CONVENTION NATIONALE
Séance du samedi 9 février 1793.
PRÉSIDENCE DE BRÉAED.
Rapport (lu ^inm du Comité de sûreté générale et de surveillance, sur la reddition de Verdun.
« CAVAIGNAC, rapporteur : Le soir même de la reddition, il y eut, dit on, un bal au camp du Regret, auquel plusieurs femmes de Verdun assi-tèrcnt.
» Le leiidemnin elles se rendirent au camp de Bar, ayant la dame Bouville à leur tête, y haranguèrent le roi de Prusse, et lui firent hommage d'un panier de dragées.
» L'information faite par les commissaires municipaux provisoires, nommés par les commissaires de la Convention, porte la preuve de ce délit, avoué par les coupables mômes.
» — Votre comité, citoyens, a distingué en deux classes les autres coupables que le détail des faits vous indique, savoir :
» 1" Ceux qui ont contribué directement ou indirectement à la contrerévolution de Veriluu;
» 2" Ceux qui, avant la reddition, ont excité le peuple à former des VII. 10
attroupements séditieux, et ceux qfli, après la reddition, ont nianife-sté leur joie sur le succès des Prussiens par quelque acte répréhensible.
» Il a pensé que les premiers devaient être traités comme criminels de lèse-nation, et que les seconds devaient être renvoyés aux tribunaux ordinaires. Du nombre de ces derniers sont ces femmes qui furent offrir des bonbons au roi de Prusse.
» Jusqu'ici , ce sexe en gé^iéral a hautement insulté à la liberté. Ce sont les femmes surtout qui ont provoqué l'émigration des Français; ce sont elles qui, d'accord avec les prêtres, entretiennent l'esprit de fanatisme dans toute la République et appellent la contre-révolution.
» Cependant, citoyens, c'est aux mères que la nature et nos usages ont confié le soin de l'enfance des citoyens, cet âge oii leur cœur doit se former à toutes les vertus civiques. Si vous laissez impuni l'incivisme des mères, elles inspireront à leurs enfants, elles leur prêcheront d'exemple la haine delà liberté et l'amour de l'esclavage.
» IL FAUT DOSC QVE LA LOI CESSK DE LES ÉrAKOER, ET QUE DES EXEMPLES DE SÉVÉRITÉ LES AVERTISSENT QUE l'ŒIL DU MAGISTRAT LES SURVEILLE, ET QUE LE GLAIVE DE LA LOI EST LEVÉ POUR LES FRAPPER, SI ELLES SE RENDENT COUPABLES.
» — Le décret est, en conséquence, rédigé dans les termes suivants...»
Voici quel fut le résultat du rapport de J.-B. Cavaignac :