LA REFORME! - LA RÉPUBLIQUE
La Raison pourrait so passer plus facilciuoiit (]o la Foi-c(^ que la Force de la Raison.
La Force ne sauve les gouverncmenls aveugles que poulies perdre plus svirement; elle ne les élève plus haut que pour les faire tomber plus bas.
Toute résistance exagérée finit par une concession tardive.
Toute concession tardive est une concession funeste.
Réformer toujours est le moyen de n'avoir à céder jamais.
Il y a toujours à réformer, il y a toujours à améliorer, il y a toujours à simplifier.
Tout gouvernement qui s'endort dans l'aire de l'optimisme se réveille en sursaut au fond de l'abîme.
Huit jours avant que la révolution du 24 février ne mît la République à la place de la Monarchie, M. Dupin prédisait en ces termes ce qui est arrivé; il disait : « Ce sera, cette fuis, la révolution des bras croises. «
La révolution s'est faite comme il l'avait annoncée.
Que cette leçon serve aux ministres dans les mains desquels est aujourd'hui le pouvoir! Qu'elle leur apprenne à ne pas croire que tout est bien, parce que leur ambition n'a plus rien à souhaiter, et qu'autour d'eux tout s'incline!
La servilité est à la désaflection ce que la surface est au fond.
Si la servilité n'avait pas isolé la Monarchie de 1830, la désaffection n'eût pas laissé s'accomplir la révolution de 1848; elle n'eût pas laissé la Répubii(iue se glisser sous le manteau de la Réforme!
Voulez-vous écraser la tête de l'hydre révolutiomiaire qui vous effraie ? Marchez sur la tète de la servilité qui vous rassure.
C'est elle qui donne le vertige à tous ceux qui se succèdent au pouvoir, souverains et ministres.
C'est elle qui fait ajourner toutes les (pieslions qu'il serait urgent de résoudre.
C'est elle qui donne ,■« riinmobiliie le nom menteur de stabilité.
C'est elle qui encourage l'arbitraire et tous les excès d'autorité.
C'est elle qui étouffe toutes les plaintes fondées.
C'est elle qui excelle à se servir de la Calomnie pour écarter la Vérité.
C'est elle qui amasse les nuages d'où la foudre éclate.
C'est elle, enfin, qui multiplie les révolutions.
Pauvre liberté! C'est toi qu'on accuse, mais c'est la servilité qu'on devrait condamner.
On s'arme contre l'insurrection; on ne s'arme pas contre la servilité. On prend l'effet pour la cause.
Le gouffre révolutionnaire ne se fermera, en France, que le jour où il aura englouti le servilisme.
Le 24 février 1848, quelle fut la conduite de cette majorité compacte qui n'avait eu rien à refuser au ministère? Gomment défendit-elle la royauté? Après avoir opposé une si énergique résistance à la Réforme, quelle résistance opposat-elle à la République i