‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 114 sur 116 · REPUBLIQUE : MONARCHIE · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE : MONARCHIE

puieiit sur lo néant. A nos yeux, ta Hé iniblique est au-tlessus Ju suffraçie universel, et si la Constitution peut être changée ou révisée, ce ne peut être que dans le sens de la Ri'^publique, et non contre la République.

» Une assemblée qui agirait sous l'empire d'autres idées infligerait à la France non seulement l'humiliation d'un injurieux démenti, mais elle ouvrirait l'ère des révolutions incessantes et des insurrections sans fin. »

Le journal le Peuple met la Républi(jue au-dessus du suffrage universel ; nous ne savons pas, nous, ce que c'est que d'imposer à la majorité d'une nation une forme de gouvernement que cette majorité repousserait. A quel titre et de quel droit? C'est l'opinion que nous soutenions les 15 et 17 mars 1848, alors que beaucoup de gens qui lèvent aujourd'hui la tête bien haut la portaient bien bas.

Ce que nous pensions, ce que nous écrivions sous la dictature de M. Ledru-Rollin, nous le pensons et nous l'écrivons sous la présidence de M. L.-N. Bonaparte. Le droit que nous reconnaissions le 17 mars 1848 à la majorité de l'Assemblée constituante, nous le lui reconnaissons encore le 28 février 1849, car ce droit n'a pas changé de nature, il est aujourd'hui ce qu'il était à cette époque.

Si la majorité de l'Assemblée constituante, au lieu de proclamer la République, eût proclamé la Monarchie, il est un journal dont l'appui ne lui eût pas manqué, quels (ju'eussent été les périls. Au lieu de proclamer la Monarchie, cette majorité a proclamé la République; nous n'avons pas interrogé nos souvenirs, nos sympathies : nous nous sommes inclinés devant le vole de la majorité sans le contester. C'est ainsi que nous avons toujours entendu et pratiqué l'ordre, la liberté, le progrès.

Ceux qui attaquent aujourd'hui, dans son œuvre, la majorité de l'Assemblée constituante ne sont plus les mêmes que ceux qui l'attaquaient, dans son droit, il y a un an ; l'impatience, qui était d'un côté extrême, est passée du côté opposé; nous sommes tlemeurés inébranlablemenl à la môme place que le 15 mars 1848, et peut-être aujourd'hui nous faut-il plus de fermeté pour résister aux entraînements de la réaction (ju'il ne nous en fallut alors jiour l'ésister aux cnti'aînements de rinlimidatinn !

1" mars 1849.

Prévenir les l'ëvolutions en accomplissant les réformes... Tel a toujours été notre drapeau politique, et nous ne l'avons jamais caché. Le journal le Peuple a donc raison de dire que nous sommes anti- révolutionnaires . La République n'a qu'à valoir mieux que les Monarchies, et elle n'aura pas de peine à nous garder fidèle à sa cause ; mais aussi longtemps que nous verrons l'Anglelerre et la Belgique jouir sous la royauté d'une liberté dont la France ne jouit pas sous la République, nous l'avouons, notre esprit demeurera au moins en suspens.

Est-ce donc trop de demander à la République, en France, ce que la Monarchie donne a pleines mains en Angleterre et en Belgi(iue : liberté, légalité, sécurité?

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