MONTESQUIEU
« Ce n'est point par la rigueur des supplices qu'on prévient le plus sûrement les crimes, m.ais par la certitude de la punition.
.< Plus le châtiment sera terrible, plus le coupable osera pour l'éviter. Il accumulera les forfaits.
» On ne peut nier que l'atrocité des peines ne soit directement opposée au bien public et au but même qu'elle .«e propose. Mais admettons, pour un moment, qu'elle ne soit qu'inutile, nous ne l'en trouverons pas moins contraire à cette raison éclairée mère des vertus bienfaisantes.
quel'aflirme la Gazette des Tribunaux, que « la criminalité » DOUBLE de moitié quand la répression diminue dajis la » même proportion, » M. Paillard de Villeneuve n'est pas conséquent; il devrait proposer le rétablissement de tous les supplices qui ont été successivement abolis; et, s'il était possible même d'en inventer ou d'en importer de plus cruels, il devrait insister pour qu'on les importât ou qu'on les inventât.
Mais s'il est vrai (pie la rij^qiciir des peines révolte le sentiment public cl en provoque l'adoucissement; s'il n'est pas moins vrai que radoucissement des peines accroisse la criminalité dans la même proportion, (juel est le moyen de sortir de ce cercle sans issue ?
Je l'ai indiqué.
Donner poui' chàlinient au crime commis le crime constaté.
Obliger ainsi le coupable à fuir, au bout du monde, le lieu de sa faute ; l'y obliger, non par un texte de loi, mais par l'impossibilité absolue de s'envelopper dans l'ombre.
Si la publicité telle qu'elle peut être constituée faisait luire la lumière dans cette nuit qu'on a ppelle la Société, l'on n'aurait plus besoin ni d'échafauds ni de bagnes, ni de
» I^'expériencc de tous los siècles prouve que la crainte du dernier supplice n'a jamais arrêté les scélérats... Semblable aux tl aides qui, par leur nature, se mettent toujours au niveau de ce qui les entoure, l'âme s'endurcit... »
15ECCAE1A.
« Je vais donc ouvrir à. vos yeux les annales du monde. Si ces sanglantes législations, dont je vais parcourir le tableau, n'ont pas épouvanté les crimes; si, au contraire, ils semblent alors renaître avec plus de rage sous la verge de fer qui les frappe ; si, d'un autre côté, les pages de i'kisloire sont mnins souillées de forfniti, lorsque des léijislalions douces et modérées ont réglé les empires, la question alors sera décidée. De ce tableau comparatif et analytique résultera cette conclusion épouvantable que, pendant des siècles entiers, le sang des lionnnes a coulé sur la terre comme l'eau des fleuves, sans qu'il soit résulté autre chose de ces assassinats juridiques qu'un malheur de \Aw. n
CIIAISSAKD, 18e s.
a Les huit années de cette statistique publiées jusqu'ici révèlent dcgà une tendance visible h restreindre l'emploi de la peine capitale même à l'égard des crimes les plus horribles, et, d'un autre côté, le nombre de ces crimes n'a ]ioint aurimenlc A raison de cet adoucissement des châtiments. » FACSTiN HÉLiE et CHAUVEAU. Traité du droit pénal.
CRIMINALITE : RÉPRESSION. 381
maisons do force cl {\c e(H'rcclion, ni de code |)énai. ni de
Alors le devoir de la justice serait extrêmement simple, car il se bornerait à constater que tel individu a commis tel jour, en tel lieu, tel meurtre, tel vol, tel faux ou tel autre acte condamné par la conscience publiciue.
J'ai prouvé à M. Paillard de Villeneuve qu'il était inconséquent, qu'il essaie donc de démontrer que ce que je propose est chimérique !