LA COMMISSION EXÉCUTITE A DONNÉ SA DÉMISSION
» Les barricades existent encore.
» L'accord de la garde nationale, de l'armée et de la gai-de mobile donnent la certitude que l'ordre sera bientôt rétabli.
» Les gardes nationales de plusieurs villes sont déjà arrivées. Leur exemple doit être imité.
» La République sortira triomphante de cette dernière lutte contre îanarchie.
» Signé : Cataignac.
» Paris, le 24, à rîJE heure et demie. »
(1) 2e, CHALONS ; 3e METZ.
C'est que le général Cavaignac vient d'atteindre son but!
C'est que le générai Cavaignac est clief du pouvoir exécutif!
C'est que la Commission executive a donné sa démission! (1)
Le 25, M. Bastide, ministre des aiïaires étrangères, qui, le 24, en compagnie de M. Pascal Duprat, avait enlevé le vote de l'Assemblée nationale (2), se hAle d'expédier une dépêche télégraphique où on lit :
« La confmnce dans le chef chi pouvoir exécutif et dans la garde nationale est complèle.
» Que tous les citoyens se lèvent ! il faut en finir avec les ennemis de l'ordre et de la République. »
M. Cavaignac qui, même le 23 juin, n'avait pas eu l'idée d'envoyer une seule dépêche pour demander des renforts, dans la crainte de « dégarnir le reste du pays, ^> en expédie trois, coup sur coup , le 25, quand tout est fini, pour dire que « la marche sur Paris ne doit pas être arrêtée. »
" Le chef du pouvoir exécutif aux préfets des départements. » La cause de la République triomplie. L'arrivée de la garde nationale des départements a exeixé une infiuence immense. La marche sur Paris ne doit pas être arrêtée.
» Le 25, à 4 h. 1/2.
» S'igué : Cavaignac. »
« Le chef du pouvoir exécutif à MM. les préfets de France. » La cause de l'ordre et la vraie République triomphent. La garde nationale et l'armée enlèvent tous les obstacles. La patrie et la société sont sauvées. De tous les départements arrivent des secours. La France entière bat d'un seul cœur.
» Le 25, à 5 h. 1/2. »
« Le chef du pouvoir exécutif aux généraux commandant les divisions. » La cause de la République et de l'ordre triomphe. La garde nationale
(1) A quelle heure cette démission a-t-elle été donnée, le samedi 24? C'est ce que les procès-verbaux ne font pas connaître ; c'est ce qu'il serait capital de savoir et de vérifier.
(2) « Citoyens^ au nom de la patrie, je vous supplie de mettre un terme » à vos délibérations et de voter le plus tôt possible; dans une heure peut-étrç » VHotel-de-Vitle sera pris. On nous l'annonce à l'instant. »
(moniteuk du 25 juin.)
de Paris et des départements, la garde mobile et tous les corps de l'armée rivalisent de dévoûment.
» Le 25 juin, à 6 heures du soir. »
Le 26 juin, à 2 heures du soir, le chef du pouvoir exécutif annonce aux préfets, aux commandants des divisions militaires, aux général commandant Farmée des Alpes, au gouverneur de l'Algérie, ce qui suit :
0 Le faubourg Saint-Antoine, dernier point de la résistance, est pris. Les insurgés sont réduits. La lutte est terminée. L'ordre a triomphé de l'anarchie.
» Signé : Cavaigsac. »
Il faut raisonner : comment les départements , qui n'avaient été préparés à l'insurrection du 23 juin par aucun avis, par aucune dépêche, par aucune demande de troupes ni de secours, et qui, le 24, apprennent tout à coup que Paris et la société ont couru les plus grands périls, ne se seraient-ils pas dit : « La Commission executive trahissait ! » Le général Cavaignac, investi du pouvoir exécutif, a sauvé » Paris, l'ordre, la société ! »
Ils ont dû le croire ! A Paris on l'a bien cru !
Mais aujourd'hui la vérité a acquis la clarté de l'évidence.
Pas une disposition prise par le ministre de la guerre, le 22 juin, pour empêcher le 23 l'insurrection d'éclater, de s'étendre, de s'aggraver, malgré les ordres formels de la Commission executive.
« LES ORDRES DE LA COMMISSION EXECUTIVE n'oM PAS ÉTÉ » EXÉCUTÉS. »
Ce n'est pas seulement les cinq membres de la Commission executive qui le déclarent, ce n'est pas seulement M. Duclerc, ministre des finances, qui l'atteste, c'est le livre même où sont inscrites les dépêches télégraphiques.
Maintenant est-ce clair que toute la responsabilité du sang versé pendant les 23, 24, 25 et 26 juin retombe sur la tête de M. Cavaignac ?
Ce serait manquer de justice que de ne pas reconnaître que la Commission executive avait fait son devoir et donné les ordres les plus formels.
Mais si les plus graves soupçons n'avaient pas pesé pendant toute la soirée du 23 juui et pendant la matinée du 24, le pouvoir n'eût pu échapper aux mains de la Commission executive pour tomber dans les mains de MM. Cavaignac, Bastide et Marrast, ces triumvirs du National!
Nous avons déjà cité plus haut les paroles de M. Lamoricière avant qu'il fût ministre de la guerre; voici encore un autre témoignage important à recueillir, c'est celui de M. Allard, chargé du commandement du génie de Tarmée de