‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 2)Chapitre 25 sur 156 · DISCUSSION DE DIVERSES PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

DISCUSSION DE DIVERSES PROPOSITIONS

Cet imprimé ne porte aucune indication d'aucun nom d'imprimeur.

M. Pottet fait bien connaître sa qualité de secrétaire du Comité du 1 1'^ arrondissement de l'Union électorale, mais il ne fait pas connaître son adresse.

Dans cet imprimé, il ne s'ajïit pas purement et simplement de signer une pétition dont le texte a été déposé ; il s'agit de ce qu'il y a de plus grave sous le régime actuel de compression qui a supprimé le droit de s'associer et le droit de s'assembler paisiblement, droits proclamés par l'art. 8 de la Constitution : il s'agit de se RÉUNIR ! Il s'agit de se réunir au nombre de 22o ! Il s'agit de discute)' diverses propositions.

Oh! si un pareil imprimé, au lieu d'être signé H. Pottet, avait été signé E. Girardin !

Oh ! si au lieu de sortir des presses de l'imprimeur dont nous ne voulons pas indiquer le nom, il lut sorti des presses de M. Pion !

Sinon quelle condamnation, du moins quel procès !

La condamnation de M, Pion à 3,000 francs d'amende pour une pétition couverte, en moins de dix jours, de 124,000 signatures (le quart des 547,000 signatures recueillies), pétition, encore une fois, qui avait été déposée au parquet et à la direction de la librairie, c'est un fait auquel, i)lus tard, on refusera de croire, tant il semblera invraisemblable !

11 paraît que les meneurs de la majorité ne s'attendaient pas à l'acquittement du rédacteur en chef de la Presse, car des que la nouvelle de cet acquittement a été connue sur les bancs de l'Assemblée législative, elle y a produit une véritable sensation que nous n'avons pas comprise , car nous n'avions pas mis en doute, un seul instant, l'indépendance de la magistrature; aussi nous aljstiendrons-nous, comme (Tune offense, de tout ce qui ressemblerait ii un remercîment ou à une félicitation.

C'est en ne fléchissant sous le poids d'aucune considération que la magistrature continuera d'être le plus ferme pilier de la société, bien moins menacée , (juoi qu'on en dise, par la base que par le faîte.

YEUT-ON LA REVISIOiN.

19 mai 1850.

De deux choses l'une :

Ou une révision de la Constitution est nécessaire et désirable ;

Ou cette révision n'est ni désirable ni nécessaire.

Si elle est nécessaire et désirable, pourquoi affaiblir inconsidérément les motifs sur lesquels on devra s'appuyer pour l'obtenir ? La loi présentée, en admettant qu'elle ne propose que des améliorations incontestables, est évidemment un argument qu'on ôte h la révision de la Constitution en 1851 ou 1852.

Le moyen de hâter la maturité d'un fruit, ce n'est pas que nous sachions, de l'exposer à l'ombre ; c'est, au contraire, de l'exposer au soleil.

Si l'on voulait hâter la révision de la Constitution, que fallait-il faire ? — Mettre en lumière et en relief tous ses défauts, tous ses inconvénients : plus ils auraient frappé tous les regards par leur évidence, et plus vite l'opinion se fût éclairée. De toutes parts, elle eût été unanime pour demander la révision.

C'est le contraire que l'on fait.

. Est-ce donc que l'on ne voudrait plus de la révision, ou est-ce donc que l'on compterait s'en passer?

Page 1