LA LIBERTÉ RÉGLEMENTÉE
Cetlo liberté importe à tous les agriculteurs des départements et à tous les consommateurs de Paris ; mais si l'on veut qu'elle soit féconde et qu'elle porte tous ses fruits, il sera nécessaire d'y joindre la suppression du droit d'entrée, qui est de 12 c. 32 le kilogramme, afin que la viande non vendue et non consommée à Paris puisse ressortir non grevée d'un di'oit , dont la restitution, sous le nom de drawback, donnerait lieu à des abus faciles à pressentir, mais difficiles à éviter.
Alors la consommation de la viande, qui n'est que d'un dixième de kilogramme par personne et par jour à Paris, aura peu d'efforts à faire pour passer, au moins, du dixième au cinquième.
Immense sera encore la différence entre la consommation en France et la consommation aux États-Unis !
M. Michel Chevalier a publié, en 1847, un travail intitulé :
DES FORCES ALIMENTAIRES DES ÉTATS, OÙ SC trOU\ Ont IcS faitS
suivants :
En 1840, les États-Unis avaient Vô millions de bètes à cornes pour une population de 17 millions d'habitants, soit 882 par mille hal)itants. En 1847, ce chiffre s'était élevé à 1,000 têtes de gros bétail par 1,000 habitants. En France, ce chiffre est au-dessous de 300.
En 1840, les États-l'nis avaient L.'ioO porcs par 1,000 habitants, et en 1847, ce chiffre s'était élevé à 1.750. En France, ce chiffre n'atteint pas loO.
M. de Tapies, dans son ouvrage intitulé : La France et V Angleterre, établit ce rapprochement :
« Le Français n'a guère que 40 livres de viande par an à » consommer, et un Anglais bien plus de 100 livres. Aussi. « l'espèce humaine, en France, dépérit et s^atuitardit au « point que les préfets ne cessent d'en parler dans leurs » rapports, et que le recrutement est obligé d'accepter pour » défenseurs de la patrie des hommes qui autrefois n''av- » raient pu obtenir place dans les rangs de Varmée. Un » Français , en calculant ses richesses animales avec le » nombre des individus, n'a guère plus de trois mois de
» nourriture assurée, tandis que l'Anglais en a pour près " (le deux années.
» Les rapports des conseils de révision. au ministère de la » guerre constatent chaque jour iin dépérissement mani- » feste dans les générations qui s^élévent. »
Il n'est que trop vrai, sous le rapport des prairies et de la production de la viande, la France est dans une déplorable infériorité à l'égard des autres contrées de l'Eiu'ope. Cette infériorité, c'est assez de la subir ; c'est trop de l'aggraver.
Des statistiques de M. Moreau de Jonnès publiées par le ministre de l'agriculture et du commerce, il résulte que la France possède 23,559,000 hectares de terres cultivées à la charrue, et seulement 4,198,197 hectares de prairies naturelles. C'est, comme on le voit, 5 hectares 1/3 de terre arable pour un hectare de pré. En Autriche, en Prusse, en Danemark, on trouve un hectare de pré pour trois hectares et demi de terre arable ; dans la Bavière et le Wurtemberg, les prairies naturelles sont dans la {proportion d'un hectare de pré pour deux hectares et demi de terre labourable; enfin, en Angleterre et en Hollande, l'étendue des prairies égale, si mémo elle ne la sur|)asse, celle des terres cultivées à la charrue.
II faudi'ait donc créer en France 10 millions d'hectares de prairies |)our arriver à la proportion de l'Angleteri'e et de la Iloliaiide, et 4 millions seulement pour se placer dans les conditions de la Bavière et du Wurtemberg.
Jacques Bugeaud (des Deux-Sèvres) a dit, dans son langage pittoresque et populaire :
« Veux-tu de la viande? Fais des prés. — Veux-tu du » blé ? Fais encore des prés. — Car le pré produit la viande, » la viande produit l'engrais, l'engrais produit du blé. »
Or, le seul moyen de créer les prairies qui nous manquent et d'améliorer celles qui existent, c'est, sans contredit, l'irrigation. Tout le monde en reconnaît l'utilité, mais peu de personnes, même pai'mi les agiiculleurs, savent jusqu'à quel point les prairies sont profitables, et Fimmense intérêt qui s'y rattache.
LA LIBERTÉ RÉGLEMENTÉE. m
Les meilleurs agronomes estiment à 100 fr. par heclare au minimum, l'augmentation de revenu de chaque hectare converti en prairie par l'irrigation. On arriverait donc, en prenant pour base l'augmentation de 4 millions d'hectares de prairies (M. Nadaut de Buffon estime à o millions d'hectares la quantité de prairies qu'il est indispensable de créer en France), on ai'riverait donc à une augmentation de quatre cent millhns de francs, représentant un capital de di.ià douze miUia)'ds.
M. de Gasparin, qui a, dans cette question, une autorité incontestable, cite un grand noml)re de localités où, avec une dépense peu considérable, on est parvenu à décupler la valeur du sol ; et, récenunent encore, dans la Campine jjelge, ainsi que le fait connaître M. Mangon, ingénieur des ponts-et-chaussées, dans ses consciencieuses études faites sur place, les travaux du gouvernement et ceux de la compagnie d'irrigation ont déjà donné à quelques milliers d'hectares une valeui- égale h six ou sept fois leur prix d'achat.
Beaucoup de propriétaires s'exagèrent la lenteur des résultats à obtenir, et c'est le plus souvent ce qui les arrête dans leur désir de faire des prairies naturelles. A cet égard, ils puiseront dans les éludes de M. Mangon des renseignements précieux et officiels ; ils y liront ce qui suit :
« Les travaux de la mise en culture, convenablement di- » rigés, s'élèvent au plus à 6 ou 700 fr. l'hectare, et souvent » à beaucoup moins ; de sorte que le prix de revient de » l'hectare de prairie , y compris le prix d'achat de 4 ou » 500 fr., ne dépasse pas aujourd'hui 1,000 à 1,200 fr. — » Le revenu de l'hectare de prairie irriguée ne s'élève pas, » à partir de la seconde année, à moins de 130 à 150 fr. » l'hectare. Les capitaux placés dans ces opérations rap- » portent, par conséquent, dès la seconde année, de 10 l\ « 15 0/0. »
Le fait suivant fera comprendre aux lecteurs, et surtout aux lecteurs agricoles, l'influence de l'irrigation sur la lichesse des pays qui l'emploient.
Les l)ruyères de la Campine se vendaient, de 1830 à 1835, de 15 à 20 fr. riiectare ; ce prix s'élevait en 1840, dans la prévision de la prochaine exécution du canal, à 40 l'r. Aujourd'hui, le prix de l'hectare varie de ^0 à 400 h-. C'est donc une augmentation de 12 à 20 fois la valeur primitive, qui s'est produite par le seul fait de la possibilité de l'irrigation, et c'est après ces bénéfices acquis aux propriétaires que les opérations d'irrigation viennent à leui- tour réaliser les bénéfices signalés plus haut.
Le droit de douane est de 55 fr. par tète de bœuf, 27 fr. 50 c. par tête de vache, 13 fr. 20 c. par tète de porc, 5 fr. 50 c. par tête de mouton, brebis, etc.
L'importation, qui amenait en France, en 1810, 81,040 bœufs étrangers, n'en amenait plus, en 1822, que 45,076, et depuis 1845 ce nombre est réduit à 5,046 (cinq mille quarante-six).
Mais peut-être pensera-t-on que, s'il vient moins de bœufs de l'étranger, grâce à l'impôt protecteur, il s'en élève davantage en France? Non ; il ne s'élève pas plus de bœufs en France, il s'en élève moins. La France renferme aujourd'hui près de 500,000 tètes de bétail de moins qu'en
Aussi, qu'arrive-t-il ? C'est que la consommation annuelle de la viande, qui était, en 1816, de 50 kilogr. 71 grammes par tête, en moyenne, est tombée à 20 kilogr. 5 grammes, dont encore plus de 8 kilogr. 1/2 de porc. C'est que, sous le rapport de l'alimentation par la viande, la plus nutritive de toutes les substances, celle qui assure le mieux la santé et la vigueur de l'homme, le Français est le plus mal j)artagé de tous les peuples de l'Europe.
Appliquée aux cultes, la liberté réglementée a |)ro(luit ral)rutis^(Muent religieux, contre lequel M. de Montalembert pi'otestait en ces termes, rappelés i» la tribune : « Le » torrent des événemens auxffuels Dieu impiime cha(|ue « jour le sceau visible de sa toute-puissance entraîne jus- » (praux derniers vestiges de ce cathoUcisnic hàhird (jud- » vait ciipntlé la religion des )'ois... Q)u'()iil-ils l'ail pdiir
LA LIBERTE REGLEMENTEE. 2'J3
» l'Éj^lisc, ceux qui croyaienl que poyor c'était lairo viviv, » et qui nous ont légué la foi des pouplos mille fois plus » attiédie qu'au sortir des mains du geôlier de Pie VII ? » Non, V alliance impie du pouyoir et du culte est brisée ii » jamais. »
Appliquée \\ la presse, la liberté réglementée a produit la révolution cie 1830.
Appliquée au droit de réunion, la liberté réglementée a produit la révolution de 1848.
Appliquée au commerce et à la consonmiation de la viande, la liberté réglementée a nui au progrès de l'agriculture et a produit le dépérissement et l'abâtardissement des Français, dépérissement et abâtardissement constatés par les rapports des conseils de révision. Au lieu d'encourager l'usage de la viande, la liberté réglementée l'a étoufi'é sous vingt-cinq millions de droits d'octroi, sous la prohibition d'un régime faussement protecteur et sous l'abus de formalités allant jusqu'à soumettre les bœufs et les porcs au régime des passeports. Les passeports délivrés aux pourceaux par l'autorité compétente s'appellent : ayons. Il va sans dire que ces passeports donnent lieu à des abus sans nombre.
Continuez donc déréglementer la liberté et de l'empêcher de suivre son cours naturel !
LE GÉNÉRAL GHANGARNIER.
4 janvier 1851.
Le 3 janvier l8ol, M. Nci])()Iéon Bonaparte, représentant du peuple, monte à la tribune de l'Assemblée législative, et demande à interpeller M. le ministre de la guerre sur les instructions données par M. le général Changarnier aux troupes sous ses ordres, instructions tlonl un journal ministériel du soir, la Pairie, a fait coiuiaîlre les cinq articles qui suivent :
« Art. 1'''. N'obteuipéror à iiiR-inie véquiaitioii i^u'apre* en avoir reçu l'ordre du lieutenant-général.
» Art. 2. Ne pas écouter les représentants.
» Art. 4. Fusiller à l'instant les traîtres.
» Art. 20. Tout ordre qui ne provient pas du général eu chef est nul ; — rejeter les conseils donnés par tout officier étranger ou commandant des troupes engagées ; — il n'y a d'exécutoire que les ordres du général en cliet'et de ses agents réguliers.
» Art. 21. Toute réquisition, sommation ou demande de fonctionnaire civil, judiciaire ou politique, sera rigoureusement repoussée. »
M. le général Changarnier demande la parole, monte à la tribune et déclare en ces termes (|ue l'instruction dont on \ienl de lire les cinq arlicles ci-dessus n'existe pas :
« M. i.i; (iiCNicKAL CHANGAUNIKU '. Mon liouorahlc anii, M. le général de Sehrannu, ministre de la guerre, veut bien me permettre de donner un
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renseignement qu'avec le temps il ne pourrait pas trouver, attendu que l'instruction signalée par le journal la Patrie n'existe pas. (Mouvement. Rires prolongés.)
» VOIX DIVERSES A DROITE ". C'est Catégorique! Quel désappointement I
» A GAUCHE ; Elle n'existe peut-être plus; mais elle a existé.
ï M. LE GÉNÉRAL GHANGARNIER : Si ELLE AVAIT EXISTÉ , ELLE
EXISTERAIT ENCORE. (Rumeurs et agitation à gauche.)
» M. LE PRÉSIDENT : Quand on demande des explications, il faut les écouter.
» VOIX NOMBREUSES : C'est évident !
» M. LE GÉNÉRAL GHANGARNIER : Malgré le soin pris par le même journal d'imprimer hier un enalum pour être, dit-il, textuel, je déclare que non-seulement les articles cités par lui ne sont pas textuels, mais qu'«7 n'y a rien de pareil dans les instructions permanentes ou transitoires émanées du quartier-général du commandant en chef de Varmée de Paris. (Très bien 1 très bien! — Rires à droite.)
» Dans aucune de ces instructions permanentes ou transitoires, le droit constitutionnel de V Assemblée de requérir les troupes na été mis en question. (Marques nombreuses d'approbation.) Non plus que l'article du règlement qui défère à M. le président de l'Assemblée l'exercice de ce droit. (Très bien! très bien !)
» Il est très vrai que, lorsque l'administration présidée par mon honorable camarade Cavaignac m'a appelé au commandement en chef de la garde nationale, j'ai cru devoir publier une instruction qui, peu de temps après, a été textuellement reproduite pour l'armée , lorsque l'armée a été placée à son tour sous mon commandement. Dans cette instruction, je prends toutes les précautions nécessaires pour l'exacte transmission des ordres et pour maintenir l'unité du commandement durant le combat... (Vive approbation. — Applaudissements prolongés.)
» M. LE PRÉSIDENT : Voilà le mot !
» M. LE GÉNÉRAL GHANGARNIER : Cette instruction a vingt-ueuf mois de date, et les administrations qui se sont succédé l'ont toutes approuvée; elle était, du reste, imprimée, et si la Patrie avait une mémoire plus fidèle, il ne tenait qu'à ce journal de retrouver cette instruction dans les feuilles de l'époque. Si elle peut intéresser l'Assemblée, j'en donnerai lecture. (Nt>n ! non ! — Oui ! — L'orateur descend de la tribune au milieu de vifs applaudissements.) »
Le soir même, 5 janvier 1851, ces paroles recevaient et gardaient le démenti semi-officiel qu'on va lire :
« Quoi ! M. le général Changarnicr a pu dire à la face du pays et de l'Assemblée que les instructions dont nous avons cité un extrait n'existaient p;is, n'ont jamais existé! Mais nous les avons lues, ce qui s'appelle tues, de nos propres yeux. Nous les avons eues entre nos mains pendant
plusieurs heures ; nous on avons pris une copie exacte et complète sur un original signé de l'un des généraux de brigade de l'armée de Paris, qui
les a TRANSMISES DIRECTEMENT ATIX OFFICIERS DES TROUPES PLACÉES
SOUS sox COMMANDEMENT. Dira-t-on que ce général de brigade a imaginé des instructions pareilles? Qui oserait supposer qu'un général de brigade appartenant à l'armée de Paris, dans laquelle M. le général en chef maintient avec tant de vigueur les règles de la plus sévère discipline, aurait pu prendre sur lui de donner des instructions aussi graves, s'il ne les eût pas reçues lui-même de son supérieur hiérarchique ?
» D'après ce que nous affirme une personne digue de toute confiance, la pièce dont nous avons extrait les cinq articles que nous avons publiés est le résumé écrit des ordres verbaux donnés par M. le général Chaugarnier aux généraux de brigade placés sous ses ordi'es. Ceux-ci les communiquent aux chefs de corps, lorsqu'ils viennent en garnison à Paris, et nous savons, de source certaine, que ces mêmes instructions ont
ENCORE ÉTÉ transmises, IL Y A A PEINE UN MOIS, A DES OFFICIERS nouvellement ARRIVÉS.
» Cette pièce est entre nos mains.
» La voici textuellement :
« lo N'obtempérer à aucune réquisition qu'après en avoir reçu l'ordre du lieutenant-général -,
» 2'^ Sans pitié pour tous gardes nationaux pris dans l'émeute;
» 3° Devant l'émeute, attaquer de suite sans attendre d'ordres ; chacun dans son grade prendra l'initiative:
» 4" Ne pas écouter les représentants ;
» 5° Ne pas aller aux incendies ;
» 6" Faire de fi-équents appels pendant le combat;
» 7" Fusiller à l'instant les traîtres;
» 8o Tomber sur tous ceux qui feraient courir de faux bruits, tels que la mort du général en chef ;
» 90 En cas d'urgence pour le combat, amener de suite sur le terrain tout ce qu'il y a de disponible; ne pas faire d'appel, laisser des ofhciers et sous-officiers au quartier pour ramener les traînards et les conduire en ordre rejoindre les autres plus tard ;
» 10° Nul ne doit s'écarter des rangs ;
» 11» Tous ceux qui s'abstiendront pendant le combat, fusillés;
)) 12° Les corps se rendront à leurs postes militairement, sans musique, avec les trompettes seulement, qui ne sonneront pas, avec une avant et une arrière-garde. — Ne laisseront marcher personne sur leurs ilancs. — Tuer tous ceux qui chercheraient à pénétrer dans les rangs, fût-ce au cri de la fraternité ;
» 13^ Les corps marcheront rapidement sans s'inquiéter de quelques coups do fusil isolés. S'ils en ont le temps, ils enverront de petits détachements commandes par des officiers ou sous-officiers énergiques qui, après avoir fait prompte justice, rejoindront leurs corps ;
» 14" Arrivés à leurs positions, les corps ne permettront à personne de les approcher. Une ligne de vedettes, établie à cent cinquante pas, tiendra à distance curieux et émeutiers, ne laissera former aucun groupe, même inoffensif. On fera feu au moindre refus d'obéissance;
» 15° Défense d'entrer dans les cabarets ;
» 160 Se mettre en communication avec les troupes limitrophes par de fréquentes patrouilles qui ne laisseront former aucun obstacle sur leur passage ;
)) 17'> Les caissons ii pain, à vin, à fourrages, ne suivront la brigade que dans les cas extraordinaires où on s'éloignerait pour plus de vingtquatre heures ;
» 180 Dans le casoii un régiment ou des fractions de régiment se trouveraient éloignés et dans l'impossibilité de recevoir vivres ou fourrages, chaque officier commandant pourvoira, au moyen de réquisitions, à la subsistance des troupes et des chevaux ;
» 19° Si les munitions sont épuisées, pn en recevra à.l'Ecole militaire, où il y en aura undépût.
» 20" Tout ordre qui ne provient pas du général en chef est nul. Rejeter les conseils donnés par tout officier étranger au commandement des troupes engagées. Il n'y a d'exécutoires que les ordres du général en chef et ceux de ses agents réguliers ;
» 21° Toute réquisition, sommation ou demande d'un fonctionnaire civil, judiciaire ou politique, sera rigoureuserasnt repoussée;
» 22° Les avertissements ne seront accueillis qu'avec méfiance ;
» 23° Toutes les fois qu'on sera forcé d'agir, on n'agira jamais qu'avec la plus grande vigueur, sans hésitation et avec la plus grande rigueur;
» 24° En cas de prise d'armes, à moins d'ordres contraires, le 9^ dragons se rendra sur la place de la Concorde, le 5^ hussards aux Champs- Elysées, près la place de la Concorde ; les guides aux Tuileries ;
» 25° Quand un officier de l'état-major général ou de l'état-major de la garde nationale apporte un ordre, il faut que celui auquel il s'adresse lui demande :
» 1° Son nom et la présentation de sa commission, si cet officier d'étatmajor ne lui est pas connu ; 2° le nom de l'officier général ou supérieur j)ar qui l'ordre est envoyé; 3° l'heure et le lieu où l'officier d'état-major a quitté le général ou l'officier supérieur dont il porte l'ordre : on évitera ainsi toute surprise sur les dispositions que le général a l'intention de faire prévaloir en dernier lieu.
» 26° Lorsqu'un corps sera fractionné en plusieurs détachements, le chef de chacun d'eux, pour la plus prompte exécution des ordres, pourra les recevoir quelquefois directement par les officiers d'état-major, sans que ces ordres aient passé par l'intermédiaire du chef de corps, qui sera prévenu séparément.
» Le général de brigade, » Signé beibell. »
Le lendemain 6 janvier 1851, le Journal des Débats publie les instructions suivantes, signées Changarnier :