DU 5 FLORÉAL
« CLAIRE TABOUILLOX, fille, figée de 17 ans, née et demeurant à Verdun, tille de F. Tabouillon, ex-procureur du roi au bailliage de Verdun;
» S. HENRY, âgée de 26 ans, née et demeurant à Verdun, fille de Henry, président du ci-devant bailliage de Verdun ;
« c. HENRY, âgée de 2.5 ans, uée et demeurant à Verdun, fille dudit Henry, président;
» BARBE HENRY, âgée de 17 ans, fille dudit Henry ;
» — M. -A. LAOIROZIÈRE, âgée de 25 ans, native de Bonze, demeurant à Verdun, fille de Lagirosiè.'e, prévôt des campagnes ;
» — ANNE VATRIN, âgéo de 25 ans, native d'Étain, demeurant à Verdun, fille de défimt Vatrin , militaire;
» H. VATRIN, âgée de 23 ans, née à Étain, demeurant à Verdun ;
» — n. VATRIN, âgée de 22 ans, native d'Étain, demeurant à Verdun, fille de Vatiin;
„ Convaincues d'être autc irs ou complices des manœuvres et intelligences îendiintes à livrer aux ennemis la place de Verdun, à favoriser les pr'igvès de leurs armes sur le territoire français, à détruire la liberté, • à dissoudre la représentation nationale et à rétablir le despotisme, ont été, ainsi que vingt-sis autres accusés, tant hommes que femmes, condamnées
à la peine de mort. »
•îtONiTEUR du 13 floréal an U'r.^
DOCr.MENTS POril l/HISTOIKE. 147
Les f(Miimes de Verrlun ont été le sujet d'une élégie du [joèle Delille. Quatorze jeunes filles, dont le seul crime était d'avoir présenté des produits tie leur ville, des dragées, au roi de Prusse, sont envoyées à la guillotine. Elles y montent en chantant des cantiques qu'elles ne cessent de répéter qu'en cessant de vivre. Enfin, en onze mois, plus de quatre mille victimes sont immolées, et. parmi elles, on compte NEUF CENTS FEMMES.
Le conventionnel avait donne ses gages à la Terreur. 11 lut envoyé en Bretagne et en Vendée. « On lut à la Con- » vention plusieurs de ses rapports; tous sont empreints » du caractère de cruauté et de violence de cette époque.» [Biographie universelle, tome 60, p. 327.;
« Nous exécutons à la lettre votre décret, — écrit Cavaignac, — ce grand acte de sévérité natioiiiile jette dans l'âme des rebelles une salutaire terreur : des monceaux de cendres, la famine, la mort s'offrent de tous côtés à leurs regai-ds. " [Moniteur du 8 septeml)re 1793 ; p. 1668.)
Le décret dont il s'agit en cette circonstance, et qui ne paraît pas avoir été adouci dans l'exécution, est du P'' août 1793. Entre autres dispositions, il t^ontient les suivantes Moniteur, 2 août, p. 91 4j :
o Art. 6. Il sera envoyé 'en Vendée) par le ministre de la guerre, des » matières combustibles de toute espèce pour incendier les bois, les taillis » et les genêts.
)) Art. 7. Les forêts seront abattues, les récoltes seront coupées par les » compagnies d'ouvriers. »
De la Vendée, J.-B. Cavaignac est envoyé en mission à Auch , avec a son brare et digne ami Dartigoyte. « C"esl ainsi que lui-même il le nomme.
Voici le rapport que tous deux écrivent d'Auch à la Convention nationale, le 15 novembre 1793 :
« Aujh, 3 frimaire an II.
» Notre collègue Dartigoyte, par ses prédications civiques, avait électrisé tous les esprits, avait entraîné tous les cœurs. Je l'avais secondé de tous mes moyens dans cet apo-tolat philosophique, et tout était préparé; le peuple était mûr. Le dernier jour de la troisième décade fut fixé pour
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célébrer, à Aucli, la fête de la Raison, et l'abolition totale du fanatisme. Ce jour solennel arrive, le peuple entier s'assemble sur un boulevard cliiiiîipêtre, et là, dans un banquet fraternel, il fie éclater les premiers ti'ansporto de sa joie.
» Après ce rep:is Incédémonien, il parcourt Venccinte de la ville, arrache et foule nux pieds tous les signes fanatiques qu'il rencontre.
» De retour sur la pi ice sacrée de là liberté, il s'assemble autour d'un bûcher, couvert de titres féodnux, et se fait amener dans un tombereau Ceux vierges h mir:ic'es chins ce piiys, les croix principales, et les saints qui naguère recevaient l'encens des .-nperstitienx. Alors l'enthousiasme civique éclate, le bûcher e-t allumé, et ce» ridicules idoles y sont précipitées aux acclamations d'une foule innombrable.
» La carmagnole dura toute la nuit autour de ce brasier philosophique, qui consumait à la fois tant d'errcUrs. »
[Moniteur, an II, p. 291.^
Pour couronner la fête, Cavaignac et son collègue Darligoyte fant guillotiner cent personnes.
Si l'on veut être édifié sur ce Dartigoyte, que J.-B. Cavaignac appelle son « BUAVE ET DIGNE AMI » [Moniteur du 9 floréal an II), il n'y a qu'à lire les lignes suivantes extraites du même Moniteur :