‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 2)Chapitre 33 sur 156 · V. Loi d'organisation de l'assistance publique · texte numérisé non relu

V. Loi d'organisation de l'assistance publique

A l'œuvre la France jugera les ouvriers ! Puisque, de l'aveu du Constitutionnel, la France a maintenant un gouvernement, que ce gouvernement se révèle donc par d'autres lois que des lois d'expédients et de transition !

Au lieu de présenter une petite loi des maires, qu'il piésente donc la loi d'organisation départementale et commu-

unie, afin que la question de décentralisation administrative se pose enfin carrément et dans ses véritables termes.

Au lieu de présenter une petite loi d'urgence qui propose de doubler les cautionnements des journaux et de rétablir le timbi'e, qu'il présente donc une grande loi de constitution de la presse, alin que toutes les idées se produisent et que tous les systèmes s'exposent.

Au double point de vue de l'ordre par la compression et de l'équilibre du budget, est-il une loi plus importante et plus urgente que la loi sur l'organisation de la force pul)lique, dont l'Assemblée constituante avait entrepris la tâche.

Voilà plusieurs mois que M. Thiers a déposé son fameux rapport sur l'assistance publique. Rien ne s'oppose à ce qu'il prenne place sur l'ordre du jour, et qu'enfin la discussion ne s'engage. Cette discussion est attendue avec impatience. Est-ce M. Thiers qui a raison contre le socialisme, ou bien est-ce le socialisme (jui a raison contre M. Thiers? Ne serait ce pas M. Thiers qui serait l'esprit utopiste et chimérique, quoique stérile ? 11 serait assez curieux que cette conclusion fût celle qui sortît du débat. Le droit au travail a été effacé pour faire place à l'assistance publique ; aboutissez donc !

Voili» plusieurs mois que M. de Vatimesnil a déposé son volumineux rappoit sur le piojet de loi du gouvernement ayant pour objet les privilèges et hypothèques! H y a assez longtemps (pie la réforme hypothécaire se fait attendre. Puisque la majorité est si compacte, puiscpie enfin la France possède un gouvernement, que ce gouvernement donne donc un démenti à ses détracteurs !

Pendant que se prépareront, se débattront et se voleront ces diverses lois, la commission du budget de 1851 aura tout le temps nécessaire pour terminer ses travaux et déposer son rapport. M.Achille Fould, qui dissimulait peu son dédain pour .MM. Lacave-Lapiagne, Dumon, Goudchaux et Garnier-Pagès, doit tenir à prouver que l'équilibre financier n'est pas une chimère.

Que le gouvernement établisse l'équilibre financier, accomplisse la réforme hypothécaire, vide la question de l'assistance publique, constitue l'armée sur ses véritables bases, trouve la limite où doit s'arrêter la liberté de la presse, organise le département et la commune, et, enfin, rende réelle et sérieuse la responsabilité des dépositaires de l'autorité publique, qu'il fasse tout cela, et alors la Presse, écartant un instant de sa mémoire la loi du 31 mai contre le suffrage universel, joindra sa voix à celle du Constitutionnel pour dire :

« aujourd'hui, il y a un gouvernement. »

28 mai 1850.

On écrit de Strasbourg, 26 mai 1850 :

« Emile de Girardin est l'élu du conclave de Strasbourg à une très forte majorité :

» Emile de Girardin 45 voix.

» Flocon 28

» Liechteuberger fj

» 79 vois. »

A toutes les lettres qu'il avait reçues d'électeurs et de délégués du département du Bas-Rhin, M. de Girardin avait uniformément et invariablement répondu la lettre suivante :

K Paris, le 4 mai 18.50.

» Je réponds à votre lettre datée du 2 mai. Il suffît que l'on m'ait présenté comme voulant w 'noposer à l'opinion démocratique pour que je considère désormais comme un devoir de m'ahslenir.

» C'est à la cause démocratique à se consulter et à décider si elle trouve que je lui ai donné assezde gages, et si elle pense que jepuiï n'être pas un soldat inutile à sa défense dans les rudes combats qu'on se prépare à lui livrer.

» EMILE DE GIRAKDIN. »

L'ELECTION DV 9 JLIN 1850. 87

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