MANIFESTE ÉLECTORAL
« Ni contre-révolution ni anarchie. Adhésion franche, loyale à la République.
» Une République libérale et non despotique.
» Liberté individuelle ; le droit de chacun à côté du droit de tous.
» Droit de la propriété ; aucune spoliation ou confiscation, sous quelque prétexte que ce soit, ni à l'égard de qui que ce soit.
» Liberté du travail, liberté des capitaux.
» Rénovation de la condition des ouvriers par des lois qui concilient leurs intérêts et ceux des patrons : protection du travail national, comme première sauvegarde des uns et des autres.
» Liberté de la presse: plus de timbre, plus de cautionnemenl.
» Liberté de conscience et des cultes dans toute sa plénilude.
» Liberté denseignemont comme conséquence de la libei'té de conscience.
» Liberté d'association pour tous les intérêts civils, i-eligieux. politiqueSjCommerciaux et littéraires.
» La loi et non ■pasVarbitraire.
» Le droit au-dessus de la force.
n L'ordre et la liberté par la République.
« Le drapeau tricolore et non pas le drapeau rouge.
» Que les citoyens qui se rallient à ces principes se réunissent. »
Ce manifeste était accompagné de la circulaire suivante :
ASSOCIATION JfOUR LES LIBERTÉS PUBLIQUES.
Lettre adressée aux candidats de VAssociation. « Monsieur,
)• Le Messager du Xord se plaint de ce que « les comités qui se sont » formés prennent le titre de RÉruBLiCAiKS, ou qu'ils forment des listes » où figurent des noms appartenant à toutes les opinions, même les plus » opposées. » Et il déclare « n'accorder son concours qu'aux candidats » qui accepteront son exposé de principes, et qui reconnaîtront que, sans )) refuser les votes de personne, ils n'accepteront que le patronage du co- » mité central delà Société républicaine démocratique de Lille. »
» Le comité de I'Association tour les libertés publiques a peine à comprendre la prétention du Mcssaner du A'orti, ou celle de tout autre journal à s'arroger d'une manière exclusive le titre de Républicain.
Lorsqu'il eut, reconnu et admis par tous les Français que la France, depuis les événements de février, est devenue République, quoi de plus naturel et de plus légitime pour tous que d'être et de se dire eépublicains ?
» Sur les listes des comités, et notamment sur la nôtre, figurent des noms appartenant, selon les anciennes classifications du passé, à toutes les opinions, même les plus opposées. Mais pour tous les partis le passé n'existe plus ; et tous ont la prétention, nous dirons plus, tous ont le devoir de se mettre au service de Tavesik. En effet, tous, pourvu qu'ils se rattachent à la pensée commune de travailler avec sincérité et avec couraje à la constitution de la Bépublique, n'ont-ils pas droit d'apporter leur concours à l'Assemblée nationale ?
» Si, par malheur, il arrivait que les hommes d'un parti exclusif fussent seuls chargés de fonder les institutions nouvelles, nous n'aurions pas beaucoup gagné à nos révolutions successives ; nous ne serions sortis d'un régime de monopole que pour tomber sous le régime d'un monopole plus tyrannique encore, celui des constitutions imposées par une minorité qui se substituerait à la véritable souveraineté populaire.
» Envoyer à l'Assemblée natiouale des citoyens animés du même patriotisme, et comprenant, parle cœur et par l'intelligence, la grande œuvre que Dieu fait en ce moment, c'est donner à la France une représentation loyale, complète et par conséquent véritablement républicaine; c'est prouver que tous les candidats sont forts de leur dévouement, qu'ils ne craignent pas le grand jour de la discussion, qu'ils n'ont tous qu'un même but, celui d'abjurer toutes récriminations, toutes défiances, et de rendre l'union de toutes les lumières et de toutes les bonnes volontés féconde pour la grande création réservée à l'Assemblée nationale.
•» Il est impossible, monsieur, qu'un cœur aussi français et un esprit aussi éclairé que le vôtre n'aient pas conscience de cette vérité, que c'est dans l'union de tous qu'est le salut de tous. Cette oeuvre d'assimilation sociale et politique est celle que poursuit I'Association pour les libertés PUBLIQUES. Votre concours ne peut lui manquer.
» Pour le comité de VÀssociation imur les libertés publiques,
n DE MELUN. »
Quel enseignement que cette circulaire où M. de Melun. aujourd'hui l'un des membres de la majorité parlementaire, réclame le titre de républicain comme un droit, et prétend que ce titre ne saurait constituer un privilège !
Quel enseignement ! Quel enseignement !
Pour proclamer de nouveau les droits da la Liberté, attendra -t-on encore le lendemain de la quatrième révolution ? L'attendre, que l'on y songe, ce serait la provoquer !
Que demandons-nous de plus que ce que demandait,
6 fH50.
le 9 mars 1848, dyns les termes qui suivent, une autre association, le COMITÉ ÉLECTORAL DE LA LIBERTÉ RELIGIEUSE ?
COMITÉ KLECTORAL DK LA LIBERTÉ RELIGIEUSE.
« Que la France entière soit représentée à rAsseniblée constituante telle qu'elle est. Cherchons nos candidats parmi les honnêtes gens et les esprits libéraux de toutes les classes, de toutes les professions, de toutes les OPINIONS et de toutes les religions. Cela doit nons être d'autant plus facile que nous n'avons pas attendu jusqu'à ce jour pour le dire et le faire. Cette attitude n'est pas chez nous un hommnge au soleil levant. Nous le disions hier, nous le répétons aujourd'hui, et, dussions-nous être encore méconnus ou opprimés, nous le dirons demain et toujours ; il n'y a de
SALUT POUR LA FRANCE QUE DANS l'iNTELLIGENCE COMPLETE ET l' AP- PLICATION SîNciiRE DE LA LIBERTE. On n'est pas digne de la représenter lorsqu'on ne sait pas puiser dans la rectitude de sa propre conscience le RES- PECT DE LA CONSCIENCE d'AUTRUI.
» Notre programme peut se résumer par un seul mot : LA LIBERTE.
» A Dieu ne plaise que nous entendions exclure ou négliger les deux autres termes de la devise nationale, ^.'égalité et la fraternité, sorties, commcla liberté, des entrailles du christianisme, nous sont aussi chères qu'à tous les autres Français ; mais elles n'ont pas été, comme la liberté, victimes des plus amères déceptions. On peut affirmer sans crainte qu'elles ne courent en ce moment aucun danger.
» Depuis soixante ans le mot de LIBERTÉ figure dans nos constitutions. Il est plus que temps de faire entrer la chose dans nos lois, dans nos mœurs, dans nos cœurs, et de lui imprimer l'irréfragable sanction de la souveraineté nationale, exercée dans toute sa plénitude.
» Cette LIBERTÉ, nous la voulons franche, sincère, absolue.
» La révolution qui vient de s'effectuer serait la plus honteuse et la plus criminelle des déceptions, si elle ne donnait à la France TOUTES les LIBERTÉS que nous avons si longtemps et si vainement réclamées.
» JURONS DONC de n'accorder nos suffrages qu'aux hommes qui nous garantiront TOUTES LES LIBERTÉS du chrétien et du citoyen.
» LIBERTÉ de conscience et des cultes.
» LIBERTÉ de la science et de la pensée.
« LIBERTÉ de la presse et de la parole.
» LIBERTÉ du domicile et du foyer domestique.
» LIBERTÉ d'éducation et d'enseignement.
» LIBERTÉ du travail et de l'industrie.
» LIBERTfj de l'individu et de la propriété.
» LIBERTE d'association et de réunion.