X. Hanovre, Brunswick, Oldenbourg
villes Anséatiques , Mecklen-
bourg 49,91H
Division d'infiinterie de réserve 18,186
Total 525,037
Cet effectif se distribue entre les différentes armes de la manière sui vante :
Infanterie 404, .502
Cavalerie 71,149
Artillerie 40,270
Génie 5,745
États-majors 3,371
Total 525,037
Il faut ajouter à cette force 1,470 chirurgiens et 16,838 hommes du train des équipages.
L'artillerie de siège consiste en 250 bouches à feu, savoir : 122 canons, 31 obusiers et 97 mortiers.
L'armée fédérale se subdivise en 387 bataillons, 409 escadrons et 147 batteries qui comptent 1,122 cauons.
sultan, et à s'armer, à la première agression, contre le souverain qui tenterait d'y porter atteinte? Cette coalition permanente de VEurope en faveur de l'indépendance de Lt Turquie, devenue un principe d'équilibre, serait, ce nous semble, une sauvegarde plus puissante que la réduction de la flotte russe. »
Toute la différence entre V Assemblée nationale et la Presse, c'est que VAssemblée nationale se borne à proposer une coalition permanente de l'Europe à l'effet de préserver l'indépendance de la Turquie, tandis que la Presse demande que celte coalition permanente s'étende à tous les risques de guerre qu'il est possible de prévoir et conséquemment de prévenir. A quoi servirait un corps de pompiers qui accourrait pour étouffer un incendie ayant pour cause un feu de cheminée, et qui refuserait d'aller éteindre un incendie ayant pour cause une explosion de tuyaux de gaz ou de machine h vapeur ?
Voilà à quelle hauteur s'élèvent les hommes d'État entre les mains desquels les destinées de la France ont reposé de 1830 à 1848!
Mais ce n'est pas seulement dans les colonnes de ['Assemblée nationale que triomphe la politique de la Presse ; elle triomphe encore dans les colonnes du Constitutionnel, qui applaudit à l'abolition du karatch, abolition tardive. C'était en 1853, lorsque la Presse l'a demandée, que cette abolition aurait dû s'accomplir, car elle eût été un prétexte, c'est-àdire une arme enlevée à la Russie. Or. ne vaut-il pas toujours mieux désarmer son adversaire avant qn''aprés la lutte? Il ne suffit pas de faire les choses qui sont bonnes en elles-mêmes; il faut les faire opportunément. Combien de temps encore aurons-nous donc le tort d'avoir raison trop tôt?
15 septembre 1856.
On lit dans le Phare de la Loire :
« Décidément, quelques-unes des idées de M, Emile de Grrardiu pa-
raissent destinées à faire leui* chemin. Les idées sont comme ces graines qu'emporte le vent et que vous croyez perdues ; rassurez-vous, quand même elles seraient poussées dans le sable ou sur un roc aride, un jour ou l'autre elles rencontreront un peu de terre végétale, l'eau et le soleil leur viendront en aide, une oasis sortira du sable, et vous verrez s'élancer des anfractuosités du rocher un arbuste qui deviendra un arbre séculaire. Vous savez que M. Emile deGirardin, avec la ténacité qui le caractérisait quand il appartenait au monde des journalistes, n'a cessé de demander que l'impôt fût converti en assurance. Au moment des dernières inondations, cette idée s'est présentée à quelques bons esprits comme utile, réalisable, et presque la seule efficace pour remédier à d'aussi profondes calamités. Je n'affirmerai pas que le gouvernement y a pensé : les gou ■ vernements n'adoptent les idées nouvelles que lorsqu'elles ont un caractère d'à-propos incontestable et reconnu. Je laisse l'impôt converti en assurance ; c'est à peine le grain de sénevé.
» Une autre idée de M. Emile de Girardin que l'illustre publiciste émettait et discutait avec l'obstination que vous lui connaissez, c'était la suppression de l'armée, et, par suite, une immense diminution dans le budget des dépenses. Inutile de rappeler que la proposition du rédacteur en chef de la Presse provoquait de grands éclats de rire sur les bancs de la majorité et des ministres ; dans l'opposition, elle était regardée comme une généi-euse utopie, et plusieurs des amis de M. de Girardin, après lui avoir fait tout haut des compliments, disaient tout bas : « Cet homme est déci- » dément un échappé du royaume de Salente ou des îles Fortunées de » Fénelon. »
» Eh bien ! cette idée de M. Emile de Girardin, qui vous avait paru chimérique, le vent l'a emportée au-delà de l'Atlantique ; à l'heure qu'il est, on discute très sérieusement aux Etats-Unis la question de savoir s'il n'est pas bon de supprimer l'armée active.
» L'usage que le président Pierce a fait ou voulu faire de l'armée dans le Kansas a suggéré la pensée de sa suppression dans l'esprit des abolitionistes. Il va sans dire que ce n'est pas ici dans un but d'économie que l'armée sera supprimée, si elle doit l'être : aux Etats-Unis, le budget des recettes est toujours plus gros que celui des dépenses ; il faut franchir l'Océan pour voir de ces choses-là, et puis l'armée active ne dépasse pas le chifire de 20,000 hommes, presque tous Irlandais.
» Évidemment, si dans le Congrès il se trouvait une majorité pour supprimer l'armée, comme il s'en trouve une pour lui refuser des subsides, cette majorité ne pourrait être mue que par des prévisions de haute politique. Ne voyez-vous pas, en effet, les conséquences ultérieures de la pression exercée dans le Kansas par le président Pierce? Et qui nous dit qu'un président plus audacieux ou plus ambitieux que M. Franklin Pierce ne tournerait pas un jour les ba'ionnettes de l'armée contre le Congrès et même contre le principe de la fédération républicaine? Il est donc probable que si le président Pierce ne se hâte pas de donner satisfaction aux
abolitionistes en déclarant qu'il ne fera pas servir l'armée au triompLc de l'esclavage dans Is Kansas, l'idée de la suppression fera son chemin. Jonathan n'est pas pour rien frère de John-Bull.
» Les vieux Anglais n'aiment pas les armées trop nombreuses ; ils disent que l'air chargé qui s'échappe des casernes vicie l'atmosphère de la liberté. Ce n'est pas seulement parce que la position insulaire de l'Angleterre la dispenserait de se préoccuper de la possibilité d'une attaque extérieure ou du danger d'une invasion que la Chambre des communes a toujours voulu réduire autant que possible le chiffre de l'armée, c'est aussi pour que les rois de la maison de Hanovre ne pussent pas rêver les entreprises vainement tentées par les princes de la maison de Stuart.
» Je ne sais pas si la guerre de Crimée a modifié les idées des Anglais ; j'ignore si la possibilité d'une invasion par suite de l'application de la vapeur à la marine modifiera l'organisation militaire des Anglais, mais il est bien évident que des motifs analogues ne pourraient pas préoccuper les Américains. Ce serait d'ailleurs une erreur de penser que la suppression de l'armée active laisserait les Etats-Unis sans défense contre des voisins remuants ou contre des tentatives d'invasion ; la milice on garde nationale est là toujours prête à parer aux dangers de la patrie ; elle ne joue pas au soldat sans nécessité, comme nous l'avons vu dans d'autres pays ; mais elle n'en a pas moins à un haut degré le sentiment de la nationalité et de l'avenir plein de grandeur de l'Union Américaine.
» Certes, je n'affirme pas que l'idée de M. Emile de Girardin sur la suppression des années actives et soldées fera dès demain le tour du monde, je ne prétends même pas qu'elle soit mûre aux États Unis ; mais la chrysalide est sortie du cocon. Le temps fera le reste. — Henri Ferrier. a
Ramenant tout à ma théorie des risques, je n'ai jamais proposé l'abolition des armées permanentes avant l'extinction du risque de guerre ; ce que j'ai proposé, c'est de remplacer, de la manière la plus simple et la plus pratique, la PAIX ABMÉE par la paix assurée, en opposant et proportionnant l'assurance telle qu'il serait facile de la constituer au risque tel qu'il existe.