CEMBRE 1850. VIER
L'Assemblée, CONFIANTE dans L'Assemblée déclare qu'elle n'a
la sollicitude du gouvernement , PAS CONFIANCE dans le minis-
passe à l'ordre du jour. tère et passe à l'ordre du jour.
Pour 375 Pour 417
Contre 2.32 Contre 278
accueilli, le 11 avTil 1851. les bras ouverts, et n'est-ce pas en ce moment pour les doux yeux de MM. Baroche et Faucher qu'elle se déclare prête à se constituer en Convention nationale et en Comité de salut public?
Comité de salut j)ublic et Convention nationale : oui, c'est bien là que conduisait l'adoption de la motion de M. Berryer !
Quel conventionnel que M.Berryer!
Quel conventionnel que M. de Rémusat!
On n'est pas plus révolutionnaires que ces deux royalistes !
Si Danton et Saint-Just pouvaient sortir de leurs tombes, ils battraient des mains et tressailleraient de joie d'avoir de tels imitateurs.
Entre les maîtres et les disciples, il n'y a de différence que dans la couleur de la cocarde et du drapeau.
Oui, la Majorité réfléchira. Il est impossible qu'elle ne comprenne pas que la faute qu'elle a commise fait gagner au président de la République, dans l'esprit du peuple attentif, tout ce qu'elle fait perdre à la portion de l'Assemblée qui a voté la loi du 31 mai, et qui persiste à repousser le rétablissement du suffrage universel.
Continuez, continuez ainsi, messieurs Berryer, Mole, Thiers, de Montalembert et tous ceux qui vous suivent ; c'est le plus grand service que vous puissiez rendre au pays, car vous l'éclairez, et vous vous condamnez vous-mêmes à l'impossibilité de le tromper une fois de plus par des professions de foi mensongères.
Mais non, vous ne continuerez pas, car il se détachera de la Majorité plus de 100 membres qui, avec les 276 voix de la Minorité, formeront la Majorité absolue de 376, suffisante pour assurer le vote du projet de loi présenté par les ministres du 26 octobre 1851.
La Majorité réfléchira et se divisera.
Pour s'en convaincre, il suffit de relire attentivement la liste de tous ceux des représentants qui, le 30 mai 1850, volèrent la suppression du suffrage universel.
Présentée nettement, résolument, comme elle l'a été par le président de la République, l'abrogation de la loi du 31 mai n'est plus douteuse.
La loi du 31 mai est morte ; ce ne sont pas ceux qui ont enterré deux monarchies qui la ressusciteront.
8 novembre Ifiôl.
Ce que les chefs de la Majorité ne pardonnent pas au Message, c'est cette phrase qui les signale au pays :
« Ce projet n'a donc rien qui puisse blesser cette Assemblée ; car si je crois utile de lui demander aujourd'hui le retrait de la loi du 31 mai, je n'entends pas renier l'approbation que je donnai alors à l'initiative prise par le ministère qui réclama des CHEFS DE LA MAJORITÉ , dont CETTE LOI ÉTAIT L'ŒUVRE, l'honneur de la présenter. »
Ainsi, voilà qui est bien constaté : la loi du 31 mai fut l'OEUVRE DES CHEFS DE LA MAJORITE, et si le ministère réclama l'honneur de la présenter, cela s'explique tout naturellement, puisque M. Baroche était l'incarnation de la Majorité, qui n'avait laissé échapper aucune occasion de montrer qu'elle le préférait à M. Barrot. De l'aveu qui précède, et qui est extrait du Message, résulte la preuve que le président de la République a subi la réaction, mais qu'il ne l'a pas imposée. L'avoir subie, c'est moins que l'avoir imposée, mais c'est encore trop.