‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 3)Chapitre 100 sur 132 · QUATRIÈME RÉSOLUTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME RÉSOLUTION

Le Congrès réprouve les emprunts publics négociés à L'intérieur et destinés à fournir à des peuples étrangers les moyens de s^égorger entre eux.

M. EMILE DE GiRARDiN : S'il csl vrai, comme on le dit, que l'argent soit le nerf de la guerre , il est un moyen simple et sûr de l'énerver, c'est de lui refuser l'argent dont elle est si avide. Le Congrès a donc raison de réprouver tous les emprunts destinés, non à féconder la paix, mais à salarier la guerre. J'ai fait le compte de la paix armée depuis trentecinq ans. Que serait-ce donc si javais ajouté aux trentecinq milliards que la paix armée a coûtés, ce qu'a coûté la guerre, seulement pendant le dernier siècle? Que serait-ce donc, si j'avais additionné les dettes publiques sous le poids desquelles iléchissent l'Angleterre, l'Allemagne, la France, l'Europe tout entière?

En France, la dette publique absorbe, à elle seule, le tiers du revenu public. Avec des dettes si lourdes, le moyen d'avoir des budgets légers ! 11 faut choisir : si l'on veut que se réduisent les budgets, si l'on veut que s'abaisse l'intérêt de l'argent, si l'on veut que se développe le crédit, si l'on veut

que l'impôt n'élève pas démesurément le prix de revient de tous les objets de consommation les plus nécessaires à la vie. si l'on veut que le Lien-être descende du faîte à la base, si l'on veut enfin que se comble le gouffre des révolutions, plus d'emprunts qui enlèvent, pour le donner à la guerre, l'argent dont le travail a besoin. J'appuie donc de toute l'énergie de mes convictions le projet de résolution du Congrès. Honte à qui désormais concourra à un emprunt faisant du crédit une arme de guerre et un instrument de ruine, au lieu d'en faire une arme de paix et un instrument de prospérité.

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