‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 101 sur 116 · CHARLES FURET · texte numérisé non relu

CHARLES FURET

» Ex-rédacleur-gérant du Républicain Je » Rouen. Détenu politique. »

On se souvient de l'indignation qui se souleva, il y a vingt ans, à l'occasion d'un traitement pareil inlligé à l'écrivain Magalon, que ce traitement a rendu célèbre. Ce qui parut infâme, alors que la Monarchie était la forme du gouvernement de la France, paraîtrait-il tout simple sous la République ? Quant à nous, du moins, nous ne saurions avoir deux jugements opposés sur le même acte. Ce qui était infâme, il y a vingt ans, ne nous paraît pas moins infâme aujourd'hui.

Les plus odieuses , sachez-le, celles qui blessent le plus profondément le sentiment populaire, ce ne sont pas les rigueurs nécessaires, ce sont les rigueurs inutiles!

14 septembre 1849.

On lit dans le Moniteur :

« Le ministre de la justice vient d'ordonner une enquête sur les faits qui se rapportent à la translation des prévenus Ch. Collet et Bonnefonds, et que quelques journaux ont signalés. Déjà une semblable mesure avait été prescrite relativement à la translation du sieur Furet. »

(Communiqué.)

Nous demanderons à M. Dufaure s'il veut que nous le prenions pour un ministre sérieux ?

S'il nous répond oui, nous le prierons d'user de réciprocité, et de nous considérer à son tour comme des écrivains sérieux.

Or , c'est ce qui n'aurait pas lieu s'il s'imaginait que nous nous contenterons de pareilles notes insérées au Moniteur.

Nous savons ce que valent ces notes, nous savons ce qu'on en pense et ce qu'on en dit dans les bureaux des ministères. On dit : « Annoncez qu'une enquête a été or- » donnée, faites insérer cet avis dans les journaux; cela T> leur fermera la bouche, et le lendemain ils ne penseront » plus au fait contre lequel ils ont protesté la veille ; il en » est toujours ainsi... »

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