‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 4)Chapitre 70 sur 116 · LE CHEF DU BUREAU · texte numérisé non relu

LE CHEF DU BUREAU

{Signature illisible.)

Celte pièce prouve au moins deux choses :

Premièrement, que M. Cavaignac ne mettait pas de spontanéité à payer ses fournisseurs;

Deuxièmement, que si c'est à ses frais que s'impriment aujourd'hui toutes les biographies où il est représenté comme ayant pacifié l'Algérie et sauvé Paris, comme effaçant l'empereur Napoléon, biographies envoyées à tous les régiments et à tous les fonctionnaires, dans les villes, dans les campagnes, dans les plus petits hameaux, il faut que, depuis 1810, M. Cavaignac ait amassé une bien grosse fortune ou recueilli un bien bel héritage»!

14 novembre 1848.

Le Constitutionnel, passant de Ja nuance pâle à une nuance plus vigoureusement accusée, s'exprime ainsi :

v( Le Siècle ne trouve vraiment rien de clair. Hier, nous étions obligés de lui expliquer la lettre du maréchal Bugeaud ; aujourd'hui, ce sont nos propres articles dont il conteste le sens. Il prétend que nous conseillons à la France de s'abstenir dans l'élection pour la présidence de la République ; de ne faire aucun choix ; de ne préférer aucun des candidats qui se présentent. Nous n'avons dit rien de pareil ; rien ne serait moins sensé, moins patriotique, que l'abstention dans une telle circonstance.

» Nous n'éprouvons aucun entraînement, cela est vrai ; mais, comme JI. Thiers qui avait toutes nos sympathies a refusé de se pré.^enter ; comme le mal présent nous frappe, et qu'il faut se garder surtout de le per-

pétuer ; comme la division da parti modéré aurait deux conséquenceà également fâcheuses : la prolongation de la situation présente du pouvoir et l'affaiblissement de la cause de l'ordre, nous conseillons très nettement à tous les électeurs modérés de concentrer leurs votes sur la candidature, déjà adoptée par un grand nombre de citoyens, de M. Louis-Napoléon Bonaparte. »

13 novembre 184S.

Le National n"oublie qu'un détail en revenant chaque jour sur les deux tentatives de Boulogne, ce sont les dix élections de M. Louis-Napoléon Bonaparte, bien que proscrit, bien qu'absent, bien que combattu par toutes les influences du pouvoir existant.

De deux choses l'une :

Ou ces deux tentatives étaient loin d'être insensées,

Ou le suffrage universel est une invention absurde.

Que le National choisisse.

Il est assez curieux que ce soit nous qui défendions le suffrage universel et que ce soit le National qui l'attaque !

15 novembre 1848.

M. le président du conseil, chef du pouvoir exécutif, l'a dit au rédacteur en chef du Constitutionnel, M. Véron : « Les minorités ne vous ont-elles pas appris, au 24 février, » ce qu'elles savaient faire? Elles pourraient bien vous » rapprendre encore! » Le National, fidèle écho de la pensée de l'auguste personnage, la répèle en ces termes :

« Nous ne redoutons guère les conséquences du succès de la candidature impérialiste. Les 18 brumaire ont singulièrement dégénéré de nos jours : ils avortent, comme on sait, en échauffourées de Strasbourg et de Boulogne. D'ailleurs , croit-on qiie ce sot engouement qu'on fomente puisse, même dans le cas d'une SURPKISE DE SCRUTIN, avoir quelque durée ? De toute manière, il tombera, n

Surprise de scrutin ! — V expression est bonne à retenir;

elle vient à Pappui de certaines conversations qui nous avaient été rapportées.

Déjà, contre le suffrage universel, le droit d'insurrection! Déjà la menace!... « de toute manière, il tombera.... » Attendez donc au moins que Téleclion ait eu lieu pour jeter le masque et pour insulter ainsi à la majorité !

25 novembre 1848.

Il s'agit des paroles prononcées par M. le général de Lamoricière, ministre de la guerre, dans un groupe de représentants, à l'occasion « dhme candidature fort connue. »

Reportons-nous au 3Ioniteur; nous y lisons ces paroles de M. de Lamoricière : « Ceci me rappelle certaine conversa^- » tion que Von m'aurait attribuée et que j'aurais tenue » dans un groupe de représentants. Cette conversation a été

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