK» et si vaf?ue «pielle fùl. qu'il ne laisserait pas se ron^^'er par la rouille la majorité nequis«' aux idées d'ordre que venaient eneon» d'aeeroltre. au-iielh de toule prévision. les dernières éleetions tjénénik^s. En ravissant lïrutaiement au pays tcuite espcTaneo. en enlevant toule illusiiMià ceux-là niéme<piîne demandaient qu'à pouvoir s'abuser. le minislèn» a volontairement perdu toule force 4»t tout presti^'i». Parvînt-il à ffriïssir encore le chiffre de fonctionnaires dépendants qui forment le principal élément de sa majorité, qu'il n'en serait pas moins dangen*usèment atteint. Plus la majorité qui le .soutiendra sera cunsidérahle et compacte, et moins snn existence sera assurée. Ceci, crovez-le bien, n'est pas im paradoxe.
De 1840 à 184*>. (jucst-iv «pii a soutenu le minisière du i\) octobre? Qu'est-ce (pii la fait vivre tant mal que bien ? C'est principalement l'exiguïté, l'instabilité de la majorité qui l'appuyait, majorité si faible (pie. dans trois ou qualiv êpn>u- \es ^ra\(*s. notaunnenl les 27 janvier ISiV et 2'i janvitT I8i-). elle fut plus que douteuse.
Al<»rs, le ministère. a\ec ci'ltt* apparem-e «le raison dont se pa\e \t»lontiers le \ul;^aire. pouvait <lire il ceux qui le pressaient de ne pas pcrjlrt» un tenqjs pivcieux à prodiguer les sij:nalures inulilc'S. les audiences stériles, les vains dis- «••»ur>. les trouqteuses poignées de main : Que voulez-vous que j'eiitri'preniie. que voulez-\ous cpie j'acconqiiisse avec une majorité aussi incertaine? (le n'tMait pas un molifm*!. mais « 'était un prét(»\te s|jé<*ieu\. Aujourd'hui, ce pn>te\le. il ne l'a plus! il ne peut plus dire « .Xtlendez donc qiM* ' j'ait* une majorité dont je sois sur. une majorité forte et
compacte. ali»rs \ iu> veii'ez et vous ju^'erez ce dont je • suis capable! > Il l'a!... (le n'est plus la majorité qui lui luanqne. e'e^i je pr«'ie\le. (ie qui de\rait faire sa foreeesl
précisémeul ce qui fait sa faiblesse. Lorsque la majorité n'est pas le levier qui soulève, elle est la poutre qui écrase. Le pays a pris au mol le ministère du 29 octobre ; il ne pouvait pas lui jouer un tour plus perfide et plus dangereux!
Le ministère a une majorité- nombreuse et disciplinée ; Topposition, cVst lui-même qui le dit, est faible et divisée. Eb bien ! c'est le moment ou jamais de montrer ce qu'il sait faire. Tous les regards sont fixés sur lui. Le pays attend.
Nul, assurément, ne nie Tinmiense talent oratoire de M. Guizat, la haute portée philosophique de son esprit. Ce talenlesl une de nos gloires nationales; mais, aujourd'hui, le pays, qui a le pressentiment de toutes les difficultés que lui réserve favenir. veut plus <jue des paroles : il lui faut des actes. Il crie : Aux affaires.' aux affaires!
El(K]uents apôtres, vigoureux athlètes du gouvernement représentatif, voilà trente-deux ans que vous parlez, qu'avez-vous fait, qu'avez-vous fumié? Tous ces beaux discoui*s, ce brillant cliquetis, ces interminables luttes de tribune, destinés à nous inculquer les gi'andes maximes constitutionnelles, fi quoi (inl-ils abouti ? — A la première épreuve, tout voliv édilice s'est écroulé de fond en comble sur ses deux Iwises, cjui devaienl. à viius en croire, défier les siècles et prévenir les révoluti«ins : — finviolabililé royale et la responsabilité minis(éri(*lle. Ce qui devait être sauvé a péri, ce <pii devait périr a été sauvé. O puissanee lutélaire des princip(»s et des discours !
Assez de disciiurs. assez de discours comme cela î Tout ce que r(»pposilion peut dire, nous le savons par cœur: tout ce que le gouvernemtMit peut répondre est d'avance imprimé au i1/o;ii7^(ir. Comment l'opposition, si elle est .sincère, s'il est vrai cjuclh» veuilN» la grandtnir du pays, le bien-être du peuple, rallégement d(*s charges publitpies, le dégrèvement t\vs inqx'ilscxressifs. neconq)rend-eilepas <|ue si le cabinet <lu i9 «K-tobre 1840 \it encore, c'est ï\ elle seule qu'il doit sa duii»e ? 0»f*'^ï-<*t*qni man(|uait au ministère du 15 avril 1837, au ministère de l'amnistie ? Ce n'étaient ni les bonnes inlrntii»ns. il fa fH'ouvé ' ni la prudtMice dans les
iu*<^()oia(ions. ni Phahiloté dans In ronduilo <le» nffaiivs: f"élaienl lÏM'lal ot l'autorité do la paniK*. Pour lo renverser, qu'y avail-il donc à faire? L-atta(|uer sans rt*Idche si la Iri- Imne. dans 1rs bureaux, dans les romniissions. C'est eeque la coalition sut exécuter aussi bien qu'elle le comprit. Qu'estce (fui manque au ministère du 29 octobre? Tout, ou h ix*u près, hormis le talent de la parole. Que fait rnpjH)sition ? Au lieu de Tal laquer par le c(Mé où il est faillie, elle ratlaque par l(* ci)té où il est fort, par le cAté où il brille, où il a siH' elle deux avantaf^es : (»elui du talent et celui du terrain. I/opposition. qui attaque, est souvent obligée de {kir- 1er au ha.sard : le ^'ouvernemenl. <pn se défend, peut ne jamais parler qu'à coiq) sur. II peut cacher les caries de son jt»u ; cela n'est pas p<»ssible à l'opposition. Si Toppiisitioii voulait nMi\erser le nu'nistère du iO oct<ibre. (|U*avaitelle donc ii faire? Just(* le contraire de ce ([u'elle avait fait piiur le ministère du \-\ avril. Or, là où il fallait opèriT en sens contraire, elle s'y est pris en a^is.sant exactement de mémo. Aussi «pi'est-il arrivé! Toutes les fois que le ministère était sur le point <le s'éteindre* dans la ian- ^'ueur. l'oitposition l'a ranimé par un dél>al ou l'a foiiiiiè par un trionqihe de tribune. (Vesl ainsi que s'explique la durée du cabinet du i^ octobn' pemlant sept annèi^s. Mais qu'est-ce «pu» h» pays a fzajiné ?
Quel pro;^rès ses institutions ont-elles faites?
Qut'IIes (piestions a-t-il rés«»lues?
Quelles diflicultés a-t-il aplanies?
Vnyez s«'s fmances. après <li\-sepl ans de rèf^ne et sept ans de iniiiiNtère! dans quel onire sonl-4'lles?
Vnyez sc> tia\au\ fiublics! I*artt;nt commencés, nulle part linis. Ici des travaux inutiles, oii les millions ont été jetés par dizaines : là di's travaux né«*essaires. pourlc^uels iin ne peut obtenir un ei^nlime!
In budpM qui dépasse 1..'>(N) milliiius. et des de|)arti*inenls dont toutes les ressoni-cesnesufliront pasii lenniner, d'iei il cuKpiante ans. les roules mises à leur eliarge : lii\a et iiuliyen*'»»'
La spécialité introduite par la défiance dans nos budgets, invoquée quand elle est un obstacle, violée quand elle est une garantie !
La centralisation et la complication, l'accaparement et Papathie, c'est h dire Punion forcée de ce qui s'exclut !
L'armée, en temps de paix, absorbant 365 millions par an, pour servir h quoi, et contre qui ?
L'Algérie, qui nous coule si cher en hommes et en argent, abandonnée sans direction à l'arbitraire de M. le maréchal Bugeaud î
La marine que vous savez, qui a résolu ce. problème : posséder d'autant moins de vaisseaux qu'on dépense plus d'argent pour en construire î
L'alliance anglaise, aussi solide et non moins sincère en 1837 qu'en 1840!
Nous croyons <|ue nous avons un gouvernement représentatif: c'est là notre prétention, notre illusion, notre erreur! Nous avons le spectacle parlementaire. Ce sont nos anciens tournois transformés: c'est une autre forme de chevalerie, avec d'autres usages, d'autres armes, mais c'est toujours le même fond, le même esprit ; ce n'est qu'un pasMMemps. Il y a des ministres vaincus, il n'y a pas d'idées victorieuses. M. (iuizot. «nalisé avec M.M. Thiers et BaiTot, renverse M. le couïte Mnlé: (pic fait-il de plus, que fait-il de mieux? Kssaie-t-il seulement de faire autrement? Non. De tous ces longs disf-oui's, de toutes ces passes d'armes oratoires. <jue reste-t-il le lendemain ? O^^'l'c fon^e en tire la politi<pie de la France? Quelle impulsiim utile en reçoivent son administration, son armée, son agriculture, son industrie , son commerce ? Nous comprencms que M. Guizot reclien'he ces luttes de tribune, car il y excelle, et toute lutte de ee genre qui lui est livrée ne fait «pie lui préparer un triomphe. Mais, encore une fois, tout cela n'esl (pie spectacl(\ Kien de plus. A la tribime, M. (luizot ol>tienl le même succvs que M"" Rachel au thcAtre; M"* Kachel. au théAtre, a le même succ(»s (pie M. (iuizot à la tribune. C'est de l'art. Ce n'est (pie de Part. Tout finit le soir
avec 1.1 séance, comme loul finil le soir avec la représeulatinn.
Où loul cela nous mèiiera-l-il ? A (>lre pris au dé|)oiirvu au milieu de quelcjue hrillanle discussion par le premier événemenl f,'rave (|ui cclaleia. Il en serait autn*ment si l'oppiïsilion n-avail pas si souvent ouvert au eahinet une issue pour échapper, par I éclat d'un discours, par l'avanlaf^'c d'un vole, aux diriicullés de l'action, aux eonsêquenees d'une faule. Ou le miuislère mil été contraint île se mettre il l'a'uvre, de j^ouveriuM* au lieu de parader, ou il eût êlè forcé de se^ retirer. Les chevaux ({ui n'ont pas de fond, ou ()ui n'ont plus de jamhes, s'airétent dès quoii leur rend la main; il n'y a qu'un moyen de jtaraitre les animer, c'est de les relenir. C'est le service si^'nalé que l'opposition a rendu au cahinct du ^0 (ictohre. (*n lui donnant sur elle-même le point d'appui sans lequel il fut tomhé !
Mais, quiii qu'on fasst* dés(»rmais. le temps des vains dis- Cours <'l des slériles \icliiiies «le tribune est fini. Si le minislère veut \ivre. s'il \cul .se relever dans i opinion, il faut (pi'il rciii»nrc à se herrcr dans l'admiration de lui-même; il f'aul qu'il se serve de la uiajorilé, et <|ue la majorité serve à tirer le pa\s du mauvais clat dans lecpu'l sont .si*s affaires.
yue de ehnscs ulil<*s il entreprendre! que de frrandes choses il aceomplir! (|ue de mauvaises lois il réfonner! i|uo d'ahus a [M)ur>ui\re! que d'cneoura^'emenls il donner! que de dilliculles a préxoir cl a éearler ! qui' de pmhlèmes à rvsnudre ! que d'insliluliiins ii funder! Mais. (Fahord, que d'hoiiuiies .1 fnrnier! Les h »iiunes capahies. hilnirieux, eonseieneieiix. leiines. èrhtii es. manquent au piiivernement et il I <iduiiiii^lrali<i;i ! Mais. ;iu»i. que fait-on pour les attirer il sni. et les detnurner de l'induslrie, <lu c*onimeree. de la l)oii(|ue. cil le.s iitieiid la fuiluiie? Itien.rieii. riiMi. Ces mots de M. I)esiu<>usv(>-iu\ de (ii\re >'appliquent ii loul. Le ealiinel f|ui .s«' seni ;:r;t\enirnl hh'sse M»ii;;e ii se moditier; il re>>aiei-ii en vain, il ii'> [larviendra pa.s : et. quand il y |Kir- \ieiiiir.-ii(. a (pioi eeia ser\ii'ail-il '/ Ce n'est pas ilaiis les
hommes qu'est le mal, c'est dans les choses ; c'est dans le vice de leur organisation. Quand vous aurez remplacé, par exemple, M. Laeave-Laplagne par M. \o comte d'Acgout, ou par M. Vilet, au refus de M. Dumon, qu'aurez-vous fait? qu'aurez-vous changé i Aurez-Vi»us doimé au ministre des Knances l'autorité nécessaire h Texcrcice de tout contrôle efficace ? f/aurez-vous institué, si ce n'est de nom au moins de fait, président du conseil des ministres, comme il faudrait qu'il le fût pour (-ontenir ses collègues et maintenir entre tous les départements ministériels ce juste équilibre, principe de toute force, fcmdement de toute grandeur, se-, cret de toute politique habile et profonde? Non, non. Vous aurez assez peu noblement immolé une victime en expiation de toutes vos fautes colle<*tives accumulées, mais voilà tout. Le 'lendeniain, les choses n'en iront pas mieux ; le courant qui vous emporte n'en sera pas moins rapide. Ce qu'il faut modifier, cVst lesprit du cabinet bien plus que son personnel. Tout est fort près craller très mal quand on s'obstine à trouver ((ue tout va si bien. De tous les pnVsages sinistres, le plus grave, le seul infaillible, c'est l'optimisme. Le vôtœ nous elTraie, et cependant on n'a jamais dit que nous fussions peureux !
Tn échec par jour ! telle paraît être l'humble condition acceptée par le cabinet, (pii, se croyant invincible au début de la session, rejetait avec <lé(iain et du ton le plus altier, dans les rangs de l'opposition, tout membre de la majorité qui osait p<»rter l'indiscipline jus^juà penser et à dire qu'il y avait peut-être (|uel<|ue cluse de plus onde mieux si faire que ce <|u'on faisait depuis sept ans. Hier, c'était M. h» ministre des afTaircs élrangèr(»s qui élait réduit par M. Dufaure à rimpossibihlé la plus luiiiiiliante de répimdre cl de s'exph(pier sur rcxpéditiui de la Kab>lie: auj«»urd hui. c'était encore un<» fois le tour de M. le ininislre dt» la marine. Tous ses efforts, réunis à ceux de .M. (ial«»s, pour obtenir (fu'uno réduction de iJi.OOi) fr. pn^poséepar la commission n eût pas
succession d^échecs dans cette alternative : ou la retraite en masse de tous les membres du conseil, ou Tamputa* tion de plusieurs d'entre eux, n'hésiteraient pas et choisiraient la retraite ! Nous avions deux raisons pour penser qu'on donnerait la préférence à ce dernier parti, c'est qu'il était le seul que l'habileté, aussi bien (fue l'honneur, conseillftl de prendre. Peut-être sonl-ce précisément les deux raisons pour lesquelles on a pris Tautre, celui qu'il n'était ni habile ni honorable de choisir. Quoi qu'il en soit, MM. Guizot et Duchàlel ont demandé au roi et obtenu de lui qu'il donnât des successeurs à MM. Lacave^aplagne, de Saint-Yon et de Mackau. La pairie et les fonctions de procureur-général près la cour des comptes ont été offertes à M. Lacavc-Laplagne en échange de sa démission ou plutôt de sii destitution ; mais M. Lacave-Laplagne a tenu à ce qu elle fût pure et simple : aucune instance n'a pu vaincre le refus qu'il a fait de la haute position qu'on le pressait d'accepter. Ce refus Thonore, et Topinion publique, qui, en d'autres circonstances, a pu se montrer sévère à son égard, lui en tiendra compte. Par cette conduite ferme et digne, M. Lacave-Laplagne s'est (h)nné l'avantage de la position ; M.M. Guizot et DuehAtel. l\ (|ui il a laissé le mauvais côté, ne tarderont pas à le reconnaître. Si MM. Guizot et Duchâtel ont |H»nsé qu'agir ainsi cVUiit un m(»yen de relever le cabinet et de le fortifier, ils se sont étrangement abusés. C'était le moyen de s'abaisser et de s'affaiblir encore. Nous ne demandons (jue peu de semaines pour que la justi*sse de cette opinion apparaisse à tous les yeux et n'ait plus un .seul contradicteur. Les forts n'ont jamais rien h gagner à .s'icrifier ceux (ju'ils considèrent comme les faibles. C'est trahir h la fois peu de courage et beaucoup de présomption : c'est e\pos<T ses prétentions au jugement le plus sévère, et s'interdire tout droit d'appel. En France, nous ne nous lasserons jamais de le répéter, rien de ce qui blesse la géncrosile n'est habile ni durable.
Il n'y avait |Mnir le ministère du i9 (»ctobrc cju'un moyen, un seul î de sortir de l'abaissemeTit dans lequel il était
on oxagéior rimporlance cl le lumibro? NVsl-ce pas provoquer eoniine à plaisir une discussion qu*il serait plus prudent de ne pas soulever? — Celle discussion, nous ne la prolongerons pas. N<)us ne n^ulrons pas le ministère responsable des viol(»nces de son journal. 11 y a longtemps que nous savons (jue tout ee que désirerait \v Journal des Dèbatx. ce sérail de nous voir dans Topposilion, afin de pouvoir niellre un plus haut prix à son concours, afin de pouvoir relever orgueillcusenienl la lèle qu'il courbe servilement, afin de dicter tyraïuiiquenient ses conditions. Mais, nous en Si»mnies fi\chés pour lui , ses vanix ne seront point satisfaits: cVsl pour aiïranchir de son despotisme les cabinets qui n'auraient pas osé le secouL*r que la Presse a été créée; la Presse ne sera pas infidèle à sa mission, elle n'abandi»nnera pas la place <pfelle occupe à la suite du parti consen'aleur ; elle y lient si fortement (piVIle ne I échangerait mémo pas contre c(»lle cpie le Journal des Débats a la prétention d'occuper à la léle de la ntajorilé! Le Journal des Débats insinue (pie nous nous sonunes placés au milieu d elle pour la diviser. Si di^s Immmes éminenls au\(iuels le Journal des Débats adressa un jnur de si dur(»s paroles n'avaient jamais fait daulre (»ppi»silion (|ue celle qu'on nous reproche, s'ils s étaient tenus, cnmme nous, ix Técart de toutes brigues, ne disant jamais cpie la vérité, et la disant toiigours avec bienveillance, le ministère du l.'i avril 18:37 vivrait encore î Le Journal drs Débats, qui leur avait retiré gon eslime, n'aurait i)as eu à leur prêter silùl s<m concours.
L(» Xational. cpii. certes, il noire égard, nVst pas suspect de bienveillance, fait cependant preuve envers nous de plus d'inq)arlialilé que le Journal drs Débats. Lui ne nous accusi» pas de chercher ii diviseur la majorité pour renvei"ser le cabinet : Iniii de lii î le reproche (ju'il nous fait est le i*eproclie conlroire: il nous bh'kme d'accourir l\ la défen.<^* du cabinet toutes h»s fois (pril est gra\ement menacé, de le ralVermir toutes les fois qu'il est sérieuseuïent ébranlé. V<»icî les dix premières lignes de son article : » La guerre sourde » qui existait depuis longtemps entre \cs Débats et \aPre$se
» se calmait, s^étcignait même aussitôt qu'il était question » do Texistence du cabinet. Combien de fois ne Tavons- » nous pas remarque ! Ce dernier journal attaquait souvent » avec vivacité le ministère sur sa manière de conduire les » affaires à l'extérieur; il se montrait ardent contre le droit » de visite, très mécontent du désaveu de Dupetil-Thouars, «toujours hostile à l'alliance anglaise. C'était la veille qu'il » s'exprimait ainsi. Le lendemain la question venait à la » tribune : M. Guizot et ses amis pouvaient être emportés » par le flot des débats, le ministère pouvait succomber sous » un vote. Aussitôt la Presse changeait dt> ton. a Gardons- » nous bien renverser le cabinet : il ne s'agit pas d'enlever » des portefeuilles. Conservons soigneusement M. Guizot. »
Si nous méritons l'accusation du Journal des Débats^ nous ne méritons pas celle du National ; il faut choisir entre l'une ou l'autre : nous ne saurions les encourir toutes les deux à la fois. Mais qui choisira ? Mais qui prononcera ? Il est bien plus simple de ne pas choisir. Mais elles sont contradictoires. Qu'importe! les ultra-ministériels, ceux qui sacrifieraient volontiers la dynastie pour sauver le cabinet, se rangeront à Tavis du Journal des Débats; les conservateurs indépendants et modérés, ceux qui forment la presque unanimité de nos lecteurs, ceux auxquels nous tenons exclusivement à servir d'organe véridicjue et de drapeau au jour du danger, seront de l'opinion du National.
Nous croyons que l'impartialité consiste à se tenir à égale distance des feuilles (fui injurient le ministère, qui trouvent mal tout ce (juil fait, même ce qu'il fait de bien, dans l'espoir de lui donner leurs patrons pour successeui*s, et de celles qui le flattent bassement, qui trouvent bien tout ce qu'il fait, même ce qu'il ne fait pas, dans la crainte de se voir arracher leur proie. Si nous nous trompons, en tout cas, c'est avec l'inmiense majorité du parti (•ons(M'vateur, qui veut l'ordre et la paix, mais (jui voudrait aussi que les affaires du pays fussent mieux faites, et sans qu'il en coûtât rien ë sa dignité.
avons lenuc dans la session dernière, avec cette seule différence que Tan dernier nous pouvions dire :
Le cabinet déclare qu'il négocie pour que notre marine soit replacée sous la surveillance exclusive de notre pavillon; une telle négociation, ouverte déjà depuis un an, i)eul encore avoir besoin de quelques mois pour aboutir ; iJ est sage d'attendre.
L'Angleterre, seule en Europe, au mépris du droit des gens, au mépris de nos droils, persiste à ne vouloir voir encore dans l'Algérie qu'un desÉlats barbaresques; c^estsous ce nom que l'Algérie continue d'être classée dans le calendrier britannique où sont inscrits les noms et qualités de tous les ambassadeurs, ministres, agents et consuls anglais ; mais dés (jue notre cabinet insistera pour lui faire comprendre qu'elle doit renoncer h la prétention de maintenir à Alger, sans exequatHt\ un consul dont la présence est une protestation contre la légitimité de notre eonqu^^te, un argument au profit d'Abd-el-Kad«^r, dont celui-ci ne mancpie pas de se servir, croyons que TAngleterrc, voyant notre domination s'étendre et s'affermir en Afrique, abandonnera une prétention bonne seulement à faire suspecter la sincérité de rentente cordiale ; il est sage d'attendre.
Or, ce (jue nous pouvions encore dire l'an dernier, avec une ombre dVspérance, nous ne saurions le répéter celle année sans nous exposiT au rire et à Tincrédulité ; car, loin (le s'efforcer de dissiper les défiances dont elle était Tobjel, rentent(» cordiale semble avoir enlivpris, au contraire, de les justifier toutes, et même de les aggraver.
Ainsi, elle a exigé de nous, sous le coup de la menace, que nous bitumassions le capitaine d'Aubigny, et que nous promissions une indennnté au missionnaire Pritcliard;
Ainsi, elle s'est opposée sourdement ii notre expédition contre le Maror, autant «ju'elle a pu le faire, Sjins créer contre elle-niéme un prérédenl qui eût été la négation des plus incontestables priitcipes du droit des nations.
En de telles circonstances, pouvons-nous refuser de re- '^onnaltre l'évidence? Pouvons-nous, sans nous conlrcdire,
tenir un autre langage, avoir une autre attitude? — Mais, nous dit-on, choisissez: — ou soutenez sans réserve le cabinet, ou soyez franchement de Topposilion. Et qui donc a le droit de nous poser une telle alternative, de nous tracer un rôle, de nous dicter un langage? 11 faut, «njoute-t-on, qu^un journal politique soit syslémati(iuenient ou pour ou contre un cabinet. Sur quelle autorité, s'il vous plaît, se fonde cette maxime h l'usage des gens, et c'est malheureusement le grand nombre, qui accueillent sans examen toutes les banalités sentencieuses? — Un journal ne se fait pas avec deux boules, l'une blanche, l'autre noire, jetées silencieusement dans une urne; il se fait avec des articles, et les articles sont faits précisément pour dire sur (jucls points on s'accorde, et sur (piels points on diflcTc, pour exprimer enfin toutes les nuances d'opinions. Un journal ne se fonde pas péniblement et à grands frais uniquement pour soutenir ou pour attaquer un cabinet, mais pour soutenir ce qu'il croit être la vérité et attaquer ce qu'il croit être l'erreur. Un journal tel que nous le comprenons et le pratirjuonsest une œuvre de conscience, qui ne s'occupe que secondairement de la durée des ministres, parce qu'il a déjà vu ou qu'il en verra beaucoup d'autres se succéder ; qui sait que les circonstances varient, que les honmic^s passent, et qui se tient conséquemment toujours prêt à rendre compte do ses paroles dans l'avenir. Si le Journal des Débats avait toujours ainsi compris son importante mission, il n'eût pas comme il l'a fait, traité Napolénn de « crocodile ;» il n'eût pas injurié M. Guizot pour défendie M. le comte Mole, et injurié M. le comte Mole pour défendre M. Guizot ; il n'eût pas enfin tour il tour soutenu tous \os principes contraires. Ce n'est pas que nous désapprouvions ce dévoûmenl de mameluck ; chacun se dévoue à sa manière; seulement, cette manière n'est pas la nôtre. Il est lU's journaux qui visnt prendre régulièrement le mol d'ordre du chef au nom de «pii ils parlent ; il en est d'autres, et nous sonunes de ce nombre, qui ne consultent que leurs convictions et que ce (ju'ils cniient être Tinlérêt du pays. Tant mieux qu'il existe ainsi des
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journaux pour toutes les nuances d^opinions ; cela permet à l'abonné mécontent de la politique de son Journal de le quitter pour en choisir un autre. Il y a des journaux d'opposition systématique ; il y a des journaux de coterie ; il y des journaux qui sont rédigés dans Tunique intérêt de Tarnbilion d'un homme ; il y a des journaux dont le concours est acquis (ravance à tout cabinet: il y a des journaux pessimistes qui ne trouvent rien de bien; il y a des journaux optimistes qui ne trouvent rien de mal ; il y a des journaux, les uns qui ne savent qu'injurier le pouvoir, les autres qu'injurier l'opposition; il y a enfin jusqu'à des journaux muets. On a donc toute la lil)erté du choix; pourquoi, à notre tour, n'aurions-nous pas la liberté de nous séparer des minislrt*s lorsqu'ils nous paraissent se fourvoyer, sauf à les suivre lorsqu'ils se proposent le même but (juc nous : de blâmer leurs actes sans cesser pour cela d'honorer leurs intentions? Si nous n'étions pas ce que nous sommes, il y aurait un journal ministériel de plus, mais quel serait l'organe qui resterait au parti conservateur? Voudrait-on maintenant nous contester ce titre d'organe du parti conservateur? Mais, (le trois choses Tune : — ou nous sommes de Popposition, ou nous représentons le parti conser\'aleur dans la presse, ou nous ne représente ins rien. Si nous sommes de l'opposition, de quoi peut-on se plaindre? — De ce que notre opposition est trop modérée, trop pleine de ménagements et d'égards. Or . un tel reproche peut-il être fait serieusenuMît ? Si nous représentons le parti conservateur, de quoi peut-on se plaindre? — De ce que nous disons franchement ce qu'il pense ; mais si nous déguisions sa pensée, nous ne la représenterions pas fidèlement. Ce second reproche, on le voit, n'est pas plus fondé que le premier. Enfin, si nous ne représentons rien que nous-méme, de quoi peut-on se plaindre ?— Qu'importe une opinion qui s'égare dans le vague ? qu'importe un journal qui parle dans le vide ?
10 janv4pr 1845.
Quand nous disculons avec le Journal des Débats^ c'est toujours par le front que nous Tattaquons ; quand il nous attaque, lui, c'est toujours par le flanc. Il paraît quMl a moins de confiance dans la supériorité de ses forces que dans rhabilcté ^e ses manœuvres. Ce ne sont jamais nos propositions qu'il combat, ce sont toujours celles qu'il nous prête. Il trouve c^'la sans doute plus facile ! Cet hommage qu'il veut bien nous rendre est trop flatteur pour que, loin de songer à nous en plaindre, nous ne nous empressions pas de le recueillir.
Peu importe au Journal des Débats que nous ayons hautement, solennellement déclaré que, « s'il n'y avait de changé » dans le ministère que les ministres, les mêmes erre- » ments seraient certains de rencontrer de notre part » la même résistance. » Comme les déclarations ne l'ont jamais lié, il est bien excusable de juger les autres d'après lui-même, et de ne tenir aucun compte de celles-là même qui sont le moins douteuses et le plus irrévocables. Sans se laisser aiTêter par les termes d'une profession de foi si formelle, il persiste donc ce matin à raisonner dans l'hypothèse où M. le comte Mole et la Presse se seraient étroitement unis pour renverser le cabinet. Il n'y a pas un mot de son article qui ne retombe sur l'homme d'État en paraissant s'adresser au journal, ou qui ne retombe sur le journal en paraissant s'adresser èi l'homme d'État. Si cette association existait en eflct, loin de la nier, nous tiendrions au contraire à honneur de l'avouer, de la proclamer même. N'est-ce pas Tancien président des deux cabinets du 6 septembre 1836 et du 15 avril 1837 qui a terminé les difficultés qu'avait laissées h vider le ministère du 22 février 1836, pacifié les esprits par l'amnistie, donné à l'Europe un grand et courageux exemple de fidélité d'un grand peuple ë sa parole, en ne reculant pas devant ce
qu'avait do délirai ol de périlleux pour un minislrc IVvarualion dAncôno ol la oonclusion do rafîairc du Lu.xoml);»urg. onlin lullé seul contre la plus imposante coalition qui se fut jamais formée et qui peut-être se formera jamais ? Un patrona.^o si élevé n'élt'^verait-il pas le journal qu^se placerait ouvertement à son ombre? Mais cette ass'^iciation n'existe pas. M. le comte M(»lé a ses idées, ses convictions, ses tendances mous avons les nôtres, dont nous ne devons compte ciu'à n(»s locloui's. Ceux qui lui reprochent un secret et involontaire penchant vers la politique russe prouvent s4Hdoment qu ils n'ont jam<iis été admis à Thonneur d'avoir avec lui une heure de conversation politique. Nous ne nous faisons pas d'illusions sur le compte de l'ancien président du lo avril; nous croyons qu'il n'a |)<'is dans la durée de l'alliance anglinfrançaise, dans la réciprocité de la crtrdialc entente, la mémo conliance (pie M. Guizot ; nous croyonsque lalirande-Brelagno n'eill pas obtenu de lui, ni si promptcmcnt ni ii si bon marché, la convention du 15 juillet 1840. enc:»re nnuns celle du 20 décembre; nous croyons qu'il est aussi d'autres écu(»ils dont sa prudence l'eût préservé, mais nous n'allons pas plus avant dans nos conjectures; pour nnus, l'honnne d'État qui comprendra que la polilicpio de la France vis-à->is «le l'Angleterre doit être exactement la contre-partie d<» la politique de l'Angleterre vis-ii-vis de la Franct», est encoie à naître au monde parlementaire. Kn quoi cnnsiste cette politique de TAngleterre ? — A expiniler habilement les staivenirs des règnes d«» Louis XIV et (h* Napt»lé »n. pour tenir toute FEuntpc en délia nce d«» nous, à n< us prêter i\vs desseins d agrandissement de terriloire (fue nous n'avons plus, à exagérer nos prétentions l«»s plus Ici^'iiimes, les plus modestes, à nous représenter sous les <*i»ulcurs d'un peuph* andiitieux, irascible, renniant, querelleur, vaniteux, toujours en guerre ou en réviilntion. menaçant la solidilé i\r:> troues quand il ne menace pas l'indépendance des nations. De bonne foi, aujourd'hui, une telle peinture est-elh» ddèh»? Si nous cuvons «•« notre révolution teinte du sang d'un roi, TAngleterre,
nvanl nous, n\iv«nil-ollo pas eu la sienne déshonorée parles mêmes exeés, par les mêmes erimes? Le nombre de nos conquêtes a été grand, mais (lue l'on compare donc ce qui nous en reste à ce (jue TAnglelerre, eiuichie de ce qu elle a enlevé h l'Espagne, «^ la Hollande, à la Tur(|uie, au Danemark et h nous-mêmes, a conservé des siennes! Encflioi devrait consister la polilicpie de la France? — A s'efforcer de tirer l'Europe de Terreur dans laquelle TAngleteire Pa jetée à notœ égard, afm do détourner adroitement d'elle les regards du monde en les portant sur nous, et quoi de plus facile? — Il n'y aurait qu'à étendre une mappemonde sur la table d'un conseil, et qu'à faire colorier tous les points, toutes l<»s c(iloni<»s, toutes les stations, tous les passages, tous les détroits, tous les marchés dont la Grande- Bretagne sVst assuré la possession exclusive, pour convaincre à son tour l'Europe que, si elle est menacée dans Sî)n industrie, dans s:»n commerce, et par suite dans sa tran<piillité, ce n'est pas par la France, mais par l'Angleterre. De là à une alliance entre» tous les Etats ayant un intérêt commun, de là à un désarmenuMit général, de là à un allégement des impùts, de là à une réduction dans les frais de main-d'ceuvre, de là enlin ii une confédération maritime (pli étende au continent, en vue d«vs crises industrielles et pour les conjunM*, le double principe de la Confédération germanicpie et du Zollverein, il n'y aurait (pi'un pas; mais c'est ce pas précisément que redoute l'Angletern» et «lu'elle mcq tous ses soins i\ nous empêcher de faire, dans la crainte cpie l'empire des mers ne lui échappe. Comment cette vérité a-l-<»ll«» besoin de .se produire plus d'une fois pour î>'enq)arer par son évidence de tous les esprits ? C'est qu'il en est ainsi de toutes les idées justes; on n'y arrive jamais qu'après a\oirfait le t<»ur de toutes les idées fausses, et le cercle en est long à parcourir. Or. e'est parce que l'heure de cette p«»liti(pie, qui n'a d'interprèlt^s «pie nous dans la presse, et «pii n'en a pas à la tribune, n'a point encore sonné, c'est parce que n^ais ne luiQT' *'***'*<>ns pas encore son Richelieu, que, depuis qualr*^ ^*~»» nous
a toujours trouvés h ses côtés, dans toutes les circonstances difficiles où son existence a été mise sérieusement en péril ; il nous y trouverait encore aujourd'hui si, h Tombre d'un prétexte plausible, d'un ajournement acceptable, ou de certaines réserves, la majorité pouvait lui continuer son concours sans engager défînitivenicnt la politique du pays. Ne nous sommes-nous pas opposés de tous nos eflorts à ce que la question de cabinet fût silencieusement tranchée sur un nom propre, sur celui de M. Billault? N'avons-nous pas hautement déclaré que si la majorité voulait se séparer du ministère, elle ne le devrait faire qu-après une discussion approfondie, et sur un amendement ou un paragraphe qui, s'il n était pas la base d'une politique entièrement nouvelle, devrait être au moins la base d'une politique différente ? Nous sommes toujours dans ces sentiments. S'il est \Tai «pfil existe une intrigue qui se propose uniquement pour but de changer les hommes sans modifier les choses, de s'tMnparor du pouvoir pour en fafre absolument le même usage, elle aurait grandement tort de compter sur nous : nous le lui déclarons nettement, et. s'il le faut, nous le lui répèlercms t<ius les jours. Nous assisterons assidûment au débat qui va s'engager; nous pèserons im|)artialement les paroles qui seront dites, selon la valeur qu'elles emprunteront à la IxHK'he (jui les aura prononcées, et si, au lieu d'une politique différente, nous ne voyons apparaître encore une fois qu'une intrigue nouvelle, notre conduite sera, cette année, ce qu'elle fut l'année dernière, ce qu'elle a été en 1843. Nous ne nous dissimulons pas les difficultés de la situation. Si les lionunes politiques en position de prétendre à la succession du cabinet alta<|uent avec mesure mais avec fermeté ses actes a la tribune, ne pouvant plus être accusés par le Joiinial des Débats d'intrigue qui se cache, ils seront accusés de coalition «pii se montre. Mais s'ils fMiuvaient être arrêtés par une telh» considération, quelle opinion devrait-on se former de leur caractère ? Quel homme sérieux a jamais réglé sa ccmduite sur les insinuations intéressées i\i :.»s rivaux ou de ses advei-saires? (]e qui a donné è r<^
posilion sous laquelle le ministère du 15 avril 1837 a succombé le caraclère d^une coalition blâmable, ce n^cst pas la critique plus ou moins fondée qui fut faite de certains actes de cette administration par des députés d'opinions diverses, — toutes les opinions sont libres dans la limite de la Constitution, quand la discussion est ouverte, — c'est l'attaque directe à la personne du roi, partie de certaines bouches et passant au-dessus de certaines têtes ; c'est le refus obstiné de la part d'anciens ministres de reconnaître dans leurs successeurs des ministres responsables et qui couvrissent la couronne. Si le cabinet du 29 octobre 1840 devait être en butte, lui aussi, h de telles attaques, nous sommes bien sûrs, du moins, que cette fois aucune voix étrangère à l'apposition systématique ne les porterait à la tribune. A la condition de rester dans les limites tracées par la Constitution, la crainte délre accusé de coalition n'est donc ni un motif valable qui doive imposer silence à pei*sonne, ni un prétexte plausible qui puisse le justifier. Nous ne voulons pas que l'on renverse le cabinet sans avoir dit préalablement pourquoi ; nous voulons que le vote qui aura donné naissance à un cabinet nouveau l'engage hautement était une signification si précise, qu'elle ôte à l'Angleterre toute idée, tout espoir d'exiger désormais de la France des sacri- 6ces qui ne soient pas réciproques. Si c'est là ce que veut ^Vintrigue^ dont le nom se trouve écrit à chaque ligne du Journal des Débats^ oui, nous en sommes: mais si ce n'est pas là ce qu'elle veut, non, nous n'en sommes pas, car nous ne nous faisons aucune illusion sur la difficulté de réunir sous une présidence plus glorieuse des ministres plus éminents.
xvn.
IG janvier l84o.
La durée d'un ministère est beaucoup sans doute ; mais elle ne suffit pas, si son existence est sans cesse menacée, s'il est contraint de consacrer la plus belle part de ses soins
et i\o son temps ii l'îifTerinir une niiijorité sans cesse ébranlée. Ce n\»sl pas durer que de dui'er ainsi : cVsl vivre en élat de crise iniiiislérielle perinanenl<» et dans rim|M)Ssibililé denlreprendre ou d'accomplir rien de grand et d'imporlanl pour le pays. Si le ministère doit vivre, il importe di»nc (|u*il soit assuré du concours réel et efficace d'une majorité résolue, et le premier inléres.»ié à tenter I épreuve que n(»us conseillons à ses amis, c'est lui-même. . Mais si celle épreuve est tenlée, il faut que Ton sache iiien à quelles conditions elle sera concluante. Il faut que la majorité, qui a hésité tant de fois et .sur tant de |>oints à accepter la .solidarité des acUvs du ministère, raceept& enfin sans Iiésitalion ; il faut que Tadresse contienne une preuve non équivo(iue de cet accord. Qu'on ne cherche donc pas â éluder les questions, il faut qu'elles soient nettement posées. La niîijorilé trouve-t-elle «pie le vœu exprimé dans les sessions précédentes, au sujet du droit de visite, a été suffisanmienl respecté parce (pi'on a entamé des négociations (|ui n'ont abouti qu'à un résultat dilatoire? La Chambre, cpie l'on en;;ageait. l'an dtM*nier. à réserver son opinion au sujet des événemens de Tahiti, parce que l'alTain' commençait alors, s'cn^'agera-l-elle aujourd'hui que rafTaire est pn»s(pie ac<(nnplie ? Consacrera-l-elle la ftronuvsse d'Indemnité faite au nn'ssionnaire Pritchanl? La Chambre, en applaudissant au succès de nos armes dans le Maroc, approuvera-t-elle ce traité qui n'a couronné ce succès que de satisfactitiiis (4 d'une jrloire dont nous aurons payé les frais? TrouNora-t-clU'. en un mot. <pie r4*nt4'nte conlîale vaille les c.an'cssitins sans rériprorilé (pii lui sont faites ? Trou verat-elle «lu'il n'y a rien à clian^'cr à cette polititpie qui nous fait pay«M* tout ii la Un> \vs frais de notre gloire h Tanger el les frais dt* nns é<'he<*s à Tahiti ? S'il en est ainsi, ou plutôt. si les e\|>lications cpii lui srront données par les orateurs ministériels lui prouvent (lu'elle s'^'si trompée jusqu'ici en n'acceptant qu'avec réserve la politique qui a produit ces résultats: s'il lui est démontré, au c«»ntraire, que ces résultats Hitui 4Acelli'nl<, (pie la majorité h> reconnaisse. quVIie
le proclame hardiment, qu'elle s'engage comme le ministère s'est engagé ! Le pays saura du moins à quoi s'en tenir.
Nous croyons sincèrement, pour notre compte, qiie les hommes éminents qui tiennent aujourd'hui le pouvoir sont dupes d'une illusion funeste quand ils comptent sur la sincérité d'une alliance cordiale avec l'Angleterre. Nous jetons les yeux sur le bilan de notre politique, et nous voyons que toutes les difficultés qui l'entravent lui sont suscitées par cette puissance qu'elle a la faiblesse de regarder comme une amie, au moment où elle la rencontre partout comme obstacle cl nulle part comme appui. Qui nous conteste la paisible possession de nos conquêtes en Afrique? Qui fait massacrer nos soldats dans l'Océanie? Qui nous force de payer les frais de notre gloire ? n'est-ce pas l'Angleterre ? En Orient, en Espagne, qui nous empêche de profiter de ces sympathies que notre nom y rencontre, si ce n'est l'Angleterre? Avec quelle autre nation d'Europe avons-nous aujourd'hui quelque difficulté? Quel peuple conserve encore des préventions à notre égard qui ne lui aient pas été données, qui ne soient pas entretenues avec soin par l'Angleterre? Tout cela est évident à nos yeux; mais le ministère n'en est pas convaincu, et il agit en conséquence dans ses relations avec lAngleterre. Que la Chambre lui donne une adhésion complète sur ce point, qui est la base de toute sa politique, et son existence sera désormais à ral)ri de tous les eflTorts de Tintrigue, et la Chambre partagera la res|)onsabilité de cette politique devant le pays. Nous le répétons, s'il est un moyen de lever toutes les difficultés, c'est celui que nous venons d'indiquer.
28 janvier 1845.
Le ministère a arrêté qu'il ne se retirerait pas devant le
vole d'hier, et il Tannonce hautrmenl ce matin dans les
journaux dépositaires de sa pensée. Les véritables amis de
M. Guizot, ceux qui, comme nous, honorent son courage,