B. LARABIT
Représentant du Peuple.
(3) « Le vendredi 23 juin, à trois heures de l'après-midi, le 29'' de ligne, eu garnison à Saint-Denis, n avait reçu aucun ordre.
restaient immobiles et oubliés (1) ; que le 26 juin, M. le général de Lamoricière s'exprimait dans ces termes énergiques : « Sifavais été dans la culotte de Cavaignac^ cela se- » rait fini depuis deux jours, etc., etc. »
Le National ne nous apprend rien en nous disant que dès le 23 juin, le 4® de ligne, en marche sur le chemin d'Orléans, ainsi que le 28®, furent rappelés, L'Enquête nous en avait informé, car l'Enquête avait même eu le soin d'ajouter en note : « Le 4® de ligne n'est arrivé que le 24 juin au matin. » A la même page de l'Enquête, on trouve cette note : a Le 24, » un ordre télégraphique prescrivait aux générauxcomman- » dant à Lille, Metz et Rouen de diriger, à marches forcées, » sur Paris toute l'infanterie disponible. Même ordre était » donné à Maçon pour une division de l'armée des Alpes. Le
» Le colonel, voyant la garde nationale de Saint-Denis se préparer à marcher sur Paris, et ne comprenant pas l'inaction dans laquelle on le laissait, partit avec son régiment, sans avoir reçu d'ordre, et se rendit à rétat-in:gor de la place Vendôme.
» De là il fut dirigé vers le général de Lamoricière, qui se trouvait sur le boulevard, au Château-d'Eau, et iramédiatcment il fut chargé par ce général d'enlever <à tout prix les barricades du faubourg du Temple.
» Après avoir formé ses colonnes d'attaque, le brave colonel Dulac, à la tète de son régiment, attaqua et enleva ces barricades k la baïonnette, avec une bravoure qui fut, à bon droit, récompensée le soir même par sa nomination au grade de général.
» Ces faits peuvent êti-e attestés tant par la population de Saint-Denis que par les ofticiers du 29e de ligne.
» Comment et pourquoi, le 23 juin, h trois heures ajjrès midi, quand les barricades s'étaient élevées dans Paris depuis neuf heures du matin, quand la fusillade était engagée depuis midi, un régiment, qui pouvait être prévenu en une demi-heure, restait-il sans ordres, et comment a-t-il fallu qu'un colonel, n'écoutant que son courage et celui de ses ofticiers, fût obligé de contrevenir à la discipline militaire en quittant sa garnison «an» ordre, pour venir défendre la capitale ? »
(1) « Habitant une commune dans les environs de Melun, je puis affirmer que, pendant trois mortels jours, nous avons entendu la canoimade, et que nous sommes restés sans aucune nouvelle de notre citoyen préfet.
» Que- trois régiments de cavalerie {deux de cuimssiers, un de dragons), de l'infanterie et dix mille gardes nationaux, qui pouvaient être prêts au premier coup de tambour, sont restés sans ordres, malgré leur ardeur.
)> Enfin, j'ajoute que, le lundi dans la nuit, lorsqu'on nous fit partir pour Paris, après avoir fait tirer au sort quelques hommes dans chaque comminie, le manque d'ordres, de cartouches, témoignait d'une telle connivence, que le découragement de la colonne était complet.
1) Si on l'AVAIT VOULLÎ, dix mille hommes de garde nationale de Seine-et-Marne, conduits par d'anciens officiers, et entièrement dévoués au salut commun, auraient pris dés l' dimanche matin V insurrection à revers, et Dieu sait le sang qui eût été épargné ! »
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» 25 juin, douze officiers portant les mêmes ordres en tri- « pie expédition, par trois routes différentes, furent mis en « route avec l'ordre exprès de faire diligence à tout prix. »
Mais quels jours prend-on ces mesures ?
On les prend le 24 et le 2o juin ; on les prend après que M. Cavaignac a été, le 24 juin, dix heures du matin, investi de tous les pouvoirs; on les prend après la chute de la Commission executive.
Or, nous disons, nous, que c"est dès le 20 juin au plus tard qu'on aurait dû prendre ces mesures, car c'est le 20 juin qu'a commencé à l'Assemblée nationale le débat sur la dissolution des ateliers nationaux: — motif et prétexte de l'insurrection de juin.
La bataille était prévue ; il y avait un moyen d'empêcher qu'elle ne se livrât : c'était de déployer un imposant appareil militaire qui montrât la garde nationale, la garde mobile et la troupe de ligne étroitement unies et fermement résolues h réprimer toute tentative d'émeute.
C'est ce qui avait réussi le 17 avril.
Pourquoi ne l'avoir pas fait le 23 juin, ou mieux encore le 22 juin?
Où était l'objection ? où était l'obstacle ?
Laisser, le 23 juin, la bataille s'engager sans instructions données, sans cartouches délivrées à la garde nationale, sans autres forces que 23,392 hommes casernes à Paris, hors Paris et à Vincennes; laisser, le 23 juin, la bataille s'engager ainsi, c'était s'exposer à la perdre! Et c'est ce qui a failli arriver, par suite de l'adoption de ce fameux système :
cocEXTRATiON dcs troupcs ;
DISSÉMINATION de la garde nationale.
Maintenant , qu'on prononce entre le Natioiial et la Presse !
3 décembre 1848.
M. Clément Thomas nie formellement :
Que la garde nationale ait été livrée à elle-même:
Qu'elle ait agi sans ordre ;
Qu'elle n'ait pas eu de chef (1), quand éclata l'insurrection ;
M. Clément Thomas, enfin, nie tout ce que le National avait affirmé : « Une force approximative de oO.OOO hom- » mes au moins était convoquée ayant qu'aucune tentative >) de barricades eût été faite. »
(c Non, ce n''est ni un chef ni des ordres ciui ont manqué, >> mais ce qui est vrai, ce qu'on est forcé de dire, c^est « qu-une partie de la garde nationale cuvait mis le premier » jour PEU d'empressement a répondre a l'appel d'un pou- » voir composé d'hommes dévoués , mais qu''on était par- » venu à lui présenter comme des incapables ou des » traîtres (2). »
Ainsi s'exprime M. Clément Thomas.
Nous fermons le National de ce jour samedi 2 décembre, et nous ouvrons le Moniteur du samedi 24 juin, qui rend compte de la séance du vendredi 23 juin. Nous y lisons :