‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 68 sur 71 · IV. M · texte numérisé non relu

IV. M

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admirent sa parole, s^aMigent pour lui de cette résolution; ses adversaires, au conlraire, s'en réjouissent. Il y a aussi loin de Tobslinalion à la fermeté qu'il y a loin de la fermeté au découragement. Livré à ses seules inspirations, plein de foi en lui-même et en l'avenir qui lui n»stc encore, nous ne doutons pas que M. Guizoi n eut fait prendre au conseil, dont il est lAme, la résolution opposée. S'il ^st vrai qu'il demeure, c'est qu'il se sera laissé circonvenir par les exhortations intéressées de la troupe de subalternes et de parasites qui fait cortège à tout homme éminent et n'a decesss qu'elle ne l'ait empêché d'être lui-même. Ainsi sV\plique, par cette invisible tyrannie de Tobséquiosité familière, par cette irrésistible domination des bas intérêts, par cette funeste influence des dévoûments aveugles que subissent trop souvent, à leur insu, les hommes supérieurs, comment il arrive aux plus grands 'caractères de se contredire, aux esprits les plus droits et les plus inflexibles de s'égarer cl de fléchir, aux plus pures réputations de s-entacher.

27 j&Dvîer 1815.

Que fera le ministère du 29 octobre? .se contcntera-t-il d'une majorité relative de huit voix, d'une majorité absolue de trois voix, surtout s'il c msidère ([ue plusieurs députés présents, et notoirement opposés à la politi^iue suivie par le cabinet dans cette question, se sont abtenus de prendre part au vote ? — Nous l'ignorons.

Après ce vole décisif, tous les amendements présontés ont été retirés et l'adresse a été votée.

il6 voix seulement se sont prononcées en fiiveur de lensemble de l'adrtvsse !

On ne saurait se dissimuler toute la gravité politique de ce Vole, mais nous laissons à d'autres le soin de la faire ressortir : car si nous n'avons pas cessé un seul jour, depuis trois ans, d'avertir le cabinel. d'essayer de le contenir, de Tirrêter sur la pente où d'imprudents flatteurs le poussaient

LE CABINET DU «9 OCTOBRE I8i0. »3i

aveuglément, nous n'avons jamais eu ni la pensée ni le désir de le renverser. Nous n'avons, en toute circonstance, combattu que ses fautes, et s'il croit devoir se retirer, les membres éminents qui le composaient, dont nous honorions le caractère et admirions l'immense talent, emporteront tous nos regrets. La sincérité de notre dévouement a pu leur paraître douteuse lorsqu'ils étaient au pouvoir ; mais, leurs démissions données, c'est un doute qu'ils ne conserveront plus.

tt II n'y a, — dit le Journal des Débats^ — dans les rangs » de la majorité, qu'un principe, qu'une foi politique, c'est » le maintien de la paix et l'afTermissement de la monar- » chie constitutionnelle. » Comment donc se fait-il que la Presse^ voulant le maintien de la paix et l'affermissement de la monarchie constitutionnelle, non moins sincèrement, non moins fermement que le Journal des Débats^ d'accord avec lui sur le but. difl^re cependant d'opinion sur les questions qui partagent aujourd'hui la Chambre des députés en deux parties égales? — Nous allons le dire : c'est que nous ne saurions admettre que le maintien de la paix soit un principe. Un État, un peuple, un souverain, nous le reconnaissons, peuvent slionorer en renonçant à tout projet do conquête, à toute idée d'agrandissement, à tout ce qui ressemblerait enfin à un acte d'agression ; mais ils ne sauraient sans déchoir renoncer à la nécessité de se défendre, de venger une injure, de résister à une menace, de repousser une injuste prétention. Le maintien systématique de la paix suppose laccord de deux volontés au moins; il ne suffit pas d'une seule pour que ce maintien ait lieu. Le maintien de la paix est un fait, fait auquel il faut bien se garder de porter légèrement atteinte ; mais il ne saurait être un principe. Pour (lu'il en fût un, il faudrait tout lui subordonner : dignité nationale, équité, réciprocité. Est-ce possible? Maintenir fermement son droit et respecter scrupuleusement celui des autres, voilà le principe de toute bonne politique, le devoir de tout gouvernement attaché à la paix, mais qui sait qu'il n'y a de paix durable que celle qui ne

s'achète au prix (rancune faiblesse. Si la iléfinilîon du Journal des Débats èlail jusle, s'il élail vrai que Je mainlien de la paix fûl un principe, el que ce ])rincipe fût celui du parti conservateur, aloi^à (|uoi bon dépenser un demi-milliard par an à entretenir une Hotte et une armée ? Si, pour maintenir la paix nous devons céder à toutes les exigences, accorder touti\s les concessions sans on réclamer aucune, faisons donc au nuâns Técononiie d'un effectif militaire trop dispendieux, n'ayons ])lus que des gendarmes pour assurer le maintien de l'ordre, et ({uant au soin de notre dignité et de nos intérêts, reposons-nous-en sur la magnanimité de nos voisins. Voilii cependant à (pielles conclusions logiques aboutirait la défmition du Journal des Débats, si elle était adoptée, si elle pouvait l'être, si une erreur pouvait usurper le nom de principe» el le garder longtemps î

Êtes-vous incertain, doutez-vous encore que ce qui a été érigé arbitrairement en principe ne soit (lu'une erreur ou un mensonge, soumettez-le h l'épreuve de ses eonséquenees, et voyez s'il y résistera.

Le maintien de la paix (»sl le principe du parti conservateur ; voilii ce (jue proclame le Journal des Débats^ — Eh bien! supposez (pie lord Aberdeen, au lieu d'être rempli de ce bon vouloir dont on dit qu'il est animé à l'égard de la Trance, de son souverain cl de ses ministn^s, bon vouloir qui Ta fait se contenter généreusement de la plus faible concession, savoir : du dcsa\eu de l'un de nos oITiciers, el d'une indenmité pr.nnise à l'innocenl M. Pritchard. suppoposez (pi'il ail donné suit(» à son idée de renvoyer le ri'vérend missionnaire à Tahiti avec le litre de consul, et ait insisté .sur le rapi»el de M. d'Aubigny, qu'(»ussiez-vous fait, que feriez-v.ius ? — Supposez plus. suppos(»z que le rappel de M. d'Aid)igny en France et la réintégration <le M. Pritchard dans st»s fonctiiinsde c.insul à Tahiti aient fait éclater entre les deux marines ime collision, et (pi^une humiliation soit demandée à la nôtre, (|u'eus>iez-vous fait, tjue ferieivous? — Persisteriez-vous eiwore à proclamer que le maintien de la paix est le principe du parti conservateur? Nous

ne vous faisons pas l'injure de le croire. Vous voyez donc bien que s'il est exact de dire que le maintien de la paix est le vœu du parti conservateur, il est faux de déclarer qu'il en soit le principe.

La guerre est une éventualité que vous devez prévoir aussi bien que nous; il faut d'autant plus la prévoir, que l'histoire et l'expérience nous enseignent qu'il est rare, et peut-être sans exemple, qu'une puissamce, ayant le sentiment de la supériorité de ses forces, n'en abuse pas. Eh bien! nous vous le demandons, sans reproche, sans acrimonie, qu'avez-vous fait, que faites-vous en vue de cette éventualité qui a failli se réaliser en 1840, qui a failli se réaliser pour un motif moins grave encore en 1844? — Vous n'avez rien fait, vous ne faites rien. C'est là ce qui nous inquiète, c'est là ce «pii nous alarme. L'arrière-pensée de votre politique serait-c»lle donc de faire de la paix, non un principe, mais un supplice, de nous y condamner par l'impuissance où nous serions de soutenir la lutte par l'excès do l'inégalité des forces ? Une telle pensée serait trop coupable pour que nous vous la prêtions; non, vous ne Tavezpas; non, vous ne pouvez pas l'avoir, et IVussiez-vous, qu'elle serait vaine; car, arrivés à un certain degré d'exaspération, les Français ne comptent plus le nombre de leurs ennemis, ils marchent sans souliers, se battent sans armes ; l'exaltation en fait «les héros tels, qu(», (juelque (lenchant que la victoire ait pour les gros bataillons, vaincue par l'admiration, elle ne peut s'empêcher de leur être infidèle!

Que demandons-nous? tjue voulons-nous ? Nous deman* dons que, pour assurer le maintien de la paix, la France se mette dans une situation où il ne puisse plus venir à la pensée de TAngleterre de nous demander des concessions qui ne soient pas récipro^jues.

« Oui, il faut qu'il y ait toujours, entre la France et /Vbi- » ge terre, des égards, des ménagements, des procédés, des » avantages et des concessions ré<:iproqi'es. Toute autre ron- » duite serait honteuse, et tùt ou tard finkstk ; je le reconw nais. »Ce sont là. assurément, <le nobles pan»les qu1l faut

savoir grc à M. lo niiiiislro des affaires étrangères d'avoir portées à la Irilume (l;- ; mais il ne suffit p.is à Thomme d'État de proclamer des maximes d'une ineontestable justesse, il faut ent'ore qu'il y conforme sa conduite.

Tout doit être récipnxjue (»ntre la France et rAngleterre, Voilà un i)rincip(» sur le([uel nous sommes parfaitement d*accord. nous l'admettons, nous le proclamons: mais il faut aussi admettre Hiypothèse d'une infraction soit de Tune soil de l'autre des deux parts.

Ct>nuneiicuns par supposer que le tort soit <le notre côté, car dans un gouvernenjent soumis h la loi d(»s majorités, la formation d'un cahinet téméraire n'est pas une hypothèse invraisemblable, et ne serait pas un fait sans exemple. Nous avons parlé ii FAngleterrc un langage arrogant, nous hii avons demandé mie satisfaction qu'elle ne nous devait pas, nous avons exigé d'elle une concession s«ins hii en offrir une égale ; h» droit et récjuilé sont de son côté, que faitelle? — Elle refuse hautement, car en même temps qu-elle n'a rien à céd(»r, elle n'a ri(»n à craindre.

Maint<'n;uit, supposons (pf^u lieu d'être de notre côté, la hauteur de langage, l'exagération des prétentions, l'injustice d<»s e\ig(»nces soient du côté de la Grande-Bretagne, que faire? — Céder? C'est la honte! — Résister? C'est la guerre ! Comment la soutenir? — Telle est la question à laquelle la ])rudenct» nous ramène toujours; telle est la question (pie tout cabinet français devrait avoir constamment sous les \o\}\.

Poser cette question, c'est faire apparaîtiv dans tout son jour le sy>tème politique «pii convient à la France.

Qoe manque-l-il ;iu c;intinent, sillonné en tous sens de chenuns de f<*r qui, avant p(»u d'années, auront mis toutes ses capitales i\ (piclques heures les unes des autres, émaillé de toutes parts de Hd niques, de manufactures, d'usines, dont la production devance et dépasse déjà la consommation, menacé à l'huizim de ciises industrielles qu'il no saii-

[1) Séance <îii 2.1 janvier 181.1. 3tonittur, puge 168.

rail trop tôt conjurer, obligé enfin de multiplier ses échanges et d'étendre ses débouchés ? Il lui manque une marine qui, s'alliant à la sienne, puisse au besoin la protéger, en cas d'agression la défendre, en cas d'insulte la venger. Cette marine complémentaire de la sienne, h qui le continent la demandera-l-il? — Est-ce à l'Espagne? Est-ce au Portugal? Est-ce à la Hollande ? — Ni la Hollande, ni le Portugal, ni TEspagne, n'ont plus de marine. Si vous voulez savoir ce que sont devenus les vaisseaux et les colonies de ces trois États autrefois si prospères et si puissants, interrogez TAngleterre, feuilletez son histoire, jetez les yeux sur la carie de son immense empire ! Si le continent ne peut demander celle sécurité ni à TEspagne, ni au Portugal, ni à la Hollande, tous et tour à tour dépouillés et ruinés parla Grande-Bretagne, il faudra bien qu'il la demande à la France. La France, il est vrai, ne possède encore qu'un nombre insuffisant de vaisseaux de guerre h voile et h vapeur, et de navires marchands; mais ce nombre s'augmentera vile le jour où la France et le continent, rapprochés par la communauté du danger, liés par la solidarité des intérêts, éclairés par Toxemple de TAnglelerre et par celui plus frappant encore des Élals-Unis, comprendront que vouloir à la fois enlrelenir une marine et une armée redoutables, c'est manquer le but, c'est s'énerver, c'est se condamner volontairement à Timpuissance et sur terre et sur mer. Le moyen d'avoir de grandes marines, c'est d'avoir de petites armées. Voilh tout le secret de la puissance maritime des deux nations, qui se nomment la Grande-Bretagne et les Klals-Unis.

Disons-nous que la seule guerre qui soit à prévoir, que la seule guerre qui soil h craindre, est une guerre entre l'Angleterre el nous : prévoyons le cas où elle exigerait de notre gouvernemenl des concessions qui ne seraient pas réciproques, qui ne seraient pas admissibles, afin que cette guerre ne nous surprenne pas sans nous y être préparés, ^u moins tant bien que mal, ainsi qu'il s'en est fallu si peu déjà en 1840 et 1844. Voilà tout ce que nous demandons,

ronv«nincus que nous sommes que le eontînent n'attend qiie notre exemple pour le suivre.

Si ees préciulions légilimes brisent « Ventente cordiale, » c'est qu elle n était pas sincère, c'est qu'elle n^était qu'une sorle (Popium destiné à nous enpounlir, k nous fasciner, «à nous énerver, c'esl que notre définnee était fondée : alors qu'imporle que la niplure ait lieu un peu plus tôt. un peu plus lard. Si lenlenle cordiale, au contraire, survit à radofilion de ces idées, c est alors, mais alors seulement, que sera assuré le niainlien de la pa/x, et que le parti conservateur p(»urra sans danger écrire sur son drapeau la devise du Journal des Débats,

29 janvier 1845.

l'ne réuiuon de députés appartenant au parti eonsorvateur a eu lieu, ce malin, rue de Richelieu.

Klle a décidé (|uc son bureau, composé de MM. Hartmann, doyen d'A^e. présidenl, Chasies, de Bussière, (PAngeviJIe, ci François Dclessert, auxquels seraient a<ljoints MM. les maréchaux de France Séhasliani et Dugeaud. et MM. les vice-présidcnls de la Chambre, de Belleyme, Bignon et de Salvandy, se rendraient en députation près de M. le président du conseil, afin de lui faire part de la résolution prise par la réunion de continuer à soutenir le cabinet avec la même fermeté.

La réunion a décidé, en outre, sur la proposition de Tun de ses uKMnbre.s. qu'il y avait lieu de nommer une commission permanente, et (pie cette <-onnnission serait corn pctséc, indépcndannucnt <l(*s nicmbresdu bureau, delà réunion des vingt membrcN ()ui ont dcniaiidé le scrutin secret dans la séance du i7 janvier 18i").

Nous avons assisté sous le cabinet du 15 avril 1KJ7, au temps de la cr»<ditiMn, à la ré u mon des ^21. et à plusieurs manif<'s(;iiions de ce genre. Il faut J)ien le reconnatlre, car c'est de l'histoire, elles n'imt pas sauvé le ministèrc; elles

ont été sans influence, non seulement sur les circonstances, mais aussi sur les hommes que Ton pouvait alors se flatter de Tespoir de ramener.

Il n'est pas probable que ces nouvelles manifestations soient plus efficaces.

De deux choses Tune, ou les 213 forment la majorité, ou ils ne la forment pas; s'ils ne la forment pas, qu'importe qu'ils se réunissent en permanence, le chiffre de 213 n'en restera pas moins le môme. Quelque chose qu'on fasse, oa ne fera jamais qu'une députalion ne soit une fraction moins considérable que le tout, et qu'elle puisse valablement promettre plus que l'Assemblée tout entière ne pourrait tenir.

Nous voyons avec peine que Tesprit de notre pays est ainsi fait, qu'il s'arréle toujours de préférence h ce qui est oiseux et tardif, au lieu de s'arrêter h ce qui est sérieux et opportun.

Si une mesure est nécessaire, soyez sûr qu'on ne la* prendra pas ; si une mesure est superflue, soyez sûr qu'on la prendra. S'il s'agit d'actes décisifs ou de paroles vaines, on discourra longuement pour décider que l'on ne décidera rien. C'est \h un grand défaut du caractère français; heureusement que nous avons des qualités t|ui le rachètent.

La réunion qui a eu lieu était sans objel, elle restera sans eflet; cfir les 213 ayant donné d'avance au ministère toutcc qu'ils avaient, il ne leur restait |)lus rien à donner, et ce nVst pas en se montrant exclusive, en se déclarant pleinement satisfaite de ce dont la minorilé Test tout au plus à demi, que la majorité «l'un [)arli exercera jamais du prosélytisme et réussira ii ramener les dissidents.

Ce nVst pas «jue nous veuillons dire que des réunions d'un grand parti compact ne puissent, en de graves circonstances, être fort utiles et exercer une influence <lécisive : mais alors il faut que ces réunions bannissent les banalités, et, au lieu d'employer leur lemps «i s'adresser des congratulations et à nommer de vaines députalions, remploient h rechercher les causes du mal et les moyens de

S38 t^éS.

conjurer le péril, ear s'il n'y aviiil pas de péril, do mal ou tout au moins de difficultés, ces réunions n'auraient pas lieu.

Par exemple, nous aurions compris «pfavant de so séparer, au mois de juillet 1844, les députés appartenant au parti conservateur se fusi^ent réunis, non dans un esprit d'optimisme et d exclusion, mais dans un sentiment de prudence et de conciliation, notamment pour prévenir certaines dissidences «ju'il était déjà facile de prévoir, pour s'assurer (pie le cahincl n'était pus sur une pente oii il serait sage de l'arrêter, pour lui rappeler que le paragraphe des deux adresses de 1813 et 18U, relatif au vœu exprimé à deux reprises par la Chîuuhre de voir replacer notre commerce sous la sin-vcillancc «exclusive de notre pavillon. était un vœu .sérieux (pi'il .serait dan^'crcux <le traiter légèrement ; pour lui représenter enlin que toute concession faite il TAnf^'Ielcrre, qui no s<'rail pas récipnKjue, loin d affermir la paix, serait plutôt de nature h rafTaiblir cl h la mettre en question.

l'ne telle réunion eût très prohahlement porté des fruits. Arrêté par cette manifestai ion, le cabinet n'eût pas concédé si facilement aux m«Miac(»s de sirK.therl Peel le désaveu du capitaine d'Auhipiy. l'indeumité Pritcliard: il eût insisté près de lordAherdecn puir no pas revenir de Wind.sor les mains vides; il nVût pas attendu le vole du i8 décembre pour faire la démarche pressante, mais extrême, qui a ahiuti à la nonunation d'im^» coumiission mixte: enlîn. très vraisomblemcnt. un certain niunbrede membres, cpie l'excès d'optimisme et (rinq^révnyance de la majoriu» a éloignés «l'elle momentanément, nt* .s'en fussent pas écartés et nelVussont pas, par ce fait, alTaiblie et réduite au chilVre <le i\:\ contre

De cette réum'on fui sortie assurément une ff»rco nou- ^cll(^ et pour \r cabinet, et pour l(» parti conservateur luiménu».

Un parti qui n'avertit jamais et qui applaudit toi^ours ne** pas un parti.

Ud parti qui ne sait pas rolenir en arrière, qui ne 3ait que pousser en avant, est un parti qui conduit à leur perte les gouvernements ou les chefs qui, de leur côlé, ne savent pas le contenir.

Un parti qui trou\ e tout bien, m(>me ce qui tend à le désunir, et qui consid6rc comme défectionnaire quiconque s'efforce de rédairer, est un parli qui tend à s'amoindrir à la fois en nombre et en influence.

Voilà notre sentiment; si c'est nous qui nous trompons, que Ton nous condanuie.

Oui, nous eussions compris une grande réunion du parti conservateur, au mois de juillet 1844, alin crélendre, s'il était possible, le nombre de ses menibres, et de resserrer en même temps le lien du faisceau ; nous eussions même encore compris une réunion, si elle se fût proposé pour but de rechercher les causes de certaines dissidences, afin d'aviser aux moyens de les faire disparaître; mais comme c'était là ce qu'il eût été essentiel de faire, on n'y a pas mémo songé. Personne, au dedans, ne s'est souvenu du dehors; aucun de ceux qui s'étaient réunis n'a pensé à ceux qui étaient restés à l'écart, el qu'il était possible, facile peutêtre, de ramener en leur donnant quelques garanties pour l'avenir.

En 1839, si les 2i1, au lieu d'envoyer des députalions à M. le comte Mole pour le réconforter, en eussent envoyé une nombreuse et bien choisie à MM. Thiers et Guizot pour s'expliquer avec eux, croil-on qu'on nVût pas mieux fait?

Il y a aujourd'hui des membres du parli conservateur qui veulent fermement le maintien de la paix dans l'intérêt de la liberté, du progrés, de la civilisation, mais qui sont profondement convaincus que le cabinet aurait pu déployer sans imprudence et qu'il pounait mettre sans danger plus de fermeté dans les rapports delà France avec l'Angleterre; qu'il devrait seniontrer moins exclusif dans sa politique extérieure, moins préoccupé du présent el moins dédaigneux de l'avenir, plus vigilant au dehors, plus actif au de-

dans; qu'il devrait enfin tenir ia France prête à des éventualités que eVsl presque un crime de ne pas prévoir. NVst-il donc pas possible do les satisfaire, de les retenir el de les ramener sans rompre l'entente cordiale, sans se jeter dans la politique d'aventure et sans changer le cabinet? La question n'a pas mt^me été mis<» au\ voix.

30 janvier 1845.

Le Journal des Débats, après avoir d-abord solennellement déclaré (|ue les nu'iustres auraient tort de se retirer, et ensuite non moins solennellement déclaré qu'ils auraient raison d'abandoniKT ia partie, le Joun}al des Débats annonce, toujoui^ avec la même solennité, que le ciihinet ne se retirera pas. « M. le nïaréchal Soult, dit-il, en a pris I -en- » gagenient formel au nom de ses collègues. En prenant >' cette résolution, il cèd(» au vœu du parti eonsen'aleur, ^> (»\primé par S(\s membres l(»s plus éminents el les plus » éclairés. >•

l)(»s (l(Mi\ conseils contraints donnés du jour au lendemain au ministèn» par le Jnunwl des Débats, le meilleur assurément élait <"elui <|ui n'a pas été suivi. Ou nous nous trompons, ou M. le ministre des affaires étrang«M'es ne lardera pas à en acipiérir la conviction. Ses amis les plus é<»lairés, les plus dévoués, en même temps «pie les plus désintéressés, pensent comme nous i\ cet égard. Il faut que le cabinet s'abu.st' étrangement (»t ne sachi» pas ce «pii se passe du coté de ses advt»rsaires, lesquels persistent à pn.'*lendre <|u'ils l'tnit vaincu, s'il croit ciifil lui suflira de pn— senter le projet de loi lU^is fnnds secr*els pourposcT de nnu- Ncau la question de contiance et ivcommencer la lijitaille. Nous sa\ons déjà «pu» les adversaires lui fenml défaut. Or. I»oint de di>cussion. |)oint d(» vole dét'i^if: i>oinl d'npposi- IImu. point de majorité; point d'attaque, point de défense: point de combat. |Miint de viftoire. i«e projet présenté fi» Atri» ;id(»pté. mais il ne M*ra pas di.scuté ; c'est et» que

dit hautement l'opposition, qui prétend que la question ministérielle venant d'être vidée, il ne saurait y avoir lieu à la débattre, du moins tant qu'aueun fait nouveau ne se sera produit. Dans cette situation extrême, que fera le ministère? Fera-t-il comme le cheval de course lorsqu'il reste seul engagé ?parcourra-l-il paisiblement l'hippodrome parlementaire pour recevoir un prix qui n'aura pas été disputé ?

En portant leur démission au roi, immédiatement après le vote du 20 janvier 1845, les ministres eussent simplifié les difficultés; car, de deux choses l'une r ou il est possible, ou il ne Pest pas, de composer, en remplacement du cabinet actuel, une administration qui donne au parti conservateur assez de garanties pour qu'elle puisse compter sur la majorité, et, par ce mot. nous n'entendons pas une cohue, un pôle-méle de tous les partis, mais 230 voix, au moins, de députés voulant tous un pouvoir fort et respecté, un ministère ferme et prévoyant, aussi bien au dehors qu'au dedans. Si cette administration parvenait à se former, les difficultés s'aplanissaient d'elles-mêmes; elle attendait pour faire des élections f^'énérales (ju'elle eût tranché toutes les graves questions en suspens. Si, au contraire, répn»uve tentée avait fait apparaître dans toute son évidence l'impossibilité de former, avec des gages suffisants de durée et de solidité, un cabinet intermédiaire, c'est à dire un cabinet duquel ne feraient partie ni M. Thiers , ni M. Guizot,les ministres du 29 octobre reprenaient leurs démissions, et force alors était bien aux dissidents qui tiennent aujourd'hui la majorité incertaine de passer d'un côté ou de l'autre. Si les dissidents passaient dans les rangs de l'opposition, le cabinet, dont l'impuissance démontrée de ses compétiteurs aurait alors inévitablement amélioré la position, n'ayant rien â perdre, prononçait la dissolution ; si, au contraire, les dissidents revenaient à lui, vaincus par suite du résultat de l'épreuve vainement tentée, rien ne remi)èchait d'aller paisiblement jusiju'à l'expiration de la législature, en profitant de l'expérience de ces quatre an-

Ui 1945.

nées pour réparer les fautes du passé et éviter d'en commettre de nouvelles.

Voici, selon nous, la situation telle qu'elle se déduisait logiquement : aucune violence n eût été faite ainsi ni au pays, ni aux hommes, ni aux choses, qui suivaient leur cours naturel. Si le ministère du 29 octobre restait, il demeurait en possession, sinon d'une grande force absolue, du moins d'une grande force relative ; s'il ne restait pas, il lais.sait le pouvoir h un homme d'État dont les mains l'ont déjà plus d'une fois porté, et qui présente par lui-môme assez de garanties pour qu'il n'y ait pas h s'occuper de celles que quelques-uns de ses collègues auraient pu commencer par laisser h désirer.

11 n'y avait donc là pour le parti conser>'ateur ni motif ni prétexte de concevoir la plus légère inquiétude. En jamier 1839, la situation était loin dxHre la même qu'en janvier 1845; car, h cette époque, il fallait de toute nécessité opter entre le ministère du 15 avril ou une administration Guizol- Thicrs-Barrot. Les éléments d'un cabinet neutre manquaient alors. L*idée de la combinaison intermédiaire du 12 mai 1839 n'était encore venue à personne.

Peut-être la réunion des il 3, cpii a eu lieu hier, n'a-l-elle pas tenu assez décompte de cette difierence entre les deux épo(iues ! Nous le craignons ; nous craignons qu'au lieu de simplifier les difficultés, elle ne les ail aggravées, et qu'elle ail nui à ceux-là même des ministres qu'elle voulait le plus servir.

Le temps tious apprendra de quel <rôté ont été la raison el la prudence, et si la résolution qu'on a prise était en effet la meilleure.

xxn

2 février 1845.

Nous n*avons guère dVs[)oir de parvenir à modifier les opinions de -M. le ministre des affaires étrangères sur l'alliance anglaise : cet espoir, si nous l'avions jamais eu. quatre

années de vains efforts nous Tauraient ôtél Mais, tout en nous opposant, en 1841, h Tembastionnement de Paris, ce monument gigantesque de notre inconséquence politique, en 1842, à la ratification du traité du 20 décembre, en 1843 et 1844, à toute concession non réciproque faite à la crainte chimérique d'une guerre entre la France et l'Angleterre, nous avons dû tenir compte, d'abord de la difliculté de composer un aulre cabinet que celui du 29 octobre, ensuite des obstacles qu'il aurait à surmonter en admettant qu'il parvînt à se former. Nous ne voulons pas dire que ces obstacles seraient invincibles, mais ils seraient infmiment sérieux. Ils apparaissent d'eux-mêmes ; tout le monde les connaît ; nous n'avons donc plus besoin de les énumérer. It y avait un moyen de les aplanir, c'est celui que nous avons indiqué en parlant de la retraite volontaire de M. Guizot, a qui lui » laisserait le loisir de se préparer à un retour au pouvoir » avec tout l'avantage d'une expérience de quatre années » passées dans la pratique des aiïaires ; ayant alors, disions- » nous, l'expérience de plus et les fautes de moins. »

En effet, M. Guizot, en se retirant ainsi volontairement, dégageait pleinement ses collègues et ses amis, ceux d'entre eux même les plus scrupuleux et les plus dévoués. Leur entrée dans la nouvelle administration était une garantie qu'il (M)nseiTail. H arrêtait, il étouffait toute dissidence, touli' division au sein du parti conservateur; le parti conservateur restait compact et se grossissait au lieu de s'amoindrir. Ce moyen , il est vrai, demandait une grande fermeté (rame, une giande confiance en soi-même et dans l'avenir; mais cette fermeté d'âme, cette grande confiance en soi-même et dans l'avenir n'étaient pas plus grandes que celles dont nous croyons doué M. le ministre des affaires étrangères. S'il n'a pas pris ce parti, cjui l'eût élevé à tous les yeux, il n'en faut accuser que la pernicieuse influence d'un entourage composé de subalternes cupides et d'amis exclusifs, dont le dévoûmenl aveugle va jusqu'à ce point de croire que, hors M. Guizot, il n'y a point de salut pour la France, ni de paix pour le monde. H ne faut pas se le dis-

Ui 1845.

nées pour réparer les fautes du passé et éviter d'en commettre (le nouvelles.

Voici, selon nous, la situation telle qu'elle se déduisait logiquement : aucune violence n'eût été faite ainsi ni au pays, ni aux hommes, ni aux choses, (|ui suivaient leur cours naturel. Si le ministère du 29 octobre restait, il demeurait en possession, sinon d'une grande force absolue, du moins d'une grande force relative : s'il ne restait imis. il laissait le pouvoir îi un homme d'État dont les mains l'ont déjà plus d'une fois porté, et qui présente par lui-même assez de garanties pour qu'il n'y ait pas à s'occuper de celles que quelques-uns de ses collégu<?s auraient pu commencer pjir laisser à désirer.

Il n'y avait donc là pour le parti conser>at^Mir ni motif ni prétexte de concevoir la plus légère inquiétude. En janvier 1839, la situation était loin d'être la même qu'en janvier 1845; car, à cette époque, il fallait (lo toute néoessité opter entre le ministère du 113 avril ou une administration Guizot- Thiers-Barrot. Les éléments d'un cabinet neutre manquaient alors. L'idée de la combinaison intermédiaire du 12 mai 1839 n'était encore venue à piTsonne.

Peut-être la réunion des il 3, qui a eu lieu hier, n'a-t-elle pas tenu assez deconjpte de cette difierence entre les deux épo(iues I Nous le craignons ; nous craignons (ju au lieu de simplilier les difficullés, elle ne les ait aggravées, et qu'elle ait nui à ceux-là même des nnnistres qu'elle voulait le plus servir.

Le temps flous apprendra de<iuel côté ont été la raison et la prudence, et si la résolution (lu on a prise était en effet la meilleure.

2 février 1845.

Nous n'avons guère d'espoir de parvenir à modifier les opinions de M. le niinislre des afl'aires élrangères sur Talliance anglai.se : cet espoir, si nous l'avions jamais eu, quatre

années de vains efforts nous Tauraient ôtél Mais, tout en nous opposant, en 1841, à l^embastionnemeni de Paris, ce monument gigantesque de notre inconséquence politique, en 1842, à la ratification du traité du 20 décembre, en 1843 et 1844, à toute concession non réciproque faite à la crainte ciiimérique d'une guerre entre la France et TAngleterre, nous avons dû tenir compte, d^ibordde la diflGculté de composer un autre cabinet ({ue celui du 29 octobre, ensuite des obstacles qu'il aurait h surmonter en admettant qu^il parvînt à se former. Nous ne voulons pas dire que ces obstacles seraient invincibles, mais ils seraient infiniment sérieux. Us apparaissent d'eux-mêmes; tout le monde les connaît; nous n'avons donc plus besoin de les énumérer. If y avait un moyen de les aplanir, c^est celui que nous avons indiqué en parlant de la retraite volontaire de M. Guizot, « qui lui > laisserait le loisir de se préparer à un retour au pouvoir » avec tout l'avantage d'une expérience de quatre années » passées dans la pratique des affaires ; ayant alors, disions- » nous, l'expérience de plus et les fautes de moins. »

En effet, M. Guizot, en se retirant ainsi volontairement, dégageait pleinement ses collègues et ses amis, ceux d'entre eux même les plus scrupuleux et les plus dévoués. Leur entrée dans la nouvelle administration était une garantie qu'il conservait. Il arrêtait, il étouffait toute dissidence, toule division au sein du parti conservateur; le parti conservateur restaîl compact et se grossissait au lieu de s'amoindrir. Ce moyen , il est vrai, demandait une grande fermeté crame, une grande confiance en soi-même et dans l'avenir; mais cette fermeté d'âme, cette grande conGance en soi-même et danslavenir n'étaient pas plus grandes que celles dont nous croyons doué M. le ministre des affaires étrangères. S'il n'a pas pris ce parti, qui l'eût élevé à tous les yeux, il n'en faut accuser que la pernicieuse influence d'un entourage composé de subalternes cupides et d'amis exclusifs, dont le dévoûment aveugle va jusqu'à ce point de croire que, hors M. Guizot, il n'y a point de salut pour la France, ni de paix pour le monde. Il ne faut pas se le dis-

simuler , aulniU la situation pDlitique eût été simple si M. Guizot se fût voIoiilaireimMit relire et noblement effaeê, remettant lui-même tejnporaircment son propre portefeuille à son ancien coIlè(:ue du G sept(*ml)re 18^)6. autant la situation, au contraire, s est compliquée <*t s'est aggravée, le jour 011 le cahinet a mis son honneur, à tort, seltm nous, à tomber tout entier et à soutenir la lutte jusqu'à la dernièn» extrênnlé, et peut-être même enc(»re plus loin, sans b'arrêter à la crainte de diviser profondément le parti conservateur. Oui, nous ravdUoMS, le poids de celte situation nous a fait plus dune fois lléchir (»t n»culer devant les consèquenc(»s rigoureuses de nos <liss(*ntiments av4'c le cabinet sur d'iu)portantes (piestions. Nous avons vu poindre la coalition de 18^39, et nous n'avons pas encore oublié comment elle na()uit d'une hésitation du ministère entre M. Duehâtel et M. Passy, aspirant tous deu\ à la présidence de la commission du budj^'et, vi s'excluant l'un l'autre. Si ce jour-là le ministère du 1*3 avril 1837. ainsi que nous l'en conjurions, eut pris bravement son parti entre le centre droit ayant pour chefs MM. Guizot et Duclu\tel, et le centre gauche ayant pour chef^MM. Thiers et Passy. s'il eût donné la préférem-e à ceux-lii surc«Mix-i-i, la majorité ne se fût pas diviséi\ la c :alilinn n eût pas écrit son nom dans nos annales parlementaires.

Se stiuvenir c'est prévoir. Quelles garanties nous dunnet-(»n tju'un conrours de circonstances paivil ou différent ne ramènerait pas hi même situation ? Nous voyons bien qu'il existe au sein du parti conservateur un c(*rtain nombre de dissidents, qui cesseraient de l'être le jour (rù le cabinet du 29 octobre 1840 aurait fait place ii un cabinet nouveau ; mais d'autres dissidents ne \i«Mulraienl-ils pas aussitôt renqjlacer ceux-là? (Iroit~on que les amis exclusifs que MM. GuiZot et Duchàlel comptent dans les centres clianj>eraienl de culte et d«.' caractère du jour au lendemain? Croil-t>" (piils n'entra veraii'Ut pas de tout leur pouvoir la nouvelle administratittn? C'est une illusi(»n que nous ne saurions partager. .N«)us .^^avuns d'avance ce qu'on peut

nous répondre. Le ministère nouveau, nous dira-t-on, s'appuyant sur le centre gauche, sera assez fort pour n'avoir pas à craindre l'opposition sourde ou déclarée des conservateurs passionnés auxquels il vient d'être fait allusion. Oui, mais h quoi prix et combien de temps, demanderonsnous h notre tour? Admettons que le centre gauche pousse l'héroïsme du désintéressement jusqu'à prêter sans condition au. nouveau cabinet son concours et plusieurs de ses chefs; dans cc.cas ne serait-il pas h craindre que ce désintéressement ne parût bientôt aux diverses oppositions un trop facile abandon, nous ne cbsons pas des principes, mais seulement de certaines questions, presque une mystification? Toutes ces éventualités, et d'aulr(\s encore, nous avons dû les prévoir; toutes ces réflexions, nous avons dû les faire, ce sont elles qui explicpient notre réserve. Oui, nous en convenons, tous nos efTorls ont été vains pour changer les opinions de M. le ministre des affaires étrangères sur l'alliance anglaise : mais s'ils ont été impuissants pour l'arrêter sur la pente qui Ta conduit au vote du 27 janvier ; ils ne Tout pas été pour empêcher la ratification de la convention du 20 décembre, ils ne le seront pas pour empêcher le payement, sur le budget dePÉlat,de l'indemnité Pritchard ; ils ne le seront pas pour oblemr. en dépit du choix de MM. le (iuc de Broglie et le docteur Lushington, que notre conmierce soit replacé sous la surveillance exclusive de notre pavillon, coîiforménïenl au vœu du pays et des chambres. Or, cela nous suflil, car, encore une fois, que voulons-nous? — Ce cpie nous voulons surtout, c'est que TAngleteiTe sache bien cjue s'il nVxislt» pas parmi nous un parti des saints, puissant et redouté, il existe dans les rangs de la majorilé un appoint sans lecpiel elle n'est pas, appoint C(jmposé d'honunes fermes et nïo<lérés. prêts à faire au maintien de la paix toutes hvs concessions, mais à la (*ondition expresse qu'elles senml égales et récipro<|ues, et que Tentente cordiale ne soit pas une vaine assurance démentie par le mauvais vouloir évident que la Grande-Bretagne apporte dans la conclusion des négociations relatives

lY. u

lÉi.

5i6 flM&.

nu droit do visiU» ; dônientio pnr les monacos que sirRQbt*rl Pool a fiiil onlendro avant nu^miMroiro exactement infurnW* de ce qui s\M ait passé h Tahiti entre le capitaine d*Aubigny et le missionnaire Pritchard : démentie par la réclamai ion hautaine d'une réparation et d'une indemnité qui n étaient pas dues; démentie par les entraves mises à la ]il)erté de nos mouvements dans notre expédilif»n contre le Maroc; démentie enfin par Tnbstination mise à maintenir sans exéquatur, à Alf^'or, un aèrent et consul-général britannique dont la présence est une protestation permanente contre la légitimité de notre «nrupation.

Rien de plus facikMpie de renverser un cabinet quand on borne là sa tâche. (|uand on ne prend nul souci du lendemain, quand les grands intérêts du pays ne sont qu'un prétexte mis en avant pour servir de masque à de |H»tits intérêts de cot(M'ie, et de marchepied à de misénibles aml)ilions, trop faibles par clit^s-mémes pour s élever mitremeiil (lue par Tinlrigue : mais à chacun son œuviv. Oui. nous tvgretlons siiK'èiemenl <|uo h» ministère n'ait pas donné sa démission: mais si nous le regi-etlons, cVst uniquement pour lui. Nous ne nous faisons point illusion sur le degré de maturité de certames idées politiques (|ue. .m»uIs, nous défendons dans la presse: nous savons que ceux des hommes (TKlat placés assez haut pour être app'elés h composer un cabinet, qui ne contestent pas la juste.ss*» de ces idées, en contestent quant à présent la possibilité d application. D«* là vient notre indilTérence en matière de changement do ministère.

8 mnr> 1B45.'

I/aggravalion de la situation politique, ses difficultés chaque jour croissantes sont un fait qui frappe aujourd'hui tous les yt'ux. même les moins ouvi'its, et jette dans une doul.iureuse perplexité, dans une pesante irrésolution. lou.s t-eux (|ui.c(»mme ni»us. neutres, mais non point indiflerents.

sont sans intérêts et sans passions dans la lulle extrême à laquelle ils assistent avec regret, n'ont qu'une pensée : le bien et l'honneur du pays, voient le mal et ne voient plus le remède.

Le remède !.... il y en avait encore un il y a quelques semaines, et nous l'avons alors indiqué : c'était que M. le ministre des aflaires étrangères, à qui Irois années n'avaient pas suffi pour obtenir du cabinet anglais que celui-ci se rendît au vœu de la France exprimé par la Chambre des députés, de voir replacer notre commerce sous la surveillance exclusive de noire pavillon, et (|ui ne s'était pas senti assez fort pour refuser à l'Angleterre une réparation demandée avec arrogance, une indeninité obtenue sans droit ; c'était que M. le ministre des affaires étrangères, se fondant sur ces motifs, ou alléguant un prétexti*. se retirât du cabinet avant l'ouverture de la session. Cette retraite volontaire, par laquelle il eiU rendu à ses collègues toute liberté: cette retraite momenlanée. par hupielleil n'eût fait à l'avenir que le sacrifice d'un présent assez court: celte retraite habile, par laquelle il eût étouffé lout genne de division dans le sein du parti cons<M'vateur et accpiis de nouveaux droits à sa confiance et à sa reconnaissance: cette retraite, sans diminuer Torateur. eùl grandi l'honinu* d'État! Consciencieusement, qui eilt osé dire (|ue M. (iuiznt s'était retiré parce qu'il avait douté de la su[)ériorité de sa parole? Qui eût osé dire qu'il avait fui devant la tribune? Et si on l'avait dit, qui l'aurait cru?— Mais, en a<hn(Mtanl même qu'il y eût lieu de craindn» que la nobless(» et la prud(»nc<» de cette conduite fussent nïécoiiinics. déiiiiturees. faussement interprétées, indignement caloniniécs par les partis, l'ancien ministre des affaires étrangères ne demeurait-il pas toujours le député de Lisicux. l'orateur que l'opposition, tout en le combattant, ne peut se défiMidre d'achnirer? La tribune et .ses amis ne lui restaicnt-ils |)iis toujours ? Il y a des circ(»nstances où l'homme, même le plus fort, n'attend pas p»»ur renoncer è la lutte qu'il ait épuisé sa deroicn* ressource. Quand Napoléon a abdiqué à FonL'iineblenu. il prouvait en-

corc comlwllro; il no Ta pas voulu, el cotte abnégation ne lui a rien fait perdre de sa gloire. Au moyen de cette retraite volontaire de M. le ministre des atraires étrangères, M. le comte Mole eût alors pu prendre, à côte détruis de ses anciens collègues du lo avril 1837, la place de 31. Guizot dans le conseil, et M. Guizot. s'il lavait voulu, n'aurait eu qu'à accepter la place de M. Sauzet au fauteuil de la présidence. Le parti cons(»r\aleur, s'il ne» se filt pas considérablement grossi, du moins ne se fiU pas diminué, ne .se fût pas divisé: il nVût alors laissé à l'écart du pouvoir, ce qui sera toujoui*s pour lui une caiis(> d'atTaibIis.sement et de déchirements, aucun de» s«*s chefs, à l'i^xceptittn de M. le comte de Moiitalivet. d(»nt tous les amis savent que le désir est de rester éloigné des affaires et de n'y re\enir que s'il y était rappelé par une néct»ssilé iin]KTieuse. Deux fautes graves, et qu'on pciuvail croin» irréparables, eussent été ainsi réparé(»s. Nous vouhms parler premièn^ment de la faute ((ui fut conunise en ne faisant pas iiM. (îuiz(»l sji juste part dans le ministèiv du (» sept(*mbre 18:U>. où il aurait dû ocruper rinlérieur. el où il fut relégué à l'Instruction publique: (h'uxièmemenl. d(> l'autre faute non moins grave qui fut conunise stius le ministère du l.'>a\ril IK)?, avant tpie la ci)alili:)n ne se fiii formée, en n'appehint pas à la pivsideiice de la (Ihambn* le puissant orateur qui avait défendu contre M. Tliiers la polili([ue du cabinet sut la questiuii de rinlervtMilion ;irmée t\v la lYance en Es|Kigne. H est il regretter pour \v parti conservateur, d est à déplorer pour le pays que rturasinn précieuse de .>e servir «l'une faute piiur en lepaicM* une auli'e n'ait pas été sai>ie (|uan(l elle s'est onérle. a la lin dt* l'anut'c derm'ère. Depuis cette é|ii*que, les diflirulîés. loin de se simplifier, n'tmt fait que s'aggra>er! i)«'s dis^idi*nrcs ont \u le jnur qui ne se fussent |ias produites! i)(*s déchirements ont eu lieu qui n'eu>sent {mis l'ait la jiiie dc> |iarlist'\lrém(N! Des rappnM'heinenIs se sont opiM'és l'u s«'MS cniilriiin* de cimix qut* depuis IHiW nous n'a- \iitns rcs>e d'appeler de ti>us nos \(i'u\! Où allons-nous aiiiNÎ:* — {J{\\ \v sait:* — Oui le p<»uri-ait «lire? — Ce qu'il y

a à craindre, c'est que nous n^allions à Tinstabilité sans aller au progrès.

9 mars 1845.

fl y a danger de séparer ce qui doit rester uni, de prendre tels hommes et de ne pas prendre tels autres, placés sur le même rang, et appartenant au même parti, le jour où ce parti est appelé h diriger les affaires; de faire entrer les uns et de ne pas faire entrer les autres. C'est une faute qu'assurément on ne commettrait pas en Angleterre, et c'est pour cela que le nombre des départements ministériels y varie à l'infini. Dix portefeuilles suffisent-ils pour en donner un à cluKiue homme éminent de la nhijorité nouvelle, le nombre en est réduit à dix. — En faut-il quinze, le nombre est porté à quinze. — En faudrait-il plus qu'il serait encore accru. Est-il jamais venu à l'idée d'un cabinet tory de se fonner sans appeler dans son sein le duc de Wellington, bien qu'c^gé de soixante-seize ans? Le moyen d'empêcher qu'un parti au pouv«)ir se divise, c'est de composer le cabinet qui le représente de toutes les nuances diverses, de toutes. les aptitudes différentes, de toutes les notabilités .«ans exception dont ce parti se conq)ose. Si ce sont les choses, en France, qui font obstacle à ce (ju'il en soit ainsi, et bien! que l'on change les choses. Ce .sont les choses qui doivent céder devant les hommes, <'e ne sont pas les hommes qui doivent céder <levant les choses, et quand le contraire arrive, on peut dire i\ coup sûr (ju on est mal gouverné. Si vous n'aviez pas assez de neuf portefeuilles, il fallait en faire dix, il fallait en faire douze, il fallait en faire vingt, si vingt vous étaient nécessaires |>our qu'aucun chef du parti conservateur ne restAt en arrièir, sans œuvre à a<Tomplir, sans responsabilité à porter, n'ayant qu'à observer et à se demander s'il n'eût pas fait mieux! C'est déjà bien assez d'avoir à lutter contre l'opposition systématique, contre l'opposition nécessaire, pour qu'on doive éviter d'à-

voir encore (ronlre soi la crilique, toujours prôlc à nallre dans l'esprit do riioimne. — fiil-il Je plus bienveillant du nnïiuie, — <iui n'est occupé ([u'à <»hserver. tandis ijuc v«.iu> ^tes, vous, oeeupé à faire. Ayez des adversaires politiques, peu imptirle le nonihie. mais n'ayez jamais de rivaux. Lord l*almerston est iadxersaire du comte d'Aberdeen, mais il nVn esl pas le rival.. M. le comte Mt»Iêest lu rivalde3I. Guizt)l. mais il n'en (»st pas l'adversaire. M Tliiers, allié a M. Harrot. est maintenant l'adversaire de M. Guizot, il en a été lonjj[temps le rival : il ne l'est plus! Le jour où M. Thters reviendrait au pou\oir. il conunet trait une ^l'i^nde faute s'il n'y entrait pas avec tous les hommes éminents de ropposilion dynastique qui en n^présentent les nuaiwes diverse>. Loin de blAmer .M. Thiers de faire ainsi ii t uis ses amis et a chacun leur paît, nous dirions qu'il fait bien, qu'il fait .sai^'cment. al.»rs même ipie nous deM'ii:ns être les adversiins dédales de sa polit ii pie. Il faut être conséquent, et vouloir les m lyensde ce dont on veut la lin. Veut-on sineèi-emenl le gouvernem(*nt représentatil ? Il faut en reconnaître les f»\i};enccs et les satisfain*. Nous l'avons dit et mais le répéterons, car il e>t di's xérités qu'on ne saurait trop redire, la compi»sition du ministèrt> du 0 septembre IKM) fut une |iremière faute: i'e\clusi.)n de .M. (luizot sous le l'i avril 1837. qui eut accepté la présidenc*» de la Chambre, fut une .<e- C'Uule faute: mais une faute plus };rave encore (|ue les deux autres, c'a été la formation du ministère du ^) octobre 1840. c'a été d'appeler l'ambassadeur de France ii Litndresà remplacer le ministre a\ec le(pa»l il a\ait échangé la veille îles dépêches: c'a été d'appel(*r un chef de la ci»alition victiH ritMisc à recueillir les dépouilles, non de celui qui avait été son adxersain». mais d«* ci'lui cpii avait été son a.*iso<"iè. Le ministère du i\) octubre ISSU m* pouvait a\4rir de la force et delà grandeur qu'a la fundition de iviinir dans .son sein tout ce qui avait fait la fuice et la f^randeurdu parti cou mtvateiir. iM «pii ne s"imi était pas ouvertement séparé. IV»urquoi s'être ainrs borne a prendre M. M. Martin du Non! et f!unin-(îridaine. et n'axoir pas pris tout de suite en ni^nie

lemps iMM. Lacave-Lapliigne et de Salvandy, appelés plus lard? Pourquoi, dès qu'on ne faisait aueune diffieulté de prendre ces quatre anciens ministres, avoir laissé à l'écart MM. le comte Mok^ et le comte de Monlalivel? Pour soi comme pour eux, étail-ce dijzne? fttait-<e juste? Était-ce prudent? Était-ce politique? En Angleterre, pareille faute se fût-elle faite?

Mais, en France, ce sont toujours les petites choses qui l'emportent sur les grandes ; celles que l'on ménage sont précisément celles (|u'on devrait sacrifier. Ainsi, chez nous, par exemple, le cabinet Peel n'aurait pas pu réussir à se former ; un aussi grand renom que celui de lord Wellington n'aurait pas cru piuvoip admettre une autre présidence que la sienne. Vous verrez que la présidence du conseil sera recueil contre lecjuel viendront se briser encore les plus solides combinaisons ministérielles. Il n'y avait pas assez de rivalités politiques, il a fallu en créer une de plus, et vous verrez qu'après lavoir fait naître imprudemment, nous ne saurons pas la faire disparaître.

Il se peut (juVn d'autres tem])S. diciser pour régner aii été une profonde et salutaire maxime; mais, de nos jours, diviser pour gouverner en est une détestable et fort dangereuse. Voulez-vous n'avoir, <»n France. (|ue deux partis et deux fractions, l'opposition dynastique et la majorité ministérielle, les républicains et les légitimistes, ne divLsez pas les hommes, et forcez-les dVln» conséquenis avec euxmêmes. Le jour où MM. Giiiz>t. Thiers, DuchAtel, .s'étaient alliés fi M. Barrol et à toute l'opposition pour renverser le ministère du 15 avril 18.37. il ne fallait plus leur pennettrr de se séparer, de briser la solidarité (jui les avait unis, il fallait les contraindre à prendn» tous cnsenïble le pouvoir, afin que la majorité, qui les avait crus sur parole, les jugeAt sur leurs actes. Ni le ministèn» du \i mai 1K'Î9, ni le ministère du l"*" mars 18i0 n'auraient dû voir le jour. Ce qui a pu être considéré comme de Phabilt^té à cette époque n'en a pas été, on le voit bi<'n auj^'urd'hui : on le verra bien mieux encore plus tard. Le ministère du *^ nc*tnbre 1840.

composé ;iinsi qu'il Pn été, a faussé toutes los situations. On ne sait plus où eoninience loppositiou et où elle iinit ; on ne sait plus où finit le parti eonservateuret où il c(»mmt;nee. Le parti eonservateur a deux rhefs : le plus légitime des deux, évidenunent, n'<\st pas celui qui a le |)ouvoir. Pour nier cela, il faudrait rayer de nos annales parlementain^s les six deniiei^s mois de 181^ et les quatre premiers mois de ia39.

Eh bien! depuis ce temps, qua-t-on fait pour redresser les situations et rappra<*her les luunmes, eeux(|ui n'avaient aucun tort à expier de ceux qui étaient par\enus, k force de talent, i\ se fain» pard(»nner h»s leui's ? — liien, al>solument rien. On a trouvé tout simple «pie M. Mole expiât, par l'éloij^nement du p<»uvoir (*t par Tisolement de ses amis, des torts (|u*il n'avait pas eus, et qu'au contraire .M. Guizol tirj\t avec éclat prolit des siens! Sans exclure M. Guizot des alVaires. après la chute du ministère du 1*^' nvirs 1840. nelait-il pas moral, n*élait-il pas juste, netait-il pas polilili<iuedt* parla^'crle p<Mivoir entre ceux h qui il revenait lé|;ilimenicnt alors, d'abord aux ministres du 1o avril 1837. iiux ministres du li mai \M\). à M. de Lamartine, qui avait si f;lorieuscmtMit couvert la retraitt» des i^l. décimés par h's élections. «»l pt»rlé à M. ïhicrs, président du conseil, le premier coup, et enfin, mais en dernier, à M. (fuizol, de retour de Londres à Paris ? (l'est ce (pi'on n'a pas fait. El aujourd'hui Wm s étonne de recueillir ce <|ue l'on a semé. On a semé des difficultés, on en recueille ; et ces difficultés sont telles que ce serait s'abus<»r étrangement que de rrnirc ipi'cllcs ne survivront pas au renversement du cabinet.

17 juillet IB46.

Vous rappelez que nous avons c(»mbattu M. Guizot sur la question des fortifications, cela est vrai : vous rappelez que re\tcnsi(»n donnée ;nix i*on\entionN d«» IH;il-l833 n'a pas

eu d'advei'saires plus sysléinali^iues que nous, cela est encore vrai ; vous rappelez que, le lendemain du vote Prilrhard, nous n'avons pas craint dVcrire : « 11 n'y a désor- » mais dans le monde (jue trois puissances de premier or- » dïv : TAngleterre, la Russie et les Etats-Unis. » Ce sont les mots dont, en effet, nous nous sommes servi pour exprimer notre pensée, pensée dans la(iuelle nous persistons; vous rappelez que nous avons lutté de toutes nos forces ronti-e la coalition ; loin de nier le fait, nous Tavouons hautement, et nous nous en honorons; oui, tout cela est vrai, strictement vrai ; mais, de tout cela, quelle conclusion tirez-vous? La ccmclusion qui se tire dVlle-ménjo, la conclusion vraie, la con<'lusion rigour<»use, c'est cpren aucune circonstance, nous n'avons ahandoimé le terrain (|ui nous paraissait i>tre celui de la vcrilc, celui des intérêts et de l'honneur du pays, celui des principes. Voilà ce qui ressort aussi clairement que le jour de toules vos paroles. Eh bien! ce n'est pas celte conclusiini si simple tjue vous tirez, c'est la cmiclusion contraire. Vous dit(*s (|ue « nous sacnfions tws " priticipesà M. Gnizat, » (piand vous venez de démontrer longuement et péremptoirement ({u'aucune considération secondaire n'avait pu ohlenir de nous cjue nous lui en sacrifiassions un seul! Pour vous, apparemment, conchm» c'est se contredire. Ce (pie c'est que l'empire de l'hahilude : quand vous vous dtmnez à vous-même de tels démentis qui sautent à tous les yeux, \ous lu» vous en «percevez mémo pas !

Ce que \ous iilU'Z \\\ms répondre est facile a prévoir; vous allez dire : Oui. cela est vrai, v.ms avez défendu les principes avec perséxérance, avec vigueur, mais vous ne lesavez pas défendus jusqu'au bout, car toutes les fois que la question de vie ou de mort du cnhinet s't»sl posée devant vous, vous vous êtes arrêté court. v<»us avez nvulé, et re<!uler, dans de telles conjonctures, n'avoir pas le courage de renverser les minislr(*s. c'est trahrr les principes, c'est les samficr.

Vous C'.inviont-il de |H>rter la di.scussion sur ce terrain t~

Snil. Supposons (pic» nous ayons fail co qu'îi fail M. «le Lamarlim». co cpronl fait plus lard MM. Passy e! DnfaureiMpio nous soyons sorti (lt»s ranf^s de la maji»ritô |K»ur onlronlans rcMix (\o l'opposition. <Toyc»z-vous ipic notre» Vi»ix on oOl ar- (pus plus (rautorilé. pius do nMcntissmuMil ? Cn»yoz-v.»us (pi<* M. t\r Lamartine, alors (pril niarrliait en 18il à la télé (W la fraetinn (pu' représente dans le parti er»n.sorvatonr les idées de proj;rès et fl(» ei\ili>ation. les idées de paix et de liberté, d'ordre et de pouvoir, n'avait pas une situation meilleure, plus ronsiiiérahle. plus forte, plus utile que celle (pi'il oecupe aujourd'hui dans l'opposition, où l'isolent i'indépendanre de ses eon\ietionset l'élévation dt* son immense talent? Il \ a\ait ii relie époque un ministère possfhle. un minisièn* qui n'aurait eu |)our eliefs ni M. Guiz it ni M. Thiers. un ministère tpii aurait été aerueilli de toutes |tarts avec les s>mpathies les plus \i\es. tm ministèiv qui aurait fait prendre au parti conservateur l'initiative de toutes les réformes utilt^s: mais i\vs racoleurs de roppo>ilion n'ont pas eu de cesse qu'ils n'aient ri'uver.'^é la c.iinhinaison que desi'sprils clairvo\ants avaient l<n^Miemenl pivpaive et mèna^iée. comhinaiscni il jamais rt*p*etlal)Ie: car. alors même qu'elle n'«'ùt [»as été app<>lce ii prendrt* le p<iuvoîr. il ertt >ufli qu'elle c tulimiàt d'exister pour dimiuM' au calmiel du ^iiclohn» une attitude ditlérente de cellt* qu4* lui a permis di* prendn» lahsiMict» di* toute rivalité hmI lUtalde.

(lef|ue\iius \oudriez. c'est ipie nous vous aida.s>iuns à renxcrser le cahinel. Kli hii'iiî quand n »us nous mt^lrions. eniniiK* vous, dcux (cillcrcs devant l(*s \eu\ (pii nous enipcclieraieni de rien \oir autour de nous: quand niais assi»cierioiis nos l'iVorls aux Nôtres pour i'elleœu\n» de destruction, en seriez-vous heauc mp plus avancés :* A-t-il d'Mir sufli il MM.dt* Lamartine et nuraured^nller jLrrossir les ranps de MM. Tliiers. Hillault. Harrol. Ledrii-Hoilin et Rerrxrr pour jeter a terre le i-ahinet 1

Mais. admettf»ns un instant ipiil suffit den itre assistance p iiir altejn<lie le luit que \ .«us poursuivez : encore une fois, qu'x ^Mj^neriez-Noiis!^ — Ouavez-\ous •;a;:né à la dofnilo

du cabinet du 15 avril 1836? Qu'avez-vous gagné au Iriomphe de la coalition 1 Qu'avez-vous gagné à la formation du cabinet du 12 mai 18i)9? Qu'avez-vous gagné à son renversement? Qu'avez-vous gagné à Pavénement du cabinet du l*' mars 1840? Qu'avez-vous gagné à sa chute ? Répondez. Enfants, pour (pii les renversenienls de cabinets sont un jeu, jeu dont la France a déjà assez clièremenl payé les frais, vous ne voyez donc pas ipie la (pieslion réside principalement dans les hommes, et que là où il n'y a pas d'hommes nouveaux pour succéder aux nn'nistres qu'on vient d'abattre, on ne réussit à ce jeu qu'à affaiblir les inslilulions, qu'il retarder leur progrès !

Vous dites que c'est M. Thiers qui détruit l'opposilion. Il nous semble ciue M. Thiers n'a pas toujoui's fail partie de l'opposition. Eh bien.' de I8.*J0 à 1836, alors (juc M. Thiers était au ï)ouvoir avec M.Guizot, alors quilétail véhémentement attaqué par M. Barrot, l'ijpposition, nous le demandons à tous ceux (lui ont conservé le souvenir des luttes parlementaires de cclti» épocph». l'opposition était-elle plus forte, se faisait-ille rcmanpicr |>ar des idées plus élevées ou plus justes? Qui sVst oppo^ié à ce qu'elle devînt la majorité? Qui l'a enq)échée de s"cuq)arer du pouvoir? N'a-t-il pas changé assez souvent de mains pendant les six premières années (|ui se sont écoulées de 18^30 à 18.36?

Vous dites cpi il y a, nun pas un nu'nistère, mais dix ministères en dehors de MM. Thiers, Barrot et Guizot. S'il en est ainsi, essayez donc d'en former un seul (jui mérite votre appui et qui obtienne le concours de la majorité. Nous vous en portons le déll.

23 luar-- 1847.

On >e rappelle encore le fameux cri d'alarme : « Malheu^ »♦ rrn^e France, malhcnrciw roi! •» jeté par \o Journal des Débats, Aujourd'hui, la même ftniille pousse ce cri de détresse noD moins plaintif et non moins rclenlissant : « // ne

» faut pas attendre un autre coup pour «VrfiZfer, ot l o?s »» s*ÊVEiLLERAiT PELT-f.TRE TROP tard! » QuVsl-îl clinic arrivé ? <uirnit-on sarriliê M. Giiiztit à loiil PalmerstoiK comme îiuïrefois M. dt» ChftliNiuhriaiul.ful sarrifiô à M. do Villèlo? M. Thiers, (iiii osl à la rôvoliilionilc 18:30 iv qiip M. le primée do Poli^nar ôtail à la restauration do I8I0, io danger f]ui la monaeo, aurail-il été appelé à ff)nnor un nouveau cabinet? Non ; il n est rion arrivé do tout cola ; co (|ui o:îl arrivé est hion aulromont grave : M. Léon do Maloville a été nommé vice-président de la (Ihainhre en eoucunxMiee de M. Dupral et en rcniplaeenuMil de M. HéluM'l. Ce n est pas lout ; il s'est trouvé au sein de la majorilé un certain nombre 4ie membres indisciplinés, <pii n'ont pas voulu pouss<»r l'esprit d'intolérance jusqu'à oxeluro systéniatiqueniont de toutes les conunissions tout député de Topposit ion. Ce n'est |kis tout encore; il s est trouvé Inûs bunsuix sur neuf qui ont aulin risé la lecture de la proposition do M. Diivorgier de llauranne, (pii n'ont pas voulu qu'on pût reprtM'Iier au parti eonservateur ce (pie e«»lui-<'i ne inan(pio jamais um» oirasii»n de reprocher à l'cippositîon. d'avoir, en 1810. enterré la propo.sili<»nde .M.de Heniilly.

V«iiis le vo\(»z donc bien : la n)aj(»rité est dissiiute: la France est perdue !

Ou(» le Journal «les Mmts se rassure : s'il > a un éinieil à craindre pour la nïaji»rité. et» n'est pas dans rim))arli.iljtè. c'est dans l'intolérance. L'impartialité, «pie raille si agréablenient le Journal (1rs Dèhats, a grossi «les maji»rités: elle n'en a Jamais diss(Mis. Ce qui a perdu la Heslauration. w n'est pas l'excès di» la ti»lérance : si la Heslauration eAt été moins exclusixt». kAW n'eût pas flonne i\u Joui nal Hes Dêbais le triomphe et la douh'ur de voir s«» vérilier ses |>ropliêtiqiies pamles : .• Malheureust» France! malhcurcnix roi! «

WML lïe même qu'il \\o suflii p;is i'»iijours d'avoir raison, iiu'il

i.E Cabinet du 29 octobre 1840. 567

faul encore avoir la force avec soi, ce qui se traduit, à Pégard de certaines questions, par le nf)ot de majorité, de môme il ne suflitpas toujours d'avoir la majorité; il faut aussi avoir raison quelquefois et dans une certaine mesure.

Les cabinets ne périssent pas seulement parce qu'à un jour donné la majorité leur fait défaut. Si compacte qu'elle fût, la majorité de M. de Villèle a été impuissante pour sauver son ministère, el combler Tabîme où d'aveugles tendances précipitaient le goiivernement de la Restauration. Ce n'est pas la majorité qui a renversé les deux cabinets formés et présidés, le 22 février 1836 et le l®' mars 1840, par M. Thiers, cVst l'erreur d'une fausse politique : M. Thiers ne sait qu'inter\Tnir î Ce nVst pas assez. Il voulut intervenir lémérairemenl en Syrie, comme quaire ans auparavant il avait voulu intervenir inci>nsidérément en Espagne; mais, chez l\ii, la fermeté nVst pas égale à Taudace des desseins; il n'a que des velléités ; son courage ne s'élève pasà la hauteur de sa témérité ; il devait succomber ; aussi succombal-il sous l'effort de sa propre inipuissance. Nous l'avions prévu. Cela n'était pas difficile à prévoir! Ce n'est jamais que pour reculer cpron avance, quand la peur qu'on voudrait donner h ceux qu'cjn menace nVst pas égale h celle qu'on ne réussit à donner (pfà soi-ménje.

La division de la majorité n'est pas le danger qui menace sérieusement l'existence des ministres du 29 octobre*1840. Il ne faut pas <pie les conservateurs qu'on appelle « les con^ » sénateurs progressistes >» s'abusent ! Ce ne sont pas eux qui renversenuU le rabinet. L'affaiblissement, le discrédit, la déconsidération dans lesquels il est tomlM* ne sont pas leur ouvrage, mais unicpiement le sien. C'est la conséquence des deux iliscoui-s si profondément impolitiques que MM. DuchAtel et (luizol ont tenus les 2i el 26 mars 1847. Le jour où le cabinet. inl<M'pellé far des anïis éclairés et inflé|M'ndants, dont la sincérité ne devait donc pas lui être suspecte, surc(* qu'il se proposait de faire, non pas immédiatement, mais durant le cours de la législature ; le jour où le cabinet, affectant le dédain pour cacher l'impuissince, n'a pastrou\*é

«l'aiilro réponse à portiT a la Irihiino que» lo mol rien, pré- (T(Iô (le IViuimération la plus indiircnlo ol la plus faslueust* (|ui so finisse coïK-t^vtïir: ce jour-là. le ininislère a prnnonré liii-inèine sa eoiula m nation.

Qu Vsl-ee (|ui le soulenail <lans Toftinion pul)liqne ? Cela il l'espérance, si faihh» v\ si vajzue (piVlle fiif. qu'il ne laisserait pas se ronfler par la mu i lie la majorité cieqnise an\ idées (l'unire que Nenaient en<'ore (raceroïlii». an-ileln «le lonh» préNision. les (lernièn»s élections {générales. En raxissant hrnlalenienl an pays tonte espérance, en enle- \anl tonte illusion à cenx-iii ménit* qui ne ilemandnient qu'à pouvoir s'ahuser. le minislèie a volontairement penlu toute force et tout presti;,'e. Parvînt-il à p'ossir encore le eliiffiv (i(* ronclinnnaires dépendants cpii forment le principal élément de sa majoiile. ipi'il n'en serait pas mtijns dan;;enMi- >emenl atltMiil. Pins la majorité <[ui le soutiendra simm cunsideral)ie et com]tactc.ct nminsson existence sera assurée, (leci. croyez-lt» l»ien. n'es! pas un paradu.xe.

De 1840 à 184'). (pi*cs(-ce (pii a soutenu \o ministère dn i\) (icIoIhc? Qu'esl-jc qui la fait vivre tant mal que liien 1 C'csi principalemrnll'e\i*.'uïié.l'instal)ililédelamaj(iritequi i'appu>ait. majorité si fail île (pit*. dans trois ou quatre épri^u- \<*s ^'laxes. noiannncn! les i7 jan\icr ISiiet jo janvier 18i'). elle fut plus que d<»u(cuse.

Ali»rN. le minisItM'c. a\ec celle ajipartMice de raison dont

sf pa\c Knlnnliers le xuljiairc. pouvait dire à ceux qui le

pi^'ssaicnl de ne pa»^ pei'drt» un lenq»s précieux à proilif^uer

les si^'oahuTs inutiles, les audiences stéril(*s. Ii»s vains ili>-

liiui's. U*^ IrnuqH'Uses poignées de main : Que \nule7.-vou>

que j'inlreprenue. que Voulc7.-\nus i|ue j'ace,>nqilisse avec

une majorité aus>| inceilaine '/ (!e n'etail pas un motif ivej.

iiiiiis e«'!ail un piétexte sj.éeieux. Aujourd'hui, ce pn'*Iexte.

il ne l'a plus! il ne peut plus dire « Allendez donc que

j'aie une inajurile di»nt je sni> sur. une majorité furie et

iiMupai'h'. ali»rs \ lUs \ errez tM vous ju;jert*z ir dont je

Hius < ap'dtlc! ■> Il t'a!... (le u'esi plus hi majorité i|uj lui

i< |ue ec^i 11" |ireir\te. i'.r ipii de\rail faire sa fi)n'i*esl

IMTécisémciU ce qui fait sa faiblesse. Lorsque la majorité n'esl pas le levier qui soulève, elle est la poutre qui écrase. Le pays a pris au mol le niinislère du 29 octobre : il ne j)ouvail pas lui jouer un tour plus perfide et plus dangereux!

Le ministère a une majorité nombreuse" et disciplinée ; ^opposition, cVst lui-même qui le dit, est faible et divisée. Eh bien ! c'est le moment ou jamais de montrer ce qu'il sait faire. Tous les regards sont fixés sur lui. Le pays attend.

Nul, assurément, ne nie l'immense talent oratoire de M. Guizjt, la haute portée philosoplii(iue de son esprit. Ce talent est une de nos gloires nationales; mais, aujourd'hui, le pays, qui a le pressentiment de toutes les difficultés que lui réser\'e la venir, veut plus (jue des paroles : il lui faut des actes. Il crie : Aux affaires! auxafiaires!

Eloi]uents apôtres, vigomeux athlètes du gouvernement représentatif, voilà trente-deux ans (pie vous parlez, (ju'avez-vous fait, cju'avez-vdus fondé? Tous ces beaux discoui-s, ce brillant cli<|uetis, ces interminables luttes de tribune, <Iestinésà nous inculquer les grandes maximes constitutionneHes, à (juoi ont-ils abouti?— A la première épreuve, tout votre édifice sVsl écroulé de fond en comble» sur ses deux bases, qui devaient, à vous en croire, défier les siècles et prévenir les révolutions : — l'inviolabilité royale et la responsabilité minislérielle. (]e qui devait être sauvé a péri, ce (|ui devait périr a été sauvé. O pui.ssanee tiitélaire des principes et des discours !

Assez de discours, assez de discours comme cela ! Tout ce que Topposilion peut dire, nous le .savons par cœur: tout ce (|ue le gouvernement peut répondre est d'avance imprimé au Moniteur. Comment l'opposition, si elle est sincèrt\ s'il est vrai c|uVlle veuille la giandeur du pays, le bien-être du [)euple. rallég(»inent des charges publiipies, le dégrèvement des impôt s excessifs, ne comprend-i*lle pas c|ue bi le cabinet «lu i9 octobre 18i0\it encon\c'i'si à elU» seule qu'il doit sa durée ? Qu'est-ce qui man(|uait au ministère du 15 avril 1837, au ministère de ramnistie ? Ce n'étaient ni les bonnes intentions, il Ta prouvé' ni la prnd«'nce dans les

nof^oc'iations, ni Pliabiletô dans la ctinduito clos affaires: eetaÛMit IVcIat ol rautorité do la pan>lt». Pour le renverser, qu'y avait-il d»mr à faire? I/altaciuer sans relâche à la irihune, dans les bureaux, dans les commissions. C'esl ee que la coalition sut exécuter aussi bien (|u elle le comprit. Ou'**slce qui manque au ministère du 29 oc*tobre? Tout, ou à i^eu près, hormis le talent de la parole. Que fait TopiMisition ? .Vu lieu de rattacpjcr par le cùté où il est faible, elle laU laque j)ar le coté où il est fort, par le côté où il brille, où il a sur elle doux avant af^es : celui du talent et celui du lorrain. L*o|)position, qui attaque, est souvent obligée de parler au hasard; le pouvernoment, qui se défend. pi»ul ne jamais parler i\iii\ coup siir. Il peut cacher les cartes de S(»n jeu; c(»la nVst pas |)ossible à rop|>osilion. Si l'opposition voulait nMiverser le ministère du i9oct<»bre. qu'avaitelli» donc à faire? Juste le contraiiv do ce (piVIle avait fait pour le ministère du l'> avril. Or, là où il fallait opérer en sous cimlraire. elle s'y <*st pris en agissant exaclemenl de mémo. Aussi (|u*4»st-il arrivé! Toutes les fois que le ininisière était sm* \o point do s'éteindri» dans la langueur. roppositi(»n l'a ranimé par un débat ou Ta furtilié par un triomphe de tribune. T/est ainsi (|ue sVxplique la durée du cabinet du Î9 octobre pendant sept années. Mais qu'est-<"e que le pays a gagné?

yu<'l prjïgrès .ses institutions ont-elles faites?

Quelles questions a-t-il résolues?

Quelles difficultés a-t-il aplanies?

Voyez ses financi*s. a|)rès <li\-sept ans de règne et sept ans d(» ministère! «lans <piel ordre sont-<'llos?

Voyez se> lra\au\ publics! Partout commencés, nulle part finis. Ici des travaux imitiles. où les millions ont été jetés \ti\r dizaines : lii des travaux nécessaires, pour li*squels un ne [)eut obtenir un centime!

I II budget qui dt^passe 1..->(M) millions, et des dê|iartemonts dont toutes les r(»ssiMii*ces ne suffiront pnshlemiiiier, d'ici il cmquante ans. les routes iui.M*s ii leur charge: luxa et indii.'enct*!

l.a spôrialilé introduite p«ir la (léfianre dans nos budgets, invoquée quand elle est un obstacle, violée quand elle est une garantie !

La centralisation et la complication, l'accaparement et Papathie, c'est h dire l'union forcée de ce qui s'exclut !

L'armée, en temps de paix, absorbant 365 millions par an, pour servir h quoi, et contre qui ?

L'Algérie, qui nous coûte si cher en hommes et en argent, abandonnée sans direction îi l'arbitraire de M. le maréchal Bugeaud î

La marine que v(»us savez, qui a ix»solu ce. problème : posséder d'autant moins de vaisseaux qu'on dépt^nse plus d'argent pour en construire !

L'alliance anglaise, aussi solide et non moins sincère en 1837 qu'en 1840!

Nous croyons que nous avons un gouvernement représentatif: c'est là notre prétention, notre illusion, notre erreur î Nous avons le spectacle [>arlementaire. Ce sont nos anciens tournois transf(»rmés: c'est une autre forme de chevalerie, avec d'autres usages, d'autres armes, mais c'est toujours le même fond, le même esprit ; ce n'est qu'un pasMMemps. Il y a dos ministres vaincus, il n'y a pas d'idées victorieus<»s. M. tluizot. coalisé avec» MM. Thiei's et Barrot, renverse M. le comte Mole: que fait-il de plus, que fait-il de mieux? Kssaie-t-il seulement de faire autrement? Non. De tous ces longs discoui's, de toutes ces passes ïfarmes oratoires. <|ue resle-l-il le lendemain? 0"<*ïïc force en tire la politi<|ue de la France? yuclle impulsion utile en reçoivent son administration, son armée, .son agriculture, son industrie , son commerce ? Nous comprencms que M. Guizol rechenhe ces luttes de trii)une, car il y excelle, «q toute lutte de ce genre qui lui est livrée ne fait que lui préparer un triomphe. Mais, encore» une fois, tout cela nVst que spectacle. Bien de plus. A la tribune, M. (luizot obtient le même succès que M"« Kachel au théi'itre; M"* Haehel, au théâtre, a le même succès <|ue M. (iuizot à la tribune. C'est de l'art. Ce n'est que «le l'art. Tout finit le .soir

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