‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 2)Chapitre 61 sur 156 · CHAMBRE DES DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

CHAMBRE DES DÉPUTÉS

* Séance du 24 mars 183B.

l'RÉSlDESCE DE M. DUPIN.

'( M. LE GÉNÉRAL DE LABOURDONNAYE : Je ne m'expliqiienii pas sur les motifs qui ont pu engager le pouvoir à mettre à la retraite les officiers généraux dont il s'agit, puisque je les ignore et que le ministre a déclaré qu'il ne voulait pas les faire connaître ; mais je dirai que ces officiers généraux avaient témoigné qu'ils étaient prêts à servir, et la preuve c'est qu'ils étaient restés sur les cadres de l'armée, et que rien n'indique qu'ils aient refusé de l'emploi. Il s'est rencontré, au moment de la catastrophe de 1830.. . . (Violente interruption.)

» VOIX NOJIBREUSES : A l'ordre.! <à l'ordre! (Vive agitation.)

» M. LE PRÉSIDENT : Je VOUS engage à retirer ces paroles, autrement je vous rappellerai à V ordre! (A l'ordre! à l'ordre !)

)) M. F1IZJAJIE?, de sa place : Je ferai observer à la Chambre que le

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déclaralinn par laquelle tous les membres de l'opposition feraient connaître leur fei-me détermination de s'abstenir de prendre part aux travaux de l'Assemblée, jusqu'à ce que M. le ministre de la justice ail retiré l'expression dont il s'est servi pour qualilier la révolution du 24 Février, cette révolution à laquelle M. Louis Bonaparte doit son retour de l'exil et le titre de président de la République, cette révolution à laquelle lui, M. Rouher, que M. Hébert avait refuse de nommer avocat-général, doit d'être garde-des-sceaux et ministre de la justice.

pouvoir royal s'est servi du mot catastrophe cLans des notes diplomatiques. (Agitation prolongée.)

» M. i.E PRÉSIDENT : J'invite la Chambre au silence. Je dois rappeler à M. de Fitzjames qu'il doit connaître à double titre les convenances parlementaires ; qu'il ne doit pas faire intervenir ici le pouvoir royal, et que les discussions ne doivent pas s'adresser plus haut que les ministres.

» Je rappellerai ensuite à M. de Labourdonnaye que le mot de catastrophe ne peut caractériser la récolulion de juillet, qui, dans ciîtte enceinte, ne peut être carucléri.sée converTablemeiH que par les mots de GLO- RIEUSE RÉVOLUTION... (Bravo! Très bien!) Respect à la révolution de juillet et au pouvoir royal !

» M. LE GÉNÉRAL DE LABOURDONNAYE: Je suis extrêmement étouné... (A l'ordre ! à l'ordre!)

s M. LE PRÉSIDENT : Je rous retirerai la parole si rous continuez.

» M. DE LABOURDONNAYE : Je dis que je suis surpris de l'orage qu'une simple parole a fait naître dans la Chambre ; s'il est des occasions où l'on est bien aise de soulever la tempête, ici ce n'a pas été mon intention , j'ai dit catastrophe comme j'aurais dit événement.

» Mil bien ! au moment de la révolution de 1830, je dis qu'il s'est rencontré des of'Hciers de tous grades qui se sont sentis impatients du nouveau joug qui leur était imposé. (Nouveaux l'ris : A l'ordre! à l'ordre !)

» M. LE PRÉSIDENT : J 'invite la Chambre à garder le silence.

» M. DE LABOURDONNAYE : Je dis qu'il leur aurait été difficile, impossible même de s'y soumettre. Ils n'ont pas précisément brisé leur épée, jiavce qu'ils savaient bien qu'ils trouveraient le moyen de la ressaisir si jamais l'indépendance du pays était menacée, mais ils l'ont déposée avec douleur; ils ont interrompu leur carrière parce qu'ils«avaient besoin de toute leur indépendance.

» Il leur plaisait d'ailleurs de témoigner de leurs sentiments par leurs sacrifices, comme la plus noble protestation qu'ils ])ussent faire contre ce qui leur paraissait la riolaliou de l'ordre et du droit... (Nouveaux murmures et agitation.) Mais telle n'était pas la position des officiers généraux qui ont été frappés par l'oidoimance de 1837 ; ils n'ont pas un moment quitté les rangs de l'armée, et rien n'autorise à penser qu'ils ne fussent pas prêts à exécuter les orilres qui leur seraient donnés.

» Je ne citerai pas de nom propre, je dis qu ils avaient témoigné l'intention de servir en temps de guerre. Je ne sais s'ils ont d puis réclamé du service, mais telle était leur position.

>' M. LANYER, <le sa pbicc : Monsieur le président, j'ai une observation à faire. 11 est impossible qu'nne question telle que celle qui a été soulevée tout à l'heure soit jugée d'une manière passive. Je demande donc d'uue

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