LA LIBERTE TRIOMPHE ET NE SE SENGE PAS
Cependanl, M. Guizul ii ciabli, par la prcdiiclion dos épreuves, qu'il n'avait fait que retranclier et ajouter fjue!ques mots à l'article de M. Charles Rabou ; mais Tavcealgénéral a rappelé l'arrêt de la cour de cassation qui eoiitirme le jugement rendu en I80I contre le Patriote de la Meurthe ; il n'y avait rien à répliquer.
De tous les journaux royalistes, il n'en est qu'un seul qui ait écliai)pé aux poursuites du parquet, aux verdicts du jury et aux rigueurs de la justice : c'est le Journal des Débats ; mais cela s'explique naturellement par le concours sans restrictions qu'il prèle au cabinet et à la République.
Fidèle à la liberté, et persistant à maintenir pour tous le droit de tout dire, même le droit de se dire : les uns légilimistes, les autres bonapartistes, ceux-là orléanistes, la Presse proteste aujourd'hui 18 septembre 1832 contre le régime de la compression, avec la même vigueur qu'elle protesta en septembre 1831, lors de la double condamnation de V Événement, et en janvier 1849, lors de la condamnation de la Voix du Peuple.
Si on a eu tort de condamner à trois ans de prison M. Proudhon, et d'entasser dans les cachots de la Conciergerie, de Sainte-Pélagie et des Madelonncttes, MM. Charles Hugo. Victor Hugo, Meurice, Erdan, Paradis, Nefftzer, Jourdan, Sarrans, Coq, Forcade, etc., cela ne suffit pas pour justifier les mêmes condamnations infligées à MM. Veuillot, Lubis, Delamarre, Charles Rabou, de Saint-André, de Salvandy. Guizot, etc.
La liberté triomphe et ne se venge pas.
Dès qu'elle se venge, elle n'est plus la liberté ; elle est la vengeance, elle est la réaction de la réaction.
Or, il n'est qu'un moyen de mettre fin à la réaction, c'est de n'en pas faire.
Jamais et nulle part la liberté ne s'est fondée parla dictature; partout et toujours, la liberté n'a duré que par la liberté.
LE CATHOLICISME Eï LA LIBERTE.
" Je me convaincs tous les jours d'une vérité bien démontrée à mes yeux, c'est que si le clergé de France eût été sage, modéré, attaché aux principes de l'Evangile, la religion romaine n'aurait subi aucun changement en France. >'
GÉNÉKAL BONAPARTE. 3 janvicr 1707.
24 septembre 1851.
Pascal disait : « Des moines ne sont pas des raisons. » Je réponds à M. Veuillot : Des injures ne sont pas des raisons. Vos injures prouvent seulement que vous ne savez que dire pour expliquer vos violentes diatribes contre la Monarchie le lendemain de sa chute , vos ardentes apologies de la République le lendemain de son triomphe, et pour donner un sens restrictif à ces mots de MM. de Montalembcrt, de Vatimesnil et de Riancey : a La liberté absolue en tout et » pour tous, » et ceux-ci de M. le cardinal de Bonald : « Cette » liberté qui rend nos frères des États-Unis si heureux, « cette liberté, vous l'aurez ! » Qu'importe que je souligne ces mots ou que je ne les souligne pas, que je les imprime en italiques, en capitales ou en bas de casse? Cela en change-t-il le sens? Ayez un peu de bonne foi, et avouez donc que vous ne faites mine de répondre qu"alin de paraître conserver une sorte de contenance !
Vous me demandez d'expli(iiier pourquoi la Presse s'e^t départie, vis-à-vis (.lu clergé catholique, de la réserve dont