PEINE GARDÉE PAR QUELQUES CENTAINES DE CAVALIERS ET D'ARTIL- LEURS
Rassurer l'Assemblée et requérir les départements, voilà ce qu'auraient fait des ministres de bonne foi !
Au lieu de cela, que fonl-ils?
Ils écrivent pour donner aux déparlenienls une dangereuse sécurilé, et parlent pour sonner l'alai'me dans l'Assemblée !
Bien joué, en efiet; car si les départements fussent venus trop tôt au secours de Paris, la dictature échappait aux mains du National, aux mains de MM. Bastide, Marrast et Cavaignac.
Un jour, messieurs, mille familles en deuil vous demanderont compte de tous les pleurs que leur a coûtés la seconde représentation de la sanglante comédie déjà donnée une fois, le 23 février, sur le boulevard des Capucines !
Ce qui est certain, ce qui ne saurait être contesté, c'est que la déclaration de la mise de Paris en état de siège, le samedi 24 juin vers midi, n'a pas eu pour eflTet d'augmenter d'unseulsoldat le nombredes troupes, tandis qu'unedépèche télégraphique expédiée le samedi, à trois heures du matin, eût fait affluer en quelques heures toutes les gardes nationales et les troupes à proximité des chemins de fer de Versailles, Saint-Germain, Poissy, Melun, Orléans, Tours, Bourges, Rouen, Saint-Quentin, Lille, etc.
Ce n'est pas l'état de siège déclaré le samedi 24 vers midi, qui a sauvé Paris, l'ordre, la société, et vaincu l'insurrection, non; c'est d'abord l'héroïque élan de la garde nationale; c'est ensuite l'intrépidité de la garde mobile; c'est enfin le courage de l'armée.
Mais pour que l'armée accomplît son douloureux devoir, l'état de siège n'était pas nécessaire; les balles et les canons ne portaient pas moins juste avant qu'après l'état de siège.
Sans état de siège, on aurait tout aussi bien pu procéder au désarmement des insurgés.
A quoi donc a servi l'état de siège ?
Il a servi à trois choses :
Premièrement, à motiver la dictature ;
Deuxièmement, à établir des conseils de guerre ;
Troisièmement, à supprimer le journal la Presse, et à