‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 2)Chapitre 3 sur 156 · LIBERTÉ EN TOUT ET POUR TOUS · texte numérisé non relu

LIBERTÉ EN TOUT ET POUR TOUS

» Signé : C}i. de MONTALEMBert, président du comité. H. DE VATIMESNIL, vice-président .

HENRI DE RIANCEY, secrétaire. )>

De mars 1848 à mai 1850, que s'esl-il donc passé qui ait pu ciianger, en deux années, la vérité en erreur et le port en écueil ?

Nous demandons la séparation absolue de l'Église et de l'État. N'est-ce pas ce que demandait M. Léo de Laborde, le 11 mars 1848, dans son manifeste, auquel nous empruntons le passage suivant :

« En ce qui louche aux intérêts sacrés de la religion, je déclare hautement que les droits de "Eglise seraient inieux sauvegardés avec la République que sous une royauté quelconque, attendu qu'il existe une véritable srjmpathie entre le prêtre et le véritable démocrate. L'un et l'autre vivent au milieu des mêmes besoins et des mêmes misères, ils se rencontrent chaque jour auprès de leurs frères souffrants ou malheureux. N'est-ce pas, enfin, le peuple et le clergé qui pratiquent surtout l'abnégation, cette vertu sublime du christianisme, et qui, dans les temps antiques, avait fait la grandeur de Rome et de Lacédémone? Pourquoi le peuple opprimerait-il les ministres de son culte? Aussi J'attacherais l'honneur de ma vie, si f entrais au Parlement, à faire consacrer le principe de l'indépendance ABSOLUE de l'Eglise et de l'Etat. n

Le parti de la Liberté, que tous nos efforts tendent à fonder sur des bases indestructibles, ne demande donc, on le voit, rien de plus, mais rien de moins que ce que demandaient, il y a deux ans, ceux qui sont devenus aujourd'hui les chefs de la majorité parlementaire.

Alors que faiblissait et décroissait leur foi, la nôtre se fortifiait et grandissait.

Cela ne peut que s'expliquer ainsi : la peur aveugle, mais la prévoyance éclaire.

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