M. L.-N. BONAPARTE
M. l'amiral de joinville.
M. ledru-rollin.
Si toute la bureaucratie vote pour M. Bonaparte, la démocratie tout entière volera pour M. Ledru-RoUin.
Est-ce là ce que veut le Constitutionnel ?
Si le Constitutionnel souhaite que M. Ledru-Rollin soit élu président de la République à une immense majorité, il n'a qu'à creuser le sillon qu'il a tracé.
Faut-il donc que je le répète encore une fois? M. L.-N. Bonaparte n'avait qu'une chance de rééligibilité , c'était de prendre un ministère qui eût proposé l'abrogation de la loi du 31 mai, et négocié avec l'opposition le vote de la révision de la Constitution.
M. de Lamartine était l'homme indiqué par cette situation; peut-être même était- il le seul qui pût détacher de l'opposition le nombre de voix nécessaire pour former la majorité des trois quarts exigée par la Constitution! Au lieu d'appeler M. de Lamartine, qu'a-t-on pris? On a pris M. Léon Faucher, le rapporteur de la loi du 31 mai.
De deux choses l'une : Ou l'on persistera à porter M. L.-N. Bonaparte non-rééligible, ou l'on y renoncera. Si l'on y renonce, ce sera en vain qu'on aura agité le pays par un pétitionnement qui non seulement l'agite, mais encore le démoralise ; si l'on y persiste, ce sera M. Ledru-Rollin qui sera élu président de la République.
Voilà à quoi travaille en ce moment M. Léon Faucher ! Il travaille à légaliser l'illégalité.
A son retour, et pour sa peine, le moins que M. Ledru- Rollin devra à M. Léon Faucher, ce sera de le nommer sous-secrétaire d'État.
Il acceptera.
12 juillet 1851.