‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 111 sur 231 · LA LIBERTE TRIOMPHE ET NE SE SENGE PAS · texte numérisé non relu

LA LIBERTE TRIOMPHE ET NE SE SENGE PAS

Cependanl, M. Guizul ii ciabli, par la prcdiiclion dos épreuves, qu'il n'avait fait que retranclier et ajouter fjue!ques mots à l'article de M. Charles Rabou ; mais Tavcealgénéral a rappelé l'arrêt de la cour de cassation qui eoiitirme le jugement rendu en I80I contre le Patriote de la Meurthe ; il n'y avait rien à répliquer.

De tous les journaux royalistes, il n'en est qu'un seul qui ait écliai)pé aux poursuites du parquet, aux verdicts du jury et aux rigueurs de la justice : c'est le Journal des Débats ; mais cela s'explique naturellement par le concours sans restrictions qu'il prèle au cabinet et à la République.

Fidèle à la liberté, et persistant à maintenir pour tous le droit de tout dire, même le droit de se dire : les uns légilimistes, les autres bonapartistes, ceux-là orléanistes, la Presse proteste aujourd'hui 18 septembre 1832 contre le régime de la compression, avec la même vigueur qu'elle protesta en septembre 1831, lors de la double condamnation de V Événement, et en janvier 1849, lors de la condamnation de la Voix du Peuple.

Si on a eu tort de condamner à trois ans de prison M. Proudhon, et d'entasser dans les cachots de la Conciergerie, de Sainte-Pélagie et des Madelonncttes, MM. Charles Hugo. Victor Hugo, Meurice, Erdan, Paradis, Nefftzer, Jourdan, Sarrans, Coq, Forcade, etc., cela ne suffit pas pour justifier les mêmes condamnations infligées à MM. Veuillot, Lubis, Delamarre, Charles Rabou, de Saint-André, de Salvandy. Guizot, etc.

La liberté triomphe et ne se venge pas.

Dès qu'elle se venge, elle n'est plus la liberté ; elle est la vengeance, elle est la réaction de la réaction.

Or, il n'est qu'un moyen de mettre fin à la réaction, c'est de n'en pas faire.

Jamais et nulle part la liberté ne s'est fondée parla dictature; partout et toujours, la liberté n'a duré que par la liberté.

LE CATHOLICISME Eï LA LIBERTE.

" Je me convaincs tous les jours d'une vérité bien démontrée à mes yeux, c'est que si le clergé de France eût été sage, modéré, attaché aux principes de l'Evangile, la religion romaine n'aurait subi aucun changement en France. >'

GÉNÉKAL BONAPARTE. 3 janvicr 1707.

24 septembre 1851.

Pascal disait : « Des moines ne sont pas des raisons. » Je réponds à M. Veuillot : Des injures ne sont pas des raisons. Vos injures prouvent seulement que vous ne savez que dire pour expliquer vos violentes diatribes contre la Monarchie le lendemain de sa chute , vos ardentes apologies de la République le lendemain de son triomphe, et pour donner un sens restrictif à ces mots de MM. de Montalembcrt, de Vatimesnil et de Riancey : a La liberté absolue en tout et » pour tous, » et ceux-ci de M. le cardinal de Bonald : « Cette » liberté qui rend nos frères des États-Unis si heureux, « cette liberté, vous l'aurez ! » Qu'importe que je souligne ces mots ou que je ne les souligne pas, que je les imprime en italiques, en capitales ou en bas de casse? Cela en change-t-il le sens? Ayez un peu de bonne foi, et avouez donc que vous ne faites mine de répondre qu"alin de paraître conserver une sorte de contenance !

Vous me demandez d'expli(iiier pourquoi la Presse s'e^t départie, vis-à-vis (.lu clergé catholique, de la réserve dont

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