‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 12 sur 116 · MILITAIRES · texte numérisé non relu

MILITAIRES

Le témoin est obligé, enfin, de menacer en ces termes :

« Il faut en finir; la garde nationale n'y comprend rien. Il » faut du canon et de la mitraille, autrement la garde na- » tionale saura ce qu'elle aura a faire ! »

Mais il nous faut mettre une borne à l'abondance de tant de témoignages accusateurs, qui prouvent si évidemment que si l'on n'a pas empêché l'insurrection du 23 juin, c'est qu'on ne l'a pas voulu !

N'y a-t-il pas eu calcul coupable? alors il y a eu coupable négligence.

Il faut choisir entre ces deux mots pour caractériser M.Cavaignac.

Ou coupable ;

Ou incapable.

Terminons donc; au surplus, nous ne saurions mieux terminer que par le témoignage de m. trouyé-chauvel, alors préfet de police, aujourd'hui ministre des finances.

Écoutez-le :

« Le 21, il y avait eu un grand rassemblement sur la place de l'Hôtelde-Ville. J'ai demandé trois bataillons pour le lendemain, on mz les a accordés. Je savais qu'un autre rassemblement devait avoir lieu le 22 au soir au Panthéon. Je me suis rendu à onze heures du matin auprès de la Commission executive pour l'en informer. M. Recurt, à ce moment-là, voulait partir-, on l'a retenu. J'ai déclaré que c'était très sérieux. J'ai annoncé que je prendrais, quant à moi, toutes les mesures de police, mais que des mouvements de troupes étaient nécessaires. Mes agents furent injuriés, battus. IL n'est pas venu de troupes. Mes agents apprirent la réunion du lendemain à 6 heures du matin. J'en écrivis à la Commission executive; je la suppliai de préparer des troupes pour cinq heures. Mes agents se sont rendus exactement sur les lieux, leur preinier rapport m'est

arrivé à sept heures et demie ; ce rnppoit m'apprenait qu'aucune troupe n'avait paru. Mes agents furent encoi-e frappés. Le rassemblement était de douze à quinze cents hommes. J'écrivis pour me plaindre de l'absence

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