‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 69 sur 71 · IV. M · texte numérisé non relu

IV. M

avoc la sêonco, commo toul (iiiit le soir avoc la ropréseiilation.

Où huit cola nous luriuMa-l-il ? A olro pris au dépourvu au iiiiliou do quoliiuo Itrillaiito discussion par le pn^nitT ôvcnonuMil j,'ra\o <|ui ôclalora. Il on serait aiitivment si l'opposition n'avait pas si siiuvont ouvert au cabinet une issue pdur échapper, par I edal d'un di.scoui's, par Tavanlajj:!* d'un vole, au\ diflijultés de l'action, aux eonscM|uenees dune Taule. Ou le ministère vùi êlè contraint do se mettre il l'aMivre, tic p»uvcrnt»r au litni de patader, ou il eut oie f»»rcé de se retirer. Les cliovaux (|ui n'ont pas do fon<l. ou (pii n'ont plus de jandies. s'arrêtent dès qu'on leur rond la main: il n'y a (ju'un moyen d«' ])arallre les animer, cVsl do les l'otenir. (l'est Ii' service sij;nalé que l'opposition a rendu au cabinet <lu f9 octohn*. en lui donnant sur elk'-mùme le ]Hiint d'appui sans leipicl il fut tond»è!

.Mais, (pii)i qu'on las.st» dés(»rmais, le temps des vains disrt»urs t»l des stériles victoires de tri hune l'sl fini. Si le ministère veut \i\re, s'il \cut se relever dans ro])inion. il faut qu'il renonce à se herctM* dans l'admiration delui-m^me: il faut qu'il se serve «le la majorité. i*t que la maj<»ritè serve à tirer le pa\s du mauxais étal dans lotpiol sont ses affaires.

yue de choses utiles ii entrepiendrt* ! que do frrandos (*hoses il acci mplir! ([ue de mauvaises lois ji réformer! ipio d'ahus il [)ourMii\re! que (reiicouiap'ments à donner! que de (lilli**ullés i\ pie\nir cl a ecartt'i! qui» de prolilèmes â ivsoudre ! que d'instiliiti.»n.s ii |on<ler! .Mais. d\d)ord« que d'honunes ii former! Les h'immes capables, laborieux, eonsciencieiix. leimes, éilaiies. uianqueiit au gouvernement et il radminiNtra(i'*:i ! .Mai>. iiu^>i.que fait-un pom* les attirer il Soi. et les déluurnei* de riiidiislrie. du conmien'o, de la banque, où les attend la fiprliinc ! Uien. rien, ritMi. Iles mots de .M. I)e>mi>u>seaii\ ijr <ii\re s'appliquent ii tout. Le* cabinet qui se sent ;4ra\eMieiit blesse siin<:e ii .se niodiller: il TossaitM'a en vain, il i\'\ |:ai-\ieii(lra pas: et. quand il y parviendrait, il quoi ( ihi >eiNiiMit-il '/ Ce n'est pas dans les

hommes qu'osl le mal, c'est dans les choses ; c'est dans le vice de leur organisation. Quand vous aurez remplacé, par exemple, M. Lacave-Laplagne par M. le comte d'Acgout, ou par M. Vilet, au refus de M. Dumon, (praurez-vous fait? qu'aurez-vous changé ? Aurez-vous donné au ministre des finances Paulorité nécessaire à lexercice de tout contrôle efficace ? f/aurez-vous institué, si ce n'est de nom au moins de fait, président du conseil des ministres, comme il faudrait qu'il le fût pour contenir ses collègues et maintenir entre tous les départements ministériels ce juste équilibre, principe de toute force, fondement de toute grandeur, se-, crel de toutt^ politique hal)ile et profonde? Non, non. Vous aurez assez peu noblement immolé une victime en expiation de toutes vos fautes coIiectiv(»s accumulées, mais voilà tout. Le 'lendemain, les choses n'en iront pas mieux ; le courant qui vous enjporte n'en .sera pas moins rapide. Ce qu'il faut modifier, c'est IVsprit du cabinet bien plus que son personnel. Tout est fort près d'aller très mal (fuand on s'obstine h trouver (pie tout va si bien. De tous les présages sinistres, le plus grave, le seul infaillible, c'est l'optimisme. Le vôtiv nous eiïraie, et cependant on n*a jamais dit que nous fussions peureux !

Tm échec par jour! telle paraît être riiumble condition acceptée par le cabinet, cpii. se croyant invincible au «lébut de la session, njelail avec* dé(l;iin et du ton le plus altier, dans les rangs de I opp(»sition. tout memiire de la majorité qui osiiit porter Tindiscipline juscpi'à penser et à dire qu'il y avait peut-être quelque chdse de plus ou de mieux à faire (jue c<» <pi*on faisait de|>uis sept ans. IIiiM% c'était M. le ministre des alFaircs étrangères cpii élait réduit parM.Dufaure il l'impossibilité la plus Iminilianlc de répondre et «le s'explicpier sur l'cxpéditi'»!) de la Kab>li<>: aujourd'hui, c était encoiv uni» fois le tour de M. le minisire de la marine. Tous SCS elTorls. réunis à ceux de M. (ialos, pour obtenir qu'une réduction <ie i4.900 fr. proposi'e |Mir la commission n'eût pas

licui, ont ôté vnins. Ln sdiniiio de 24,000 fr. deniandôe pour rcM'lfiinos (lôptMiscs des colonies a élé inipiloyablement iv- Iriuirliée.

Après re nouvel échec niinislèriel. In discussion s'est ouverte sur un crédit demandé pour la hihlitithèque royale, mais au milieu de l'inatlenlion do la chambre, visihiemeul a^^ilée |>iir de plus graves préoccupations.

Sm* tous les hant-s il n'était (|uestion que de la mnditîcation ou de la retraite du cahinet.

On disait cpie M. Guizot s était rendu hier aux Tuileries, à la sortie de la séance, pour éclairer le roi sur la situation et sur rimpèrieus*» nécessité de la changer.

i'e matin .M. (luizot est allé au mîiu'stère de l'intérieur, où il a passe deux heun»s en conférence a vih^ M. Dm'hAtel.

le ministère des tinances a ete otTert à M. Dumôn. Dans ivlte comhinais.^n. M. Muret de B »rt succédait iiM. Guniniiridaine. le jjeneral La place au gênerai Saint-Yon. et M. le haron de Ku>Niéi*e. pair de France, a M. de Mackau. Cette ctimljinaisnn. il faut le dirt*. n'était pas accueillie avec fa- \eur. ausï*i élait-il quotioii d'une autre, dont on |>ariait a\ec plus de pn*eiiutioii et de mystèrt». Il s'agirait de la retraite du cahinet actuel, a l'i^tlet d'tmvrîr une crise qui .1 1 M lu tirait a la formation d'un '« miiiish're d'affaires n » préside par M. Inicliàlel. un'nistre <les finamvs. Les promoteurs defriifiiiiiiliinaiMin disent (pie c'est la seule planche de salut piiin lu Miii|orilé. Si celte iflée. jeté(» évidemment au fond ili'^ i >pMt>i pour h's s(»iider, prend de la consistance, nous y fi-MiiMliiiiis ; «prit nous suffise aujourd'hui de constater le piiifjii'i ediitinu du dé.sarroi ministériel, et de linir comme* niiin ii\iiiis eniniiirnee. par ces mots : lu èrhfc par jour.

XWIII.

8 iiKii LK47.

I II i-iiiviinl rarlîcje qui prt'*cède sur les chefs du cabiiii t iiiiiii en .l\ion^ encore une trop haute opinion ! Nou& |.* il iiiii • que MM. (iuizot et DucliAlt*!. pL'icés après une

succession d'échecs dans celle allernalive : ou la retraite en masse de tous les membres du conseil, ou Pamputation de plusieurs d'enlre eux, n'hésilernient pas et choisiraient la retraite I Nous avions deux raisons pour penser qu'on donnerait la préférence à ce dernier parti, c'est qu'il était le seul que l'habileté, aussi bien que l'honneur, conseillât de prendre. Peut-être sont-ce précisément les deux raisons pour lesquelles on a pris l'autre, celui qu'il n'était ni habile ni honorable de choisir. Quoi qu'il en soit, MM. Guizot et Duchâtel ont demandé au roi et obtenu de lui qu'il donnât des successeurs à MM. Lacave-Laplagne, de Saint^Yon et de Mackau. La pairie et les fonctions de procureur-général prés la cour des comptes ont été offertes à M. Lacave-Laplagne en échange de sa démission ou plutôt de sa destitution ; mais M. Lacavt^-Laplagne a tenu à ce quelle fût pure et sinjple : aucune instance n'a pu vaincre le refus qu'il a fait de la hauti» position qu'on le pressait d'accepter. Ce refus l'honore, et l'opinion publique, qui, en d'autres circonstances, a pu se montrer sévère à son égard, lui en tien<lra compte. Par celle conduite ferme et digne, M. Lacave-Laplagnc s'est donné l'avantage de la position ; MM. Guizot et DuchAti'l. à qui il a laisse!» le mauvais côté, ne tarderont pas à le reconnaître. Si .MM. Guizot et DuchAtel ont pensé qu'agir ainsi c'éUiit un moyen de relever le cabinet et de le fortilier, ils se sont étrangement abusés. C'était le moyen de s'abaisser et de s'affaiblir encore. Nous ne demandons que peu de semaines pour que la justesse d« cette opinion apparaisse à tous les yeux et n'ait plus un seul contradicteur. Les forts n'ont jamais rien à gagner è sacrifier ceux qu'ils considèrent comme les faibles. C'est trahir à la fc»is peu de courage et beaucoup de présomption ; c'est exposrr ses prétentions au jugement le plus sévère, et s'interdire tout droit d'appel. Kn France, nous ne nous lasscr()ns jamais de le répéter, ri(»n de ce qui blesse la génenKsité n'est habile ni <lurable.

Il n'y avait |mur le ministère du i9 octobrr c|u'un moyen, un seul! de sorUr de rabaissement dans lequel il était

tombé, rVlail <l(» déposer dans les mains du roi les neuf porlefeuilles tous ensemble.

MM. Guizol el DucliAtel sVxposaienl, il esl vrai, à un ris- (|ue : eV(ail qu'un minislère nouveau se formAt sans eux el durAt. Mais ils eouraienl aussi la ehanee qu'un ministère nouveau ne ])ûl se former ou durer: dansée cas. l'on était foreé de revenir lmnd>l(*ment à eux, on perdait tout droit de s<» monlrei (».\i^'<'anl à leur égard ; ils ])(»uvaient imposer à la majorité les eondilions les plus rigoureuses, délier et railler ropposidon. S'ils j^'ardaient l'immobilité du rm*, au moins en aequéraien(-ils la solidité.

Cette conduite dijj;ne et habile aurait eu eneort* un avantage, e'est qu'elle eiU pennis à MM. Guizot et Duchi^tel, rappelés par la (^ournnne, de st» choisir en toute lil)ertéde nou\eaux collègues, sans manquer d'égards i»nvers les anciens. Par ce seul fait d'une retraite en e<tmmun, MM. Guizot el DuchAtel eussent pleinement payé leur dette à la solidarité, eussent nnnpu tout Iîjmi et se fussent entièrement dégagés, hnnorablement libérés.

MM. (iiiizot et Duchàlcl nont pas compris (|u avant tout, ce qu'ils axaient i\ faire, c'était d'enterrer glorieusement lo cabinet du 21» njt()bri'..sauf a former un nouveau ministère. Prél4'iulre continuer l'ancien (»sl une irréparable faute.

(Joëlle sécurité, quelle (MUiliance \ oulez-vousque MM. Guizot et DiicIiAIel inspiient désormais à leurs collègues ancicMis ou n(»u veaux? Aucune: ceux-iM craindront toujours d être sacriliés ii la première t»xig(Mice ])arlementaire, à la première diflirullé politiqm»: instruits par ce (pli vient de M' passer, ils se tiendront dans uni» con>tanle défia nc*e, et ilsaurniii grandrinrnl raison.

Si MM. LiiraNc-Laplagnc. de Saint-Von et «le Maekau avaient ele f^nés de .se rrtii"er il la suite d'undi.ss(*ntimeiil, fl'nn débat mi ils se fussent tnvuvés en minorité, rien de plus juste: mais ce n'r.sl jia.s ;iin>i tpi'ils se retireul, ou plutôt «pi'jni lt*s ronp'.lic.

Quel est Ir toit qu'on peut reprochera M. Lacave-Laplagne i (l'e^t de n'a\oir pa> résisté avec assez de fenueté aux

LE CABINET DU 29 OCTOBRE 1840. Sfi7

enlraînemenls de ses colk»giies, la ))lupart dépensant l'argent h lort et à travers ; ce sont surtout les fautes et les faiblesses de M>f . Teste et Dumon (fu'il expie. Le départ de M. Lacave-Laplagne donnera-t-il à M. Dumon l'esprit de décision qui lui manque ? Nous en doutons.

Qu'a fait M. de Saint-Yon pour «lu'on le remplace ? — H sVst laissé trop facilement dépouiller de ses attritmtions. Là où il aurait dû toujours coîfimander, il a trop souvent obéi. Cela est vrai ; mais Pavait-on laissé libre de rappeler M. le maréchal Bugeaud; M.Guizol, lorsqu'il a pris la parole sur l'expédition de Kabylie, a-t-il été plus heureux que M. lo général Saint-Yon ? N'est-ce pas, au contraire, sur M. Guizot surtout qu'ont porlé' les coups accablants de M. Dufaure ?

M. de Mackau,cela est vrai, élail au-dessous de sa tâche; ce n'est pas lui cjui eût jamais relevé noire marine; mais est-ce son successeur (pii la lelèvcra ? Ce <iue nous voudrions savoir, c'est pourquoi la foudre (jui a frappé ces trois télés minislj^rielles a éparj^né les aulres et surtout les deux plus élevées, conlrairemcnl à toules les lois puisées dans l'étude approfondie dt»s orages ?

M. Guizot et M. DuchAtel n'onl-ils donc aucun iTproche à s'adresser, «pi'ils i\\)U{ pas craint de» ramasser dans le chemin la pierre qu'ils vicnneul de jcler ainsi à trois de leurs

es

collègue

Les affaires cpii dépen<icnl du ministère de l'intérieur s'y trailenl-<»lles avec aclJN lié 1 S'y ajjprofondissenl-i^lles avec conscience? Une vive impulsion esl-elle doiuiée aux inqmrtantes directitms dont ce départenïcnl est composé ? Une économie se v«Ve y préside-l-elle à toutes les dépenses? N'y pourricms-nous signal(*r ni gaspillage ni tripotage, si nous cherchions bien ?

Connnent h» département iU's affaires étrangères est-il mené, et qui le mène ? Quel cas y fait-on de la hiérarchie ef des droits les plus légilinïes? ('onunent el à (pielles conciliions s'y re<Tule h» pei*sonnel de nos agents diplomatiques? Les moins dignes el les moins capables ne sont-ils

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pas ceux qui arrivent le plus vite et le plus haut ? H sufHt, pour s'en convaincre, d'ouvrir VAlmanach royal et de passer en revue toutes les nominations importantes faites depuis sept ans. A cet égard, il n'y a qu'une voix hors de Franco aussi bien que dans les bureaux du département des affaires étrangères.

11 faut être juste; il n'y avait pas plus à redire dans les trois départements ministériels confiés à MM. Lacave-Laplagne, de Mackau cl de Saint- Von (|uc dans les deux départements de l'intérieur (»l des aiTaires étrangères.

Encore une fois, pounjuoi donc ces trois exclusions, ces trois destitutions ? Comment les explique-l-on ? Gomment les justifie-t-on ?

Voudrait-on réduire rc^lîectif de l'armée, rappeler le maréchal Bugcaud, assimiler l'Algérie îi la Corse, s-occuptT séri(»usement d(» résoudre» le problème de TfM'cup^i tien dans nos possessions d'Afrique au moyen de la colonisition, augmt'nlcr le |)crs(inncl et It» matériel de notre marine. rt*viser tous nos impùls, réduire c(»u\ (pii sont excessifs, en rendre la perception plus écon(»mi(iue. etc., etc. 1 Nous voudrioas bien (|n'il en fût ainsi, mais c'est une illusion dont nous ne nous flattons pas. Mh bien ! si l'on ne se propase pas de fliangcr les choses, pourquoi donc avoir c*hangê les houimcs, et, dbi> (|u\»n faisait tant que d'y toucher, n'en avoir changé que trois sur neuf?

M mai L847.

Le Journal des Débats rompt le silence iM)ur din» : « Noiw » ne répondrons pas (*n ce moment aux attaques outra- >• géantes et insensées (juc de prétendus conservateurs di- ^ rigcnl contre le ministère. ï|ui a défendu depuis sept ans, » avec tant de c. Mirage et de crindeir. la politi<|ue etmsiT- " vatricc ! »•

S»n article, tout enliera notre adresse, se termine parées nu»ls : uMu'ils aillrnl dans r(»pposilio!i! Nous ne leur repn>- ^' cherons qu'uin' cho.se. <"csl d'y aller trop laiil. Ils» auraient

» dû s'apercevoir plus tôt qu'il y a et qu'il y aura loujoui's » un abîme entre le parti faiseur et le parti conservateur. »

Voilîi ce que le Journal des Débats appelle ne pas répondre à nos at(a(|ues ! S'il avait voulu y répondre, qu'aurait-il donc pu ajouter de plus net, de plus énergique, de plus dédaigneux, qui dit plus de choses en moins de mots?

Nous traiter avec cette dureté, en vérité, de la part du Journal des Débats, cpii nous doit la magnifique position <|ue nous lui avons faite, c'est mauffuer de reconnaissance, c'est nous traiter aussi rigom-eusement (pi'il traitait M.Guizol quand il lui disait, à répo()ue de la coalition : « Vous » aurez peut-être encore notre concoui-s, mais vous n'aurez » plus notre estime î »

Trois journaux donnaient, à diflérents degrés, leur concours «lu ministère : l'un, le (ilobe-Époque. a* été enseveli à nos frais: l'autre, la Presse, depuis la séance du 26 mars 1847, dans laquelle M. Guizot a rétracté à la tribune son discours de Lisieux, s'est retiré sous sa tente; le Journal des Débats, demeuré seul, est donc aujounrhui en possession d'un véritable monopole. Nous lui avons cédé tout entier l'empiiv que nous parlagiiins jivec lui. GrAce à nous, il règne- et gouverne maintenant tout seul: ce n'est pas bien de nous savoir si |)eu d(* gré d'unt* abitégation dont il a profité. A la vérité, il est lU^s cin^onstances oii la sécheiTsse des sentiments .s'explicpie par l'iinlcur des convictions. Soit î nous le comprenons si bien cpie nous lu» lui en garderons aucune rancune.

Le temps nous manque jxjur disserter longuement sur les vrais et les prétendus conservaleui*s. Nous n'en dirons donc que quelques mots.

Los prétendus conservateurs sont ceux cpii sa(Tifieraient un gouvernemenl pour sauver im cabinet ; les vrais con- .%crrateurs sont ceux qui n'hésitent pas à sacrifier un cabinet pour StUiver un gouvernemenl.

\ laquell«* <h»s deux c«!tegi»ries de conserxateurs appartient le Journal des Del)ats ? Est-ce à la preniii»re. est-ce a la M'c inde? Nous nous bornons a {Miser la question. La de-

cider pour le Journal des Débats, ce sera la décider pour la Presse.

Voilà dix ans que nous défendons pied à pied ce que nous croyons ôlre les vrais principes de gouvernemenl : nous les avons défendus contre MM. Guizut et Ducliàtel eux-mêmes, alors qu'ils les attaquaient avec passion, à la suite, non pas seulement de M. ïhiers, mais encore de MM. Odiion Barrot et Berryer. Nous ne sonunes dune pas suspects ; mais c esl précisément parce (jue nous avons donné de la sincérité de nos opinons autant et peut-être plus de preuves que qui que ce soit, (|ue nous nous croyons le droit de nous exprimer en toute franchise. Que Tordre ou la paix soit menacé, et Tordre et la paix seront toujoui's assurés de nous trouver de leur côté, ainsi (pie nj)us Tavons prouvé, en 1840, en résistant dans des circonstances où le Journal des Débats lAchait pied. Aux jours de lutte et de péril, le gouvernement peut compter (jue n(»us serons les premiers au feu, les derniers à la retraite. Mais n'y a-t-il donc xle dévouements sincères et eflicaces «pie les dévouements aveugles ? Ne peut-on défendre une politiqiR» sans la défen<lre avec des illusions, des exagérations et une empha.se <|ui donnerak'Ut Tenvie de lomher dans l'excès contraire?

Oui, sans doute, la politique (pii a maintenu Tordre et la iraix, depuis 18.30, a rendu de réels ser\'iees au fKiys; mais il n en faut pas à tout pro|>os et hors de propos exalter démesm'énient la « (îRAxnErR, » car c'est vous exposer h ce (pron vous demande en quoi donc consiste cette grandeur, en cpiels actes se résunïe-t-elle, qu'a-t-elle pro<luit? Xous connaissons votre réponse», car elh» esl stéréotypée; la voici : u Vous nous (Icniandcz ce (jue la |)oli(i(pu* de cons(*r\'ation » a i)roduit ? Nous répondons : Klle a produit Tordre et la » paix. )' Soit: mais veuillez donc compléter votre réponse, et nous din' ce qu'ont produit Tordre et la paix.

l/ordre? — In hudg(»t tivs dé|M*nses toujours croissant et qui déjà dépasse quinze cent millions.

L;i paix i — Tnc armée (pii nous ruine, qui éloigne de nous nos alliés naturels, cl s'oppose à ce que nous ayons-

une marine puissante qui attirerait et rallierait étroitement à nous le continent, dont l'Angleterre est forcément l'ennemie.

De cela, vous pouvez être satisfaits et fiers, et trouver que c'est assejj; nous sommes, nous, plus exigeants et moins humbles; nous croyons que dix-sept ans d'ordre et de paix auraient pu et dû produire d'autres fruits.

Que disons-nous, dix-sept ans d'ordre et de paix ! c'est trente-deux ans de paix et d'ordre que nous devrions dire.

Si des hommt'S lois que Louis XIV^ Napoléon, Sully, Colbert, Turgot avaient eu ainsi quinze années de paix et d'ordre, que n'eussenl-ils pas entrepris, que n'eussent-ils pas fait, quel éclat n'eussent-ils pas jeté sur cette période de temps ?

En vérité, en vérité, dans l'intérêt de la politique de conservation, que nous continuerons de défendre tout en attaquant le ministère «qui la compromet, abstenez-vous d'en célébrer la grandeur !

Des églises délabrées;

Des écoles communales sans air et sans clarté ;

Des instituteurs primaires recevant 200 francs par an de traitement ;

De vastes et profondes ornières pompeusement décorées du nom de chemins vicinaux ;

Des routes départementales dont nos enfants ne verront pas l'achèvement ;

Des tronçons de chemins {\c fer;

Des canaux sans lien entre eux, dont le commerce ne peut pas se servir :

Des ports maritimes en mauvais étal;

Des chantiers sans approvisionnements ;

Des arsenaux remplis de fusils et de nmnitions qui semblent n'avoir été fabricfués que pour attester la supériorité sur nous de T Angle terre ;

Des fortifications sans rapport avec la constitution de nos années;

Des colonies en décadence ;

Dos razzias et dos hiiiletins en Algérie :

Dos sinécures sans nombre, en mémo temps qu'une infinité dVnipIois mal rétribués:

Des dépenses utiles que \ous ne pouvez pas faire, d'inutiles dépenst\s que vous n'(»sez pas supprimer; ,

Des liommes sans idées dans toutes les positions oii il faudrait dos li(»mmes d'initiative:

Des impôts excessifs et qui' vous ne pouvez réduire, des impôts inéf,'aux que vous ne pouvez niveler:

Des abus partout :

Des administrations où la médim'ritè et le inau\ais vouloir repaient souverainement, où l'énuilation et le zèle sont .systématiquement étouIFés ;

Dos discours, beaucoup do discours, et point d'aetes :

Dos traités (pio l'on conclut et qu'on ne pi'ut ratifier:

Des expéditicms d(mt il faut payer la gloire:

Dos mariages dont on dit avec orgueil que « c'est Funiqiif " ifvande chose que In Franco ait faite ù elle seule depuis )' (lir-sr/ft ans. » et dont le résultat est «le ne vous faire monter sur un sonunot que pour vous faire touilMT plus bas cl rendre la chulo pins dangereuse.

Ce sonl lii d{*s fails cpi'on no peut nier! S:»nt-ee donc là dos résultats dont on ait le droit d'être si fier en regardant son pays, ce pa>s qui, si on le voulait bien, pourrait èlre si riche, si puissant, si glorieux, et scTvir d'exemple à tou.s les peuples connue à t(»us les gouvernements i

10 niHi IB47.

C'est M. DuiMon qui ronqilat^e M. [.aoave-Laplagne au ministôn» dos linances. M. Dunion a Pintelligem'e prompte: il s'exprime h la tribune avec autant de fermeté que de me- Miro: mais sa parole, copondanl, (*st loin ^d'avoir autani (raulorité (\\w de luridito : cela tient sans doute à ee que toiii le mondi» sait qu'il n'a dans U* earaelère aucune fléci-*sinn. et qu'il est îiie.ipaltle do prendre pat lui-même aucune

résolution s^l n'y est conlrainl par une de ces nécessités absolues qui ne laissent pas l'alternative entre un parti ou un autre. C'était le dernier ministre des finances qu'on dût choisir, si l'on voulait qu'il mît une digue au débordement des fausses dépenses ; qu'il portât la hache dans les abus ; qu'il établit entre tous les départements ministériels un juste équilibre ; qu'il réformAt le budget ; qu'il réglât le crédit ; qu'il exerçât enfin sur ses collègues cette influence légitime et nécessaire, à laquelle on ne renonce pas sans encourir une grave responsabilité, ainsi que l'exemple fait en la personne de M. Lacave-Laplagne vient de le montrer : mais aussi M. Dumon était le meilleur ministre des finances qu'on pût choisir, si l'on voulait rendre encore plus certain el plus indéfini l'ajournement des diverses questions à l'examen ou à l'état de rapport : telles que la réduction de l'impôt du sel, la réforme du tarif des lettres, le règlement du port des imprimés combiné avec la suppression du timbre, etc. M. Dumon prétextera la nécessité de les étudier, de les approfondir, avant d'émettre une opinion favorable ou contraire, et, à l'aide de ce prétexte, il sera facile de gagner la fin de la session sans inanrfuer à la devise : Rien, fien, rien.

Le successeur de M. Dumon est M. Jayr, préfet du Rhône, qui pourra invoquer le même prétexte pour peu qu'il lui en coûte de prendre un parti à l'égard des compagnies en désarroi. Qu'importe, en effet, que les travaux traînent en longueur, que l(*s actionnaires refusent d'opérer les versements exigibles, (pie le poids «le tant d'actions émises et non lil)én^s écrase la place, comprime le crédit, aggrave la crise et ajoute encore à toutes les difficultés de l'avenir I L'avenir n'est pas le présent. Sail-on l'année prochaine qui sera ministre ?

Le successeur de M. le général Saint-Yon est M. le général Tréiel, qui a stTvi en Afrique. Il fallait au département de la guerre un ministre qui, par l'élévation de sou grade dans ramiée, la fermeté de son caractère ou TimporUince de sa situation, pût faire au moins contix»poids à M. le ma-

574 tM».

réch.il Bugeaud. Ce nVsl corics p«is un choix heureux que d'avoir opposé au vaiiKiuour d'Isly le vaincu de la Macta. De plus, M. le général Trézel, ancien chef du personnel au ministère delà guerre, apparlienl à l'arme du génie: c'est une objection qui s'aggravera encore s'il est vrai que M. le colonel Allard. également officier du génie et député. «Itiive être promu aux fondions de sous-sc»cnMain» d'État en n»niplacement de M. Martineau des Ghenetz.

Le successeur de M. l'amiral de Mackau est M. le due de Montehello, ambassadeur de France h Naples. Ju.squ'â ce qu'on sache s'il accepte d'échanger son ambassade contre le département de la marine, c'est M. Guizot qui remplira l'intérim. L'administration de la marine est dans un ordre SI parfait, que peu importait le choix du chef appelé à la diriger. Il n'aura (pi'à signer! C'est une administration <»ù il n'existe pas un abus, où il ne s'emploie pas un stère de bois, un hectolitre de houille, un mètre de toile, qu'il nVfâ soit rendu le compte le plus fidèle, le plus scnipuleux. On comprend donc à merveille cpie là où il était t4)ut à fait inutile de mettre un administrateur, on ait mis un amlMSsadeur.

D'ailleurs, on n'avait pas la faculté du choix: les trois portef(»uilles disponibles avaient été col|)ortés <le porte en |)orte, et nul n'en avait voulu, pas même les amis les plus dévoués, tels (|ue M. Vilet. <»e qui, soit dit entre nous, ne prouv(»rait pas qu'ils aient une grande confiance dans l'existence rés(»rvée désormais au cabinet.

CVsl, en eflet. un cabinet fini. Le ministère^ du 29 ix-tolire 1840. s'il n'n pas enlièremciU «'cssé d'exi.ster, a enlièn*menl cessé de rompliM'. A cet éganl. ni .M. t;uizot, ni M. DuehAlel ne se font d*illnsi<jiis. Ce qu'ils ont voulu, «le leur pniprc aveu, c'est gagner un peu de temps, dans l'i^spéraniv que qu4'lque circonstance favorable leur pennellra de se nMirer dignement comme ils (Hissent pu U* faire lors du premitT échec qui li»s a entamés.

Vaine espénmce! 11 faut qu'ils expient les fautes qu'ils ont connnises en reniant les paroles de Lisieux: en raillant

Jusqu'à l'insulte les conservateurs qui avaient eu la nalVeté de s'y laisser prendre; en chassant comme ils l'ont fait trois de leurs collègues des conseils de la couronne ; en s'exposant aux refus les plus humiliants ; en gardant enfin le pouvoir lorsque le garder c'est ^amoindrir et le déconsidérer. Deux hommes de la valeur politique de MM. Guizot et Ducliàtel, sur qui sont fixés les yeux de toute l'Europe, ne supportent pas longtemps une position abaissée sans en souffrir cruellement. Cette souffrance sera l'expiation qui les attend.

12 mai 1847.

Le Journal des Débats peut railler tout à son aise a le chef » et Vorgane du défunt parti des conservateur^ progressis- » tes, » il ne nous arrachera pas un mot blessant, pas une épithète voisine de Tinjure. Nous aurons pour lui tous les ' égards que la force doit à la faiblesse. Le sentiment de la supériorité de la force donne tant de mansuétude I A cette mansuétude dont nous nous sentons pleins, nous reconnaissons que, non-seulement la force, mais encore la raison et Vuvenir sont de notre côté. Pauvre Journal des Débats, nous \e plaignons ! Il ne faut pas trop sévèremenl blAnier sa violence. Celle violence s'explique par les difficultés et les dangers de sa situation. Il voit sa décadence, il a le pressentiment de sa chute; il est bien naturel que cela lui donne un peu d'amertume. Pauvre Journal des Débats !

Non, .sans doute, il n'y a rien à faire! Tout est fait, tout est pour le mieux. La France est prospère, recherchée, redoutée : c'est à qui briguera son alliance et craindra sa colère. Ses linances sont dans un ordre si parfait (|u'on a pu les confier à M. Dumon , et que fempereur Nicolas n^i eu qu'un signe de détresse à faire pour que nous missions aussitôt 50 millions à .sa disposition î Quelle belle marine î celte belle marine, qui fait fenvie de rAnglelerre, fail en mémo temps la sécurité de toutes les autres puis.sances de l'Eu-

rope: aussi sommes-nous leur espoir, leur ronfinneo, avonsnous tous leui's vœux (»l toutes leui's sympiithies! Quelle belle armée ! eoniiue la proportion de toutes les armes entre elles est bien étudiée. Si parfaitement cimstiluée, il nVsl pas étonnant qu'elle nouscoilte si peu. Une marine et une telle armée expliquent eimunent, en 1840, les quatœ ^Tandes puissances, nous voyant si forts et sur terre el snr mer. n'ont pas osé sij^ner le traité du 1o juillet: comment PAnj^leterre nous a laissé toute liberté à Tahiti, à Tanper. à Madrid, croù elle vient de rappeler M. Bulwer! Gràee à laclivité impiimée à toutes nos (grandes lignes de rheniins «le fer, quelques lunn-es suffisent pour nous lrans|Mirler de Paris à Strasbourg;, ii L>f>n, ii Bordeaux, à Marseille, du rentn» enlin à tous les points inq)ortants de la eireimférenco î Partout, nos vins: nos houilles, t(His les produits de noliv sol el de notre intfust rie rirrulent presque^ sans frais: aussi, la lonsonunation s'aecroîl-elle daïïs des |)r<»porlions fabuleuses. Ottc» consommation vsi devenue si considérable i|u*il a fallu foreéuient renoncer au réj^ime des oclmis : ils n*rtppi>saienl plus (prune barrière trop faible ! Notn» marché intérieur a pris un 1<»I développenu^nt <pie nos douanes n'ont plus rien à i»n»téger: aussi, plus sincère ou plus fort que sir Robert Peel. M. DucliAtel. président du cunseil el ministre <le la trésorerie, a-l-il propc»sé de les abolir! (/est lopnw jet sur lecpiel délibère 4M1 ce moment la connnissîon de la (Ihambre d<*s députés. Nos cluMuins vicinaux, napière impraticables, sont maintenant <le véritables allées à lan- ^Haisc : aussi l'agriculture (leuril-elle ii l'égal de l'induslrie niaïuifacturièn*! I/inigation o|)ère des prodiges: |>nrtout quelles vertes prairies! (jiuuncnt. c'(»st avec IVau qui ravinait nos chemins, noyait dans la boue les roues de nos voitures, (jue \ous avï'Z opéré ces merveilh's! Plus un h<M*tare de connnunaux ni de ItMTcs incultes à partager, à aeholorou a amodier! Le nombre des léles de bétail sVst tellement arrru. que si nous n'en S(»mmes pas encore à la poule an |miI de lleiu'i IV, nous en sonunes au m:)ins au |H>t-fm-feu ilo l.iiuis>Philipp(> ! On nt> mang<' pa^^ plus de iwn'n qu'autn*r<»îs.

mais toute famille qui travaille mange de la viande, et trouve de réconomic à en manger! Depuis que tous les ouvriers boivent du vîn, et le dimanche de la bière ou du cidre pour changer, on ne rencontre plus un ivrogne I Le»ivrognes à présent sont aussi rares que les mendiants. Au prix où se vend le sel, non-seulement on en donne au bétail à discrétion, mais, grâce h la science, il sert d^amendement pour les terres ! L'Angleterre el TAllemagne \iennent nous acheter des chevaux pour monter leur cavalerie ; mais aussi, c'est la chose la plus rare que de rencontrer une de ces pesantes rhairettes comme on en voyait tant autrefois ; tout chariot è quatre roues est attelé de quatre chevaux légers. Une voiture non suspendue, destinée au transport des voyageurs, paniitrait maintenant un tel monument de barbarie, que tous les curieux s'attrouperaient pour la regarder passer! Les relations sont devenues si faciles, si multipliées de ville en ville, (|ue, si petites que soient ces villes, il en coûte moins cher de s'y rendre en voilure qu'à pied! De Lille à Toulon, comme de Paris à Chartres, le port d'une lettre est de 20 centimes î Tout électeur est abonné. Le Jowmal des Débats^ qui coûtait autrefois 80 fr., ne coûte plus, par suite de la suppression du timbre, qu*un sou par jour, 18 fr. par an ! Les enfants ne sont plus entassés dans des maisons d école insalubres. Entre toutes les communes, c'est à qui aura la maison d'école la mieux teinie, la mairie donnant le plus de prestige à l'autorité municipale î Grâce aux retranchementsqu'un bon choix d'alliances internationales a i)ermis de faire sur l'eflectif de notre armée, l'instruction primaire a été élevée comme la justice au rang de dette de l'État. L'admission dans toutes les écoles communales est gratuite; les instituteurs primaires sont modestement mais suffisamment rétribués ! Dans les collèges royaux, départementaux et communaux, les interm^s n'ont plus à rembourser que les frais d'habitation, de noumture, d'habillement, de blanchissage et autres menues dépenses. Tous les frais d'étude .sont à la charge du gouvernement : il a résolu de cette façon la question de la libert** de l'enseignement, qui

578 ÈHtl.

parciissait si difticilo à résoudro.ot «fui ^«tcnîlcppondnnl si facilo il lnin(»hor.Mciintonîint,co nVst plus ITniversilé qiiirr- (loule h\ roiK'unvnro, rVsl lo clerj^ê qui so plaint <lo no pas pouvoir la soutenir! Los curés ri dosservanls n'ont plus dt» casuol. On a fait pour c»u\(*(» ([u'oii avait fait-précédtMnmonl pour los jufîos do paix, on a ôïové lour iraitomont! Lon<»nibro dos l)rif;ados do f,'ondannorio sVst ronsidôrahloniont acoru. mais il y avait tant à rahattro sur los ^aspilla;;os du dôparloinont lio la j^'uorn» quo toulos cos dôponsi»s ont oto faoilomont o(Mi\ortos, tout on dinunuant los iinimls o\ct»ssifs. l'no honno administration pout accomplir tant do cIhh sos (jui paraissent impossihhvs à une mauvaise ! LajjondaruuM'io cVst Tannôo âo la paix, c'est un acheminement \ers Taboliticm du recrul(Mnont fnrcé par voie i\o tiragre au s<irl. J)ient<M nous ne verrons plus mettre chaque année «les hommes on loterie! Co(ju'onapp(»llela Centralisation est un appareil dont tous lesnma^'os fonctionnent si bien, qu'on ne sait ce <pie l'on doit admin»rle plus, de I étonnante célénlô a\iM' laquelle los aflaires s't^xpédient.oudo récimonu'o jmlicieusi* (pli repaie dans toutes l(»s parties <lu service. (!Vst ilans ses détails (pi'il faut admirer ron.Komblo. Pas un froltomonl. pas une force perdue! L<» travail est si bien divisé. <pio chacun ne fait que ce qu'il doit faire: mais tout ce qu'il ddit faire, il lo fait. A peine si los ministres ont de temi)S h autre quelques siî^nalunvs à dnnnor: ils n'(»ntqu*ii oncourapor du n^f^ard ce vaste p(M'snïmel do diroct<»urs f;énérau\ entre lesquels h» lra\ail est réparti, ot dont l'initiative se proporlioiUH* il la responsabilité, rospnnsabiiilé iU* .second doja^». (les ciiKpiaiite ou snixaïil*» direcli'urs f^énéraux, larf^^oniont pa>és. forment une pépinière \ivace où le roi n'a <pio l'embarras du choix pour trouver dos ministres, quand il cmil devoir renoiiNt'Ier son conseil. (!(»s directeurs <;énérau\Sfint aux minisin's ce que snui los colonels <le réyiuïont aux maréchaux de France sur un rhamp de bataille, (l'est ii rinslitutininhKo/rN'c// (Irsdirrrtnirs //c/i r/v/i/.T que Pondoit la sul>stitutioii do i()0 millions d<' dcpouM^s utiles ii 200 millions 't' fausses dépenses qui avaioïil lieu abiisivemenl chaque

année ! La conversion dos rentes, tout en augmentant le capital des rentiers, a abaissé i'intc^rôt de Parlent ! Au prix où Pargenl est tomhé, Pap^riiMilture peut avec profit s'adonner aux anuMiorations; notre industrie et noire commerce, stimulêsparla concurrence» intérieure, ne tardenmt pas 5 pouvoir soutenir la concurrence extérieure. Le ré^^ime hypothécaire réformé a doimé la victoire aux économistes sur les léjçistes; Pinlérél du pays l'a enfin emporté sur Thypothè-f|uc léj,'ale î Le système cellulaire, judicieusement amendé, (raméricain est devenu français: les prisons ne sont plus des écoles de dépravation et de crimes; la société est rassurée; le libéré, <lésonnais. s'il ne vaut pas mieux que le condamné, nt» vaudra pas moins. (Test déjà avoir beaucoup fait ! L'Alf^érie. «pii nous imposait tant de sacrifices, depuis que l'arbitraire a cessé d'y relouer, depuis (prelle est soumi.sc aux mêmes lois, au ménu^ léj^'ime ijuc l'Alsace et la Corse, l'Algérie se suffit ii elle-même. Les capitaux aventureux y affluent ; les esprits cïitreprenanls l'ont adoptée pour patrie; les familles iiombnMises y émif^rent, certaines d'y trouver des f»aranties, du travail et peut-étn» la fortune! La littérature, les arts cl les sciences, témoins des «efforts faits et des résultats obtenus par raj^ricullure, rindustrie et le conunerce, se sont picpiés dlionntMU': ils ne veulent pas rester en arrière, (lliacnn étant sOr détre distin^^ué, hon(H*é. réconq)ensé. rénnilation a K''n'^*' f'*"* '<^ Uïonde, petits et prrands, ouvriei-s vi maîln^s. artistes vi fabricants, jusqu'aux (Mmmiis «Mitn' <Mi\; c'est ii qui Cf)ntribuera pf)ur la plus forte part ii la L'randeur pacififiue de la France, à sa prospérité! Tout ce qu(» nous venons d'émunérer sommairement, incoinj)létenienl, est l'anivre d'un ministère de sept années, sous un rèf^ne d<» dix-sept ans. CVst la frioire du parti cotiser ratrur vl le rliaj^rin du parti faiseur.

Si lafYanc<»avait «mi !<» nuilheur d(» tond^T daïis les mains de ce dernier parti. (»nvieu\. brouillon, qui ne s;n*t «pie <léni^Mcr. il faut voir c(» cjuil eut fait !

Le Parti faiseur rù\ voulu entreprendre tant (h» choses a la fois (piil n'«Mi eût achevé oucuiu»: il eOt dépensé à tort

et à travers Tarp^eiU des contribuables , si bien qu'aujourd'hui le l)udget de FÊlat, qui est un modèle d'ordre el dï»conomie, dépasserait quinze cent millions, et que le gouvernement se serait 6té ainsi toule possibilité de réduire aucun impôt excessif, ou de faire l'avance queeommence par exiger l'accomplissement de toute utile réforme fiscale, quelqu'avantageuse qu'elle doi\c être plus tard ; il eût jeté hors de leur lit des fleuves pour y placer des canaux, el sur la berge de ces canaux des chemins de fer; il eùl construit à grands frais des routes destinées à l'abandon, alors que des routes plus modestes, mais indispensidiles, vemml avant de s'achever des générations s'éteindre; au lieu d'adopter cette iilée simple des bons de chemins de fer à un centime par jour, (|ui laissait à l'Etat l'important mono- |>ole des raiiways, et qui en subordonnait Peiécution plus ou moins rapide, plus ou moins étendue à la masse disiionible des épargnes de tous el de chacun, il se fût jelé tète |)erdue dans tous les syslènu^s, abandonnant le système qu'il venait d'adopter pour exptM'inïenter le système qu'il avait combattu ; il eilt autorisé inconsidéri^ment l'émission de quinze cent millicms d'actions, alors qu'un emiuninl de quatre cent cinquante millions contracté par l'Etal, iiégucié parM.de Rothschild ne si» plaçait qu'avec eirortel lenteur; il n'eût pas même soifgé ii interroger le crédit public pour en connaître les forc«»s vi les ressources ; en toutes ch<ises il eût fait de même. Pour échapper aux conséquences du traité du |.") juillet ISiO, il se fût jeté dans les difficultés de la convention (jue les (Ihambres ont refusé de ratifier; pour se donner un semblant de grandeur et d'indépendance, il fût aile planter le drapeau du protectorat sur l'île de Tahiti, sauf ensuite à donner le |)liis déplorable spiHiade qu'une grande puissance ait jamais oirert : il eût bombardé Tanger pour le plaisir d'y tiivrle canon et de faire un \ye\ï de bruit ; il n'eût pas manqué une occasion de se nmtiner contre l'Angleterre, son alliée, sauf à racheter ses inconséquences par des faiblesses; il eût bravé lord Pal mers ton à Madrid pour lui céder la place, el eût rappelé de Saint-Pétorsbourg

^ LE CABINET DD t9 OCTOBRE 1840. 581

son ambassadeur pour accepter de Tempereur Nicolas cinquante millions, nécessaires au payement du semestre; car il n'y a rien de plus fécond en fautes, en désastres, en humiliations, que racli vite stérile! Que le ciel préserve la France des dangers que lui ferait courir le parti fauteur!

Assurément, ce n'est pas le parti conservateur, représenté par MM. Guizot et Duchâtel, deux grands ministres, qui eût brouillé la France avec l'Angleterre sans nous réconcilier avec les puissances du continent ; qui eût rais nos finances dans le désarroi où elles sont : cpii nous eût fait payer cinquante millions au moins une sécurité trorapeuse à Pégard des subsistances, en relardant les achats, quand il eût fallu, au contraire, les hâter; qui eût présenté trois ou quatre projets contradictoires sur la liberté de l'enseignement, en laissant la question plus que jamais indécise : qui fût venu, en 1847, apporter à la tribune la condamnation de la loi de 1833 sur Finstruction primaire . de cette loi trop vantée, de celte loi marquée à la doubh» effigie de l'impuissance et de l'inexpérience; qui eût propasé d'instituer des nn'nistres d'État et un conseil privé pour abandonner le projet après le rapport fait par M. Duinon, etc., etc. Le parti conservateur procède lentement, mais il ne prucède qu'à coups sûrs; tout ce qu'il enti*eprend, il le médite et l'accomplit ; il ne se contredit jamais. Aussi le Journal des Débats a-t-il bien raison d'être fier quand il regarde le parti qu'il dirige et le cabinet (pi'il asservit î

Soyons humbh^s, c'est Taltitude cpii convient à notre faiblesse. Que sommes-nous 1

l'n faible journal qui a défendu l'amnistie quand le Journal des Débats la combattait, qui a aidé à la faire prévaloir.

Un faible journal qui a attaqué le droit de visite quand le Journal dfs Débats le défendait, et qui a contribué à ce que le traité ne fût pas ratifié.

Tn faible journal qui demandait qu'on fit de M. Guizot un président de la Chambre des députés alors que le Journal des Débats l'injuriait.

582 iSA9.

Un faible journal (jui donnera peul-ôlre un juurii M. Guizot, dans sa relraile, des (•()nsi)lalit)ns el un appui que lui refusera h* Journal des Débats; ear, pour conserver le concours de noire doycMi, il ne faul pas IouiIkm', s*ap|)i*lAt-(in rKmpire, la Reslanration . le ministère du 6 seplonibro 1836 ou le cabinet du l'> avril \K\7.

L'n faible journal (ju'il n'a dépendu ni du niinislÏM'e. ni dt* M. le procure ur-{,'énéral Hébert, cU» ruiner et de détruire, ii qui on a fait un procès (jui lui a coûté 170,000 francs; â qui Ton a suscité unt» concurrence qui a vécu pendant <p]inze niijis au prix de onze cent mille francs, sans y comprendre! le trafic des privilèges de tliéùtre, 4pii se vendaient 100,000 francs, do:> promesses de pairie (|ui se vendaient 80,000 francs! , dvs litres de noblesse, des croix criionneur, (Ws audiences et même des snurires dt» ministres.

l'n faible journal dont l'appui, enetVet, ne {Miuvail que nuire au ministère, car dejiuis qu'il lui a rendu riumieiise service de lui relirei cet appXii, le cabinet du SIIinIoImo n'a

il Le .'i juin IK17. — \iiigl-(loux joiiri ii;»rè« lu | ublioalion df l'arlirl»'. rt «n'.Mtiv j<»ur^ uni»»/ la lui «• en ncru"»»»!!»»!! iK* MM. Tf*t«' et ila Ciibirn.'?». i»iiir« du Franco. — celte itrticul.-ition : i prome>*e« de |iairi'S ■ ijui "««r VfiiJaii-ut 0'*iJt inill" rran> m e.-t lolj'-t d'une proiHifcitiuu dc|iuf*'.' par M K' comte «le l*«nit«»i>, ancien aiuba^sadeur de Franc-.' à Con>t»n> liiHjpU'. |niiîi à IWrne. imuNcau pair do Franco, à l'effet d'obtenir, nux tirnu» d»! l'article II de la Cliartc con-titutiiinnclle, 1 autorÎMU ou de iradure à la ban" de la conr »le:* pair-> M. Knïile de <iirnrdin. d»'pulé de U (,'reii>e et prant de lu Piexsr.

Le 2'J inin, M. de <îirardin c«.in)p:irait devunt lu r^nr den pairs, seul, s.'.n«» a\oir M)u1u être a^'i-^t»'- d'aucun Jivocnt, et toute ?a défende m ItoriM u ce> piirole> :

«< Mt'^^iiur» l«>s pair>, entre le ilan^erd'uno ciiudanmutiuu ini méritée Ci / la b'Mii»' d'une d'''iaîi<»;i salutair»-. ji* n'ai pa* b'''i*il'''.

>» Vou- u)'appron\erez t<m-i, ear jt* parle ilevant une a^^sciublêv c<ini|io- • ^< !• de ^licrier.- i:!M>:r.->, d Imninies « u»:nent^, «|ui, je |HiurrjitH le dire, - <»nt poM-«-é juMjirà l'rxri'H la -U'ci ptiliilit»'* *]%• l'bonnenr. Muîh ci*: <*xcè« I. nuMMi* «l'- bur >>i*ceptilillilé e^t ma «raruniie et lait ma contiauce.

I» ('elli* eontiruK i îrlli'. nu»; j*eu--«' ciMi^id-Te comme une injure faite

r à nta biiniie toi d«' me |Mv«-eiit<T à ^otre barre n'^si^ti- d'un coii>riI. (Vun M coiitian(x> n'e^t pa- ni>- d<' l'inei'lent imprévu tpii m'ainéne tlcvunt \*jii%. !■ .Il- l'ai t<i'iV'Mr- <:u'. .!.■ r. i eNprini'-»* «';i t >'ite «xt-a-ion dans le journal •■ (pu- je iliriîji'. ji' Tai bautrir.; ut p:«K îam«'*«» à la tribune de la Chambre

oii I ai riioiiiKiii' d«- 'i'-^ r.

i)i\ lit' >!• d«''(ii' |.:i«. <b' ••«' «pi'ou r-'-ipt-et'' ^inerri'm*»nt , profon lcm<»:tt.

.. < o i,.,pnt «pù.ile ma p:irt.n«' >'«'^t juMiui^ •b-im-nti et (jni i*uinpte au

i.omV're <!•• int^ pîsii llrin-.- con\ictiu«*. exclut tuutc id«'t' que j*aie

fait que marcher de succès en succès, à compter du jour de la nomination de M. Léon de Malleville, son candidat, à la vice-prési(h»ncc de la Chambre jusqu'au jour où mettant le soin de son salut au-<lessus du suiiule son honneur, il a jeté h la Hier trois de ses membres , parmi lesquels M. le ministre de la marine. Comme il vient de se relever, de se fortifier î Quels choix éclatants t^ue ceux de MM. de Montebi»llo, Trézel et Jayrî C'ét^iit à qui voudrait entrer dans le cabinet : M. Passy, M. Dufaure, M. d'Argout, M. Bignon, M. le général Laplace, M. le général Marbjt, M. le baron de Bussières, M. Muret de B )rt, M. Vitei, elc, etc., etc.! Mais il y avait assez longtemps que Paris avait le privilège de recruter les conseils de la couronne. C était un abus : on a voulu y porter remède; on a bien fait. Il manquait trois ministres, «n les a demandés à la province et à l'étranger. L'influence sidutaire du Journal des Débats :>e fait déjà rc-

» voulu porUr 1h plus légère atteinte à la con»iilt'ratiou de* la C-bambru » des puirs.

» Je n'ai yn* voulu, je n'ai ]»u vouloir abaisjser nu jrrund |K>uvoir pa- 0 blic que je uiu eui» cou>taniuieut eifoia* d élever dous ropinlon pom pul:iire.

» Mo* écrits, me* disconr», Km acte:» de ma vie politique sont là pour a Vattesier!

» Or, là où il c*t i>rouvé, oii il e>î niniiifc>te que l'intention d'offenser » ii'ttjamai» existé, il ne saurait y avoir d*oflrrn>e. C'e!»t un principe élé- • roeiitaire consacré par une irrécuéable autorité, autorité que, ccrtei, m voti* ne nVuv.'rez piu«, car elle porte le nom de l*ortali>.

» J'ai allégué un fait ; j'en avais une connaissance kî précise, qu'il a « glissé ftaUii préroixlilation sous ma uUime, dan» la rapidité d'uuo longue p n'P'inM' iniproviM*»'. La i»cnMM« qu'il pût être contesté ne m'est pas même » venue !

• La promesse de pairie à laquellt> j'ai t'ait allusion n'a pas été réali- I» >éc; elle no 5%'appliquait ii aucuuo des nominations (pii ont eu lieu. Aq> » cune atteinte n'a donc été portt'*»' au respect qui vous est dû J'en renou- » veile ici, iH>ur lu cinquièmo lois, la déclaration solennelle, à défaut do N la preu\c qu'un Hcmimeut honorable uï'iutcrdit de vous donner. Mais ■ j'ai foi, nM'ssieurs Ioh ]iairs, dan* la vérité, qu'e.lo hoit qualifiée, un mo- » ment, d'erreur ou de cdomnit*. Toute vérité opprimée est une force qui » >*ama-»M», nn jour «b* triouq»lM.» (|ui se lève. .Te ne serais pas un bonimo m (lolitique A jo ne savais pas l attemlre. »

La Cbauibrc de» pairs, oui avait toujours condamné tous les gérants de journaux qu*«'l'.<' a\a t traduit <» h sa barre, fait retto fois un • exceptiou, et renvoie d«*« nn> d«» la citation M. de <jirardin. à la majorité de 134 voix contre (iô, prouvant, par ce renvoi, que la mo<lcra*ion n'exclut pas 1 indépcndaiico .

connattrc. Comme] c'est un événemenV heureux qu'il nous ait a démasques ! »

A la vérité, nie chef du parti progressiste • n'aura pas « Vestime » du Journal des Débats : mais il fera comme ont fait MM. Guizol el DuchAl«»I. il s'en passera , sauf à se eontenler plus tard de son concours, si la situation, ce qui n'est pas improbable au'train dont vont les choses, s'aggravait assez pour enlever le pouvoir aux hommes de tribune et le donner aux hommes d'action.

13 mai 1847.

Si, depuis sept ansqull a dans ses mains les destinées de la France, le ministère du 29 octobre 1840 n'a rien fait, rien, rien, qu*un solennel prospectus, le 2 août 1846, prospectus qu'il a rétracté non moins solennellement le 26 mars 1847, la faute n'en est pas au cabinet, mais à M. Duvergier de Hauranne, ou plutôt, à sa proposition , dont la majorité n'aurait pas dû autoriser la lecture. Non, ce n'est pas l'inaction prolongée du ministère , ce n est pas son impuissance manifeste, ce nest pas le démenti (jue la tribune parlementaire a donné au banquet électoral de Lisieux qui ont amené la crise actuelle : c'est cette uiaudite proposition qui en est Tunicpic cause ! Ainsi s'exprime le Journal des Débats. Il oublie que la proposition de M. Duvergier de liauranne a été rejeléiî à la majorité de 2o2 contre 154 voix.

Gomment <lonc un tel vote. U8 voix de majorité sur 406 votans, a-t-il d<»nc pu affaiblir un cabinet ? G est ce que, pour notre instruction, notre hon(»rable doyen devrait bien fireiidre la peine de nous apprendre'.

Si au lieu d'autoriser la lecture de la proposition de M. Duvergier de Hauranne , la uiajorité loût étouflTéc, en quoi le ministère en aurait-il été plus fort? Est-ce donc celle lecture (lui a jeté nos finances dans le déplorable état d'où M. Dumon. qui a tant contribué à Taggraver, est chargé de les tirer 1 Est-ce donc cette lecture qui a poussé

à la tribune MM. Fould, d^Angeville et Dufaure, pour y demander compte de l'argent gaspillé au département de la marine, et de rex|)édition de Kabylie ? Esl-donc celle lecture qui a changé tout à coup notre position à Madrid et transformé en défai le le triomphe de notre diplomatie? Si M. Bulwer règne et gouverne aujourd'hui en Espagne sans partage, sans opposition, sans rival, avec tout davantage que vient encore de Uii donner la fâcheuse circonstance qui a motivé le voyage de M. le duc Decazes à Madrid, circonstance dont nous nous étions abstenus de parler, mais qu'un Journal fait connaître aujourd'hui, est-ce la faute de M. Duvergier de Hauranne ?

S'en prendre à la proposition du député de Sancerre, comme à la cause de la crise qui , selon le Journal des Débats, est passée, et qui, selon nous, ne fait (pie de commencer, en vérité ce n'est pas discuter sérieusement, et mieux vaudrait se taire , quand on a la prétention d'être un Joifrnal grave et que l'on n'a pas b alléguer de meilleures raisons.

Sous venons de donner une idée des aiguments du Journaldes Débats, nous allons maintenant donner une idée de SCS aveux. Ceux-ci ne sont pas moins utiles à recueillir :

« On crie contre quehpies-uns des membres d'un cabinet 9 qu'on veut d'ailleurs soutenir; on se passe la fantaisik » d'attaquer tels ou tels ministres avec d'autant moins de » .scnipule qu'on n'est pas chargé iVon décou>Tir de plus » capables: les propos circulent: et un beau matin le » ministèiT est .H n»constituer. >» Ainsi donc, de l'aveu du Journal des Débats, c'est àuneaFAMAisiEoqueMM.Lacave- Laphigne. de Markau et de Saint- Yon, trois ministres du roi. doivenf d'avoir été abandonnés et sacrifiés comme ils l'ont indignement été parleurs honorables collègues! Après un pareil aveu dépouillé d'artifice, dévouez-vous donc h une cause, h un parti, k un gouveniement! Ehî c'est là ce que vous ap|)elez défendre le pouvoir et défendre vos amis! Le .Va/ioncr/. qui les attaque, qui les outrage, leur fait moins de mal que vous en les vengeant et les louant

«linsi. Après ii» li»I aveu, (|ue vuuloz-vuu.s qu'on ï)onso de MM. Giiizol el DurhiMrl, pcinls de votre main sous les couleurs (IVnfauts limides (jue le moindre cri suflU pour effrayer et faire céder? Vous, leur ami, leur eonanensal. leur confident, leur orf^aiu». les dcNoiler en ces termes, nVsl-co pas les trahir, n'est-ce |)as dé<larer (prils n'ont aucune fermeté dans le caractère, aucune noblesse dans le cœur? Si ce que vous dites était vrai, si cela pouvait Tôtre. les chefs d'un cabinet qui, pour échapper à quelques cris importuns, aurai<Mït ainsi doimé trois de leui*s collègues en p<^lun- ;\ t'^E FANTAISIE, lie mériteraient pas de garder une heuiv de plus le pouvoir. A (pioi sort donc d'avoir, une majorité de cent voix, si ce n est pas pour résister aux exigeiH'es individuelles, aux prétentions illégitimes, aux pr('»ventinns injuslt\s, surtout à une fantaisie? Mieux valait ris^pier de perdre cinquante voix; mieux valait même riscpier de perdre le pou\*>ir et sauver l'honneur. Mais une telle tache ne restera pas imprimée au front de MM. Ducliàlel et (luizot: ils éprouNcront le besoin de m(»nter à la tribune pour y désavouer l'article du Jotnnal des Débats et renier ce mot : i ne fantaisie I

Autre aveu du Journal des Débats :

« Le ministère a cru cpie la majorité lui était acquise. >• î7 l'a. pour ainsi dire», abandonnée à elle-même. La Cham- " bre na pas été (jourvrnèe, »»

Avis aux él(»cteurs : Vnulez-\ous a\oir un ministère faible ? donnez-lui um» majorité forte. Telh» est la recolle dont le Journal des Débats a l'ingénuité de publier le secret.

Ce qiH' nous r(»pioclions au cabinet, c'est précisénieiil ce (juc vou.s lui rt»pro(ht*z vous-même : c'est d'avoir une inaj uilé considérable vi d(* rabandonner à tous les écarts du (IcsdHivremenl. SiMilement, il y a entre \ousel nous cvUe difl'erence capitale, (|ue iu»us tenons à donner (pielqiiechnsc i\ moudre au moulin, tandis que peu V(»us importe à vous que la meule tourn(* dans le \ide pour peu qu'elle loiinie. C'est compriMidre l'emploi iWs majorités comme on coni-

prend en Angleterre IVmploi (k*s déteous dans les workhouses, où l^on ne veut |>as que le travail soit pn^luctlf. Ayez donc des niiijorilés pour les coïKlaniner au tfend-miU. La l>elle idée!

D'acc-ord : « la Chambre n'a pas ete gouvernée. » Mais «pi'appelez-vuus gouverner la Chambre ? Est-ce unique-ment faiie servir la majorité à emi>é<-hiT. siins aucune exception, les membres d«» l'opposition < le faire partie d'aucune commission 1 Si ce n'est pas tvia que Vi»us entendez, comme semble cependant l'indifjuer votre aiiicle, qu'ente ndez-vtïiis ?

Si une telle question nous était faite. nou> ne serions pas endwirrassés d'y répondre ; nous répondrions :

Gouverner la Cliand»re : c'est utiliser la maj<jrilé; c'est la diriger par le chemin le plus court \ers le but le plus élevé ; cVsl lui donner à remplir une tâche f|ui l'honore â ses projîres yeux : c'est la fain» M'n ir au vote de toutes les lois ulih^s, au redressouH'nt suc<M»ssif de toutes les loi^ erronées, il l'examen de toutes les pro|)<>sitions fi^condes, à la disrussit)n d<* toutes les opinions .s4Tieusi»s. à l'aflermû^sement des institutions, à ronn'»bli<S4»ment du ïHiU\oir, a la matmité d<î toutes les libelles, a ren«ei}<nenH*nt pf:titique du pa>s. au développement de la raison [iubliqueet <le tons les bons instincts pl^pulaire^- 11 en est d'excellents qu'il suffirait de sa\uir employer pour qu'ils devinssent une fone précieuse et donnassent aux idées d'ordre , de pacilicatîon, de cons<*rvation. un imnienst» avenir'.

Gouverner la Chambre : ce n'est pii> >e butter contre deux ou trois propositions dont le vote trom|K*rail également les esperiuiees de Tojip >siti ui et les craintes de la majorité; voyez ce (|ui est arrivé |)our la loi (jui soumet a la réélecli(^n les députés qui a<*ceptenl desf(»nctions salariech, et |Mjur la disposition qui a substitué au vote sc*crct le vote public par division! Ce n'est i^is se l.iis>er refouler dans une inqiasso ; ce n'«»st pas, sous prétexte» de stabilité, se condamnera lii rouille; la rouille, plus vite (|uc l'usure, vient a brjut du fer; ce n'est |)as se poser en idoles [>our ri-

588 IMl.

valiscr avec elles d'immobilité ; ce n'est point enfin passer tout son temps à se tresser des couronnes sans triomphe et à se décerner des éloges, dans une passive contemplation de soi-même. Napoléon n'épargnait pas les l)ulletins. mais il livrait des batailles et n»mpoiiait des victoires. S'il avait toujours évité les rencontres ou s'il n'avait Jamais essuyé que des défaites, ses bulletins les plus admirables eussent paru les plus ridicules.

Le mépris <le la multitude (*t la mauvaise foi dans Timpuissance sont deux d(\s signes (pii caractérisent le charlatanisme. Ajoutez-y : promettn» ce qu'on ne sait ne pouvoir tenir, se louer soi-même ave<' effronterie, se faire applaudir sans conscience et sans mesure, grandir ce qui n'a pas de grandeur, abuser la foule qui vous écoute en déguisant la pauvreté des choses sous le faste des mots. Comme les charlatans trouvent que rien ne donne plus de peine que les actes et ne coûte moins que les paroles, ils parlent beaucoup et ne font rien.

Ne rien faire et railler reu.\ i\u\ font. (M»st à cela qu'ik excellent î

IH mai 1^17.

a Trois minisires ont été changés parce qu'ils n'appor- » laient pas à la politique conser\atrice, [lar leur personne. » ItMir situation et leur langage, tout Tappui, toute la furre '* dont a l>esoin cette politique, qui a fait le salut du pays n et la fortune du parti conservateur lui-même. Mais la » politique <]u cabinet ne sera point altérée fmr le fait qui *» s'est a<'Compli. ^

Ces paroles <]u discours de M. Guizot, que nous empruntons au }fofntcur du samedi 15 mars 1847. doivent être constamment présentes à l'esprit de la majorité. C'est afin d'aider sa mémoirr que nous les lui rappelons.

En d'autres ternn»s, trois ministres ont été n^mplaeés parce qu'ils ont été jugés insuffisants; l'urgence de ce changement a paru telle au cabinet, qu'il n'a pas même cru de-

LE GAMNET DU S» OCtOBRE 1840. 5W

voir attendre la fin prochaine de la session et le vote des budgets présentés par les ministres révoqués.

Le cabinet reconnaît donc que l'administrât ion de nos finances, de notre armée, de notre marine, n'a pas été ce qu'elle aurait dû être, qu'elle a mérité les justes reproches qu'elle a encourus, à la tribune et dans la presse.

C'est s'en apercevoir un peu lard ; c'est avoir attendu que le mal ait apparu dans toute sa gravité pour y porter remède.

Mais ce remède, quel sera-t-il ?

Notre budget est mal établi ; c'est une collection d'états où tout est confondu : les dépenses avec les avances, ce qui devrait être exclusivement à la charge de l'emprunt avec ce qui est du domaine de Vimpôt ; point d'inventaire qui constats, soit h la fin de chaque règne, soit à Tavénement de tout nouveau ministre des finances, soit à des époques périodiques déterminées, l'accroissement ou la diminution de l'actif social, de la richesse pul)Ii(|ue. Un négociant qui tiendrait ainsi ses livres de commerce, qui ne se rendrait pas mieux compte de ses opéra lions, marcherai! à une ruine certaine; ainsi ne doit-on pas s'étonner du désordre de nos finances, désordre <I';iutant plus grave qu'il est couvert par un ordre apparent et enlrelenu par cette cireur qui consiste à prétendre que nous avons une comptabilité digne de l'admiratitm du monde enlier, et que tous les Etats de l'Europe doivent nous envier! Mettez une machine devant un ignorant, elle lui parailra (l'autanl plus mer^eilleuse qu'elle sera compliquée. Ces! ce (|ui nous arrive pour notre système financier, nù la défiance a multiplié à l'infini les rouages et les contrôles, pour aboutir à «pioi ? — Au pointage sans tin <le pièces comptables sans nombre. Là s'est arrêté l'eiïort de notre intelligence. Toute dé|)ense nous paraît bonne qui a été régulièrement soldée. .Vssuréinent, il est utile de prévenir, de réprimer Tinfidélité , mais ce n'est pas assez; il faut aussi chercher l'économie. Diminuer les frais, augmenter les prwiuits, faire servir au dégrèvement des impôts excessifs la suppression des dépenses inutiles,

rm ' 1947.

stml <Ies soins qui ne nous préoccupent pas assez. Se laissi»r voler esl une manière d'ùlre ruiné; niaiseenVsl ni la seule, ni la plus rapide, ni la plus commune. Bien payer nVmpéche pas de mal dépenser.

Tel qu'il est établi, noire budget ne donne piw au minis- Ire des financées une force suffisante pour résister aux exigences <le ses collègues, et parfois aux entraînements des (Chambres législatives. La spécialité nVst (prune garantie illusoire, <iu*une vaine barrière facile à tourner «piand on ne peut pas la franchir. Ou il faut réformer le budget, l'asseoir sur des bases nou\ elles, ou il faut faire à nos ministres des finances ifne situation anahiguc» à celle du premier lord de la trésorerie en Angleterre. Si en AngleteiTe. tiîi la cenlrali.sation nVxiste pas. on a pensé que le premier hinl de la trésorerie <l(»vait être le chef du cabinet, en France, où la centralisation existe, une telle nécessité «•st bien plus impérieuse encore. Kn 18^W), nohe Inidget nVtail que d'uu milliard; il dépasse auj^iunlhui un millianl et demi: en 18.")0, il sera de deux milliards au moins, si nous ne pivnons pas un parti éncrgi(]ue. si nous nous b:)nions à publier annuellement des rapports (pii s<int aus.si épais que les n»hanchemcnls (pi'ils proposent sont nunces. CiCci esl une remarqut», ce nVst ])as une critique. La commissitin du budget fait tout ce (piVlle peut faire; elle fait ce que fail un \érilicateur (|ui règle les prix (l'un mémoire ou (Kun de- \is : elle réduit ce <pii «»si exagéré. .Mais souvent c'est un autre plan <pril eût fallu a<lopler, ou la dépense tout entière (piil nVùt pas fallu faire. La France, assurément, peut dépcnser quatre millions par jour, quinze cent milliims par an; mais cVst ii la double condition que les <piinze cent millions seront intelligcnnnent perçus el judicieus4*menl employés; (|ue ce (pu* s(»ra prél(»\é sur clia*pie contrilmable le sera, non au protit de <piel(pies-uns, mais au prolil de tous. In budget de cpiinze cent millions où figurent enoit* iWs impôts excessifs, qui font obsta<'le au progrès de la Ct>nsommalion.au <Iévelt)ppemenl de l'activité nationale, h l'essor de la ri<hesse publique, qui maintiennent de criantoi

inégalités constatées, et qui donnent lieu à des plaintes fondées, est un budget qui condamne à la fois et les ministres qui Pont présenté et les Chambres qui Pont voté.

Ce budf^et que M. Lacave-Laplagnc a été impuissant à changer, soil que son esprit ail manqué d'étendue, soit que sa position ait manqué (l'autorité, esl-ce M. Dumon qui le changera ? Nous le souhaitons plus (|ue nous ne l'espérons.

Que fera au département de la guerre M. le général Trézi»!, dont le Moniteur a déroulé les longs états de service? Allégera-t-il ce leirible impôt qui pèse exclusivement sur les fann'lles laborieuses, trop pau\Tes pour racheter les fils que la loi du recrutement leur enK*ve après les avoir inexorablement choisis, prenant avec soin les plus robustes , et laissant au foyer domestique les plus faibles, les chélifs el les infirmer ? Voilà trente-deux ans que la paix règne, et cet impôt, l(»in de s'élre alk'gé, n'a fait que s'aggraver. La loi du 10 mars 1818 fixait à 40,000 hommes le montant de la levée annuelle par la voie des ap|K'ls, è 240.000 honmies le complet de paix de Tarmée : la loi présentée le 5 avril 18i7 élève cet ap|)el au d'mble, elle le porte à 80.000, et le complet <le paix de l'armée à 5G0.000 hommes. A <|uoi servent donc raffermissement de la paix et la c m- Sfilidation de l'onlre. s'ils n'ont pas même fK»ur effet de réduin», soit la durée du service militaire, soit le nomlire des jeunes gens qu'il an*îuhe violemment chaque année ii l'exercice paisible de leur profession?

En France, les abus sont comme les rois, ifs s'y légitiment par leur dun»e : mais iwoi- celle différence que |e> abus y sont plus diflicihvs ;i renverser. Parce que nous avons contracté l'habitude de viIït chaque année 80,000 hommes, il nous parait que nous ne poumons pas gouverner aviv un sohial de moins, bieti que de 1818 à \Hti la Resl;inralion se soit contenlée tic lever 10.000 hommes: bien qu'en \Ht\. 18jr> el 18^. fiO.lKMI himmes du <*onlingenl lui aient sufii p:»ur entre|)rendre les exf^Mlilions d'FNpa^.'ne. de Morée el d'AlgiT. Celle exagéralion des armées permanentes est manifd'sle: il y ;i dix .inique nous l:i comb;ilton< avec |mtnc-

592 iSâ9.

vérance, mais en vain ; c'est elle qui fait poser sur nos budgets un poids si lourd ; c'esl elle qui rend si lent Tachèvement de nos travaux publics ; cVst elle qui contribue à éjever le prix de la journée de travail, sans que cette augmentation de salaire tourne au profit des classes laborieuses. M. le général Trézel est-il le ministre de la guerre appelé à organiser Vannée de la paix? Ce que M. le maréchal Soult a été impuissant à constituer (1) : une armée de réserve, un effectif non soldé, problème que i>oursuîveut depuis seize ans tous les ministres de la guerre, toutes les commissions du budget, sans pouvoir le résoudre, M. le général Trézel osera-t-il l'entreprendre, pourra-t-il raccomplir? Aura-l-il à lui seul plus dliabileté que n'en ont eu ensemble tousses prédécesseurs? Nous en doutons; cependant, il n*t»st pas de (jueslion plus grave, plus urgente, que celle d'une bonne organisation de nos forces de terre ; c'est la question de l'équilibre entre nos recettes et nos dépenses, c'est la (jucstion du dégrè.ement de nos impôts, c'est la question de la popularité de notre gouvernement, c'est la ((uestion de l'avenir, c'est la question de nos alliances polili(|ues, c'est la question des débouchés de notre commerce et de la prospérité de notre industrie, c'est enfin la question du dévelopjx^ment de nus forces maritimes. Pour trancher celte question, qui parciît si grave, que faut-il? Un© idét» juste. La France ne doit pas errer au hasard dans le monde : elle doit avoir un but ; lequel? N'ayez iwis d'incertitude sur le but vers le(juel elle doit tendiv, et le chemin pour y arriver s<*ra bien facile à tracer: tracé, il sera bien facile à franchir. Mais, loi*S(iu'on ne sait pas ce «pi'on veut, tout est obstacle, complication, dépense, ruine; on défait ce qu'on a fait ; i>n refait ce (|u*on a <Iéfail : on avance pour reculer, on recule pour avancer: (»n perd ainsi lin temps précieux. C'est ce qui anîve pour l'Algérie. Nous y avons versé Inniucoup de sang: nous y senums beaucoup d'argent.

(1) Voir rordonnance rovnle du 6 juillet et riottruction du 16 i vcmbre 1833.

Si Ton n-y prend garde, si l^on ne change pas d'errements, ce ne sera pas nous qui ferons la recolle, ce sera TAngleterre. Avis h la France; avis au nouveau ministre de la guerre. Ne faisons pas pour Alger ce que nous avons fait sous l'empire, pour Anvers î

Nous dépensons pour noire marine presque autant que la Grande-Bretagne dépense pour la sienne. A quoi nous servirait la nôtre, si une collision qu'il faut prévoir, que prévoyait il a quatre jours Tamiral Napier à la tribune britannique, éclatait entre les doux pays? Rien de ce que nous entreprenons, rien de ce que nous votons n'est inspiré par une pensée supérieure. Nous discutons, nous ne méditons pas. Notre erreur profonde est de croire que la France peut S'isoler, et qu'elle doit conséquemment avoir deux cordes à son arc : une marine assez forte pour rivaliser avec la marine anglaise; une armée assez considérable pour se défendre contre une nouvelle coalition de 1815. C'est en voulant prévoir ainsi deux éventualités, au lieu de nous borner à une seule, que nous nous exposons au grave danger de n'être à la hauteur ni de l'une ni de l'autre. Que dirionsnous (le la Belgique, si, cédant aux mêmes prétentions ou obéissant aux mêmes craintes, elle armait toute sa pofMjlalion et convertissait tous ses revenus en constructions de vaisseaux? Nous dirions quelle «st in.<ensée: que devi>nsnous penser de nous-mêmes ?

Nous sommes sous le coup d'une crise qui peut devenir terrible; nous sommes à ht merci de quelques millions d'hectolitres de froment: et nos \eux. ceux de l'Europe tout entière, ne s'ouvrent i^isî Nous ne voyons point cfu'il faut opter entre la paix ou lagueire: que m on veut lapais, il faut la vouloir avec toutes ses conséquences: qu*uO ne peut pas à la fois laisser les |>opuia lions >*accroltre i»ans limite et détourner de leur véritable cours les impôts prélevés sur elles, sur le travail de leurs journées. En temps de paix, le» impôts appartiennent a l'agriculture, c'esl-a-dirc a tout ce (|ui doit la féconder; a rindu»lrie. c'est-a-dire à tout ce <|ui doit lui créer d**s cons/>oima leurs ou lui ouvrir IV iê

des débouchés; plus de la moitié de Pargcnt donné è Ten- Irelien des années permanentes est de Targent nécessaire, Jndispensable, dérobé à l'agriculture et à Tindustrie. La paix aussi bien que la guerre a ses exigences ; on loublie trop. Il faut que nous choisissions entre une armée ou une marine de premier ordre. L'Angleterre et les EtatsJJnis, qui ont une marine marchande considérable, n'ont qu'une très faible année ; à l'exception de la Russie, celles des puissances continentales qui entretiennent de fortes armées ont à peine quelques vaisseaux. Le danger que nous redoutons le plus, une guerre, est celui qui nous menace le moins; celui que nous devons prévoir, une crise, est celui auquel nous ne songeons pas : c'est que nous faisons de la politique un livre d'histoire à la main : nous n'étudions que le passé. Cherchez donc dans le passé la navigation à vapeur, les chemins de fer et ces machines aussi puissantes que des nations! A moins que la France ne veuille concentrer tous ses efforts sur son agriculture et contenir fortement son industrie, en admettant que cela soit |>ossib]e, il lui faut une marine imposante, car s'il n'est pas d'industrie . florissante sans commerce, il nVst pas de commerce étendu sans marine. M. le duc de MontebelloetM. le général Tréiel s'entendront-ils sur ce (pril y a à n^foriner et à entreprendre dans leurs doux départements? Allons-nous enfin avoir une politi(iue (|ui se vante moins souvent de si grandeur, et qui repose sur autre chose que sur de fugaces discours? Il en eçl temps, car, en Tajournant, toutes les difficultés s'aggravent, et il suffit de lever les yeux pour voir que les nuages s'épaississent et que Torage qui gronde sera bientOi au-dessus <le nos létes.

Prévoir, c'est conserver.

21 mai 1847.

On peut décomposer ainsi la Chambre des députés : Majorité de toutes nuances. — 300 voix.

Minorité de toutes nuances, — 159 voix.

La majorité, à son tour, peut se décomposer ainsi : Aile gauche. — Conservateurs progressistes. 50 Aile droite. — Stationna ires par système. . . 50 Centre. — Ministériels par position. ..... 200

En a\Til 1837, après une lutte intestine assez vive, ce fut Taile gauche qui l^emporta sur Paile droite ; ce triomphe eut trois résultats : 1^ la retraite du ministère du 6 septembre, dont faisaient partie MM. Guizot, Ducbâtei, de Gasparin et Persil; 2** la formation du ministère du 15 avril, dans lequel entrèrent MM. de Montalivet, Lacave-Laplagne, de Salvandy et Barthe ; 3° la promulgation de Pamnistie. Pour renverser le ministère du 15 avril, on sait ce qu'il fallut! Une coalition ayant pour chefs MM. Garnier-Pagès, Barrot, Thiers, Guizot, Duchâtel et Berryer ; encore n'y fût-elle jamais parvenue si ce cabinet, réduit à une majorité de huit voix, et considérant cette majorité comme trop faible pour garder le pouvoir avec dignité, n'en avait pas appelé de la coalition au pays, par des élections générales. Cela se passait, il est vrai, à une époque où le point d'honneur parlementaire n'avait pfis été émoussé et taxé d'excès ridicule et d'erreur funeste, où Ton n'avait pas encore vu des ministres garder le pouvoir avec <|ualre voix de majorité, alors que quinze membres de cette majorité, présents au vote, s'étaient hautement abstenus d'y prendre part.

En mai'sl847, c'est l'aile droite, représentée par leJotirnaldes Débats, qm Vu emporté sur Paile gauche, représenté!» par la Presse. Ce triomphe a eu aussi trois résultats : !• le désaveu du dis^'ours de Lisieux par le ministre qui l'avait prononcé ; i? le choix do MM. Hébert, de Montebelio, Trézel et Jayr ; 3° la siluatij)n que nous avons sous les yeux.

L\'iile droite a mis le marché à la main au ministère; elle lui a (Ut :

« Il faut opter entre l'aile gauche ou nous ; toute modifi- » cation â la loi électorale qui aurait pour objet, soit d'acr» croître le nombre des électeurs dans les collèges, soil de •> reslreindri» le nombre des foncticmnaires dans la Chambre

596 tSâ9.

» des députés, serait une concession analogue à celle de » Pamnistie, un affaiblissement dangereux de la politique » de résistance, une lâche concession faite à ses adver- >» saires. Ce que nous avons combattu en 1837, ce que nous » avons fait expier avec tant de peine au ministère du 15 » avril, nous ne saurions le tolérer en 1847, quand le pou- >» voir est aux mains de nos amis, c'est-à-dire dans les n6- » très, et (]uand nous suffisons amplement pour former la » majorité, alors môme, ce (jue nous ne saurions trop dési- » rer, que Taile gauche passerait à Topposition I »

C'est vainement que Taile gauche a fait entendre les raisonnements suivants :

c Nous ne nions pas que le ministère ait la majorité sans » nous, et qu'il ne puisse facilement se passer de nos voix; » c'est môme ce qui nous donne toute liberté d'écouler nos » tendances et nos convictions ; mais, croyez-le, s'enfermer » étroitement dans une majorité exclusive a toujours été » une faute et un danger. L'expérience du passé est là pour » le constater. Il arrive un jour, si tard que ce soit, où il » faut céder en masse soit à l'opposition victorieuse, soit à » la population insurgée, infiniment plus qu'on n'eût ac- » cordé par degrés, et, dans ce cas, le pouvoir a la honte de » la concession, et n'a pas le mérite de l'initiative. Le cercle » des hommes éminonts appelés à recruter le gouvernement > et l'administraticin ne saurait jamais ôlre trop grand. On » regrette souvent, trop tard, de l'avoir restreint; on ne » regrette jamais de l'avoir élargi. »

Combien de temps celle vieille et déplorable rivalité de« deux ailes qui a produit la retraite du 6 septembre 1836, la naissance de la coalition, la défaite du 15 avril 1837, le retard de tant do travaux utiles, ravcnomentdu l**" mars 1840, tant de fausses dépenses et raffaiblissement du 29 octobre 1810, subsistiMa-l-ollo encijrc? Nous l'ignorons; mais, ce que nous affirmons, c'est que si l'on peut reproi^her à l'aile droite un excès (rintolérance, on ne saurait reprocher à i aile gauche un excès d'impatience. Elle a attendu sept années, la tin de deux législatures et le commcnccmeni

d^uDe troisième, avant de chercher à tirer de soa. engourdissement le cabinet somniloque.

A Texception des cinquante conservateurs stationnaires: exclusifs, optimistes, frénétiques, dont ^exaltation va jusqu'à prétondre hautement que le plus flatteur éloge qu'on pûl faire du cabinet a été la crilique qu'en a entreprise M. Desmousseaux de Givré en ces termes : a Rien, rien, » rien, » tous les autres conservateurs sont unanimes à déplorer l'apathie prolongée du ministère et sa manifeste impuissance. Ils ne tiennent pas un autre langage que le nôtre ! Ce que nous écrivons, cVst ce qu'ils disent dans la salle des Conférences, dans les couloirs de la Chambre des députés, et jusque dans les salons d'attente des divers ministères.

Quelque part que vous rencontriez un député de la majorité, s'il ne fait pas partie de letat-major ministériel, s'il n'est pas député d'onlonnance, voici les aveux que vous recueillez :

« /k les ministres; ne font rien: c'est déplorable! Les » choses sont abandonnées à elles-mêmes. Combien d'an- » nées cela peut-il durer? Ih n'ont pas un jour de recueille- » ment à consacrer à l'élude d'une importante question, » une heure de liberté dVsprit à donner a des converea- » tions qui les éclaireraient : ils ne trouvent de temps que » pour s'occuper de détails oiseux, et avec qui?... Au lieu » de tendre constanmient à s'élever. Us se complaisent au » contraire à descendre. Av<m' la <'enl millième partie de » temps qu'//s ont employé à se ménager le concours ou la » neutralité de certains journaux, à se faire défendre et » flatter, 1/5 eussent utilement résolu les plus graves ques- » tions de presse et de |)ubli<*ité! Rien ne .se fait que par » camaraderie. Tout se donne aux intimités exclusives. » Avant d'obtenir la chi»se promise, quelque facile ou juste » qu'elh» soit, il faut revenir vingt fois à la charge. Rien ne » se termine: tout languit. Ils nous compromettent: les y^ électeurs sont mécontents. Que faire ? S'il y avait un ca- • binet qui fût prêt, il n'y aurait pas à hésiter, mais... »

596 fl949.

C'est par ce a mais » que se terminent toutes les doléances de ce genre. Les minisires actuels ne vivent plus que par l'incertitude qui règne sur le choix de leurs successeurs et le doute que ceux-ci fassent mieux ou autrement. Est-ce là vivre ?

Ce n'est pas nous qui nierons Pimportance de cette considération, car elle nous a enchaînés pendant sept années si étroitement, que, bien que nous fussions en dissentiment profond et manifeste avec le ministère sur des points importants, nous avons toujours commencé par hésiter et. fini par reculer devant les questions de cabinet. Changer les choses sans changer les hommes : telle a été notre règle de conduite, jusqu'au jour où les hommes ont déclaré qu'ils n'entendaient pas chanf^er les dioses.

Aujourd'hui encore, nous ne nous faisons aucune illusion sur ce qu'il y aurait lieu d'altendre d'un cabinet nouveau. Pour faire éclore des idées, il faut avoir la chaleur d'ardentes convictions ; où ces convictions sont-elles ? Nous les cherchons vainement autour de nous.

Toutefois, la question sVst simplifiée; elle a changé dé termes et se pose maintenant ainsi : Tout autre cabinet, en admettant (lu'il ne fît ni plus ni mieux, ferait-il moins ou plus mal ?

Moins ou plus mal, ce serait impossible; tel est notre a\is et telle est aussi l'opinion qui tepd à devenir plus générale, depuis que le désordre profond de nos finances s'est révélé par la difficulté où le Trésor s est trouvé de faire face au payement du dernier trimestre; depuis (|ue nous avons donné h Madrid une secoiuJe représentation du triste spectacle que n(»us avions offert à Alexandrie : <*elui de défier l'Angleterre, pour nous effacer ensuite devant elle. Là où nous voulions asseoir les fondements d'une pttlitique puisée dans l'intérêt commun de TKspiigne et de la France, nous n'avons réussi qu'à nous placer sous le coup d'une menace de guerre de la Grande-Bretagne. Certt»s, ce nVst pas nous que cette menace de guerre effraierait, si nous voyions notre gouvernement averti la prendre au sérieux, et se pré-

parer avec prudence et fermeté à tout événement. Haisque fait-îl ? — II ne fait rien, il espère I II espère que le temps Jettera dans Toubli cette menace, apaisera cette colère ou suscitera d autres difficultés qui en détourneront le cours ; il espère que lord Palmerston ne survivra pas aux prochaines élections générales ; il espère que la reine Isabelle mettra au monde un héritier du trône. Mais enfin, si toutes ces espérances étaient déçues, quelle serait la situation de la France, provoquée par l'Angleterre ?

Cette fois encore, n -aurions-nous à choisir qu'entre une * faiblesse ou une folie ?

Autre question : si Ion admet que le cabinet actuel, usé et compromis comme il Test, n'ait plus qu'une existence bornée, vaut-il mieux que -cette existence se traîne en se prolongeant, ou se termine au contraire avant le jour où naîtraient de graves complications?

Quiconque réfléchira répondra sans hésiter qu'il vaut mieux dénouer la corde que d'attendre qu'elle se rompe. De deux choses l'une : ou le ministère nouveau ferait mieux que le cabinet qu'il aurait remplacé, ou il ferait moins bien encore.

S'il faisait mieux, la majorité n'aurait rien à regretter, au contraire ; s'il faisait moins bien, la majorité n'aurait encore qu'è s'applaudir du changement, car, aux jours d'une crise ou d'un événement grave, la prérogative royale ne serait pasexiK>sée à se trouver en face de l'inconnu, elle aurait un ministère de réserre ii substiluer à un ministère fessai.

L'impass*» dans hupielle nous s(»mmes serait percée. Rien de plus dangereux en i>olitique qu'une impasse. L'habileté des gouvernements consiste à s'assurer toujours au moins une issue, et encore est-ce tro[> peu d'une seule.

C'était l'avantage (!«» la situation en 1840, quelque extrême que l'eût faite le président du conseil du !•' mars.

Mais, soit que M. Thiers se retirât, soit qu'il fût renversé, il restait îi la prérogative royale et à la majorité parlementaire le ch >ix entre deux cabinets : l'un, présidé par M. le

comlc Mole : l'autre, composé des éléments qui ont servi ë la formation du ministère du 29 octobre.

Un cabinet réunissant à la fois dans son sein des hommes expérimentés et <les hommes nouveaux, donnant, ceux-ci des gages au passé, ceux-là des espérances à l'avenir, serait, dans les circonstances présentes, très facile à former. Non-seulement il aurait une majorité considérable, mais une immense fiiveur Taccueillerait. Ce serait h qui lui rendrait sa tâche facile. Si, au contraire, on attend pour le remplacer que le cabinet du 29 octobre soit violemment renversé ou plus complètement usé encore, au lieu d'un cabinet qu'on aurait pu choisir en s'y prenant à temps, on s'expose au danger d'un ministère imposé par d'impérieuses nécessités.

Un cabinet formé de MM. Guizot et Duchâtel pouvait être considéré comme un remède au mal fait par 1^ ministère du !•' mars 1840; un cabinet formé de MM. Thiers et de Rémusat pourrait-il également être sahié comme un événement heureux après la chute du ministère du 29 octobre 1840 ?

Cette question vaut la peine que le parti conservateur la médite et se demande si Ton doit s'exposer à cette extrémité, si Ion doit renoncer au bénéfice d'une alternative précieuse, si l'on doit enfin attendre qu'on n'ait plus la faculté du choix pour songer à l'exercer? Ne serait-ce pas une haute imprudence que de se garder pour unique réserve un ministère présidé par M. Thiers, à moins qu'on ne veuille l'investir de la dictature, défait si ce n'est de nom?

Que l'on y songe.

27 mai 1847.

Victoire !... La France apprendra avec orgueil et satisfaction que, grâce à la résistance héroïque d'un cabinet fort de sept années de durée, une réforme sollicitée avec instance par soixante-dix-sept conseils généraux sur quatre-

vingt-six, votée en 1845 par la Chambre des députés, a été écartée aujourd'hui à la majorité do 187 voix contre 162. L'honneur du drapeau sur lequels sonl inscrits ces mets : Rien, ncw, yi'en, csl demeuré sauf. Aucune alteinte n'y a été portée. Les lettres de l'Angleterre pour la Suisse, traversant la France, débarquant à Calais pour se rendre a Genève, continueront h n'être taxées ciuà 20 centimes, tandis que la lettre <le Paris pour Marseille c«»ntinuera à payer cinq fois ce port, et la lettre de Paris pour Alger 1 franc 10 centimes! Dépensez donc cent millions par an pour vous assurer la paisible i>ossession d'un secon<l territoire aussi étendu que le territoire français, faites donc tous vos efforts pour y résoudre le pn»bléme de la colonisation, et maintenez entre ces deux France des taxes exorbitantes qui sont des obstacles que vous aplani>sez lorsqu'il s'agit de faciliter les rapports de l'Angletern» avec un autre paysî El il s'est trouvé une majorité, élue au retentissement du niîit de Progrès prononcé à Lisieux. pour voler un<» pareille anomalie! Victoire! victoire! Voilà bien qui prouve tout Tascendant que le cabinet exerce sur sa majorité. Dites donc, après cela, qu'il ne sait pas l'utiliser. Aussi, après le vote, le visage de nos nu'nisln»s était-il radieux, aussi radieux que devait l'être celui de sir Hol>ert P<el. le jour où il par\'int à faire voter par la Chambre des lords les réformes (jui (»nt illustré le ncmi de ce grand ministre. N'est-ce donc rien<|ue d'avoir fait rejeter une réforme utile, réclamée depuis près de dix années, par un grand nombre de députés de la majorilé. qui r<ivtiit>iit appujée au ^ein de h'urs conseils généraux, et présentée dans leurs collèges électoraux comme un progrès dune réalisation facile et certaine ? Dt»s ministres incapables et vulgaires triompheraient de ce qu'ils font, les nôtres triomphent de tout ce «piils ne font pas!

Quant au pays, heureusement, il ne perdra rien pour attendre. D'ici ;ni !•*" janvier 1849, il peut être certain que la taxe unif>rme prévaudni ; s«»ulemenl, re sera à un autre cabinet qu<» le ministère actuel que le pays la devra.

60S fl9A9.

15 juin 1847.

« Quand le pays influe puissamment sur son gouverne- ^> menl, quand le gouvernement accepte franchement l'm- » fluence du pays, les pouvoirs sont unis et se sentent forts. » Leur force passe el paraît dans leurs actes, leur attitude, » leur langage. Partout, au dedans et au dehors, loin de se » retirer, ils avancent ; loin d'ajourner, ils décident. Les al- » /aires se font ; les questions se résolvent, 11 se peut que la » route soit semée d'obstacles, l'horizon chargé de nuages : » mais on voit, on sent un chef qui marche sur la route, un » soleil qui brille sur l'horizon. Au lieu de cela, à quel specy> tacle assistons-nous? Où en sont aujourd'hui, au dire de » tous, la France et son gouvernement ?

» Au dedans :

)) Les affaires du pays sont en souffrance. L'adniinis- » tralion est nulle. Toutes les questions demeurent en susf> pens ; les sucres, les chemins de fer, les rentes, aussi bien ï> que l'abolition de l'esclavage t»t l'enseignement public. » Les intérêts matériels ne sont ni mieux compris ni mieux » traités que les intérêts moraux.

^ Au dehors :

» Là où nous ne sommes pas compromis, c'est que » nous nous sommes retirés et isolés. Là où nous sommes y> encore présents el agissants, nous sommes plus compro- » mis que jamais.

A Voilà quelle situation le cabinet du 15 avril lisez 29 oc- » tobre) nous a faite: voilà où il a conduit, en deux ans » lisez sept ans:, les pouvoirs et les affaires, le gouverne- » menl et le pays.

» Et cela au sein d'une paix' profonde, en présence des ï) Chambres les plus <louces, malgré les incidents les plus î> favorables, sans qu'ail ait rencontré aucun grand obstacle, D aucun rrai danger !

» Je veux que cotte faveur du sort continue, que les mê-

» rocs facilités s'offrent encore, dans les Chambres et en ^ Europe, de la part des hommes et des événements ; si le » cabinet demeure, qu'amVera-l-il ?

« Ce qui esl arrivé depuis deux ans lisez toujours sept 1» ans) ; le même afiTaiblissement simultané des pouvoirs pu- » blic^s, le même trouble entre eux, le même ajournement » des questions, lé même déclin de notre influence, le même » accroissement de nos embarras.

*> Et vn jour, je ne sais quel jour, mais un jour infail- » lible, lit^ndra une réaction qui relèvera brusquement les »> pouvoirs abaissés, les sentiments froissés, les intérêts mé- » connus, et qui, aux maux qu'acné voudra guénr, ajou- » tera, sans qu'on puisse en prévoir la portée, ses propres » maux et ses propres périls.

»» Le sentiment de ce mal présent, la prévoyance de ce mal w futur, voilà ce f[ui a déteigne mon opposition.

»> Tant que le cabinet actuel subsistera, tenez ceci pour » certain, messieurs, toutes choses resteront ou seront re- 1» mises en suspens et en question ; la dignité et la sécu- » rilê du pays chancelleront également ; vous verrez ré- » gner. dans les affaires du dedans et du dehors, dans la » gestion des intérêts matériels et moraux, la même légè- » reté.la même faiblesse: et, pour lenne à tout cela, vous >» rencontrerez les mêmes épreuves aux(|uelles vous êtes » appelés aujourdliui.

»* CVst le mal ; niessieui-s, vous disposiez du remède.

»> Gl'IZOT.

» Paris. 6 février IftiO, d

\\\W\ st^xpriniait M. Guizot v\\ 1839, s'adressant à ses commettants.

Les raisons «piil doimait à celte éfwxjue pour justifier son opposition sont exactement les mêmes que wlles que nous pouvons donner pour justifier la nôtre, avec celte seule differenro {\\\\\ accusait un cabinet ne comptant que deux années de durée, et ayant à lutter seul contre toutes les puissances de la tribune coalisées dans une sainte alliance oratoire, tandis que le cabinet du 29 octobre compte sept

604 tS47.

années d'existence, et n'a à lutter que contre sa propre impuissance.

Quand on rapproche ces deux époques, quand on compare les deux cabinets du 15avril 1837et du 29 octobre1840, il est une réflexion qu'on ne peut se défendre de faire, cVsl qu'à mesure que diminuait en nombre la majorité qui soutenait M. le comte Mole, lui se grandissait par la lutte : tandis que c'est le contraire qui est arrivé pour M. Guizol : plus sa majorité est devenue forte , et plus il a paru faible.

Pourquoi?

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