DROIT ; » FAIT
Nous appliquons ici le précepte de Mirabeau : « Tant que » les hommes n'auront que des mots pour s'exprimer, il » faudra peser ces mots, »
28 février 1854.
Nous avions dû demaixler à la Gazette de France de nous expliquer ce qu'elle entendait par ces trois mots -.Xaguères, Droit, Fait. M. de Lourdoueix nous répond :
« Le droit était supérieur au fait dans tous les temps et dans la conscience de tous les peuples, même sous l'oppression des faits violateurs du droit. En France particulièrement, et hier encore, cette croyance était la fond de toutes les discussions. Les questions d'application du droit partageaient seules les opinions; mais personne ne niait le droit en lui-même, ni sa supériorité à l'égard du fait. •>
Est-ce là une réponse sérieuse, surtout est-ce là une réponse claire? Nommer le dr-oit, opposer le fait au droit, estce les définir? Qu'est-ce que le droit? Encore une fois, si vous le savez , si vous pouvez le dire, dites-le donc en termes précis que tout lecteur comprenne, et dont il puisse se servir pour rechercher dans l'histoire des peuples et des siècles en quels temps et en quels pays le droit a régné sur le fait et l'a subjugué? Serait-ce en 1773, serait-ce à l'époque où l'Europe civilisée laissait l'Europe barbare se partager la Pologne? Serait-ce en 1815, serait-ce à l'époque où des rois coalisés se partageaient entre eux les peuples et les territoires comme des héritiers divisés se partagent les troupeaux et les champs du décédé? Serait-ce en 1849, serait-ce à l'époque où l'empereur Nicolas envoyait cent mille hommes à son frère d'Autriche pour changer en défaite la victoire de la Hongrie? Répondez.
doueix, qui a donné lieu à la controverse qui a paru, en 1854, sous ce titre : LE DROIT.
POLITIQUE DE L'El'ROPE. m
Vous fuyez comme le Partlie en nous lanranl votre dernier trait; ce trait est une interpellation :
« Si vous niez que vous souteniez la nationalité musulmane sur le Bosphore, dites nous donc ce que vous défendez en Turquie ? »
A cette interpellation, voici notre réponse : En défendant la Turquie contre la Russie , nous défendons le plus faible contre le plus fort; nous défendons la paix contre la guerre; nous défendons la liberté relative contre l'oppression absolue; nous défendons la neutralité des détroits et des mers contre la confiscation des mers et des détroits; nous défendons l'Europe civilisée contre l'invasion de l'Europe barbai'c; nous défendons enfin 1854 contre le renouvellement de ce qui eut lieu en 1773. N'est-ce donc point assez ?
24 avril 1854.
Le Moniteur publie le décret qui promulgue la convention d'alliance conclue entre la France et l'Angleterre. Les hautes parties contractantes déclarent expressément qu'elles renoncent à retirer a aucun avantage particulier » des événements qui pourront se produire et qu'elles recevront avec empressement dans leur alliance, pour coopérer au but proposé, celles des autres puissances de l'Europe qui voudraient y entrer. Cette double déclaration est un pas incontestable fait dans la voie nouvelle tracée dans l'ouvrage publié, en mars 1852, sous ce titre : la politique universelle, voie qui conduit à la paix assurée , remplaçant enfin la paix armée, ce système bâtard qui n'est ni la paix ni la guerre, et qui est la ruine sans être la force, ainsi que l'a fait judicieusement et parfaitement observer le général Paixhans, s'exprimant ainsi, dans SES OBSERVATIONS sur la
LOI DE recrutement ET d'aVANCEMENT DE l'aRMÉE FRANÇAISE :
« Si afin d'être fort on entretient pendant la paix assez de
» soldats exercés pour être en étal de faire la guerre, on » ruine ses finances et on détruit les premiers éléments de » la force. » Ainsi, malgré tout, se vérifie la rassurante vérité de ces paroles datées de Sainte-Hélène : «L'idée vaincra le sabre! »
8 mai 1854.
Nous enregistrons avec orgueil et satisfaction les détails que le gouvernement a reçus et qu'il publie dans le Moniteur, sur l'action dirigée contre Odessa par les amiraux des flottes combinées. Le Moniteur dit : « Un attentat avait été » commis contre le droit des gens par les autorités d'O- » dessa. Le but des amiraux devait être d'en châtier les » auteurs. Ce but a été atteint et n''a point été dépassé. » En effet, les marins alliés ont concentré leur feu sur la partie militaire de la ville russe et sur ses établissements de guerre ; ils ont maintenu la lutte en dehors de la ville marchande et épargné toute atteinte aux bâtiments de commerce ainsi qu'à la propriété des neutres. Premier exemple donné! Mémorable précédent fondé! Nous avions donc bien raison de dire, le 8 mars 1854 : « Plus que jamais nous » persistons à soutenir que ce n'est point la guerre qui » s'engage, mais que c'est la paix qui s'impose.
» I^orsqu'un poste arrête un malfaiteur occupé h dé- » trousser ou à assassiner un passant, est-ce la guerre? — » Non.
» Eh bien I ce que font l'Angleterre et la France arrêtant « la Russie , c'est ce que fait le poste qui veille à la sûreté « publique ; ce n'est point comme armée qu'elles agis- 51 sent, c'est comme grenc/armme. Elles font la police de