‹ Questions de mon temps, 1835 à 1856Chapitre 9 sur 71 · L'OPINION PUBLIQUE. 3S · texte numérisé non relu

L'OPINION PUBLIQUE. 3S

Ou plutôt, disons-le, la calomnie vénéneuse et rampante, depuis que Beaumarchais en a donné le signalement, était sans doute trop facile à écraser lorsqu'un homme d'honneur l'attendait courageusement au passage, et lui barrait le chemin, la calomnie alors a disparu ; avec elle on en finissait trop vite par un démenti ; la calomnie maintenant n'a plus accès dans les bureaux de journaux, ni cours parmi les gens qui savent vivre ; la calomnie n'a plus de débit depuis que l'a remplacée la vérité frelatée, infernale invention !

A beaucoup de faux sachez habilement mêler un peu de vrai ; tel est tout le secret du succès, tel est le moyen infaillible d'empêcher la vérité de se faire jamais jour, et de parer victorieusement, sinon loyalement, tous les démentis prévus.

Celte recette est sûre ; car, par un point ou par un autre, il n'est pas un homme qui soit irréprochable ; la vieille presse, qui n'en épargne aucun, le sait bien ; rVst ce qui fait en grande partie sa puissance.

Aussi, nous qui savions cela, n'avons-nous cessé de demander successivement pour M. le maréchal Clausel, pour M. le générai de Rigny, pour le 62* régiment de ligne, ce qu'à leur place nous eussions voulu «ju'ils demandassent pour nous-mêmes ; c'est-à-dire qu'on les mil en pi-ésence de rarcusation pour succomber devant elle ou pour en triompher, ou tout au moins pour qu'une enquête triôt entre tous les faits et les dires ceux reconnus vrais de ceux démontrés faux, et de ceux enfin simplement altérés.

Le mémoire de M. le maréchal Clausel ne contient c]u'un petit nombre de pages; si ses explications ont fait sur notre esprit une vive impn*ssion, elles nous ont ct^jendant paru dans plusieurs pages manquer de la mesure et de la gravité qui convenaient à des explications données par un maK'chal de France qui a occupi» la haute position de gounenieur général en Algérie.

Assurément ce n est point lui qui les a écrites ; elles n'ont pi»int le langage franc et simple d'un vieux et glorieux mi-

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