LE COMMENCEMENT
20 mai 1850.
Le Constitutionnel commence à être conséquent ; aujourd'hui il demande trois choses :
La dissolution de la garde nationale ;
L'abolition du jury;
La suppression de la liberté de la presse.
Ce n'est pas trop mal déjà, mais cela n'est pas assez. En si beau chemin, on ne peut ni ne doit s'arrêter ; il faut demander encore :
La suppression de la liberté des cultes, et conséquemment l'interdiction des cultes protestant et israélite ;
L'irresponsabilité du pouvoir ;
L'omnipotence de la police ;
Le rétablissement de l'inquisition;
Le rétablissement de la question , de la torture, etc., etc.
Il n'y a que deux régimes entre lesquels on doit choisir :
\J Autorité comme en Russie ou la Liberté comme aux Etats-Unis, ce que l'empereur Napoléon avait résumé par ces mots : « D'ici à quarante ans l'Europe sera 7'épublicaine s » ou cosaque. »
Nous avons choisi, nous, le régime de la liberté, le Constitutionnel, lui, préfère le régime de l'autorité. Il n'hésite plus, il se prononce franchement, hautement; nous ne pouvons que le féliciter de sa franchise. Avec le Constitutionnel on saura désormais à quoi s'en tenir. Mais alors que \(} Constitutionnel change donc son titre et qu'il ait le courage de s'appeler Vlnconstiiutionnel.