LAMARTINE
Membre de la Commission executive.
adressée au citoyen Blaiiqui à Vincennes, ne laissait, à cet égard, subsister aucun tloule ; le 21 juin, les signes précurseurs d'une grave insurrection imposaient au gouvernement le devoir de. prendre toutes les précautions, de n'en négliger aucune ; il y avait eu un grand rassemblement sur la place de l'Hôtel-de-Ville ; un autre rassemblement devait avoir lieu le 22 au soir; M. Trouvé-Chauvel, préfet de police, qui apparemment devait le savoir, déclarait que « c'était très sérieux (1); » que fait M. le ministre de la
guerre
Quelles précautions prend-il?
Quels ordres donne-t-il?
Le 22, quelle est la situation des troupes?
Dans Paris 6,224 hommes.
A l'École-Militaire. . 4,722 -
Hors Paris 7,973 —
A Vincennes 4,S00 —
Total. . . . 23,419 hommes (2).
(1) « Le 21. il y a%'ait eu un grand rassemblement sur la place de l'Hôtelde-Ville. J'ai demandé trois bataillons pour le lendemain; on me les a accordés. Je savais qvi'un autre rassemblement devait avoir lieu le 22 au soir au Panthéon. Je me suis rendu à onze heures du matin auprès de la Commission executive pour l'en informer. M. Recurt à ce moment-là voulait partir; on l'a retenu. J'ai déclaré que rétait très sérieux. J'ai annoncé que je premJrais, quant à moi, toutes les mesures de police, mais que des mouvements de troupes étaient néressaires. Mes agents furent injuriés, battus. IL n'ect pas venu de tkoufes Mes agents apprirent la réunion du lendem:iin à six heures du mutin.
» J'en écrivis à la Commission executive; je la suppliai de prép:irer des troujies jiour cinq heures. Mes agents se sont rendus exactement sur les lieux; leur premier rapport m'est arrivé à sept heures et demie ; ce rapport m'apprenait qu'aucune troupe n'avait paru. Mes agents furent encore frappés. Le rassemblement était de douze à quinze cents hommes. J'écrivis pour me plaindre de l'absence detkoupes.
D. Vous avez dit que le 22 juin vous aviez informé la Commission executive de l'état des choses ?
» R. // n'est pas venu de troupes sur le lieu du rassemblement, ni ce jour -là, ni le lendemain.
» D. Cela a dû vous étonner?
» R. Je ne puis que constater le résultai : point de troupes. »